Et si le fédéralisme demeure la solution à la crise politico-militaire que traverse le Mali

Ndack,

Merci pour le partage de ce texte d’Aliou qui a des accents de celui de Soukouna comme l’ont rappelé d’autres intervenants avant moi. Hélas, en lisant l’un et l’autre on ne peut s’empêcher de penser à ce terrible mot de Fareed Zakariah : “Wishful thinking bordering on fantasy”…

Passons sur le fait que je ne crois ni n’adhère à ce projet de fédéralisme. Mon avis importe peu et il est peu intéressant de répondre à une opinion par une autre. Chacun peut se faire la sienne sur le sujet.

Ce qui est par contre troublant dans ce projet c’est qu’il a l’ambition de proposer une option cruciale à une nation entière sans prendre la peine de préciser les conséquences économiques, financières, fiscales, administratives et politiques de cette option. Les bons docteurs Aliou et Soukouna se contentent de brasser de belles idées philosophiques de liberté individuelle et d’autogestion sans s’assurer de la viabilité de ces idées.

C’est comme si un père de famille disait a son fils en classe de terminale : “Je te laisse choisir l’école que tu veux après le Bac. Choisis en toute liberté, on verra bien.”

Si l’enfant choisit l’école X dans le pays Y qui coute 20 millions par an et que cela dépasse de loin le budget du papa, qu’est-ce qu’on fait ? Notre brave fiston risque tout simplement de faire une année blanche…

Un parent plus responsable, tout tenant compte des désirs de son fils, aurait l’honnêteté de lui dire : “Voici mes moyens, voici ce que je peux faire. Si tu n’as pas de bourse, essaie de choisir quelque chose dans cette fourchette.” Cette option a le mérite de respecter la volonté du fils, de le responsabiliser tout en l’incitant au réalisme.

Vous avez deviné que dans le cas qui nous concerne la proposition d’Aliou est plus proche du premier parent que du second. En admettant même que le fédéralisme soit une bonne chose (ce qui est loin d’être démontré) quelles sont les conséquences de ce choix ?

Puisque ni Aliou, ni Soukouna ne le font, alors évaluons les conséquences économiques et financières à leur place. Dans le cas du Mali, un projet fédéral déboucherait sur 10 entités distinctes : 1 état fédéral + 8 régions plus ou moins autonomes + 1 district dont le degré d’autonomie sera également à déterminer.

Region Superficie % Population %
Kayes 119,743 9.6 1,996,812 13.8
Koulikoro 95,848 7.7 2,418,305 16.7
Bamako (District) 252 0.0 1,809,106 12.5
Sikasso 70,280 5.6 2,625,919 18.1
Ségou 64,821 5.2 2,336,255 16.1
Mopti 79,017 6.3 2,037,330 14.0
Tombouctou 496,611 39.8 681,691 4.7
Gao 170,572 13.7 544,120 3.7
Kidal 151,430 12.1 67,638 0.5
Total 1,248,574 100.0 14,517,176 100

Comment se répartiront les 3 malheureux milliards de $$ du budget national entre ces 10 entités ? Mystère. Ce n’est pas expliqué dans les 19 paragraphes du texte d’Aliou. Va-t-on allouer des fonds en fonction de la population ? De la superficie ? Chaque région sera-t-elle responsable de ses revenus ? Elles sont inégalement reparties ; le Mali vit de 2 ressources : l’or et le coton et aucune de ces ressources ne se trouve au-delà de Mopti.

Fera-t-on comme les USA et les Canada, c’est-a-dire que particuliers et entreprises vont-ils remplir 2 déclarations d’impôts ? Une pour l’état fédéral et une autre pour la région (qui aura bien entendu sa propre fiscalité) ? LOL. L’actuel taux de couverture fiscale n’incite pas à un optimisme démesuré en la matière…

Certaines régions vont tout simplement disparaitre car il n’y aura pas assez de recettes fiscales pour assurer leur fonctionnement. Avant le conflit une région comme celle de Kidal avait à peu près 70 000 habitants… Les autres régions de Gao et Tombouctou ont chacune moins de 5% de la population…

Quelles seront les attributions du gouvernement fédéral ? Sécurité seulement ? Dans ce cas, en plus de re-créer leur propre administration, les régions devront s’occuper d’éducation, de santé et d’infrastructures… Re-LOL : 3 milliards divisés par 10 donnent à peu près 300 millions par entités. Peanuts.

En admettant même qu’on finisse par trouver une réponse à ses questions, rien ne garantit une meilleure gestion au nouveau régional par rapport a un niveau centralisé comme c’est le cas aujourd’hui. Rien ne garantit plus d’intégrité ou moins de corruption… L’exemple Nigérian est là pour rappeler cela…

En effet, nos bons professeurs ne prennent même pas la peine de se pencher sur les exemples de fédéralisme dans les pays du Tiers-Monde pour en tirer les leçons : Nigeria, Inde, Ethiopie, Brésil et bien d’autres… Ils se contentent de nous servir un argumentaire qui n’est qu’une vaste tautologie : le fédéralisme c’est bien parce que c’est bien. Ce raisonnement circulaire qui se veut sa propre vérité ne s’alimente d’aucun élément extérieur objectif et s’exonère de toute démonstration.

Bref, beaucoup de choses restent à clarifier avant même de passer au vote.

Pour toutes ces raisons mieux vaut renvoyer nos éminents théoriciens à leur planche à dessin pour qu’ils continuent de cogiter sur ce projet fédéral afin de le rendre le plus viable possible. A ce moment seulement on pourra envisager le vote. Pour l’instant, oui, c’est du wishful thinking…

Stephane Kader Bombote

Le Budget Malien VI

 
Le dernier bulletin de la série; j’espère vivement que le prochain budget (celui de 2015) qui est en cours d’élaboration soit analysé au peigne fin par des volontaires et/ou professionnels afin de mieux guider les Honorables de Bagadadji. Même s’il n’y a pas de revolution dans ce domaine (chose que je souhaite), il faudra au moins amorcer une évolution qui permettra de rationaliser ce que le pays dépense (et comment).- Abdoul Karim Sylla
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Bulletin 06: Les Bizarreries du Budget
Une particularité du budget malien est qu’il contient des choses que les citoyens normaux trouveront bizarres. Dans son rapport de 2007, le Bureau de Vérificateur General avait épinglé le ministère de l’habitat et de l’urbanisme sur plusieurs de ces bizarreries; voici un passage de son rapport (page 37):La moyenne annuelle des « dépenses en alimentation » s’élève à 34 000 000 de FCFA. S’y ajoutent 500 000 FCFA pour l’acquisition de savon, d’huile et d’ustensiles de cuisine, l’achat de 2 645 boîtes de lait « Nido », et près de 3 millions de F CFA pour l’achat de 141 sacs de sucre. Il s’ensuit que les « dépenses d’alimentation » du département sont excessives.

 

Dépenses Alimentaires
Le paysan paye ses impôts et dans la période de soudure il ne mange pas à sa faim. Mais dans nos ministères, l’impôt du paysan sert à acheter des boites de Nido pour l’alimentation des enfants des fonctionnaires. Je reviens sur cette question parce que le BVG avait fait cette vérification en 2006; et les dépenses d’alimentation n’ont pas disparu depuis du budget. Si le Vegal pensait que que 34 millions étaient excessifs alors, c’est parce qu’il n’a pas imaginé ce qui se passerait aujourd’hui.Commençons par la colline. Koulouba est simplement devenu glouton en matière d’alimentation. Très glouton même. Si en 2013 le budget “alimentation” était de 61 millions, il est passé à 300 millions en 2014 – une augmentation de 391% en un an, alors que le personnel n’a pas augmenté de façon significative. Clairement, quelqu’un a décidé que du Nido et coca, il fallait passer au caviar et champagne. Koulouba, toute proportion gardée, dépense près d’ 1 200 000 CFA par jour ouvré pour la nourriture.Comme le BVG épingle les services gloutons, alors les administrateurs masquent les dit-budgets dans des dépenses “Matériel-fonctionnement des services”. Il faut regarder à la loupe pour déceler les incongruences.

