Accord de Paix: Mali et Les Mouvement Armés

Bonjour,

Je ne trouve pas le présent accord mauvais parce qu’il donne plus de pouvoir aux collectivités du Nord. Il est temps de faire face aux réalités. Le MNLA a pris les armes et il n’a pas été vaincu même s’il a perdu des batailles. En plus, sa politique diplomatique et communicationnelle ont porté des fruits. Nous ne pouvons pas retourner au statu quo pour le MNLA et la communauté internationale qui la soutient dans sa majorité. Il n’y aura pas de fédéralisme ni d’autonomie. C’est déjà une victoire pour ceux qui craignaient la partition du pays. Nous restons dans le cadre de l’esprit de l’accord de Ouaga qui a été salué par tous les politiciens y compris IBK.

La question principale est de savoir si le MNLA et associés vont respecter cet accord parce que les premiers gisements de pétrole et d’uranium ne sont pas pour demain? Ma réponse est non. Une partie du MNLA et associés va profiter des délices de la république en trouvant refuge sous des cieux plus cléments (ambassades et bureaux climatisés de Bamako) et une autre partie qui se verra confier la gestion locale engloutira des fonds de développement destinés aux régions du Nord. C’est le prix à payer pour une paix temporaire. Ces deux groupes vont se calmer, mais ils sont minoritaires au sein des mouvements armés. La majorité des groupes armés constituée d’indépendantes convaincus, de narco trafiquants, de preneurs d’otage et de terroristes continueront à faire des victimes.

Malgré que je soutien le présent accord, il pourrait être mauvais pour le Mali si les autres contrées ou collectivités locales ne bénéficient pas autant de pouvoir d’auto gestion que celles du Nord. Les dirigeants actuels du Mali doit mettre le Mali au dessus de leur intérêt personnel en procédant à une reforme profonde de la gestion administration et financière du pays. Il a été débattu à plusieurs reprises sur ce forum que l’État central a montré ses limites, mais une décentralisation à double vitesse ou favorables à des contrées entrainera une guerre civile ou une partition du pays.

Le façonnement d’une paix durable réside sur la capacité des dirigeants du Mali à former une armée compétente et se montrer d’être des dignes serviteurs de la nation et non des profiteurs de la république. IBK et compagnie ont une bouffée d’oxygène avec cet accord. Il leur reste la tache ardue, en ayant l’intelligence, de construire un pays, une nation ou même une république (un clin d’œil à Ndack et Mr l’Ambassadeur) sur un fondement si fragile. Dans le cas contraire, nous risquerons d’avoir un pays en guerre civile ou divisé.

Barou Sam

ILAM S.A.

Il existe une très grande entreprise au pays du nom de Ilam. C’est une société anonyme qui existe de façon informelle depuis très longtemps mais est inscrite légalement au registre du commerce depuis Septembre 1960. Sa particularité est que malgré son chiffre d’affaires sans cesse croissante elle n’a jamais fait de profit; déficitaire depuis toujours et très souvent simplement insolvable; l’immense majorité de ses actionnaires n’y tirent aucun bénéfice mais comme tout héritage familial ils sont fortement attaché à elle — souvent dans une frénésie et un engouement incompréhensibles.

Pourquoi et comment une telle entreprise se maintient encore en vie est difficile à expliquer. L’entreprise dispose pourtant de structures modernes; elle a une assemblée générale des actionnaires qui nomme son président-directeur général et met en place son conseil d’administration; elle dispose aussi d’un directeur général adjoint qui coiffe son comité de direction et tous les chefs de service; les voix discordantes y sont acceptées même si ignorées. En fait l’étoffe de ce qu’une entreprise moderne doit avoir.

L’entreprise est à son 6ème PDG depuis sa création; le dernier en date a débuté ses fonctions en Septembre 2013. Son bilan est jusqu’à présent considéré comme largement négatif. Très négatif même. Mais son contrat n’arrive à échéance que dans quelques années. Et le conseil d’administration n’a pas l’autorité légale de le remplacer sauf dans des cas extrêmes. Malgré les résultats peu probants, le conseil d’administration est entièrement derrière le PDG; les membres de son “grin” (connu sous le nom de “réseau populaire malien”) contrôlent plus de la moitié des sièges du conseil d’administration.

L’entreprise possède 8 succursales dans le pays; chacune est dirigée par des directeurs régionaux nommés par le PDG lui même. Une offre publique d’achat a d’ailleurs concerné 3 de ces succursales — l’OPA a été rejetée avec force par l’entreprise; cela a été possible avec l’aide d’experts financiers venus de plusieurs pays Africains et de France — les experts d’Ilam n’étant pas à la hauteur. Cependant la situation de ces 3 succursales demeure encore floue. Cette OPA a fait couler beaucoup d’encre et continue encore de le faire.

Pourquoi Ilam S.A. Ne fonctionne-t-elle pas? La réponse est simple et compliquée à la fois.

Ilam est une entreprise où le dysfonctionnement est toléré, accepté, et pire, même encouragé. La logique de satisfaire les actionnaires (véritables propriétaires de l’entreprise) est simplement absente. Le PDG, le comité de direction, les chefs de service, les cadres supérieurs et la majorité des employés participent de fait à la destruction de l’entreprise. L’honnêteté n’y est pas considéré comme vertu; en fait, les employés — sous-payés pour la plupart — ne voient pas d’un mauvais œil les tripatouillage de collègues qui essayent de joindre les deux bouts.

Le cas du PDG actuel, Brin Atiek, mérite d’être discuté — son premier DGA, un brave monsieur du nom de Ramu Taly a démissionné à cause de la désinvolture dont il a été témoin. Le deuxième DGA, Moïse Aram, s’est rapidement discrédité auprès du conseil d’administration et surtout du “grin” du PDG qui a fini par le renvoyer. Le PDG Atiek vient de nommer un nouveau DGA, Obidom Atiek — aucun lien de parenté connu avec le PDG. La parenté est évoquée parce que depuis qu’il est PDG, Brin Atiek s’est attelé à nommer ses parents, amis et connaissances à des postes de responsabilité. Un partage que gâteau que lui même avait dénoncé. Mais c’était au tout début. Tant de choses ont changé depuis.

Comme évoqué plus haut, Ilam est une entreprise très endettée et cela lui vaut des contrôles réguliers du Fonds Malien des Investissements (FMI) et de la Banque du Mali (BM). Ces deux organismes essayent tant bien que mal à baliser les actions de l’entreprise et ont contribué à mettre à nu de sérieux problèmes de malversations. Les services de contrôle d’Ilam ayant pris le relai du tandem FMI/BM ont découvert que les services d’approvisionnement d’Ilam avaient fait de la surfacturation leur mode de fonctionnement. Les actionnaires ont perdu au moins 30 milliards CFA. Selon plusieurs estimations c’est entre 10 et 20% du chiffre d’affaires d’Ilam qui sont siphonnés chaque année. Les employés à tous les niveaux ont créé de véritables mafias dont le seul but est la prédation; Ilam et ses actionnaires perdent de fait tous les jours 1 milliard CFA en moyenne; cet argent normalement destiné aux actionnaires se retrouve investis en biens immobiliers, achat de véhicules, voyages de luxe, etc., pour le bénéfice d’une minorité.

Pendant que les actionnaires croulent sous l’effet des difficultés de tout genre, les dirigeants d’Ilam (conseil d’administration, comité de direction, etc.) mènent une vie luxueuse. Le PDG s’est lui même offert un deuxième avion pour ses déplacements; son marabout, dit-on, lui a déconseillé d’emprunter l’avion acquis par un de ses prédécesseurs. Mais certains observateurs — plus cartésien — y voient simplement un montage financier destiné à enrichir des proches du PDG. Il est assez connu que la prédation au sein d’Ilam s’effectue surtout lors de l’achat des biens d’équipement.

Comment sortir Ilam de ces difficultés qui ne cessent de s’accentuer?

Si je le savais, je serais riche aujourd’hui avec les frais de consultation. Le cas d’Ilam n’est pas unique dans la sous-région ou dans le reste de l’Afrique. Il y a Lagenes et Regin respectivement au Sénégal et Niger, Eniug en Guinée, ICR en Côte D’Ivoire, Atlov au Burkina, et j’en passe; toutes des entreprises avec des parcours similaires à celui d’Ilam. Le pire c’est que leurs PDG respectifs se retrouvent depuis belle lurette au sein d’une association (Organisation Africaine De Compagnies ou OADC) dont le but est de les fusionner. Il est difficile de comprendre comment des entreprises dont la pérennité est douteuse puissent créer une entité dont le but final serait de les regrouper.

Faut-il cependant désespérer d’Ilam?

Oui, si on veut rester dans la rationalité. Mais dans un pays où Dieu est invoqué à tous les tournants, l’espoir n’a jamais disparu; les actionnaires d’Ilam pensent que les difficultés actuelles ne sont qu’une mauvaise passe; même si cette mauvaise passe dure depuis 50 ans. Certains actionnaires pensent que plus d’assiduité dans les prières, ou d’avantage de prières collectives, changeront les choses. D’autres pensent qu’ils suffirait que les actionnaires discutent des circonstances qui ont conduit à la mise à l’écart du premier PDG pour que tout revienne à l’ordre. Il va s’en dire que les actionnaires eux même ont besoin d’une importante dose de rationalité et réalisme. Le marché mondial change, Ilam devrait plutôt s’adapter aux donnes (et normes) du commerce international, et surtout restructurer son administration (et modèle de gestion) en la rendant moins onéreuse, plus efficace et plus réactive. Mais il est difficile d’imaginer le PDG Brin Atiek être le moteur de ce changement.

______________________
A. Karim Sylla

«Timbuktu» : Mes Impressions…

Jeudi dernier, je suis allé voir Timbuku, le chagrin des oiseaux, d’Abderrahmane Sissako, le film Franco-Mauritanien qui vient de faire un triomphe aux Césars Français. Pourquoi suis-je allé voir Timbuktu ? Parce que j’aime bien le cinéma en général et les films de Sissako en particulier, par curiosité, et également par souci d’honnêteté : pour mieux comprendre la polémique qui entoure ce film (principalement au Mali) et participer aux débats suscités par cette polémique. On ne pourra pas me reprocher de parler d’un film que je n’ai pas vu.

De Sissako, j’ai beaucoup aimé Hèrèmakono, En attendant le bonheur : très poétique, mélancolique et psychologique. Une subtile réflexion sur les thèmes du départ, voire de l’exil et du déracinement.

J’ai également aimé Bamako : très intéressant et original, même si le film est par endroits manichéen et prétentieux (malgré la présence de notre ami Maître Konaté, aux côtés d’une héroïque Aminata Dramame Traoré).

C’est donc avec un a priori favorable que j’abordais le dernier film de Sissako dans une salle de Bethesda (banlieue huppée de Washington) quasi-déserte (nous étions moins de 10 spectateurs), les américains préférant voir American Sniper (les aventures de l’Inspecteur Harry en Irak – j’exagère à peine) et 50 Shades of Grey (un film érotique sado-maso !).

Après 1 h 40 de pellicule, quelles sont mes impressions ? Malaise. Le film, basé sur un fait divers réel est d’une beauté incontestable mais malhonnête, profondément malhonnête.

Sur le plan de l’esthétique, le film est par endroit superbe : de belles images, de beaux paysages, de beaux visages même si, comme l’a remarqué André Bourgeot avant moi, cette esthétique s’adresse surtout à un public occidental. Ceci est fort compréhensible : après tout, il y a belle lurette que le cinéma africain ne nourrit pas son homme. De nombreux artistes africains se produisent pour l’Occident. Il n’y a aucun mal à cela.

On peut toutefois avoir une production artistique et culturelle ciblant l’Occident et malgré tout rester honnête. Et c’est là le principal problème de ce film, en tout cas pour le public malien, il est malhonnête à bien des égards :

Malhonnête vis-à-vis de l’occupation du Nord du Mali :

 

Comme l’ont relevé d’autres avant moi, il y a deux grands absents dans ce film : le MNLA et son Azawad. Comme l’explique ici Sabine Cessou :

 

“Plus grave, aucune allusion n’est faite dans « Timbuktu » à cette rébellion touarègue, qui a mis le feu aux poudres en janvier 2012, avec le massacre de plus de 70 militaires maliens, égorgés ou tués d’une balle dans la nuque dans leur caserne d’Aguelhok. Massacre suivi par une conquête fulgurante, en mars, des trois régions administratives du nord du Mali (Tombouctou, Gao et Kidal).