 

Dépenses Matériel-fonctionnement des services

Voici l’exemple de deux ministères :
* MINISTERE DU LOGEMENT – 48 036 000 CFA
La dotation matériel-fonctionnement des services couvre :
– l’achat de consommables au premier usage (papeterie, imprimés, stylos, critérium, gommes, trombones);
– l’achat de petits matériels de bureau : calculatrices, agrafeuses, perforateurs, classeurs, chronos, registres, parapheurs, appareil téléphonique ;
– l’achat de consommables informatiques ;
– l’achat de boissons, de thé, de lipton, de service thé, du lait, des produits alimentaires* MINISTERE DES MALIENS DE L’EXTERIEUR – 43 515 000 CFA
La dotation matériel-fonctionnement des services couvre :
– l’achat de petits matériels de bureau, de matières consommables et d’équipements divers ;
– l’achat de produits alimentaires (eau, boisson, lait, lipton, café, etc…) ;
– l’achat de supports de gestion de courriers ;
– l’achat de documents de travail pour les structures du Département.

Ici on retrouve encore les dépenses alimentaires. Mais comme c’est ‘mélangé’ avec le matériel de bureau, il est difficile de dire ce à quoi sert l’argent. On peut acheter 4 tasses de café par jour pour 100 personnes pendant toute une année et ne jamais dépasser 1 million CFA. Où vont alors les 48 millions du ministère du logement et les 43 millions de celui des Maliens de l’extérieur? Il est bien possible d’acheter pour 48 millions de matériel de bureau si on a beaucoup d’employés. Seulement c’est là même que e trouve le problème. Il y a quelque chose qui ne cloche pas bien entre les chiffres de ces deux ministères.

Je n’ai pas pu trouver le nombre d’employés de ces deux ministères; mais le budget donne leurs masses salariales respectives.  Au ministère du logement c’est 85 million CFA par an; Au ministère des maliens de l’extérieur c’est 226 millions par an. Donc, le 2eme ministère a forcement plus d’employés que le 1er – environ 2.6 fois plus d’employées (en moyenne). Comment se fait—il que le ministère du logement consomme plus “petits matériels” que celui des maliens de l’extérieur?

A mon estimation, le ministère du logement doit avoir au plus une vingtaine d’employés; mais qui consomment 48 millions de papier, stylos, gommes, classeurs, encres, thé et lait. Soit 200 000 F/mois et par employé. Ce n’est pas un ministère, c’est une imprimerie avec un salon de café.

Entre parenthèses, ces dépenses liées aux consommables sont la sources de plusieurs fraudes décelées par le Vegal; dans son rapport de 2012, il avait trouvé ceci pour le compte du ministère des mines (page 81):

l’analyse quantitative des acquisitions de consommables au regard des besoins démontre que tous les achats ne sont pas justifiés. A titre d’exemple, la DFM [note: Direction des Finances et du Matériel] a acheté 813 cartouches d’encre pour imprimante, toutes marques confondues, pour 52,29 millions de francs CFA hors taxe sur 9 mois alors qu’elle ne dispose que d’un parc de 23 imprimantes, en majorité de type HP 2055. La quantité ainsi dégagée correspond à une consommation moyenne de quatre cartouches par imprimante et par mois. De plus, des cartouches d’encre ainsi payées ont des caractéristiques techniques ne correspondant pas aux imprimantes disponibles au niveau de la DFM. De même, ne disposant que d’une seule photocopieuse acquise au début du deuxième semestre 2011, la DFM a acheté 13 tambours de pièces de rechange pour un montant de 2,19 millions de francs CFA. Pour la seule photocopieuse de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), 28 tambours, d’une valeur de 3,78 millions de francs CFA, ont également été payés malgré qu’elle soit hors d’usage.

Entretien des bâtiments

Tous le ministères ont des budgets d’entretiens de bâtiments; de façon global on y retrouve les frais liés au gardiennage, nettoyage de bureaux et toilettes, entretien des espaces verts, désinsectisation, dératisation, etc. Enfin tout ce qu’il faut pour maintenir un espace convivial. On dépense beaucoup dans l’entretien des bâtiments. Voici deux exemples qui paraissent bizarres.

Koulouba – 800 140 000 CFA; et c’est le même montant depuis 2010 (à la virgule près). Mais comme le palais lui même n’est plus fonctionnel depuis le coup d’état de 2012 et que personne n’y habite, pourquoi ce montant de 800 140 000 F continue d’être alloué? Cette dotation ne devrait-elle pas baisser? Eh, bien non. cet argent est forcement utilisé pour autre chose. Si je savais, je vous l’aurais dit.

Conseil Economique Et Social – 110 000 000 CFA; l’Assemblée Nationale a un budget de 105 062 000 CFA pour l’entretien de ses bâtiments; comment le conseil peut avoir un budget supérieur à celui de l’assemblée alors que ses locaux sont infiniment plus petits? Quand on remonte à 2010, ce même budget faisait 54 000 000 CFA; en 4 ans, il a simplement doublé. Les conseillers sont peut-être plus portés vers la propreté que les députés et exigent un curage régulier au lieu de la serpillère communément utilisée à Bagadadji. Ce doit être cela, ou bien c’est la dératisation.

Incidemment, l’entretien des bâtiments est une des dépenses que le Vegal épingle dans ses rapports; celui de 2012 dénonce (encore) le ministère des mines (page 81):
La DFM a dépensé plus de 98 millions de francs CFA dans l’acquisition d’équipements de sanitaire et des matériels électriques alors qu’elle se trouve dans les bâtiments de la Cité Administrative, qui sont neufs. Ces acquisitions ont été faites sans que la DFM n’ait pu démontrer d’éventuelles dégradations qui les auraient rendues nécessaires.

Centre National de Promotion du Volontariat au Mali

La CNPV a vu le jour en 2011 pour promouvoir l’emploi des jeunes au Mali. C’est à mi-chemin entre le Peace Corps américain et donner aux jeunes des perspectives d’emploi à travers une première expérience professionnelle. Bonne idée en somme. Le problème est que sur les 335 millions CFA de budget dont il dispose, le CNPV dépense 185 millions (55%) rien que pour son propre fonctionnement. Il s’agit de frais d’entretien des équipements, entretien du siège et ses espaces verts, sanitation, carburant et lubrifiants, connexion internet, électricité et eau, et organisation de conseils d’administration. Voici l’exemple d’un centre qui n’aurait jamais dû exister en tant que cellule autonome, mais qui aurait du être logé au sein du ministère de la jeunesse pour diminuer ses frais.  Ensuite se pose la question de l’efficacité du programme. Je n’ai pas pu trouver le nombre exact de jeunes qui sont passés par ce centre – mais à travers des articles de presse je ne vois que juste une poignée par-ci et une poignée par-là. Rien de vraiment concret.

Que faire?

Il y a un tas de services qui contrôle les executions des dépenses (comme celui du Vegal); mais ces services constituent un genre de médecin après la mort. Il y a des choses dans le budget que les députés maliens doivent rejeter d’avance; soit parce que les lignes ne sont pas très claires (on mélange téléphone et carburant), soit parce que la dépenses est à priori injustifiable d’un point de vue du coût, ou soit parce que la dépense n’a pas lieu d’exister. Sur ce dernier point, il va falloir redéfinir ce que l’État malien doit payer ou non; les ustensiles de cuisine de la résidence du PM ne doivent pas être payés par l’argent du contribuable; le budget ne doit payer non plus pour des magnétoscopes – c’est qui qui utilise encore des magnétoscopes? Est ce qu’on peut même en trouver aujourd’hui? Pourtant, c’est dans le budget national. ces cas sont marginaux, mais cela ne doit pas empêcher un débat national sur la question. Chaque 1% d’économie sur le budget représente 16 milliards CFA qui pourront être ré-injectés dans des circuits plus productifs.

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A. Karim Sylla

Et si le fédéralisme demeure la solution à la crise politico-militaire que traverse le Mali

Chouaibou,
Le rêve des Maliens c’est de bâtir une société juste debarassée du féodalisme, de l’esclavagisme et de toute forme de discrimination. Ce combat est pour moi plus important et plus noble que celui des groupes armés qui cherchent à créer un Etat où le féodalisme,l’esclavagisme et le racisme seront renforcés. Nous savons à travers leur bilan comment certaines communautés sont traitées par les leaders de la rebellion. Les bellas,les éternel sans voix, pour ne citer qu’eux, sont les plus démunis dans cette zone du Mali. Il est logique dès lors que les changements commencent par eux en criminalisant l’esclavage et en democratisant  effectivement les communautés du Mali.( pas d’elections truquées pour faire passer les fils de chefs traditionnel )
Adherer au fédéralisme qui va porter au pouvoir des féodaux et des racistes c’est simplement trahir ces sans voix et de milliers de Maliens du Nord qui souffrent à causes des impacts négatifs des rebellions . Le developpement étant un processus d’accumulation de richesses , de savoir faire et de savoir être, aucun Gouvernement ne peut réussir avec des rebelles qui détruisent à chaque soulèvement les infrastructures économiques et sociales dont les bénéficiaires sont justement ces mêmes populations au nom desquelles ils prétendent combattre.
En posant la question à qui bénéficie la rebellion ? on comprend aisement que les groupes armés sont des égoistes qui ne pensent qu’à eux mêmes. Les communautés du Nord et leurs préoccupations ne sont que des instruments pour satisfaire leurs ambitions égoistes.
Si leur objectif est different qu’ ils acceptent alors de déposer les armes et qu’ils mènent une campagne à la place de ces armes, pour mobiliser les populations autour de leurs idéaux; qu’ ils combattent l’escavage qui est la chose la plus ignoble pour les sociétés humaines; qu’ils utisent leur argent pour construire des écoles au lieu d’acheter des armes et tuer leurs frères; qu’ ils cherchent à vivre en paix avec les autres ethnies; qu ‘ils deviennent de bons leaders pour le Mali et non de vrais guerriers rebelles qui ne connaissent que la violence.
Harouna Niang

Bonsoir Ndack,
Je sais pour Soukouna et Aliou. Peut-être que sa proposition sera le choix des maliens aussi si l’occasion de faire un choix leur est offerte. Peut être que non. Peut être que la majorité des maliens demandera même qu’il y ait des républiques autonomes.
L’opinion de l’autre malienne m’intéresse sur le post de Aliou.
J’avoue tout de même que je viens de comprendre que certains de mes post non commentés pourraient occasionner la même réaction chez les autres malilinkers.
Ma compréhension de l’analyse  de Aliou est qu’elle donne plutôt raison à la position des séparatistes. En idéalisant quelque peu sur la même idée de “sécularité”. Nous en avions suffisamment débattu sur malilink. Et je sais que Ndack a pris une part très active à ces débats virtuels.
Niang et Aboubacrine ont suffisamment résumé ma pensée et mes réponses au post de Aliou qui a été partagé.
Pour l’histoire et pour mettre les choses à leur place (contrairement à ce qu’insinue Aliou) les rébellions des années 1990, 2007, 2012 ont toutes commencé par le fait des rebelles. Pas des autres communautés de la zone ni du Mali.
La question qui rend l’analyse de Aliou obsolète et partisane c’est celle là: comment prendre en compte les intérêts des autres populations du nord du Mali qui ne veulent pas (pour différentes raisons) du projet des séparatistes ; ni d’une imposition par les armes. Puisque leur avis aussi doit compter. Bien sûre si on parle d’égalité entre tous les citoyens.
Et bien sûre pas du tout dans le cas contraire.
Qu’en penses-tu ?

Cordialement

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Chouaibou

Instructions Pour Tahirou Qui Veut Construire Une Maison a Bamako

Amadou,
Très juste ce que tu dis d’ Oumar. Il a realise en tout 3 grand projets pour moi et ma famille et pour des amies de ma soeur. Tout le monde est d’ accord qu’ avant de gaspiller son argent en le confiant a un parent, il vaut mieux embaucher Oumar. Il est fiable et très transparent dans ses affaires.
Keita


From: Amadou O. Wane
Sent: Sunday, September 14, 2014 5:00 PM
To: malilink@malilink.net

Subject: Re: [malilink] INSTRUCTIONS POUR TAHIROU QUI VEUT CONSTRUIRE UNE MAISON A BAMAKO/les plans

This is the occasion for me to say that Oumar is definitely one of the best if not the best structural engineer in Mali.
He has done excellent work for me, and other members of my family. We were all very impressed with his knowledge, professionalism and work ethic. In Mali work ethic is a rare commodity. He is the kind of person who must be supported.
Malians from the diaspora should trust him than their own family when it comes to sending money to build something for the future. We all have our own horror stories with family members misusing our hard earned fund.

So if you really want a professional construction job done in Mali, I highly recommend Oumar from personal experience.
I think Keita had the same positive impression he shared on the forum not long ago.

Amadou O. Wane
Information Technology & Decision Sciences
Database Architect & Unix/Linux Administrator
Tampa, Florida
“quis custodiet ipsos custodes?”


On 9/14/14, 3:09 PM, ‘Amadou Niang’ via malilink wrote:

Agmai,
for my next project, I would definitely like to have local materials and your know-how in this domain.

Amadou Niang


On Sunday, September 14, 2014 12:57 PM, Oumar Abibou Maiga  wrote:

Cher Stephane , merci pour les images/ correction je suis un ingénieur des structures pas un architecte just une clarification,
je pense que ce passage tiré de article donne la réponse à votre question,”
le Banco stabilisé est utilisé dans notre pays depuis 1962. Mais il est resté pendant longtemps au stade des projets pilotes -projet KBK en première région- ou de tests tentés par des Ong. Ces essais ne se sont pas toujours révélés concluants sous l’effet de handicaps liés à l’achat de presse, à la formation des maçons spécialisés, à la vulgarisation, au suivi, à la nouveauté du produit et à la mentalité du public.”
une anecdote en 2003 un architecte m a demandé de lui faire une etude comparative entre les constructions en dur ciment et le banco stabilisé,( théorique), quand je lui ai remis le rapport à l avantage du banco stabilisé, il me dit non tu vas me faire perdre le marché, nous on veut plutôt montrer le contraire …alors tu vois que les vieilles habitudes restent encore, comme en politique on a preferé IBK aux 16 autres candidats and we stock now
Personnelement je suis pour la vulgarisation des matériaux locaux, et d ailleurs ma these en cours est sur le béton avec le gravier lateritique sauvage qui est plus répandu au Mali, ca me fait mal de voir que nous les ingénieurs utilisent l eurocode, bael , pour les structures au mali, alors qu aux USA presque chaque état apporte des amendements au building code, un ingénieur PE ,à NYC doit faire deux ans en Californie avant de valider son PE dans le temps….
AgMai-xxxx


Date: Sun, 14 Sep 2014 13:31:59 -0400
From: Stephane
Subject: Re: [malilink] INSTRUCTIONS POUR TAHIROU QUI VEUT CONSTRUIRE UNE MAISON A BAMAKO/les plans

Oumar, toi qui est architecte et connais bien les USA, dont l’Arizona, que pense-tu de la construction en Adobe/Banco ?
Personnellement j’aime bien le style architectural du New Mexico / Arizona, mais bon ça c’est une affaire de goût…

Pourquoi le Banco n’est-il pas plus répandu que ça chez nous ?

On en parlait beaucoup dans les années 70/80, et depuis pas grand-chose (hormis le Musée National). Why ?