 Pas de traces non plus de l’association qui s’est faite entre le MNLA et les islamistes d’Aqmi pour faire cette conquête. Zéro mention du mouvement armé islamiste et touareg Ansar Dine, mené depuis mars 2012 par Iyad Ag Ghali, ancien chef de la rébellion touarègue de 1990, qui n’a pas réussi à prendre le contrôle des laïcs du MNLA.” – Rue89 : « Timbuktu », le film d’Abderrahmane Sissako, loin de la réalité

 

Le film, qui se veut une dénonciation de l’occupation du Nord du Mali et de l’extrémisme se garde bien de montrer que cette occupation a été cogérée et que le mouvement indépendantiste a sa part de responsabilité dans les exactions subies par les populations.

 

Pourquoi ce silence au sujet du MNLA ? Certains évoquent de biens étranges motifs. Je n’irai pas jusque là…

 

 

Malhonnête vis-à-vis du compte-rendu de l’histoire du Targui assassiné :

 

Le réalisateur Sissako dit baser son film sur une histoire vraie :

 

“J’avais envoyé un journaliste mauritanien enquêter sur le terrain. Je m’apercevais qu’il ne m’écoutait pas, qu’il ne pouvait pas raisonner comme un cinéaste. À tel point que nos conversations téléphoniques, quand il était sur place, devenaient absurdes… et que j’ai même commencé à les enregistrer, en pensant que cela pourrait être dans le film. C’est pourtant grâce à lui que j’ai trouvé quoi faire. Un jour, il a pu filmer à Tombouctou l’attente de l’exécution d’un Touareg accusé d’avoir tué un pêcheur. Et quand il m’a dit cela, je me suis dit : voilà mon sujet, ce sera l’histoire de ce Touareg. Dans le film, c’est un berger, Kidane, qui a donné la mort par accident à un pêcheur bozo qu’il était venu trouver parce que celui-ci avait tué sa vache. Et j’ai décidé de raconter les quarante-huit heures précédant son exécution.” – Jeune Afrique : Abderrahmane Sissako : “Au Mali, les Touaregs sont à voir comme des victimes”

 

Notre amie Fatouma Harber de Tombouctou nous livre par contre une histoire plus complexe :

 

“Je le dis haut, l’écris en gras : c’est faux ! Rien n’est vrai dans cette histoire !

 Ce Touareg qui a été  la seule personne exécutée par Ansardine à Tombouctou,  était un membre du mouvement, il n’était pas un habitant de la région et c’était une personne qui persécutait la population des villages des alentours de Tombouctou.  Son acte  était prémédité et il a déclaré au pêcheur qui refusait d’exécuter ses ordres qu’il était venu spécialement pour lui avant de le tuer froidement de plusieurs coups de fusil.  Il est resté libre longtemps  et d’ailleurs Ansardine a essayé de  donner le prix du sang à la famille de la victime qui a refusé et a exigé que  le coupable soit tué comme le veut la charia.” – Les Nouvelles du Mali : Le “Timbuktu” de Sissako n’est pas le Tombouctou que j’ai vécu

 

Cette version semble confirmée par les médias de l’époque :

 

“Jugé par un tribunal islamique, l’éleveur venait d’être reconnu coupable du meurtre d’un pêcheur noir de la communauté des Bozos, à la suite d’un incident provoqué par ses vaches, coupables d’avoir abîmé les filets de sa victime. Selon les règles de la charia, Moussa Ag Mohamed, qui était lui-même membre d’Ansar Dine, n’avait aucune chance de sauver sa tête : la famille de la victime ne lui a pas accordé son pardon, ni n’a accepté les 30 millions de francs CFA (un peu moins de 46 000 euros) que les proches de l’éleveur proposaient en guise de diya, c’est-à-dire le prix du sang prévu par la charia.” – Libération : Dans le Nord-Mali, la charia s’applique aussi aux soldats de Dieu

 

Pourquoi avoir travesti des faits réels et gommé l’appartenance du « Targui exécuté » à Ansardine, c’est-à-dire aux forces d’occupation ? On devine aisément qu’un militant d’Ansardine à l’écran n’aurait pas suscité la même sympathie de la part du public occidental, et peut-être pas les mêmes récompenses…

 

J’avais écris sur ce forum que pour les Tombouctiens, ce film pourrait être vécu comme si on faisait une fiction sur Varsovie pendant la seconde guerre mondiale en parlant des malheurs d’une famille allemande tout en ignorant la tragédie que vivaient des milliers de Juifs dans le ghetto… C’est pire que ça. C’est plutôt comme si on racontait la vie d’un officier SS en « oubliant » de préciser qu’il était SS…

 

 

Malhonnête vis-à-vis de la représentation des différents personnages et du pêcheur Bozo :

 

Dans ce film, les principaux protagonistes ont tous droit à une humanisation plus ou moins poussée : Kidane, l’éleveur Targui est présenté comme un brave père de famille, à l’écart de toute violence. C’est un gentil baba cool qui joue de la guitare et a des rapports affectueux avec sa femme et sa fille.

 

Abdelkrim, l’un des chefs djihadiste est un gars sympa, dénué de toute agressivité, qui fume en cachette et qui aide volontiers son prochain, même s’il convoite également la femme dudit prochain (ce qui est en principe interdit, non ?). Certains djihadistes de base nous apprennent qu’ils étaient rappeurs dans une autre vie, et qu’ils sont là parce qu’ils sont paumés, c’est tout. Même le grand boss des djihadistes fait preuve d’écoute lorsqu’il se laisse gentiment sermonner par l’imam local, symbole selon Sissako, d’un islam à visage humain.

 

Le comble de cette humanisation (ou du ridicule, c’est selon) est atteint lorsqu’un djihadiste ôte sa djellaba ou son treillis et se met à danser comme une ballerine d’opéra sous le regard approbateur de la folle du village (qui pour d’étranges raisons, semble plus préoccupée par le tremblement de terre d’Haïti que par l’occupation de son propre pays… Passons.). Après avoir survécu à une scène pareille, on a une furieuse envie :

 

  1. a) d’éclater de rire,
  2. b) d’aller voir le gérant du cinéma pour exiger un remboursement,
  3. c) de rejoindre le MUJAO.

 

Je me suis contenté de a) et d’ailleurs, je n’étais pas le seul à faire ce choix. Le personnage de la déséquilibrée est sans doute inspiré de « Moulaye le Fou », personnage emblématique de Tombouctou qui a défié l’occupant et arborait fièrement un drapeau malien au plus fort de l’occupation.

 

Bref, le réalisateur nous rappelle que tous ces personnages sont avant tout des hommes, de simples hommes, pris dans un jeu trop grand pour eux et en train de faire (souvent à contrecœur) des choses qui ne les amusent pas forcément.

 

Le pêcheur Bozo par contre n’a pas droit au même traitement. C’est le seul personnage unidimensionnel du film. On ne le montre pas en train de jouer de la guitare, du piano ou de la flûte traversière. Il ne s’exerce pas au Karaoké avec ses enfants et ne pose pas non plus ses filets pour exécuter des entrechats à la Nijinski. On ne donne la parole ni à sa femme ni à ses enfants. Quand sa famille intervient, c’est tout juste pour confirmer la sentence de mort de notre aimable éleveur Targui. Le pêcheur est présenté comme un personnage fruste, travaillant comme un nègre (c’est le cas de le dire), et agressif envers toute personne approchant de près ou de loin ses filets. Il est chosifié : c’est un Africain comme aime à les dépeindre Sarkozy : on devine qu’il n’est pas assez « entré dans l’histoire » et qu’il « répète les mêmes gestes depuis la nuit des temps, au rythme incessant des saisons »… C’est également le seul personnage du film qui fait preuve d’agressivité inutile : lorsqu’une innocente vache saccage ses filets, il pète les plombs et abat l’animal. Le meurtre du pêcheur est par contre décrit comme un banal accident.

 

Certains diront que le but ultime d’une œuvre d’art n’est pas d’être honnête, mais uniquement d’exprimer la sensibilité du créateur, même si celle-ci peut gêner ou choquer. Ce n’est pas dans une galerie d’art que l’on cherche de l’honnêteté, il ya tribunaux et commissariats pour ça. L’art se doit d’être libre, affranchi de toute allégeance aux convenances, et surtout subversif.

 

A ceux-là, je demande de ne pas confondre subversion et prostitution : si les deux choquent, l’une libère l’homme, l’autre l’asservit davantage. Par ailleurs, je pense que l’honnêteté est une exigence pour tout être humain, que l’on soit artiste, président ou … danseuse ballerine.

 

On me dit que le film est beau, poétique et que cela suffit pour mériter récompenses et hommages. Après tout notre époque ne brille pas par son souci de l’exactitude et de la vérité. Tant mieux pour ceux qui se contentent de la beauté extérieure et des apparences. D’autres, plus exigeants (ou plus naïfs, c’est selon), croient encore que pour les œuvres d’art comme pour les hommes, l’esthétique la plus importante est celle des âmes.

 

En Afrique, noyés sous les crèmes éclaircissantes et les mèches de cheveux provenant d’autres continents, nous avons l’habitude des beautés factices et racoleuses. Nous avons également appris à discerner le vrai sous le clinquant…

 

Avant Timbuktu, d’autres œuvres se sont illustrées par leur beauté bancale.  Le film Birth of a Nation de DW Griffith est célébré comme étant un chef d’œuvre cinématographique, une révolution pour l’époque. Son propos ? Le Ku Klux Klan est une légitime milice d’auto-défense… On appréciera : https://www.youtube.com/watch?v=302YMeiDSrI

Lolita de Nabokov est encensé comme un chef d’œuvre littéraire. Son propos ? Les obsessions érotiques d’un homme d’âge mûr à l’endroit des filles de 9-14 ans…

 

Cela dit, ni Timbuktu, ni son réalisateur ne méritent pour autant un boycott, une interdiction et encore moins une fatwa. D’ailleurs à ce jour, le film n’est pas interdit au Mali et je ne pense pas qu’il le sera. Le Président malien ne dit-il pas qu’il est Charlot, pardon Charlie ? Je souhaite de tout cœur que le réalisateur présente lui-même son œuvre au public malien et qu’il échange avec lui, surtout avec les habitants de Tombouctou qui sont après tout, les héros involontaires de cette histoire et qui savent mieux que quiconque ce qu’ils ont enduré. Là-bas il n’y a pas que les oiseaux qui ont du chagrin…

 

Quant aux Maliens dans l’ensemble, ils ne doivent pas être surpris des falsifications présentes et à venir. Lorsqu’on s’habitue à voir les autres se battre à notre place, il ne faut pas être surpris de les voir raconter notre histoire à notre place, à leur façon.

 

Pour ma part, je suis sorti de la salle avec, je ne sais pourquoi, cette citation d’Henry Clay en tête : « Si brillant, et pourtant si corrompu. Tel un maquereau échoué sur la plage par une nuit de lune, il brille mais il pue. »

 

 

Stéphane Kader Bomboté


A la suite du Dr. Haïdara, je dirai à Stéphane, “i ni baara!” Merci pour ce compte-rendu bien raisonné et en profondeur. La communauté Malilink avait bien besoin de ton regard, lequel nous aura préparé à aborder ce film quand l’occasion se présentera à nous de le voir. Abderrahmane est mon jeune frère et il sera mon invité sur le campus de Carleton College et au Minnesota pour un total de trois jours en avril. Nous avons programmé le film en question et prévu des discussions avec lui. En plus de cela, pour le compte du Walker Art Center de Minneapolis, je dois diriger les débats sur “Hèrèmakonon” en présence de Sissako lui-même. Ce film “Timbuktu”est comme de l’eau versée par terre, par conséquent difficile à récupérer. Tout ce qui nous reste, ce sont les nombreuses occasions de donner une version des Maliens, des Tombouctiens, etc, celle des gens qui ont vécu les douloureux événements dans leur chair et âme. Comme l’a dit mon frère Yachim, nous avons résolu de présenter une autre version un jour et pour cela, nous nous donnerons les moyens, Insh Allah. Nous espérons que bientôt et d’ici là, les choses se seront décantées assez pour que nos compatriotes de tous les horizons puissent parler devant la caméra. La fiction, qui a pris les devants, sera rattrapée un jour, comme c’est toujours le cas dans la course entre le mensonge et la vérité. Entre-temps, j’ai hâte moi aussi de voir ce film.