Les avantages semblent pourtant nombreux comme le rappelle cet article de l’Essor de 2004 :


Matériaux locaux de construction: banco stabilisé, brique rouge : promesse à confirme

(L’Essor 05/05/2004)
Le ciment, c’est bien mais il faut l’importer et c’est cher. Petit tour d’horizon des alternatives.
Le secteur de la construction figure sans doute parmi ceux qui ont été les plus affectés par la hausse des prix des produits consécutive à l’éclatement de la crise ivoirienne le 19 septembre 2002.
Depuis l’arrêt des activités de l’usine de Diamou, notre pays dépend entièrement de l’extérieur pour son approvisionnement en ciment et autres matériaux de construction.
Avant la crise, notre voisin du sud nous fournissait l’essentiel des 500 000 tonnes de ciment que nous importons annuellement, pendant que la quasi totalité des autres matériaux transitait par le port d’Abidjan.
La rupture de l’axe Abidjan Bamako a obligé les opérateurs à se tourner vers d’autres ports avec le surcoût que l’allongement des distances implique. Ainsi la tonne de ciment qui se vendait autour de 70 000 à 80 000 Fcfa est montée jusqu’à 130 000 F caf avec des pointes à 150 000 Fcfa, voire 160.000 Fcfa, avant de se stabiliser aux environs de 105 000 Fcfa. Le prix du fer et de plusieurs autres matériaux a aussi pris l’ascenseur. Explication simple : la plupart des opérateurs économiques se sont tournés vers le port de Lomé au Togo distant de plus de 2000 km de Bamako alors que 1000 km “seulement” séparent Abidjan de notre capitale.
Avantages comparatifs- S’il est difficile de présager de la fin de la crise ivoirienne et de l’installation d’une cimenterie dans notre pays (du fait notamment du coût prohibitif de l’électricité), on peut trouver des raisons d’espérer dans l’utilisation de matériaux de construction comme la terre stabilisée, la brique rouge, la pierre et le grès concassé.
La terre stabilisée ou banco stabilisé est un matériau fait de terre comprimée à partir d’une argile choisie spécialement. Mélangée avec un peu de ciment, cette argile est compressée avec une machine appelée presse, afin d’augmenter sa résistance mécanique et hydrique. Le banco stabilisé est utilisé dans notre pays depuis 1962. Mais il est resté pendant longtemps au stade des projets pilotes -projet KBK en première région- ou de tests tentés par des Ong. Ces essais ne se sont pas toujours révélés concluants sous l’effet de handicaps liés à l’achat de presse, à la formation des maçons spécialisés, à la vulgarisation, au suivi, à la nouveauté du produit et à la mentalité du public.
Pourtant, le banco stabilisé présente des avantages comparatifs par rapport aux matériaux importés. 20 % moins cher que le ciment, il constitue un isolant thermique adapté à notre climat. La construction avec ce matériau fait largement appel à la main d’œuvre locale et il existe aujourd’hui de presses manuelles ou mécaniques accessibles au plus grand nombre.
La Société d’équipement du Mali (SEMA) et la Société de promotion immobilière en savent quelque chose, elles, qui conduisent des programmes immobiliers avec le banco stabilisé à Sébénicoro et à Faladjè notamment.
Ces 5 dernières années la SOMAPIM a mis en chantier plusieurs programmes à partir de ce matériau. C’est le cas des 50 logements “moyen standing” réalisés en 2000 ou des 179 “logements économiques” actuellement en chantier à Sébénicoro. La société va acquérir des terrains pour lancer des programmes, cette fois en briques cuites.

2014-09-14 12:57 GMT-04:00 Oumar Abibou Maiga :

Tahirou, n est ni ingénieur, ni technicien ni entrepreneur de bâtiment et des travaux publics.
Pour tahirou qui veut construire une maison à Bamako une connaissance minimale est nécessaire, alors ici nous allons lui parler des plans ;
Comme promis à la rencontre de malilink à bamako, voici ma petite contribution sur le bâtiment au mali ( bamako)

20140914-InstructionPourTahirou

Oumar Abibou Maiga

Un référendum comme plan B?

Coumba, les sondages « Mali-Mètre » de la Fondation Friedrich Ebert ont tous révélé que les populations du Nord étaient pour l’intégrité territoriale.

Abdourhamane DICKO


De : Amadou Wane

Envoyé : jeudi 11 septembre 2014 16:48
À : A. Karim Sylla
Cc : malilink@malilink.net
Objet : Re: [malilink] Un référendum comme plan B?

Quelle garantie avons-nous que le MNLA et consorts vont respecter le resultat du referendum?

Do we need a Plan C then ?

Amadou Wane


2014-09-11 12:25 GMT-04:00 ‘A. Karim Sylla’ via malilink <malilink@malilink.net>:

Coumba, ce sont de très bonnes questions: si il doit y a voir un referendum, quelles seront les modalités? Qui doit voter? Il y a des ressortissants du ‘Nord’ qui vivent au ‘Sud’ (et vice-versa) ou qui vivent au Niger ou en RDC; auront-ils le droit de voter? etc. Quelles sont tes opinions?

Dicko, il est clair que les groupes armés sont une minorité; mais comment sait-on aujourd’hui ce que la majorité des populations vivants au ‘Nord’ pense? Notre ami Fad Seydou avait effectué des sondages for intéressant dans les camps de réfugiés au Burkina et Niger. Mais y-a-t-il un sondage qui dit ce que les gens pensent?

I y a 6 mois, je n’aurais pas pensé au référendum comme option; mais vu que le challenge de mettre en place des forces de sécurité est une tâche ardue qui semble être au delà de nos capacité, il faut avoir un “autre” plan B – au cas où Alger va foirer.

Et même si Alger accouche d’un accord, ne faudrait il pas faire un referendum pour voir l’adhésion des populations concernées? Les solutions imposées par les armes ou la politique ne vaudront rien si la majorité ne se déclare pas sur la question.

______________
A. Karim Sylla


On Thursday, September 11, 2014 11:12 AM, Abdourhamane DICKO  wrote:

Bonjour,

Plusieurs propositions de sortie durable à la crise malienne ont circulé sur le réseau, y compris le référendum dont je ne vois pas l’utilité pour la simple raison qu’il n’empêchera, quels que soient les résultats, ceux qui ont pris les armes de les reprendre plus tard. Le référendum constitue une solution politique comme toutes les autres déjà proposées mais qui ont montré les limites par le manque de bonne foi des acteurs, tous confondus. Si référendum devrait être organisé, il est clair que le moment n’y est pas opportyun aujourd’hui, surtout dans les régions du nord. Vous y avez une population en majorité favorable au Mali, mais qui est exposée aujourd’hui au diktat des armes. Elle est intimidée, menacée voire tuée car personne n’est là pour garantir sa liberté de choix et sa sécurité, donc son vote. Aussi, vous y avez une société civile qui souffle le chaud et le froid. A titre d’illustration, plusieurs acteurs de cette société civile des régions du nord sont allés grossir les rangs de la coordination HCUA, MAA et MNLA juste pour être à Alger et éventuellement se positionner par rapport à un « éventuel partage ultérieur du gâteau. » Cela est honteux et irresponsable.

Abdourhamane DICKO


De : Coumba Bah

Envoyé : jeudi 11 septembre 2014 14:11
À : malilink@malilink.net; Karim Sylla
Objet : RE: [malilink] Un référendum comme plan B?

Je suis pour le referendum pour recenser (quantifier) les avis favorables à la scission.  MAIS ce qui me perturbe :

1. Comment déterminer l’électorat? c’est tous les maliens au-delà de 18 ans comme dans les scrutins présidentielles? ou les seuls habitants des 03 régions du Nord?  la Diaspora du Nord? Réfugies et déplacés?  les descendants des populations du nord ne vivant plus physiquement sur les terres ancestrales mais qui y vivent dans leur âmes?

2.Si toutes les populations maliennes ayant droit aux votes participent le résultat est connu d’avance je crois!  Si nous laissons seulement les seules populations vivant sur le sol des 03 régions est-ce une décision juste pour une question nationale?

Mme/Mrs. Traoré, Coumba Bah
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From: malilink@malilink.net

Subject: [malilink] Un référendum comme plan B?
Date: Thu, 11 Sep 2014 09:36:41 -0400
To: malilink@malilink.net

Entre qui dit quoi et qui représente qui, je crois que dans le long terme il faudra peut-être se résoudre à un référendum pour demander aux différentes communautés ce qu’il y a lieu de faire. Si il y a un accord sans l’adhésion de tous, alors on fait du surplace; la même chose a eu lieu avec la rébellion de Bahanga – on signe un papier avec les groupes rebelles et automatiquement il y a une dissidence armée; pour revenir au point zéro.

Comment ce référendum doit se faire? Quelles modalités? Je n’en sais absolument rien. Mais signer des accords avec des groupes armés sans savoir leur poids réel (ni leurs profondes convictions)  ne fera que continuer le cycle de la violence. Un référendum aura l’avantage d’établir une fois pour toute qui est pour quoi, et pourquoi.

Sinon on tournera en rond. Vos avis?
Je sais que la question a déjà été soulevée ici. Essayons d’aller au delà du oui/non; ou bien du “tu es fou?”. Le Mali a besoin d’un plan B. Qu’est ce que cela doit être? Si référendum il y a, quelles régions, cercles ou groupes doivent être concernées?


http://www.rfi.fr/afrique/20140911-mali-desaccords-entre-mouvements-nord-tribus-discussions-alger

Mali: désaccords entre les mouvements du Nord et les tribus aux discussions d’Alger 

Par RFI
Les mouvements armés du nord du Mali et les autorités de Bamako sont toujours dans la capitale algérienne pour avancer dans le processus de paix. Après les auditions de la société civile, et en attendant le début des négociations directes, les six mouvements armés tentent de s’entendre sur leurs revendications politiques. Mais les représentants des mouvements armés ne sont pas toujours d’accord avec les populations, comme à Kidal où es chefs des différentes tribus présents à Alger affirment vouloir une séparation d’avec Bamako.

Ils sont venus pour représenter la société civile de la région de Kidal. Et les chefs des tribus ont un message différent de celui des mouvements armés. « Les mouvements ont été obligés à Ouagadougou de se limiter à l’intégrité territoriale du Mali. Mais nous, nous sommes la voix du peuple, nous avons la liberté de dire ce que nous voulons. Notre option, c’est l’indépendance », déclare sans détour Chorib Ag Attaher, de la tribu Idnan.

Il est conscient que la communauté internationale est opposée à une telle solution, mais pour lui, l’indépendance doit être un but à long terme : « Si on signe un accord, cela veut dire que notre avis ne compte pas et que nous sommes un peuple à qui on impose les choses que nous ne voulons pas. Même si nous acceptons, ce ne sera pas pour longtemps ».

Les différents responsables des tribus de Kidal sont d’accord. Ils sont plus légitimes que les mouvements armés. « Les mouvements sont souvent obligés de nous consulter. Ils sont les flèches, mais nous, nous sommes l’arc », estime Zeïd Ag Hamzada, de la tribu des Taghat Mallet.

Si les auditions de la société civile sont terminées, certains, dont ces hommes de Kidal devraient rester à Alger quelques jours supplémentaires.

Une société civile engagée

Mohamed Ag Acharon dans un message récent se posait des questions sur les emplois créés au Mali; il voulait plus d’information que ce qui était disponible dans le communiqué ou les news. Il a conclu son texte en disant “L’à peu près ne marche plus” – on veut en savoir plus.
Coumba Bah a rencontré le représentant du FMI et l’a invité devant le groupe de réflexion qu’elle anime pour qu’il explique le rôle de son institution. Collectivement nous ne savons pas très bien le rôle que le FMI joue chez nous. Le FMI produit un tas de documentation sur le Mali qui ne voit pas la lumière du jour; il serait bien qu’il nous dise (périodiquement) ce qu’il pense de notre situation budgétaire et/ou économique. Idem pour la BM.
Je donne ces exemples parce qu’ils sont très récents; mais de façon générale, il y a des nouvelles, communiqués, décrets et lois qui passent tous les jours et qu’on enregistre à moitié ou au quart selon notre emploi du temps. Dans d’autres cieux, les journaux jouent le rôle d’arbitre et nous disent que quelque chose est bon ou mauvais selon leur coloration politique. Vous admettrez avec moi, que la qualité des journaux au Mali n’est pas très bonne, et qu’à quelques exceptions près ils ne peuvent même pas expliquer une histoire correctement.
Et si ensemble nous créions un groupe — apolitique — dont le but serait d’examiner au peigne fin toutes ces décisions et communiqués qui au finish impliquent tous les Maliens?
J’ai été approché par deux MaliLinkers séparément qui ont proposé une telle démarche. Les contours ne sont pas bien définis, mais l’idée centrale est que les Maliens doivent avoir les yeux ouverts sur tout ce qui se passe en leur nom; L’à-peu-près ne doit plus marcher“, nous devons réclamer (et obtenir) la rigueur dans les démarches et les résultats.
Pour ceux qui se rappellent, il y a quelques années, Le Mali avait introduit le programme de pluies provoquées; malgré l’incapacité à démontrer son efficacité, les Maliens continuent (en 2014) à payer pour ce programme. 10 ans que ça dure!
On promet de construire une maternité à Diapaga? Nos ingénieurs de bâtiment devront nous faire un calcul rapide pour voir si les coûts sont gonflés. On veut acheter du matériel informatique pour la maternité? Nos informaticiens devront nous faire un calcul rapide pour nous dire si nous sommes victimes de tripatouillage. La sage-femme de la maternité remarque que le directeur a des pratiques peu orthodoxes avec les sous? On doit pouvoir lui donner les moyens de dénoncer ce qui s’y passe et prendre le cas en main.
Comment peut-on savoir qu’on nous dit la vérité? On dit que ATT a construit X nombres de logements à ATTbougou; est-ce-qu’on peut compter? 1 000 000 de nouveaux emplois? Est ce qu’on peut compter? Et comment?
On nous dit que le budget est de 1600 milliards en dépenses; est ce que les Maliens savent que les ustensiles de la cuisine du PM font partie de ça? Ou encore que le président de l’Assemblée Nationale peut acheter une moto à son boy-cuisinier avec l’argent des Maliens? Si 20-30 personnes se penchent sur le budget de 2015, je vous assure que nous pourrons empêcher que certaines abominations soient votées.
Et les futurs accords d’Alger? Pourrions nous en faire une analyse pour le bénéfice du citoyen? Ou un dépliant pour résumer la chose?
Si le citoyens n’exige rien, il n’obtiendra absolument rien.
Qu’est ce que vous pensez d’une telle idée? Et comment on peut accomplir cela? J’ai mis une emphase sur le mot “apolitique” parce qu’aucun parti ou personnalité politique n’est visé par ceci; le souci premier c’est d’informer et dans les cas graves (peut-être même) aller au tribunal pour tenter d’empêcher quelque chose.
Quand nous aurons un grand éventail d’idées et de suggestions par tous les MaliLinkers, notre ami Amadou Wane pourra nous ouvrir une liste parallèle afin d’y déménager les discussions et la mise en forme de cette nouvelle société civile. Pour ne pas “polluer” nos autres débats et prises de bec :-)
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A. Karim Sylla

 


Malilink Discussion Forum
Where The Malian Intelligentsia Meets
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Le point de vue touareg : une grande désillusion !