Je veux tout juste signaler que la folle, jouée par Kettly Noël, est calquée sur une femme de Gao du nom de Zabou(nom conservé d’ailleurs dans le film), qui en son temps, a été une danseuse vedette au Crazy Horse de Paris, haut-lieu du strip-tease et à partir duquel elle a fréquenté les plus hautes personnalités du show-biz français au début des années 70. Après avoir brûlé la chandelle par les deux bouts, elle est de retour depuis plusieurs années dans son Gao natal, où elle vit dans un état de “folie”, dit-on. Un de mes amis qui prépare un documentaire sur cette femme hors du commun, m’a fait voir des images il y a quelques années.
Bonne soirée à tous,
Chérif Keita

PS: Merci aussi à Madame Wasservogel et au Prof. Bourgeot pour avoir commencé, il y a quelques mois déjà, le travail de mise au point.


Merci Stephane pour cette excellente note qui a mille fois plus de valeur à mes yeux que le film Timbuctu. Dès qu’un cineaste essaye de presenter une fiction comme réalité, il perd de la crédibilité à mes yeux. Je le considere, en ce moment, comme un ennemi de l’histoire ou tout simplement un menteur.
Il y a des bons cineastes historiens comme notre ainé Keita et Yachim. Restituer l’histoire par un film est très difficile. Si on ne sait pas le faire, je prefere qu’on dise faire de la fiction.
Certaines fictions qui ont connu du succes sont tombées dans le piege de faire pour la realité: Da Vinci Code, Sniper, Zero Dark Thirty etc.

Barou Sam

Guerre de l’Ombre Au Sahara

2015-02-10 10:42 GMT-05:00 ameno TRAORE:

Bonjour

En occultant la dimension géopolitique et géostratégique de la crise au nord de notre pays, il sera difficile de trouver une solution en notre faveur.
Joko ni mayaa a fait de belles analyses dans ce sens et a proposé des solutions
J’avais aussi écrit un article dans ce sens intitulé “kidal, le Mali a t-il perdu le nord” paru dans le journal info Matin.


Merci Ameno pour le partage. J’ai pu visualiser ce film entre les rendez-vous ce soir, et je me suis réjouis d’y voir les commentaires de Laurent Bigot (35min45, 41min et 44min50). Pour le reste, je l’ai trouvé assez troublant et j’aimerais faire quelques remarques.

Le film s’agit de ce que la narratrice décrit comme “la guerre pour contrôler les ressources du 21e siècle” (3min30), ou encore “le nouveau partage de l’Afrique” (53min40). “C’est comme si l’Occident veut des guerres”, déclare Mahmoud Dicko (54min15), laissant entendre que les gouvernements occidentaux menés par les États-Unis téléguident les guerres sur le continent. Je trouve cette analyse surdéterminée.

Le Mali jouirait d’une “position stratégique essentielle”, selon Doulaye Konaté (4min50) : “Qui contrôle le Mali contrôle l’Afrique de l’Ouest, pour ne pas dire l’Afrique.” C’est peut-être chaque peuple qui tend à se voir au centre de l’univers, et les Maliens ne feraient nullement exception au règle. Mais je pense qu’on ne doit pas surestimer la valeur stratégique du Mali et des enjeux “géostratégiques” dans la zone sahélienne. Par exemple, l’importance des gisements du Basin de Taoudenni, ce supposé “El Dorado du Sahel”, est mise en doute par un des mêmes experts consultés dans le film, qui souligne (48min15) que les quantités de pétrole, gaz etc. y sont inconnues et restent à confirmer.

En ce qui concerne l’analyse de l’anthropologue britannique Jeremy Keenan dans le film (12min35), c’est le meilleur exemple du problème de la surdétermination cité en haut ; je propose comme illustration son hypothèse que le GSPC et AQIM ont été montés de toute pièce par la DRS algérien (hypothèse qu’il élabore dans ses écrits ; je constate que ces cinéastes préfèrent ne pas en faire mention). Je ne connais pas le Pr Keenan, mais ce qu’en disent les collègues qui font leurs recherches au Sahel me laisse assez sceptique envers ses déclarations.

SE Amadou Ould Abdallah (36min25) suggère que les troupes maliennes ayant reçu la formation américaine “ont été les premiers à se rebeller”, comme si c’était cette formation qui explique les victoires séparatistes ; Son Excellence semble avoir beaucoup de foi en l’efficacité de ces programmes ! Nous savons pourtant que les militaires formés par les Américains se figuraient et parmi les FAMA et parmi les séparatistes. Parler d’ailleurs du Capitaine Sanogo comme “un des élèves modèles de l’AFRICOM” (37min10) serait encore une exagération, étant donné le grand nombre de soldats, sous-officiers et officiers des FAMA ayant bénéficié des formations répétées depuis les années 1990. Mais enfin le film qualifie les victoires militaires rebelles, début 2012, comme des “revers en chaîne pour l’AFRICOM” (37min37), ce qui indique au moins que ce n’était pas l’AFRICOM qui cherchait la partition du Mali.

Je ne sais même pas que penser de la suggestion vers la fin (45min30) que l’armée française a voulu laisser échapper les combattants islamistes après la bataille de Konna au lieu de les anéantir. Quelqu’un mieux informé pourrait me la faire comprendre peut-être. Il parait qu’elle a quelque chose à voir avec AREVA.

Permettez-moi de poser une question : N’est-il pas possible que ce soit l’insécurité au Sahel qui explique l’intérêt militaire des grands pouvoirs à la région, et non pas l’inverse ? (Voir les déclarations de Rudy Atallah, 12min15)

En somme, ce film avance une interprétation réductrice des faits. Les grands pouvoirs ont bel et bien des intérêts stratégiques en Afrique. La question, c’est le rôle que jouent ces intérêts aux conflits actuels au Mali, comme au Soudan ou en Somalie. A mon avis ces intérêts sont au second plan, et ne doivent nullement occulter les causes endogènes des conflits. Même sans l’intervention de l’OTAN en Libye, même sans les soutiens externes dont bénéficierait le MNLA (46min45), le conflit dans le nord du Mali aurait eu lieu, et je ne sais pas si les conséquences auraient été si différentes de ce qu’on a vu.

Pour être clair, je crois bien que les décisions prises par les grands pouvoirs ont aidé à créer la situation actuelle au Sahel, à savoir l’instabilité politique, la partition de facto du Mali, les violences des groupes comme AQIM et Boko Haram. Je ne pense pas que c’était leur intention de créer cette situation, comme l’analyse du film laisse entendre… en fin du compte, peut-être que l’intentionnalité ne compte pas pour grande chose dans ce monde. Mais ce que je sais, en tant que anthropologue, c’est que les enjeux micropolitiques comptent pour beaucoup, quels que soient les enjeux géopolitiques.

– Bruce Whitehouse


Hi Bruce,

Bonnes remarques sur quelques faiblesses de ce documentaire. Je peux tenter de répondre à certaines questions que tu poses :

Je ne sais même pas que penser de la suggestion vers la fin (45min30) que l’armée française a voulu laisser échapper les combattants islamistes après la bataille de Konna au lieu de les anéantir. Quelqu’un mieux informé pourrait me la faire comprendre peut-être. Il parait qu’elle a quelque chose à voir avec AREVA.

Je crois que les réalisateurs de ce documentaire font une confusion entre la déroute des djihadistes à Konna et la sanctuarisation de Kidal par le MNLA sous le bon patronage de la France. Beaucoup de journalistes, peu au fait de la question Malienne, font cette erreur. C’est par exemple le cas du journaliste qui interview André Bourgeot et qui pense que la France a stoppée l’avancée du MNLA sur Bamako (ici à 23:11)… Comme l’explique André (à 27:20), il est clair qu’en Janvier 2013 lors du déclenchent de l’opération Serval, le MNLA était inexistant, aussi bien militairement que politiquement. C’est la France qui l’a remis en selle. Ceci est indéniable. Il est clair que la France a permis au MNLA de se reconstituer et d’absorber les combattants d’Ansar Eddine et des autres groupes alors qu’au même moment la France stoppait la progression de l’armée Malienne vers Kidal comme aujourd’hui elle stoppe la progression de certaines milices pro-gouvernementales. Pourquoi ?

C’est à mon avis à ce parrainage du MNLA par la France que les réalisateurs du documentaire font allusion en disant que la France a “laissé échapper les combattants”, même s’il ne s’agit bien entendu pas des mêmes combattants. Mais bon, la remarque vaut la peine d’être notée. Aux réalisateurs de clarifier.

Permettez-moi de poser une question : N’est-il pas possible que ce soit l’insécurité au Sahel qui explique l’intérêt militaire des grands pouvoirs à la région, et non pas l’inverse ? (Voir les déclarations de Rudy Atallah, 12min15)

Je ne sais pas si Rudy Atallah vaut mieux que le Professeur Keegan en matière d’analyse. Il est clairement pro-MNLA et ses recommandations sont irréalistes :”It should be noted here that the secular MNLA, despite all criticism, remains an example of an organization that has no interest in militant Islamism or jihadist governance. By dealing with basic grievances in Mali’s North, the West, in time, can influence local people as allies in the fight against AQIM. Further, with proper training and support, the international community can convince Bamako and an empowered secular Tuareg community to work together against terrorism and narco-trafficking.” – Rudolph the red nosed reindeer Atallah in an address to the US House of Representatives.

Seriously? How about Israel and Hamas working hand in hand to fight extremism? BTW, is this dude aware that his so-called “secular MNLA” was about to form a government with the very jihadists the West believes he can fight????

Même sans l’intervention de l’OTAN en Libye, même sans les soutiens externes dont bénéficierait le MNLA (46min45), le conflit dans le nord du Mali aurait eu lieu, et je ne sais pas si les conséquences auraient été si différentes de ce qu’on a vu.

OK, ici ce n’est pas une question, c’est une affirmation. Il y a eu plusieurs guerres civiles en Afrique qui ne doivent rien à une quelconque intervention Occidentale. Personne ne conteste les facteurs endogènes du conflit Malien ou d’autres conflits. On demande seulement à l’Occident :

A – de ne pas intervenir et de laisser les Africains régler leurs problèmes en bien ou en mal,

B – ou alors si l’Occident intervient, de le faire honnêtement et en respectant la volonté des Africains (ce qui est rarement le cas).

De nombreux pays ne sont pas intervenus en Afrique (Chine, Russie, Inde…etc.) sans que personne ne leur reproche quoi que ce soit. De même, personne n’a accusé l’Occident (ou demandé à l’Occident d’intervenir) lors des conflits du Liberia, de la Sierra Leone ou même de la Cote d’Ivoire (avant l’intervention Française sous la forme de l’Opération Licorne). Le principal reproche que l’on formule aux Occidentaux c’est de faire passer leurs intérêts avant ceux des Africains, et cela dans bien des cas aggrave ou alimente les conflits comme on peut le voir au-delà même du continent Africain…

Stephane Bombote

Mme Sanogo Fatoumata Coulibaly dite FC

Bonsoir,
J’étais parmi ceux qui ont accompagné, lundi 9 février, Mme Sanogo Fatoumata Coulibaly à sa dernière demeure. Elle repose désormais au cimetière de Lafiabougou. Monsieur Sanogo et les enfants étaient très dignes dans cette épreuve unique.

Fatoumata Coulibaly (FC) était une de mes camarades des années UNEEM.
Elle a été une militante active de l’Association des élèves de l’École normale supérieure de Bamako ( ADEENSUP) et de l’UNEEM.
Avec ses amies Thérèse Samaké et Djénébou Koné, elle prit une part active aux activités et aux luttes estudiantines de ces années difficiles.