Merci beaucoup Mohamed pour le partage de cet article.
“Si le processus d’Alger ne rectifie pas sa course, les « accords de paix » qui en concluront probablement les négociations ne feront que renvoyer le Mali à ses vieux démons”.
C’est bien ce que nous disions depuis toujours. Il n’y a pas de sens à vouloir conclure à Alger un accord sans la participation des vrais acteurs  de la société civile malienne.
Je le répète encore, ces groupes ne représentent qu’eux mêmes.
Il y a aussi que l’auteur de l’article fait de l’amalgame : l’article faut crier que le nord du Mali n’est peuplé que de touaregs. Cela n’enlève pas de valeur à sa déclaration selon laquelle parmi les touaregs mêmes il y a des communautés qui n’ont jamais adhéré à la folie des séparatistes. C’est une réalité.
Je présume que les négociateurs maliens opposent cette vérité là-bas à Alger en face des séparatistes pour ramener pleurard tout le monde au sein d’un forum national à l’issue duquel les maliens décideront de ce que le Mali doit devenir (de son organisation territoriale, administrative, etc). Si c’est le cas cette stratégie de négociation me semble acceptable. Sinon j’ai été déjà frustré par ce refus des autorités de faire participer les vrais acteurs de la paix, alors que des questionnes importantes les concernant sont discutées à Alger.
De toute façon, il est clair que ce refus d’associer les communautés et ceux qui n’ont pas pris des armes, à la discussion les médiateurs, le Mali et la communauté internationale ne feront effectivement que déplacer le problème.
Et je souhaite que les maliens soutiennent très fort cette thèse de la représentativité de ceux qui sont là-bas à Alger. Et en tant que malien j’aurai aimé d’une part que la la discussion de l’avenir de cette partie du Mali et de l’ensemble du Mali se fasse et d’autre part qu’elle se fasse dans la transparence la plus totale ou disons de manière véritablement inclusive. En tout cas pas comme on est en train de le faire actuellement.
Déjà, j’ai entendu le partis politiques de l’opposition malienne clamer leur mot à dire (souhaitent être entendu) dans l’affaire. Sans être précise cette déclaration est alarmante.
Même si je crois que ces messieurs eux aussi avaient la possibilité de faire leurs propositions et les soumettre à qui de droit. S’ils ne l’ont pas fait c’est une faute. Ils en avaient tous les moyens pour le faire.
Sur cette question mon avis est que l’opposition malienne, qui a les moyens de faire des propositions et de les transmette aussi, pouvait faire mieux que cette déclaration.
Au faut à-t-elle finalement fait des propositions qui auraient été rejetées par le pouvoir en place ? N’en a-t-elle pas fait du tout ? Qu’est ce qu’elle attendait pour le faire si ce n’est pas fait ? Être plus clair, cela aurait eu l’avantage de mieux comprendre les attentes du groupe et de ses leaders !
Mais peut être que le gouvernement comprend ce de quoi il est question. Peut être.
Pour moi citoyen lamda, il y a une nécessité d’être plus explicite. Je voudrai être sûre et certain qu’en utilisant cet argument accusateur du pouvoir en place et qui pourrait justifier un refus d’adhérer à des décisions éventuelles de la part du groupe d’opposition, l’opposition avait clairement et totalement fait ce qu’elle devait faire.
L’opposition à-t-elle demandée, elle aussi, à participer aux pourparlers et que ce soit refusé ? Demande qui me semble être légitime de sa part, si c’est le cas. Tout à fait. Qu’y a t il ?
Et auquel cas je suis persuadé que les négociations actuelles d’Alger ne doivent pas se conclure une décision finale concernant les grands enjeux.
Hier soir, le chef de l’état a déclaré qu’il fallait envisager l’intégration d’individus armés au sein de l’armée nationale. C’est une question sur laquelle l’avis de l’assemblée doit désormais être requise. Celle de l’opposition qu’il fallait consulter sur la question devrait être donnée. L’a-t-on fait ?
En plus de la question relative à l’inclusivité des communautés et de tous les maliens au processus de négociations qui pose un réel problème du fait que pour l’instant elles ne sont pas intéressées par les organisateurs et par l’état et qu’il n’y a aucune visibilité, vient s’ajouter cette histoire de réintégration d’éléments apatrides qui n’ont accepté l’intégrité du Mali que parce que la communauté internationale a rejeté leur folie; des gens qui malgré tout n’acceptent que du bout des lèvres de vivre en commun avec les autres maliens.
Ceux sont des ingrédients qui justifieront la présence pour très longtemps des casques bleus au Mali et donc de la prolongation de la mise sous tutelle du pays que nous vivons présentement.
Cordialement

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Chouaibou

Le 8 sept. 2014 à 11:56, Mohamed AG HAMATY  a écrit :

Si le processus d’Alger ne rectifie pas sa course, les « accords de paix » qui en concluront probablement les négociations ne feront que renvoyer le Mali à ses vieux démons.

Des centaines d’avocats français et africains réunis à Bamako

Chouaibou et tous les autres,
J’ai vu ce “post”passé assez vite et je m’empresse de donner quelques éclairages.
  • toute démarche de libération de personnes suspectées, se trouvant sous contrôle judiciaire, quelqu’en soit la raison et la motivation, me paraît à la fois suspecte et de nature à violer la loi ;
  • Le sort des victimes et/ou de leurs ayants s’en ressent assez profondément, ce d’autant plus qu’à la base, il y a des plaintes et que l’action publique est en mouvement.
La réunion des Avocats, dans le cadre de “Campus International Mali 2014″ vise plutôt à assurer la formation professionnelle des Avocats. Le thème majeur est “Reconstruire le Mali par le droit” : Le bouleversement des institutions démocratiques, la violation des règles de la République, l’anéantissement des avancées démocratiques n’ont pas été sans incidences sur l’Etat du Mali et sa nation.
c’est de tout cela que nous parlons aussi pour engager les avocats à une plus forte implication.
Chouaibou, n’aies aucun doute que j’agirais comme tu l’aurais fait, si tu avais été avocat et à ma place.
Je profite de mes cinq minutes encore pour saluer la lumineuse idée de mon petit frère Karim, au sujet d’une plus plus grande implication de la société civile dans le débat politique et démocratique.
Mon opinion est que c’est la faiblesse de cette catégorie sociale qui est à l’origine des difficultés que nous rencontrons sur le terrain de l’avancée démocrtaique. La société civile malienne se trouve balotée entre les tenants du puvoir et les perdants, juste que le perdant en situation, demain, d’être le nouveau gagant du pouvoir. Nos opinions sont peu forgées à l’objectivité et la rumeur prend souvent le pas sur tout. Comment faire en sorte que des opinions éclairées, engagées mais non partisanes et indépendantes soient capables de prendre en main un sujet et d’exprimer des pistes permettant de comprendre le sujet.
On pourra réfléchir pour trouver une piste de structure qui est susceptible de faire l’objet de discussions entre nous ensuite. Mais de façon plus générale, il s’agit de réunir des personnes de bonne volonté, possesseur d’expertise dans un domaine donné, capables d’affirmer une indépendance et de la mettre en avant et de s’exprimer sur un sujet donné, sur des bases objectives. C’est ce genre de débat que nous avons eu au sujet de la DPG, que l’on pourrait avoir sur bien d’autres sujets.
Que nos “experts” maison se mettent juste au service pour que les débats soient mieux menés et plus structurés et pour sortir des opinions “à dire d’expert”.
C’est en cela que l’on pourra toujours faire la part des choses entre les “tenants du pouvoir et les prétendants au pouvoir”.
Mamadou Ismaela Konate