A la rentrée 1976, l’ADEENSUP avait entrepris de secouer la torpeur des milieux scolaires et universitaires: activités sportives et culturelles, conférences-débats, grèves, manifestations pacifiques ou non pacifiques. FC a été de tous ces combats avec courage et détermination.
En cette année 1976-77 fut montée à l’ENSUP la pièce de théâtre en langue nationale bamanan intitulée: ‘ni san ciènna jaté tè kalo la”.

Mohamed Yoro Diallo ( aujourd’hui diplomate) qui faisait office de directeur de la troupe a traduit ainsi le titre de la pièce: “Quand la tête pourrit, le corps s’étiole”.
Écrite par l’infatigable pionnier de la promotion des langues nationales, Karamogo Mamadu Dukuré dit Vzéro, cette pièce était une satire implacable du Mali du CMLN ( comité militaire).

Jouée en langue nationale par des étudiants de l’ENSUP, “Ni San ciènna..”a provoqué la colère du régime militaire. La pièce fut interdite. Le Directeur général de l’ENSUP, Adama Sissoko, relevé de ses fonctions pour n’avoir pas étouffé dans l’œuf l’entreprise séditieuse. Il sera arbitrairement détenu quelques mois plus tard.

FC était un des grands acteurs de Ni san ciènna… Elle a joué le double rôle de Dadonka et Heyinba.
Samba Diallo était Foytè, Moussa Makan Camara a joué le rôle de Ntalaba, Modibo Diallo celui de Ntolofori, Madama Bouaré ( paix à son âme) était Jenninkanyimi, Cabral ( Abdulkarim) était Bilangalama, Thérèse Samaké était Sira, Fousseyni Coulibaly a joué le rôle de Namakoro, corrupteur et arrogant, Sékou Sogoré était Fusuku!

Ces années de luttes étaient de belles années.

Après la purge du 28 février 1978 au sein du comité militaire, Ni San ciènna a été présentée à l’ouverture de la biennale devant le Président Moussa Traoré et son gouvernement. Nous avons joué avec la même impertinence, comme la première fois.

Qu’elles étaient belles ces années! Elles étaient aussi de “braise” comme aiment à le dire les anciens de l’UNEEM: arrestations, bastonnades, tortures, procès-bidons, assassinats…..
Et la lutte reprenait….

J’ai rencontré lundi au cimetière de Lafiabougou les quartre garçons de FC: ils sont des hommes aujourd’hui, ils peuvent être fiers, bien fiers du parcours de Maman.
Dors en paix Koomuso Dadonka….
I ni kunun….
Tiébilé Dramé

Le groupe Tinariwen Indésirable aux USA?

Pour apologie du terrorisme : le groupe Tinariwen indésirable aux USA

http://www.afribone.com/spip.php?article64248

Le succès planétaire remporté par le groupe Tinariwen ne l’a pas empêché de faire l’apologie du terrorisme. Depuis un moment il est déclaré non grata aux Etats-Unis d’Amérique.


2015-02-04 5:09 GMT-08:00 assadekab:

Archi faux il y a un mois ils etaient en tournée aux USA


Ce groupe est aussi fait de menteurs, de racistes, et d’esclavagistes comme le MLNA.

En fait, ils etaient en concert il y a quelques annees de cela a chicago. Apres le concert, ils se sont modelises en victimes d’un systeme d’oppression, et de marginalisation de la republique du Mali et des Maliens contre eux.

Mon dieu, il fallait voir comme les blancs tombaient sous le charme du mensonge de ces esclavagistes!!!!

Heureusement pour nous, et malheureusement pour ces menteurs, Niangadou un jeune membre du ReCam,ressortissant du Nioro du Sahel, et actuellement doctorant en economie a l’universite de Chicago etait sur le lieu.

A l’image du ReCAM, le jeune Niangadou s’est mis a les critiquer vivement tout en leur disant qu’ils doivent aussi apprendre a faire comme les Diokarames et les Marakas du Nioro du Sahel qui ne cessent d’investir dans la region malgre qu’ils soient au courant de l’abscence notoire de l’etat dans la region de Kayes.

Nous les attendons au tournant!!!

Badra Guindo du ReCAM depuis Seattle


L’ année dernière, j’ai commencé à dénoncer leur imposture sur les réseaux de scientifiques américains qui étudient le Mali et cela depuis que leur bassiste a proclamé sur Al-Jazeera qu’ils sont tous avec le MNLA et que cette rébelleion serait la bonne. Depuis, je ne vais plus à leurs concerts car pendant que leurs champions détruisent les chances des autres artistes maliens de gagner leur pain, eux ils se pavanent à travers le monde en semant le mensonge et la division. Il est temps que la diaspora malienne les surveille de près.
Chérif Keita


Je me rappelle encore de l’intervention de Cherif sur Al-Jazeera. Merci encore. Pour Tinariwen, j’ai décidé moi aussi de ne plus jamais dépenser mon argent pour leurs albums; ce qui est clair c’est qu’ils ne pourront plus jamais jouer au Mali. Je me rappelle encore de leur bassiste sur Jazeera. Il ne faut jamais qu’on oublie. Il y a eu beaucoup de fripouilles dans cette affaire. Il y a des choix qu’on fait et qu’on doit assumer. Je pense sincèrement aussi qu’il faut qu’on dénonce leur soutien à des bandits. Qu’ils soutiennent une idée est une chose, mais soutenir un mouvement qui tue et viole n’est nullement acceptable.

______________________
A. Karim Sylla

Réunion à Alger … La Plateforme Exprime Son Désaccord

On 2/4/15 8:00 PM, Aboubacrine Assadek wrote:

Le gouvernement malien n’a-t-il pas la légitimité de représenter les milices pro Mali? Puisque celles-ci disent aider le gouvernement.
Une solution ce que les représentants de ces milices fassent partie de la délégation malienne.


Être pro-Mali ne veut nécessairement pas dire être pro-gouvernement.

Amadou Wane


“Le gouvernement malien n’a-t-il pas la légitimité de représenter les milices pro Mali? Puisque celles-ci disent aider le gouvernement.
Une solution ce que les représentants de ces milices fassent partie de la délégation malienne.”_ Assadek

Pour réduire structurellement la violence, un classique des sciences politiques, c’est d’engager toutes les parties au conflit dans des actions encadrées.
On signe entre les parties des accords qui fixent un cadre pour sortir du conflit.
Pour que l’accord ne soit pas mort né, il faut que toutes les parties au conflit soit signataires de l’accord.
Il faut bien sûre que techniquement, l’encadrement des actions soient réalisables et que les actions encadrées soient exhaustives et pertinentes.
Il ne s’agit plus de souveraineté nationale, autrement l’on aurait pas eu recours au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ce recours est toujours assimilé à une mise sous tutelle. Le terme semble fort mais c’est la réalité. Les Nations Unies ont failli abolir la mise sous tutelle mais le conflit ivoirien a fait disparaitre cette question de l’agenda.
L’erreur à Ouaga a été que toutes les parties au conflit n’ont pas été signataires de l’accord. Les “milices” qui se défendaient du MNLA ont signé une annexe à l’accord dont il faut clarifier le statut juridique.
Si les mouvements qui se défendent contre le MNLA ne sont pas signataires de l’accord, l’accord sera mort né et source de conflit entre la MINUSMA et ces mouvements car la MINUSMA ne les reconnaîtra pas comme parties à l’accord qui justifie leur présence.
La faiblesse du Mali est qu’il gère politiquement cette question au lieu de le gérer juridiquement. Les combinaisons politiques n’ont pas force de loi et n’astreignent personne même si on manifeste beaucoup de tolérance.
Cordialement.

************************
Amb. Ret. Mamadou Traoré


Toute la confusion au niveau des négociations dites inclusives vient de là. On a suivi la proposition du MNLA de reduire les négociations à deux parties: eux et le Gouvernement.
C’est là une erreur grossière car eux sont au même titre que les autres populations ou groupes armés ou non qui ont des préoccupations sur les suijets en discussion. Reduire leur position sur ces questions n’est pas juste et viole le principe d’inclusivité et de nécessité d’écouter toutes les parties concernées.
Le MNLA semble avoir remporté sur le plan de la strategie de négociation en faissant adopter cette façon de voir aux mediateurs et observateurs. Je dis toutefois que tout accord qui sortira de cette strategie ne sera pas applicable car tous ceux qui aurront été exclus ne l’accepteront pas( armés ou non armés compris).
Il y a trop de manipulations dans ces négociations, ce qui contribue à detruire la confiance qui est un element essentiel pour qu’il ait une paix definitive. Ni le Mediateur, ni la MINUSMA ne sont entrain de travailler dans ce sens au point d’être traités de complice du MNLA.
Pourquoi ne rend ton pas les négociations reellement inclusives comme le stipule les differents accords et résolutions du Conseil de securité des NU ?

Harouna


Amadou Wane, tu m’ as dévancé et as dit exactement ce que je voulais dire: “La Plateforme” est pro-malienne, pas pro- gouvernementale. Cette expression est employée par le MNLA et la presse qui lui est obligée, pour discréditer “la Plateforme”.

Je ne suis pas aussi pro gouvernemental, mais pro-malien: intégrité territoriale du Mali, la présence de l’ État malien sur tout le territoire, vivre ensemble et en bonne entente à l’ intérieur des limites du Mali et au délà – bien sûr bonne gouvernance, etc.

Ces choses que je veux n’ ont rien à faire avec un Gouvernement quelconque au Mali. J’ exige cela de tout gouvermement du Mali. Il est maintenant clair que IBK et ses différents Gouvernements font très très peu pour remplir ces exigeances. Bien au contraire tout le monde, à l’ intérieur comme à l’ extérieur du Mali, a la nette impression que le Mali est leur dernier souci – à part quelques ministères purement techniques comme la Santé, etc…

C’ est dire que les Maliens luttent contre vent et marée pour le Mali, sans leur Président et leurs Gouvernements légitimes.

Pour terminer, je suis absolument de l’ avis de Harouna !

Bien cordialement

M. Diagayété


Bonjour,

Et pour être plus clair, il y a de fortes chances que les mouvements de la Plate-forme se désolidarisent totalement du groupe de négociateurs gouvernemental d’Alger.

Ce n’est pas à exclure. Recinnaitre l’état malien ne veut pas dire reconnaître toute bêtise que des gens vont nous concocter.

À ce que je sache, le MNLA et alliés “reconnaissent” le Mali et son intégrité d’ailleurs. Pourquoi eux ne se contentent pas de ce que les gouvernements maliens leurs proposeraient ? Pourquoi ce doit être d’autres citoyens de la même zone qui doivent être exclus ?

Il y a longtemps que les groupes armés de la Plate-forme et les citoyens anti-MNLA de la zone se sont fait l’idée que le gouvernement malien ne gère pas cette question correctement; en prenant compte véritablement de leur point de vue. Si le gouvernement ne fait pas attention et que les négociations aboutissent à un mauvais accord la rupture avec l’état malien même risque d’être consommée de la part des groupes armés de la Plateforme et des populations de la zone qui ne sont pas d’accord avec ce qui se passe.

Personnellement cette éventualité que je redoute me hante toutes les nuits. Malheureusement le gouvernement malien actuel (lui aussi) ne prend cet aspect qu’à la légère.

Il faudrait vraiment faire attention de ne pas s’engager dans des combines avec MINUSMA-BARKHANE et Algérie parce qu’au bout le risque est énorme de voir la catastrophe exploser de plus belle.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Même si la question ne m’ est pas directement posée, je dois repéter encore ce que Amadou Wane a dit: “Être pro-Mali ne veut nécessairement pas dire être pro-Gouvernement.”

Il ne faut pas déplacer le problème. Je le dis aussi pour Assadek Djaladjo:

La cause, dans ce cas l’ unique cause (monocausalité) !, des terribles troubles au Mali depuis Janvier 2012 c’ est le MNLA et uniquement le MNLA. S’ il est pour l’ intégrité territoriale du Mali, qu’il dépose les armes et s’ intègre dans les luttes syndicales et politiques qui ne manquent pas au Mali. Il y a toute forme de lutte à part la lutte armée: de lettres de protestation aux grèves illimitées.

Par ailleurs aux derniers pourparlers d’ Alger en Novembre le MNLA et ses acolytes ont remis la “Feuille de Route” dont le contenu principal est l’ intégrité territoriale du Mali, en question. Les dirigeants de première ligne du MNLA, HCUA et MAA-Dissident ne sont même pas venus.

Les milices ont, malheureusement, leurs raisons d’être, car le MNLA et ses acolytes continuent leurs activités et le système IBK n’ a aucune stratégie perceptible. chaine de “Cause à Effet! ” Ça, ce sont des faits. Les spéculations et les acrobaties intellectuelles ne peuvent pas dissiper les faits.

De plus ces milices sont plus représentatives des populations du Nord que le MNLA et ses acolytes.

Bien cordialement

M. Diagayété

Débat Critique Sur Modibo Keita

Modibo n’était pas un “saint” — mais au delà de là on peut polémiquer sur ses choix politiques et économiques. La responsabilité est peut-être collective au sein du RDA, mais il en était le chef.

Concernant l’embargo, j’ai une lecture très différente; elle n’a jamais réellement existé — la raison pourquoi les produits ont manqué était parce que les circuits d’approvisionnement n’avaient pas à leur disposition les devises nécessaires. Oui il y avait la cherté, mais cela était une démonstration très claire que les choses ne commençaient pas bien. Parler d’embargo revient à reprendre la propagande de l’époque — le “ça ne va pas parce qu’on essaye de nous asphyxier”. Mes parents ont passé leur vie à faire le commerce avec le reste de la sous-région. Il y a tout un livre qui peut être écrit sur le sujet.

Je ne suis pas neutre quand il s’agit de Modibo; il s’en est pris aux commerçants pour tuer ce qui avait toujours existé depuis l’empire du Ghana: l’activité commerciale source d’enrichissement. Vous savez comment les commerçants échappaient à l’emprisonnement? En faisant des cadeaux aux responsables politiques de l’époque. La corruption n’a pas commencé sous GMT.

Le problème avec Modibo et le RDA, c’est que même quand ils se sont rendus compte que ça n’allait pas, ils se sont entêtés dans le mauvais choix — on s’est retrouvé avec la révolution active. Comme rien ne marchait, la réponse a été de faire encore pire.

Les apologistes font une liste des entreprises d’état créées sous Modibo comme preuve que son régime travaillait — ces soit-disantes entreprises étaient pour la plupart vouées à l’échec. On dépense les maigres resources de l’état pour faire du prestige, sans véritable retombée sur le pays. Est-ce différent de ce qui se passe à Koulouba aujourd’hui?

C’est bien pour ça que je ne suis pas d’accord quand on dit que Modibo faisait ses choix dans l’intérêt du Mali. Non, l’intérêt du Mali se trouvait ailleurs que ce dans quoi le pays a été entraîné.

Cependant, son régime n’est pas la pire des choses qui aurait pu arriver au Mali; si un “IBK” (synonyme de sans-programme) était au pouvoir en 1960, il y a tout lieu de penser que les choses auraient conduit à plus qu’un désastre — ç’aurait été une calamité. Toutes proportions gardées.

______________________
A. Karim Sylla


Re,
Merci Stephane Kader. C’est exactement mon propos. Je suis ravi de constater qu’il est compréhensible. Et je croyais que tout le monde avait compris que 2012 n’a été hélas que l’aboutissement d’un processus commencé beaucoup plus tôt.
Pour répondre un peu à A. Karim, c’est possible que Modibo Kéïta ne comprenait rien à l’économie. Et un gouvernement n’est pas une individualité, fusse-telle charismatique. Sous d’autres cieux, on a l’exemple d’un des meilleurs économistes de sa génération qui n’a pas eu de résultats mirobolants. Et il ne faut pas être nécessairement économiste pour faire les bons choix économiques. Mais on peut dire que Modibo Kéïta comprenait où se trouve l’intérêt de son pays. Et il ne me semble pas juste de dire que Modibo Kéïta a demandé “au Maliens de se priver de sucre, de lait en poudre et autres produits importés”. C’est parce qu’ il y avait un embargo sur certains produits en raison des orientations politiques du régime et de ce fait ils faisaient l’objet de trafic et donc coûtaient trop cher. (dixit des commerçants que j’ai interrogés lors d’enquêtes de recherches et qui pourtant ont souffert des choix politico-économiques). Le bon sens était de dire de se passer de ces produits importés. Enfin sans mettre en doute l’anecdote du nescafé, je dirai simplement que les anecdotes, c’est toujours amusant.

Continuons à discuter. La matière s’y prête bien et le sujet en vaut la peine.
merci
Issa Diawara


Bonjour Idrissa,
Les défis à relever au Mali étaient certes immense, mais c’est la voie même qui a été choisie qui fut le problème. Mais en parlant de la Chine, c’est au début des années 80 que leurs leaders ont compris qu’ils allaient tout droit vers le mur. Ce que la Chine est arrivée à faire c’est démonter tout l’arsenal communiste et collectiviste, et favoriser l’entreprise privée. C’est ce qui a créé sa prospérité. Aujourd’hui la Chine n’est communiste (ou communisante) que de nom.

Le régime de Modibo avait un choix à faire; mon gros problème c’est que même face à l’évidence que les choses pourrissaient la réaction n’était pas de reculer mais de foncer tête baissée. D’ailleurs une bonne partie des militaires putschistes — dont GMT — voulait seulement une réorientation parce qu’en toute évidence ils se savaient incapables de prendre les choses en main. Le coup d’état n’a été “confirmé” que quand les militaires se sont rendus compte que la conviction de Modibo était très forte (durant une rencontre entre les putschistes et Modibo après son arrestation). Il a même fallut 3 jours avant que GMT ne s’adresse aux Maliens; et puis si tu regardes la composition du premier gouvernement les militaires avaient pris soin de garder 5 anciens ministres de Modibo aux postes clés.

______________________
A. Karim Sylla


Tout comme il y a quelques années ce même Mali ayant survécu sa situation de dette des années 1960 se battait désespérément pour bénéficier du programme d’allègement de la dette pour les pays les moins avancés (PPTE pour les initiés). Devant les critères rigides du Fmi et de la banque mondiale pour y être éligible – ironie: ils estimaient que la dette malienne n’était pas assez élevée – un brave patriote anonyme a soufflé aux autorités maliennes qu’elles devraient insister auprès des institutions internationales pour que la dette en nature des ex-pays de l’Est soit incluse dans le calcul. Ainsi le compte y fut et le Mali accéda au PPTE… Ironiquement donc, le Mali fut sauvé par sa dette… Cependant, dommage que les retombées de cet allègement eurent été siphonnées par les pratiques de la bande qui gouvernait le Mali dans les années 1990 grâce à une corruption farouche et généralisée… Ce brave patriote anonyme qui vit aussi devrait parler un jour à ce brave fonctionnaire stagiaire pour discuter de la gestion du pays. J’apporterai le thé à la menthe pour agrémenter cette conversation.

Diadié Alpha


Chers amis,
Comme les americains aiment a le dire, quand ca vient au President Modibo Keita, “we have to agree to disagree”. Je vais tenter de clore cette petite dispute de famille en remarquant ce qui suit:

– L’histoire du Mali contemporain est l’heritage de tous les maliens. Les maliens doivent ecrire cette histoire en faisant usage d’une methode scientifique; pratique universelle. Si le sondage ou methode similaire est utile, ceux de nos cadres qui ont vecu ou furent acteurs de certains faits positifs ou negatifs de nos differents regimes politiques doivent se faire entendre pour que les faits soient catalogues. Nos historiens doivent se mettre au travail. Aux Etats-Unis, des professeurs ont ecrit l’histoire des EU que l’on enseigne dans les ecoles. Peut-on reussir un tel defi au Mali?

– Rappellons – nous qu’en 1960, on n’accedait a un cycle superieur que si on ne passait pas a la bourse – un genre de concours au niveau territorial. A cause de la reforme de l’enseignement de 1962, beaucoup de medecins, infirmiers/infirmieres d’etat, veterinaires, avocats, professeurs n’auraient pas l’opportunity qu’ils ont eu. Jusqu’en 1962, le systeme selectif fut qu’en sorte que quand on rentrait au college technique par exemple, sur 40 eleves (2 classes de la 5eme qui devint la 7eme), 5 finissaient par faire la deuxieme partie du Bac en Technique/Mathematique.

– On nous enseignait la literature negro-africaine sans exclusion aucune (President Senghor, Aime Cesaire, etc…) sous la premiere republique. Plusieures familles senegalaises et maliennes sont si metissees que ces deux pays ne peuvent jamais vivre separes.

– J’ai toujours soutenu sur Malilink que l’etat ne devrait pas etre dans le commerce des details – sur la base de l’histoire de cette partie de l’Afrique. Notons cependant que l’Huilerie de Koulikoro etait une bonne initiative si on considere que l’huile de coton et le beurre de Karite ont des benefices medicinaux. J’ai gagne mon pain dans la gestion d’usines aux Etats-Unis et je sais que Walmart (la plus grande chaine de supermarches au monde) n’accepe pas que les aliments frits ne le soient qu’avec certaines huiles dont l’huile de coton. Si quelqu’un pouvait redemarrer cette usine, le Mali se doterait d’un moyen de reduire l’epidemie de l’hypertension arterielle en encourageant la consommation de l’huile de coton.

Bonne soiree,
Keita


Ce débat sur Modibo et ses réussites comme ses échecs semble pollué par les partis-pris idéologiques des uns et des autres : pros ou antis socialistes, pros ou antis marché.

Modibo était-il suffisamment versé dans la science économique ? Ses professeurs pourront nous édifier sur son réel niveau en la matière. Je pense pour ma part qu’il avait suffisamment compris l’économie pour réaliser que la jeune nation Malienne ne pouvait pas seulement vivre de l’or et du coton. D’où ses efforts pour la constitution de grands ensembles politiques et économiques (fédération du Mali avec 4 pays) et surtout ses efforts pour l’industrialisation du pays (d’inspiration socialiste).

L’industrialisation est loin d’être un luxe ou une coquetterie et il est nécessaire pour la plupart des pays Africains de l’envisager sérieusement.

Pourquoi ? Parce qu’une économie reposant exclusivement sur les 2 autres secteurs (primaire et tertiaire) ne suffit pas à générer suffisamment de richesses pour assurer le bien-être de la plupart des pays, à moins :

d’avoir des réserves pétrolières gigantesques vous permettant de vivre de cette rente (ex Libye ou Gabon),

ou d’être une petite ile paradisiaque disposant de plusieurs kilomètres de plages de sable fin (ex Seychelles).

Pour tous les autres, c’est-à-dire tous ceux qui n’ont pas de réserves importantes d’une matière première stratégique, qui ont un potentiel touristique limité, et qui ont une population de plusieurs millions d’individus répartie sur plusieurs centaines de kilomètres carrés qu’il faut contrôler, pour tous ces pays, il est crucial de développer des capacités industrielles.

En effet, la détérioration systématique des termes de l’échange sur les 50 dernières années est là pour rappeler que le plus sûr moyen d’appauvrir nos pays consiste à échanger des matières premières (dont le prix ne cesse de chuter et n’est même pas fixé par nous) contre des produits finis à forte valeur ajoutée (dont les prix ne cessent de grimper).

Les efforts de Modibo n’ont pas eu les résultats escomptés dans l’immédiat et l’impatience de certains a conduit au coup d’état de 1968.

Si les personnes qui ont balayé Modibo (et ses orientations socialistes) avaient poursuivi l’effort d’industrialisation d’une autre manière (libérale par exemple), j’aurai été le premier à applaudir. Force est de reconnaitre qu’ils n’ont rien fait de tel et qu’aujourd’hui comme dans les années 60 le Mali vit de 2 choses : l’or et le coton. Comme dans les années 60, ces 2 ressources ne suffisent pas à assurer le bien-être de la population Malienne. Comme dans les années 60, et hélas comme ailleurs sur le continent, nous importons des produits finis à forte valeur ajoutée et nous exportons des matières premières dont nous ne contrôlons pas les cours…

Une politique d’industrialisation ne se met pas en place sur un mandat présidentiel mais plutôt sur plusieurs décennies comme le montrent les exemples de la Chine, de la Corée du Sud et des autres NPI. Après les efforts initiaux des années 60, au Mali, comme ailleurs sur le continent, les politiques d’industrialisation ont été abandonnées pour le paradigme de l’avantage comparatif et de l’ajustement structurel. Résultat : il n’y a nulle part aucune capacité industrielle, aucune industrie de transformation pour un continent de plus d’un milliard de consommateurs qui regorge de matières premières et dont la classe moyenne se développe à grande vitesse.