Comparaison Mali-Rwanda

-9-2014: Andre Bourgeot fut cite sur Malink comme suit:. Il suffit à cet égard de lire rapidement ou avec attention, les débats, voire les confrontations, toujours courtois, vifs, animés, tolérants, sérieux, convaincus, dénonciateurs, souvent très critiques mais emplis de sincérité, sur le forum «malilink»,  pour constater et écrire que rien n’est perdu. Mais la classe, les élites politiques, les intellectuels savent-ils les lire et surtout s’en imprégner ? Le «petit peuple» y a-t-il accès ? Sinon comment envisager les retombées concrètes de ces réflexions, analyses et point de vue tonifiants, innovants ? Ils et elles sont porteurs de prise de conscience ou, pour le moins, de réflexions «objectivantes». Alors se pose la question suivante : malilink ne serait-il qu’une soupape d’expressions libres visant à émanciper l’écrit de son carcan formaté, incluant les critiques virulentes formulées à l’encontre de personnalités politiques de très haut niveau, ou, alors, en même temps, un «réseau social» qui déboucherait sur des actions concrètes au gré de chacune et chacun selon ses sensibilités ? http://www.maliweb.net/interview/andre-bourgeot-chercheur-au-cnrs-anthropologue-paris-on-aurait-pu-sattendre-avoir-fait-reve-suppute-pouvons-511712.html

Au fait cette interpellation du Professeur Bourgeot est interessante. Notez que ce forum a fait beaucoup de contributions au fil des annees. Il n’y pas de doute qu’il a ses limites. Ce sont ces limites-la ( le manque d’effet reel sur la vie des populations maliennes qui est a noter). Feu Professeur Dialla Konate a vu cette limite et voila pourquoi il a cree la Coalition pour le Mali (CPM). Il a voulu aller au dela des foras pour mobiliser les populations. Helas il nous a quitte trop tot!

Karim vient de nous offrir une piste qu’il nous faut alimenter. Son approche de mettre pression sur les autorites de l’etat est important pour reduire le gaspillage et mieux focaliser les resources dans les depenses qui peuvent faire une reelle difference pour la population. Nous nous devons en meme temps d’offrir d’autres idees pratiques pour encourager certaines actions productives.

Le Rwanda fut au centre de nos debats depuis presqu’un mois. Je crois que c’est Mohamed Ag Acharom qui a mis en ligne l’interview du President Kagame. Ce que j’ai retenu et qui me tient tres a coeur c’est qu’au dela de tout, ce pays investit serieusement dans sa population a travers l’alphabetisation. Le President Kagame a dit qu’ils sont alles de 800,000 eleves au primaire a 2 millions… Le tableau que je vous offre ici bas en dit beaucoup.

Le tableau fut construit avec des donnees  de l’UNESCO (en attache), de la Banque Mondiale, de WIKI et d’autres. Il contient le taux d’alphabetisation, le taux d’analphabetisation, la population, le PNB et les langues des pays que j’ai cibles. Je me suis contraint aux pays qui sont enclaves: Afrique de l’Ouest, l’ Amerique Latine, et le Rwanda. La logique est de comparer le Mali aux pays qui ont les memes conditions geographiques que lui. Je voudrais surtout demontrer que mon hypothese s’adresse a l’effet positif (progress social et politique pour les populations) d’une  alphabetisation en francais au Mali avec son “multilanguisme” en m’appuyant sur les experiences du Paraguay et de la Bolivie qui sont deux pays multilanguaux avec un taux d’alphabetisation tres eleves a cause de l’usage universel de l’Espagnol.

Selon Florencia Riegelhaupt, Roberto Luis Carrasco, et Elizabeth Brandt dans leur article titre “Spanish: A Language of Indigenous Peoples of the Americas  , Spanish remains the lingua franca among Indigenous peoples of the Americas; it unites them in their mutual efforts to defend their rights as Indigenous peoples…the perspective that bilingualism/multilingualism in Spanish, English and Indigenous languages contributes both to the maintenance of Indigenous languages and cultures and to the dissemination of information related to Indigenous cultural and political issues across the Americas…  Spanish allows one to communicate, to exchange ideas across other Indigenous groups in the Western Hemisphere. http://jan.ucc.nau.edu/~jar/NNL/NNL_10.pdf

Traduction francaise: L’Espagnol demeure la lingua franca des peuples autochtones des Amériques; il les unit dans leurs efforts mutuels pour défendre leurs droits en tant que peuples autochtones … le point de vue que le bilinguisme / multilinguisme en espagnol, anglais et langues autochtones contribue à la fois à la préservation des langues et des cultures autochtones et à la diffusion des informations relatives à la culture autochtone et la politique à travers les Amériques … l’espagnol permet à chacun de communiquer, d’échanger des idées à travers les autres groupes autochtones du monde occidental.

Samedi dernier, je causais avec un ami membre de notre forum. Nous parlions precisement de ce que les auteurs ci-dessus ont presente dans leur texte. Le “multilanguisme” est une realite en Afrique Occidentale. Il faut continuer a encourager le developpement de nos langues locales, mais il faut mettre beaucoup d’efforts dans l’alphabetisation de nos populations dans le francais, et avec urgence. Si nos populations en leur majorite comprenaient le francais, la minorite qui gere nos pays aujourd’hui ne se sentirait pas tout permis.

Comment y arriver?

Nous avons connu au Mali les membres du Corps de la Paix. Par une pedagogie tres simple a maitriser, les membres du Corps de la Paix apprennent le francais et nos langues nationales en un rien du tout. Le Mali a une masse de jeunes diplomes chomeurs. Il s’agit simplement de les recruter pour un temps limite et de leur payer ce que gagne un maître du premier cycle fondamental. Les passer par ce cours de formation de trois mois, et de les envoyer dans tous les coins du pays. Il s’agira de cibler tous les jeunes et tous les adultes qui voudraient apprendre le francais. Une importante consideration doit etre le choix des heures de classe. Il faut necessairement tenir les classes le soir apres que les paysans aient fini leur travail journalier. Dans les villes, les salles de classe sont vides la nuit, donc disponibles. Nous savons qu’il y’a des moyens tres performants de fournir une salle avec de l’energie solaire. En campagne, ca sera des classes en plein air.

Bref, chacun pourra avancer des suggestions pour nous aider a operationaliser cette proposition. Nous pourrons battre par milles moyens, sans l’alphabetisation de nos populations pour qu’elles comprennent ce se dit en francais en leur nom, le Mali n’avancera aucunement parce que les forces vives de la nation ne feront que subir.

Abdoulaye Keita


 

On Fri, Sep 12, 2014 at 4:44 AM, malobbo wrote:

D’ accord Abdoul. J’ espère que les progrès s ne se limiteront pas au temps de Kagamé et que le reste de l’ Afrique y pourra tirer les enseignements nécessaires: progrès en levant certains aspects négatifs du système politique.

Réné Dumont se demande, dans son célèbre livre, s’ il est possible de faire “la démocratie” à un niveau socio-économique, y compris l’ éducation bien sûr,  très bas sinon dérisoire.

Bonne journée !

M. Diagayété


 

—–Original-Nachricht—–

Betreff: RE: [malilink] Comparaison Mali-Rwanda

Datum: Fri, 12 Sep 2014 10:23:32 +0200

Von: “Abdoul .”

An: “‘malilink'” <malilink@malilink.net>

Effectivement, Diagayete, la superficie et le relief sont des facteurs, dans un sens ou l’autre. Pour certains c’est un ‘handicap’, pour d’autres un ‘atout’. A moins que je me trompe, le Cap Vert doit etre le pays avec une meilleure couverture et qualite d’internet sur une tres large partie de l’Afrique, de meme que d’autres services publics. S’il ne l’est pas, il est bien place pour l’etre, avec d’autres ‘atouts’, pas singuliers mais assez forts.

Ceci dit, superficie ou relief, ca ne pourrait devaluer ou minimiser  le  merite du Rwanda, son “political magic” effectiment inspirant. Meme les critiques objectives, comme celles de Stephane Kader et d’autres sur malilink, ne font au fond  que participer elles-memes au “strange fascination for the likes of Kagame” a laquelle cela est souvent ramene.

Par contre, je vois plus la premiere partie du passage marque justement en rouge dans l’article par Sylla, moins une comparaison qu’une participation a une propagande de mauvais gout du journaliste, au profit de “northerners” . J’espere qu’il ne s’agit pas de ceux qui detruisent/sabotent des projets/efforts dans le meme sens.