Au moment où nous avons ce débat, combien de partis Maliens (ou Africains) ont un plan sérieux d’industrialisation, qu’il soit d’inspiration socialiste ou libérale ? S’ils ont ces plans, les partis en questions semblent en tout cas très discrets là-dessus et préfèrent parler de mille et une autres choses…

Ce qui m’amène à penser comme Ameno que ce sont plutôt les économistes Africains d’aujourd’hui, ou du moins les leaders d’aujourd’hui, qui ne comprennent pas grand-chose à l’économie…

Stephane Bombote


Tout comme il y a quelques années ce même Mali ayant survécu sa situation de dette des années 1960 se battait désespérément pour bénéficier du programme d’allègement de la dette pour les pays les moins avancés (PPTE pour les initiés). Devant les critères rigides du Fmi et de la banque mondiale pour y être éligible – ironie: ils estimaient que la dette malienne n’était pas assez élevée – un brave patriote anonyme a soufflé aux autorités maliennes qu’elles devraient insister auprès des institutions internationales pour que la dette en nature des ex-pays de l’Est soit incluse dans le calcul. Ainsi le compte y fut et le Mali accéda au PPTE… Ironiquement donc, le Mali fut sauvé par sa dette… Cependant, dommage que les retombées de cet allègement eurent été siphonnées par les pratiques de la bande qui gouvernait le Mali dans les années 1990 grâce à une corruption farouche et généralisée… Ce brave patriote anonyme qui vit aussi devrait parler un jour à ce brave fonctionnaire stagiaire pour discuter de la gestion du pays. J’apporterai le thé à la menthe pour agrémenter cette conversation.

Diadié Alpha


2015-02-01 4:40 GMT-05:00 Mamadou Traoré :

“Et attention, au danger de réécrire faussement l’histoire. Nous avons l’obligation de l’honnêteté intellectuelle, le devoir moral de l’objectivité scientifique, l’interdiction de travestir les faits. Qu’on en fasse des critiques acerbes et sans complaisance, des analyses divergentes, des débats contradictoires, des postures opposées; oui. C’est le lot et le rôle de l’intellectuel, du chercheur, du bâtisseur. De celui qui cherche à construire. “_ Issa Diawara

Dans les années 60, un jeune fonctionnaire stagiaire au Ministère des Finances décide de son propre chef, de faire le tour des banques et des entreprises d’état, pour faire le point sur la dette extérieure du Mali. Il remontait en effet au Ministère des finances que le Mali avait de plus en plus d’impayés quant à sa dette extérieure.
Ce jeune fonctionnaire usa les semelles de quelques paires de chaussures avant de décider qu’il en avait assez fait mais que de toutes façons il fallait qu’il arrête parce que fatigué. Il fit donc un rapport à son chef qui le transmis au Ministre, qui le transmit au Président Modibo Kéïta.
Branle bas de combat au ministère des finances quelques jours plus tard. Ce jeune fonctionnaire est convoqué avec son chef dans le bureau du Ministre. Est il sûre de ce qu’il avance ? Son rapport est revenu du courrier du Président Modibo Kéïta avec l’annotation : ” Est ce que ce jeune est un patriote ? Depuis quand le Mali a t’il contracté une telle dette ?”
Sommé de s’expliquer, le jeune dit au Ministre : “Ce n’est qu’une partie. Je n’ai pas fini le travail que j’avais commencé parce que c’était devenu pénible de faire tout cela à pied.”
Le Ministre lui dit : “Qu’à cela ne tienne, vous prendrez la voiture de service désormais et tâchez de terminer rapidement ce travail”.
Ce jeune venait de lever un lièvre qui le conduira à la création du service de la dette extérieure, aux redressements des SMDR, de la SOMIEX, à la mise en œuvre du redressement du franc malien, à la dévaluation. Bien sûre il sera Ministre et aujourd’hui, il est chef d’un parti politique. Il vit encore. Que Dieu nous le garde encore longtemps, pour sa famille et pour qu’il puisse éclairer le chemin de ceux dont la quête de vérité les mènera à jusqu’à la porte de son bureau.
Il y a beaucoup d’anonymes de son genre qui détiennent des parcelles de vérités non “officialisables”.
Cordialement.

*****************************************************************************
Amb. Ret. Mamadou Traoré


Le 1 février 2015 04:12, Ndack KANE a écrit :

Oh Stéphane you’ve made my day !!

Un ami qui a lui aussi apprécié Le Devoir de Violence de Ouologuem m’a dit: « Eh ben, s’il fallait écrire un “Devoir de Violence” version années 2010, ça va prendre 3 tomes, ce sera sur au moins 3 ou 4 continents, et Hollywood va acheter les droits parce que ce sera le film du siècle ! »

De Khadafi à Wade en passant par ATT et Blaise, il y aura de quoi faire une Saga !

Ndack


Date: Sat, 31 Jan 2015 23:04:16 -0500
Subject: Re: [malilink] Re: {malilink} RE: Débat critique sur Modibo Keita
From: stephkaderb
To: boudoul
CC: malilink@malilink.net

Demander du Nescafé pour le président ? Mon Dieu, quel amateurisme ! Apparemment les sbires de Modibo ne savaient pas qu’on pouvait acheter un avion sur deniers publics, le faire exploiter par une société privée, et ensuite voyager tous les 2 jours pour aller acheter soi-même son Nescafé à l’étranger ! Effectivement les gars de la première république étaient très incompétents. D’où leur remplacement par les super-managers du CMLN qui ont mis le pays sur la bonne trajectoire…


2015-01-31 20:32 GMT-05:00 ‘A. Karim Sylla’ via malilink <malilink@malilink.net>:

Je vois qu’on est sorti du cadre initial de cette discussion; mais je vais mettre ma bouche dedans parce qu’il y a lieu de rappeler certaines choses.

Modibo Keita ne comprenais pas grand chose à l’économie, ni ce qui pouvait faire avancer le pays économiquement; il faut le dire avec clarté.

Les politiques socialisantes ou pseudo-socialistes de l’US-RDA ont mis le Mali dans un retard qui continue encore à nous affecter.

On dira que Modibo était au moins une personne honnête qui n’a pas volé son peuple comme ce à quoi on assiste aujourd’hui; soit, on peut lui concéder cela. Mais n’est ce pas le minimum qu’on doit demander aux dirigeants?

Pendant que Modibo demandait aux Maliens de se priver de sucre, de lait en poudre et autres produits importés, ses sbires venaient commander du Nescafé à chaque voyage que mon père effectuait en RCI; “il ne faut pas oublier le Nescafé du président”, lui disait-on.

Dans les archives de Kennedy se trouvent des rapports sur les propos tenus par Modibo; “nous ne sommes pas vraiment avec les pays du bloc de l’Est”, disait-il, “c’est seulement parce qu’ils ont été les premiers à nous apporter de l’assistance”; je paraphrase bien sûr, mais c’est l’essentiel de ce qu’il disait.

En somme, un politicien comme bien d’autres; avec à la fois sa dose de bonnes et mauvaises chose, de bon sens et d’incohérence, de droiture et de double langage. Mais certainement pas un saint.

Dire que le parti-état faisait son auto-critique ne change rien au fait que la critique générale n’était pas tolérée. C’est un régime désemparé et sans solutions que les militaires ont fait tomber. Seulement ces derniers n’ont pas su faire mieux. Cela aussi il faut le dire.

________________________
Karim Sylla


On Jan 31, 2015, at 7:05 PM, ameno TRAORE wrote:

Bonjour

Qui suis-je ? Je suis blanc quand tu m’utilises et je disparais quand tu m’oublies.

Autre exemple de dénigrement

Quelques fois on entend certains ainés soutenir que sous Modibo on rationnait certains produits et que c’était la croix et la bannière pour s’en procurer. Présenter les faits de cette manière c’est prendre des raccourcis, c’est occulter une partie de la réalité de l’époque.

En effet, à l’indépendance, l’économie malienne était détenue par les libanais et Français. Ils ont fermé leur commerce pour punir le Mali (embargo) parce que ce pays avait tourné le dos à la métropole; c’est ainsi que Modibo a rapidement ravitaillé le pays en produits de première nécessité. Pour que la majorité des maliens puissent bénéficier de ces produits, il a instauré le rationnement (sucre par exemple). Par contre, le mais qui était cultivé au Mali n’était pas rationné.

Je comprends que ceux qui voulaient tout avoir à eux seuls soient opposés à sa politique; je comprends aussi l’attitude de ceux qui voulaient rester sous tutelle de la métropole.

Une chose est sure on ne peut pas être souverain, indépendant sans en payer le prix. Dans les années 90 en chine on se lavait une fois par semaine par rationnement de l’eau, et aujourd’hui ils sont la première puissance économique.

Modibo devrait être un modèle pour la jeunesse malienne, comme Sankara l’est pour la jeunesse Burkinabè et africaine. C’est grâce aux modèles que les jeunes se forgent une conscience, une carapace et un avenir. Mes amis du Balai citoyens disent que les enfants de Sankara ont grandi et qu’il est temps pour eux de bâtir un Burkina nouveau. Ils étaient à la base de la mobilisation dans la crise récente.

La crise malienne a révélé la léthargie de notre jeunesse par manque de modèle. Pour moi cette situation a été expressément voulue.

Sous d’autres cieux ils (Modibo, Cheikh anta diop…) entreraient au panthéon.

C’est ainsi que ca fonctionne.

Ou sont nos modèles?


From:
To:
Subject: Débat critique sur Modibo Keita
Date: Sat, 31 Jan 2015 12:40:53 -0500

Bonjour Ameno,

Tu viens de démontrer à nouveau que “le sens des intentions que je te prête” sont très justes. Parbleu, tu es QUI pour décider de manière unilatérale de ce qui est un dénigrement versus une critique ? Donc toi tu critiques mais les autres dénigrent ? Ce n’est pas un comportement intellectuel mais plutôt un acte hautement dictatorial digne d’un gourou. C’est le genre de chose qui me dresse les cheveux sur la tête ! Depuis 2012 ce pays est à terre, ses populations souffrent et on en est à causer de “Oh ne dénigre pas mon président” ??

Comme je l’ai dit, il faut avoir ce débat avec d’autres, pour ma part, I am out.

Ndack


From:
To:
CC: malilink@malilink.net; malilink@malilink.org
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao_reponsse
Date: Sat, 31 Jan 2015 15:48:28 +0000

Bonjour Soumaila, N’Dack et tous

En disant:
” C’est seulement à ce moment-là que Ameno est arrivé pour faire de Modibo Keita un prophète intouchable, exempte de critique. J’ai encore sa phrase en tête: “On peut tout reprocher à Modibo Keita sauf d’avoir travaillé sans relâche pour les intérêts du Mali”. Ce qui signifie que personne n’a le droit de dire que les choix de Keita n’ont pas été pour l’intérêt du Mali à l’époque et qu’il a pu faire des erreurs. Il n’a ensuite évoqué Senghor, non pas pour le personnage lui-même, mais uniquement pour illustrer ce qu’il a dit sur Keita. dixit Ndack

Ces affirmations sont la preuve de ta méconnaissance du régime de l’USRDA par conséquent, je comprends le sens des intentions que tu me prêtes.
Lors du 2è séminaire de l’USRDA en 1962 si je ne me trompe, l’USRDA a reconnu ses insuffisances en matière de politique agricole (par ex): pour te dire tout simplement que ce parti s’auto-critiquait ; dire que Modibo est un prophète ou qu’on ne doit pas le critiquer est un non sens.

Ce que je dénonce c’est le dénigrement de Modibo.
Pendant 23 ans, sous le régime de Moussa Traoré on ne pouvait pas parler de Modibo keita, donc toute une génération a été privée de cette histoire, ce qui fait qu’aujourd’hui notre jeunesse ignore qui était Modibo et certains aînés ont entretenus une image négative de ce régime.

L’une des critiques adressée à Modibo Keita est sa milice, or il existait aussi une milice sous la révolution de Sankara qui a aussi fait quelques exactions, cela n’a pas empêche pas de dire du bien de Sankara qui n’a vécu que 4 ans et qui a moins fait en terme de réalisation que Modibo, comment expliquez vous cela?
Parce que, Modibo est victime de dénigrement et non de critique.
Ce dénigrement est cuvert par le manteau d’un semblant de critique

Par exemple l’une des critiques que j’adresse à Modibo c’est de ne s’être pas aligné au bloc de l’EST pour protéger son régime.

Il en est de même pour ceux qui critiquent (en réalité dénigrent) souvent Cheikh Anta Diop qui est un scientifique, on attends d’eux des preuves scientifiques.

Alors arrêtons de prêter des propos ou des intentions à X ou Y.

Get up stand up, don’t give up the fight

MALI TE TILA


From:
To:
CC: malilink@malilink.net; malilink@malilink.org
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao
Date: Fri, 30 Jan 2015 15:30:29 -0500

Soumaïla,
Ma divergence avec Ameno ne se situait pas pour ma part là où tu le penserais.

(1) Nous parlions des indépendances et de république;
(2) Soukouna a critiqué vertement les choix des gouvernants d’antan, notamment ceux de Modibo Keita;
(3) Mamadou Traoré a je crois dit qu’il faut reconnaître à Keita le fait qu’il ait cherché à créer une Nation et lui rendre hommage pour cela, mais qu’ensuite il y a eu des choix qui ont été faits sous sa présidence et qui n’ont pas été les bons et qu’il faut relire l’histoire avec un oeil critique, et c’est là où il rejoint donc Soukouna;
(4) C’est seulement à ce moment-là que Ameno est arrivé pour faire de Modibo Keita un prophète intouchable, exempte de critique. J’ai encore sa phrase en tête: “On peut tout reprocher à Modibo Keita sauf d’avoir travaillé sans relâche pour les intérêts du Mali”. Ce qui signifie que personne n’a le droit de dire que les choix de Keita n’ont pas été pour l’intérêt du Mali à l’époque et qu’il a pu faire des erreurs. Il n’a ensuite évoqué Senghor, non pas pour le personnage lui-même, mais uniquement pour illustrer ce qu’il a dit sur Keita.

Ma divergence avec Ameno est que je n’idolâtrerai jamais d’un homme, un humain, et j’ai horreur du dogme. Pour moi, Senghor et Keita ne sont pas des saints ou des dieux. Je suis capable de critiquer tout le monde, sans exception aucune: Lat Dior Diop Damel du Cayor, Senghor, Wade, le Khalife des Mourides ou des Tijanes, le paysan du Ferlo, la vendeuse de poisson au marché et moi-même, tout ça c’est du pareil au même pour moi, personne ni y est plus grand ou plus petit que l’autre, encore moins intouchables, ce sont tous des humains responsables qui ont leurs qualités et leurs défauts et c’est tous ensemble que nous sommes les acteurs de l’histoire de ce pays appelé Sénégal.

Bien sûr, je ne vais le faire que si mes interlocuteurs veulent faire avancer la science. Mais caresser celui-ci ou celui-là dans le sens du poil, héros du passé ou du présent, juste pour se faire du bien au moral, ce n’est pas mon truc. Donc comme cela faisait du mal à certains comme Ameno qu’on critique Modibo Keita, j’ai dit qu’il n’y aura plus de débat de ce type entre lui et moi car nos divergences sont d’ordre philosophique et sont irréconciliables. Ceci d’autant plus qu’il s’est mis à parler de l’histoire esclavagiste de l’Église en plein évènement Charlie Hebdo pour faire je ne sais quelle analogie macabre.

Car enfin ce forum d’échange c’est pour s’enrichir les uns les autres, et quand un échange ne va nul part, j’arrête et je change d’interlocuteurs. C’est logique je crois.

Ndack


From:
To:
CC: malilink@malilink.net; malilink@malilink.org
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao
Date: Fri, 30 Jan 2015 19:09:39 +0000

Ndack,

Merci beaucoup pour cette analyse que j’apprécie infiniment. Merci aussi pour ces rappels de l’histoire, même si souvent les parties de l’histoire relatées sont nuancées par les circonstances et les enjeux du moment et aussi de l’historien lui-même. C’est pour cela et comme vous le savez, même dans le domaine académique, il y’a des ouvrages et des “ouvrages”.

J’ai suivi une discussion entre vous et Mr Ameno, sur la position à vous que c’est plutôt Senghor et son gouvernement avec la bénédiction de la France qui ont puni Modibo Keita et le Mali, en exerçant un blocage économique de la jeune République Mali, et Mr Ameno qui a soutenu que c’est Modibo Keita qui avait essayé de punir le Sénégal, en leur privant le riz provenant du Mali. Pourtant à mon avis, chacun de vous avait raison, et vos divergences ne résidaient uniquement à mon sens, que de la façon dont chacun de ces deux aspects de l’histoire vous ont été “appris” (terme utilisé par Ndack) et de l’importance ou de l’impact qui leur à été donnée.

Mamadou Dia, qui est bien cité dans le rappel de l’histoire ci-dessous indiqué à travers le lien, semble en très bonne complicité avec Senghor à l’époque de la Fédération du Mali, mais pourtant a passé 14 ans emprisonné par Senghor depuis le lendemain de l’indépendance du Sénégal en 1960 (libéré en 1974) ; ne pourraient-ils pas constituer deux aspects contradictoires et irréconciliable pour des uns et des autres qui n’ont eu la chance d’apprendre qu’un seul de ces deux aspects ?

Autrement dit, à mon avis, vous Ndack, vous aviez raison avec le blocage de l’économie malienne, comme moyen de punir Modibo Keita pour sa prise de position radicale vis-à-vis de la France et de son orientation idéologique. Moi, j’ajouterai que l’économie malienne a été également bouleversée à plusieurs reprises par l’injection massives de faux billets de francs maliens sur le territoire du Mali à travers la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Mr Ameno également, n’avait-il pas raison de dire que Modibo a essayé de punir le Sénégal en lui privant le riz ? car l’Office du Niger avec son barrage, avait été créé par la France à l’époque coloniale pour produire du riz de qualité pour subvenir aux besoin de la métropole et de la sous-région. Tout dépends de l’ampleur que l’effet a pu prendre. A mon avis, chacun de ces aspects constituent des réalités de l’histoire du Mali et du Sénégal. Mais ce que nous devons retenir, si minime soit-il, c’est qu’au-delà des personnes et de leurs ambitions, les deux pays ont montré jusqu’aux générations d’aujourd’hui, qu’ils ont quelque chose de commun et que l’histoire ne pourra pas effacer ; et peut-être raison pour laquelle, les deux pays ont tous les deux gardé le même drapeau (avec la nuance de l’étoile) et la même devise nationale (Un Peuple, Un But, Une foi). Sinon, y’avait-il quelque chose qui pouvait les empêcher de les changer après l’éclatement de la fédération du Mali ? Non, je ne pense pas !

C’était à vous donc, Ndack et Amano d’aller au-delà de vos divergences de ce qui est écrit, des divergences de ce qu’on a appris, à moins qu’on a vécu soi-même les faits.

Merci et cordialement à vous, Ndack et Amano, et je m’excuse d’être revenu sur cet échange.

Soumaila


From: Ndack KANE
Sent: Friday, January 30, 2015 12:11 AM
To: Mariko, Soumaila; A. Karim Sylla
Cc: Malilink; Malilink
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao

Ci-dessous, un extrait de l’article suivant:

http://maliactu.net/celebration-du-20-janvier-ou-la-mise-sous-tutelle-francaise-de-larmee-malienne/

Puis un peu d’histoire récente:

http://modibokeita.free.fr/federation.html

Aujourd’hui on se retrouve donc avec deux populations, les héritiers de Senghor et les héritiers de Keita. Et, comme je le disais, les deux ne pensent pas la chose militaire de la même façon. Ce que l’on appelle “le poids de l’histoire”. Même récente.

Ndack

« Pour rappel, en 1959 lorsque le Sénégal et le Soudan français décidèrent de former la Fédération du Mali afin de constituer un Etat économiquement et militairement fondé, le Président Modibo Keïta ne tenait qu’à une chose : une souveraineté totale. C’est à ce titre que le général Soumaré sera nommé chef d’état-major général des armées de ladite Fédération qui éclata en août 1960. Dans un de ses écris, le Commandant Modibo Naman Traoré a relaté : « Après l’éclatement de la Fédération du Mali, le Président Modibo Keïta fit appeler le général Abdoulaye Soumaré pour lui confier les destinées de la jeune armée nationale, pendant que le capitaine Pinana Drabo était envoyé à Ségou comme commandant en chef des armées. Après le congrès extraordinaire de l’Union soudanaise RDA lors duquel le Mali opta pour la voie socialiste de développement, l’évacuation des garnisons étrangères établies en différents points du territoire national fut exigée. Les Maliens entendaient aussi assumer le plein exercice de leur souveraineté militaire tant interne qu’externe. Cette décision très courageuse dans le contexte de l’époque fut acceptée par la France qui n’a opposé aucune réticence dans la passation de consignes ».

C’est à la suite de cette détermination à défendre soi même sa patrie qu’en 1960 les troupes françaises avaient commencé à quitter le Mali. En effet, c’est exactement le 20 janvier 1961 que le dernier soldat français quitta notre pays, matérialisant ainsi l’affirmation de la détermination des Maliens d’user de toute leur souveraineté militaire. Toujours selon le Commandant Modibo Naman Traoré, « dès lors, le Mali ne confiera plus de responsabilité de défense à une puissance tierce et développera d’ailleurs une diplomatie militaire multiforme et diversifiée, fondée sur l’intégration et la recherche de la paix et la sécurité dans le monde. Aussi, en cas d’agression extérieure, le pays ne peut que compter sur ses propres forces. Il est à noter par ailleurs que le 3 août 1961, le président de l’Assemblée nationale, Mahamane Alassane Haïdara, a signé la loi N°81/ANRM portant organisation générale de la défense. Cette loi de défense avait pour objet d’assurer en tout temps, en toute circonstance, contre toutes les formes d’agressions, la sûreté et l’intégrité du territoire, ainsi que la sauvegarde de la vie des populations. Elle pourvoit de même au respect des alliances, traités et accords internationaux. Les principes de défense sont déterminés par les autorités constitutionnellement responsables ».
– See more at: http://maliactu.net/celebration-du-20-janvier-ou-la-mise-sous-tutelle-francaise-de-larmee-malienne/#sthash.bzRXQDys.dpuf »


From:
CC: malilink@malilink.net; malilink@malilink.org
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao
Date: Thu, 29 Jan 2015 23:16:26 -0500

« Mais prière noter que les faits peuvent ne pas être les mêmes dans le fonds, mais se gérer de la même façon ; tout comme ils peuvent se ressembler sur le fonds mais se gérer différemment. »_Soumaila

Tout à fait Soumaila et c’est une excellente remarque. Ceci dit, la difficulté ici ne se trouve réellement ni au niveau des présidents, ni au niveau du système étatique, mais plutôt au niveau des populations elles-mêmes.

Au Mali et au Sénégal, le gouvernement ne fait pas face à la même population. Donc si le problème se gère de la même façon dans les deux pays, la réaction de la population peut être différente face à cette gestion identique.

La population de la période coloniale est différente de celle d’aujourd’hui. Aujourd’hui, IBK et Macky Sall ne font pas face aux mêmes populations. Au Mali, IBK fait face à une population qui est majoritairement née dans un Mali dit indépendant où le président a été Modibo Keita, puis GMT (régime militaire), AOK, ATT avec peu d’étrangers dans la gestion militaire du territoire. Les gens ont une certaine idée de ce qu’est ou plutôt de ce que devrait être pour eux le Mali et l’armée malienne.

Alors qu’au Sénégal, Macky Sall fait face à une population qui est majoritairement née dans un Sénégal dit indépendant où le président a été Senghor, puis Diouf, Wade avec l’armée française pour assurer en bonne partie la sécurité nationale depuis 1960. Les Sénégalais sont très au fait des limites de leur armée et d’ailleurs investissent beaucoup plus dans les outils diplomatiques pour régler les crises.

Aussi, face à une crise qui implique l’armée, il n’est pas possible de s’adresser à ces deux populations de la même façon. Les Maliens parlent de souveraineté militaire à longueur de journée. Les Sénégalais quasiment jamais.

Ndack


From:
CC: malilink@malilink.net; malilink@malilink.org
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao
Date: Fri, 30 Jan 2015 03:56:42 +0000
Ok, Ndack. Merci, j’ai compris. Mais prière noter que les faits peuvent ne pas être les mêmes dans le fonds, mais se gérer de la même façon ; tout comme ils peuvent se ressembler sur le fonds mais se gérer différemment. On a tiré sur des manifestants à Dakar pendant la période coloniale parce qu’ils demandaient de meilleures conditions et justes. Je voudrais seulement dire que la réaction d’un gouvernement Sénégalais serait différente et proportionnelle, et elle serait logique ! Mais si ma connaissance du Sénégal n’est pas à la mesure des faits, ce n’est pas un problème ! On laisse au temps nous donner raison !

Cordialement,

Soumaila


From: Ndack KANE []
Sent: Thursday, January 29, 2015 3:33 PM
To: Mariko, Soumaila; A. Karim Sylla
Cc: Malilink; Malilink
Subject: RE: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao

Soumaila,

Ce qui s’est passé à Gao avec la MINUSMA aurait pu se passer difficilement présentement au Sénégal parce que:
– Il n’y aurait même pas eu de MINUSMA au Sénégal parce que:
– L’armée sénégalaise ne se serait pas battue seule contre les groupes armées en 2012, le problème aurait été réglé depuis un massacre du type de celui d’Aguelhoc parce que:
– L’armée française a déjà une base au Sénégal, et ce depuis 1960 parce que:
– Sur le plan militaire les dirigeants sénégalais n’ont pas fait de la souveraineté du Sénégal une priorité parce que:
– Ils ont préféré mettre les priorités ailleurs et sous-traiter en grande partie la sécurité nationale de ce jeune et petit pays pauvre et ce, depuis 1960.

Tu pourrais lire les Tome 1 et 2 de l’ouvrage du Colonel Ndaw. Cela donne une petite idée de ce que sont les institutions du Sénégal sur le plan militaire. Les livres peuvent être téléchargés ci-dessous.

Un document officiel de l’Assemblée Nationale française sur la coopération militaire avec le Sénégal:

http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rapports/r0932.pdf

Ndack

Tome 1: http://assirou.net/wp-content/uploads/2014/07/Pour_lhonneur_de_la_gendarmerie_sénégalaise_Tome_1.pdf

Tome 2: http://assirou.net/wp-content/uploads/2014/07/Pour-lhonneur-de-la-gendarmerie-senegalaise-Tome-2_2.pdf


From:
To:
CC: malilink@malilink.net; malilink@malilink.org
Subject: [malilink] RE: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao
Date: Thu, 29 Jan 2015 18:55:00 +0000

A mon avis, ce qu’il faut comprendre de cette situation et garder à l’esprit, c’est que le Mali de par sa souveraineté et de son droit de jouir de cette souveraineté, pouvait donner aux responsables de la MINUSMA, et à ceux qui ont fait les premières déclarations sur le comportement de la population civile de Gao dans leur marches de protestation, 24 heures pour quitter le territoire du Mali. Mais encore faut-il que cela trouve le Président de la République, lui-même présent dans le pays !

En outre, si le Président IBK qui est rentré quelques jours plus tard après les évènements de Gao, avait écourté son voyage pour rentrer le même jour ou tout au plus le lendemain, ce geste aurait eu une force politique, plus crédible et audible avec une portée beaucoup plus considérable que son discours qu’il fait après son retour de son voyage. Qu’est-ce qui était plus important, continuer son voyage à l’étranger ou l’écourter pour venir assister le peuple malien dans sa douleur avec ses pertes de vies humaines à Gao ? Cela a été une autre erreur de la part d’IBK.

Imaginez que ce qui s’est passé au Mali avec la MINUSMA à Gao, s’était passé dans un pays du Maghreb, ou encore au Sénégal tout près, nous pouvons être certains que la réaction du gouvernement serait d’exiger le départ des responsables de la MINUSMA de leur pays dans les 24 heures qui suivent. Même un Dionkounda Traoré, n’allait pas donner plus de 72 heures !

Cordialement,

Soumaila


From: ‘A. Karim Sylla’ via Malilink [mailto:malilink@malilink.org]
Sent: Wednesday, January 28, 2015 7:20 AM
To: malilink
Subject: {malilink} Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao

Communiqué du gouvernement sur la situation à Gao
Ce jour mardi 27 janvier 2015, les populations de Gao ont participé à une marche de protestation contre la décision d’un accord signé entre la MINUSMA et certains groupes armés, en vue d’établir une zone temporaire de sécurité dans le secteur de Tabankort.
La marche de protestation a dégénéré, provoquant des morts et des blessés.
Le Gouvernement, tout en déplorant cette situation, adresse ses condoléances aux familles des victimes et souhaite prompt rétablissement aux blessés.

Il a immédiatement dépêché une délégation à Gao pour exprimer sa solidarité et sa sympathie aux familles des victimes.

Il réaffirme son attachement à la paix sociale et à la quiétude des populations et lance un appel au calme et à la retenue.

Le Gouvernement rappelle que l’une des missions essentielles de la MINUSMA est la protection des populations civiles. Il appelle cette dernière à renforcer ses capacités dans ce sens précis, à savoir la protection de toutes les populations civiles et la contribution à la garantie de la libre circulation des personnes et des biens.

Une fois de plus, le Gouvernement rejette toute forme de violence et exprime son attachement indéfectible à la paix sociale. Il rappelle que les principales victimes de la persistance du conflit sont et restent les populations civiles.

Le Gouvernement exhorte la MINUSMA au traitement impartial du gel des positions et l’engage à ses côtés à prendre les initiatives propres à résorber la situation ainsi créée.

Le Gouvernement, après avoir reçu les responsables de la MINUSMA, se félicite de leur décision de retirer ledit document et de leur volonté de poursuivre de manière inclusive le processus de consolidation du cessez-le-feu et de la sécurité.

Bamako, le 27 janvier 2015

Le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration
Africaine et de la Coopération Internationale par intérim,

Tiéman Hubert COULIBALY.
Chevalier de l’Ordre National

______________________
A. Karim Sylla

La Minusma au centre de la polémique” – ONU doit réagir

J’ai l’impression que Soukouna aime souvent compliquer les choses. Il y eu des evennements au Nord. La MINUSMA à juste ou à raison a estimé prendre la décision de discuté et signer un accord avec seulement une partie des groupes armés qui s’opposent. Les autres se sentant marginalisé dans la solution dans conflit dans lequel ils sont partie réagissent par un comuniqué et une conference de presse pour denoncer l’impartiallité de la MINUSMA. La population concernée decide pour appuyer les inquiétudes des groupes armés exclus de l’accord de faire une marche de prostestation. celle ci debouche sur des morts.Jusqu’ici ont peut assumer que chacun est dans son droit. Compte tenu du fait qu’il y a eu des morts, le Gouvernement et la haute hierarchie de la MINUSMA doivent necessairement mèner des enqu^tes pour situer les resposabilité. S’il y eu des bavures les responsables de ces bavures doivent être sanctionnés. En ce qui concerne le second point à savoir la partialité de la MINUSMA si elle est averée il faudra des mesures correctives. Les missions sur le terrain rencontrent toujours ce genre de probleme, il faut juste savoir raison garder et apporter les corrections nécessaires. Le Mali n’est pas le seul pays à connaitre ce type de probleme.
Evitons à distance de porter des jugements de valeur ou d’accuser X ou Y sans avoir toutes les données.

Merci à tous
Harouna


On Tuesday, January 27, 2015 7:20 PM, “malobbo wrote:

Où est-ce que, dans le temps et dans l’ espace, une résistance ou bien des manifestants quelconques a jamais été la majorité de la population? Ils ont partout dans le monde formé et forme la minorité d’ un pays !

Cessez d’ exiger que les Malines soient des êtres humains extraordinaires !!!

Vous êtres très loins du terrain et ne faites que nier les efforts des ceux qui vivent le calvaire quotidiennement.

Bien cordialement
M. Diagayété


—–Original-Nachricht—–
Betreff: RE: AW: [malilink] ” La Minusma au centre de la polémique” – ONU doit réagir !
Datum: Tue, 27 Jan 2015 14:40:04 +0100
Von: Ndack KANE

Bonjour Malobbo,

Soukouna a parlé des résistances dont vous parlez quand il m’a répondu. Il déplore que ces résistants là, qui formaient une minorité au pays, n’ont pas été rejoint par le reste de la population, ou tout au moins par ceux-là qui demandent la guerre sur internet. Il ne s’adresse pas aux résistants car ceux-ci ne sont pas des soldats sur internet. Ils étaient/sont au front.

Bien des choses,

Ndack

Manifestation anti-MINUSMA à Gao: au moins deux morts ?

Bonjour
C’est dommage tout ça. La MINUSMA a cedé à la pression du MNLA, qui comme toujours sait comment manipuler la communauté internationale. Seulement, la MINUSMA doit comprendre que si elle veut la paix au Mali, ses accointances avec le MNLA dans un manque de transparence totale n’arrangeront rien. Pour la grande majorité des maliens, le MNLA est l’ennemi No 1. On n’a pas besoin de caricatures ou de sondages pour démontrer cela. La MINUSMA par définition est une force neutre. Elle doit donc agir dans la transparence face à l’ensemble des acteurs.

La population largement majoritaire du nord subit l’humiliation depuis 2012. Si elle sort massivement pour manifester à Gao, c’est que la MINUSMA, sur laquelle elle comptait, n’est plus dans la neutralité et dans la transparence depuis un certain temps. Cette population ne peut pas se tourner vers les autorités maliennes. Elles n’existent pas, faute de leadership au sommet de l’État. Le Mali a adopté un profil de lâcheté extrême, sous prétexte qu’il respecte les accords. On peut bien respecter les accords sans être muet, pour ne pas dire sourd-muet. Les autorités maliennes n’entendent pas le cri de la population et elles n’ont pas de bouche pour parler. D’ailleurs elles ne savent même pas communiquer, une incompétence notoire qu’on traîne depuis le début de la crise et qu’on n’a jamais réussi à corriger à cause de changements cosmétiques. Résultat – le MNLA a le champ libre pour manipuler qui il veut, même sans tirer un seul coup de fusil.

Le Gouvernement malien doit comprendre que son profil de lâcheté extrême n’est pas la solution. Une guerre se mène de plusieurs façons. Ce gouvernement peut-il se donner les moyens d’être excellent au moins sur un des aspects ?

Kalifa Goïta


Le 27 janvier 2015 09:15, malobbo.diag a écrit :

Voilà une confirmation de ce qui se passe à Gao, réçue d’ un ami qui est originaire de Gao:

“Oui absolument et mon frère faisait partie de ceux qui (ont) lever les corps. Je te confirme 4 morts et plusiers blessés. La ville est entrain de s’embraser, les villageois affluent de tous les côtés et c’est dramatique!!!”

De mon avis la MINUSMA, en tout cas les troupes rwandaises sur place, ont perdu comme ça toute légitimité de parler de la protection des civils s’ ils ne peuvent pas se maitriser et maitriser une démonstration de civils.

La MINUSMA a perdu de crédibilité en:

– traitant différemment les manifestants de Kidal et ceux de Gao;

– signant discrètement des accords (qui sait combien en existent?) avec une partie élligérante, le MNLA, justement avec ceux qui engendrent tout le malheur du pays hôte qu’ est le Mali et de toute la sous-région;

– ces accords sans se consulter avec les autorités maliennes; il parat aussi sans se consulter avec l’ Algérie qui est Chef de file des médiation.

Très douloureux tout ça !

M. Diagayété