 

From: malobbo.diag
Sent: 12 September 2014 07:18
To: A. Karim Sylla; A. Karim Sylla
Cc: malilink; malilink
Subject: AW: [malilink] Comparaison Mali-Rwanda

Ah Comparaison Mali – Rwanda sur cetains points tels que les routes et la mechanisation de l’ agricultrure!

Il faut prendre compte aussi des étendues et du relief, donc de la nature.  Nous environs 12 Maliens de Stuttgart blagaient avec les quelque 10 Rwandais qui étudiaient avec nous: Pour labourer le Rwanda, il suffit de se reveiller le matin de très bonne heure avec un tracteur pour l’ effectuer en une journée …

Bien cordialement

M. Diagayété


 

Betreff: [malilink] Comparaison Mali-Rwanda

Datum: Thu, 11 Sep 2014 17:38:14 +0200

Von: “‘A. Karim Sylla’ via malilink” <malilink@malilink.net>

An: Malilink Liste <malilink@malilink.net>

Un article publié par le journal Chicago Tribune; il est assez long; mais l’auteur compare les routes qu’il a vu au Mali à ceux du Rwanda. Il compare son voyage de Mopti à T’Bctou à celui qu’il a fait de Kigali à la frontière avec la RDC. Et il pose des questions intéressantes sur la gestion du pouvoir dans les 2 pays. Pourquoi ça semble réussir d’un coté mais pas de l’autre. Tout ceci est basé sur une anecdote; mais les anecdotes finissent toujours par influencer la politique et les opinions. J’ai mis en rouge la partie que les indépendantistes répètent sans arrêt.__Karim Sylla

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The political magic of Rwanda’s remarkable roads

By Christian Caryl, Foreign Policy

September 9, 2014

WASHINGTON — A friend was asking me about my recent trip to Rwanda. What, he wanted to know, surprised me the most?

“I think it was the roads,” I said. “The roads were amazing.”

“I’ll bet,” he said. “They must have been a mess, right?”

No, just the opposite. I explained that the streets in Kigali, the capital, are smoothly surfaced, with nary a pothole in sight. Well-crafted rain gutters and zebra-striped curbs mark the edges of each roadway. Blinking warning lights are embedded in the road surface at corners. Traffic lights don’t just show green for go and red for stop; they’re also equipped with digital clocks, showing how long until each light changes color. The wealthy suburb of Washington that I call home would be happy to have such roads.

Nor is this a privilege of Rwanda’s capital. When we set out on a trip to the city of Goma, just over Rwanda’s border with the Democratic Republic of the Congo, the highway that took us there was just as impressive. I barely noticed a bump in three hours. My subsequent travels around the country confirmed that this was no fluke. Rwanda is a nation of remarkable roads.

This discovery struck me with particular force because of one of my other recent trips to Africa. In December I visited Mali, the West African country that nearly fell apart two years ago when Tuareg separatists in the north, aided by jihadi allies, decided to break away. The 250-mile drive from Mopti, in central Mali, to the northern city of Timbuktu took us nine bone-shattering hours (not counting stops).

It’s a roller-coaster dirt track that rarely permits speeds higher than 40 miles per hour. To avoid the worst we often swung off the “highway” onto barely visible trails through the bush that paralleled it. By the time we arrived in Timbuktu, I found myself sympathizing with the separatists: Why should northerners feel any loyalty to their compatriots in Bamako, the capital in the south, if the government can’t even be troubled to connect the two parts of the country with a proper road?

The comparison is compelling. Mali is a democracy that boasts free elections and a pluralistic press but is plagued by miserable governance and entrenched corruption that continue to hamper development. Rwanda is an autocracy that tolerates little dissent but has a remarkable record of delivering public services to its citizens (including infrastructure). Both countries have traumatic histories of poverty and ethnic division. But while Mali continues to struggle, Rwanda is on the move.

That good roads have a positive economic effect seems like a no-brainer. But my travels have made me inclined to think that we tend to underestimate the political effects of transport infrastructure. In Rwanda, decent roads stand for the official commitment to provide everyone with equal access to the fruits of development — concrete evidence, if you will, of the determination to overcome the ethnic divides that led the country into mass slaughter just two decades ago. Every part of the country is relatively close to a good road; no group is excluded. (Nor do you have to have a car to get around; members of Rwanda’s growing middle class can simply hop on one of the country’s ubiquitous minibuses.) Northern Malians can only dream of such conditions.

Roads don’t just enable the movements of goods; they also enable the flow of ideas. Christianity in its present form probably wouldn’t exist today if it weren’t for the extraordinary Roman road network that enabled the Apostle Paul to transmit his teachings across the empire. The establishment of the U.S. interstate highway system in the 1950s completed the work of national unification that started with the construction of transcontinental railroads in the 19th century (and pushed the country into the modern era of indistinguishable suburbia and big-box stores).

As such, roads are also crucial ingredients of state-building. Soon after toppling the Taliban in 2001, the U.S.-led coalition that occupied Afghanistan set out to rebuild Highway 1, the ring road linking Kabul with the country’s major urban centers (including Kandahar, the Taliban’s unofficial capital). The idea was to restore a sense of unity to a country that had virtually fallen apart during the long years of civil war. Taliban insurgents immediately vowed to sabotage the project for just the same reason. Today, the dismal story of Highway 1, which is falling apart after $4 billion of Western investment, offers a perfect microcosm of Afghanistan’s roller-coaster struggle to reinvent itself. Afghanistan isn’t unusual in this respect. Take a look at many failed states around the world and you’ll probably be struck by how many of them have bad (or no) roads.

Of course, there’s a big chicken-or-the-egg question here: A country’s governing class probably won’t be capable of building proper roads unless it’s fairly competent to begin with. That’s certainly the case with the ruling Rwandan Patriotic Front (RPF) of President Paul Kagame, an ascetic former guerilla leader whose obsessive-compulsive-disorder approach to rule has even prompted him to ban plastic bags.

The Tutsi-dominated RPF, whose members spent decades in exile in countries adjacent to their homeland, took power after the collapse of the Hutu Power government that implemented the mass slaughter of mostly Tutsi Rwandans in 1994, and the memory of that trauma gives an extraordinary urgency to the government’s efforts to shape a national identity that transcends old divides. (And building roads does play a part in that larger program. The authorities often send Rwandans to work on local roads as part of government-sponsored job creation schemes or compulsory “community service” programs.)

Despite what some of its defenders say, Rwanda is no democracy; it’s a tightly organized one-party state. (Incidentally, a company from Singapore, the one-party state that Kagame most often cites as his model, designed the urban plan for Rwanda’s capital, including its remarkable streets.) Even so, if you had to ask me whether Mali or Rwanda is more likely to achieve a prosperous, fully functioning democracy one day in the future, I’d probably have to pick the latter. Can you really have a democracy when one half of the country doesn’t feel like it is part of the rest? Can you have a democracy without citizens who are connected on the most elementary physical level?

The Internet and the increasing sophistication of virtual worlds may one day change this equation. But don’t hold your breath. For now, tarmac is the test.

– – –

Caryl, the editor of FP’s Democracy Lab, is a senior fellow at the Legatum Institute. He is the author of “Strange Rebels: 1979 and the Birth of the 21st Century.”

Copyright © 2014, Chicago Tribune

Banque mondiale : Cuba dispose du meilleur système éducatif d’Amérique latine et de la Caraïbe

“Ces résultats s’expliquent par la volonté politique des dirigeants cubains de mettre la jeunesse au centre du projet de société, en allouant les moyens nécessaires à l’acquisition de savoirs et de compétences”.

Voilà qui est clair : volonté politique des dirigeants.
Tout, absolument tout dépend de cette volonté politique. Ça veut que ceux sont des vrais leaders qui se soucient du bien être de leur concitoyens et de son amélioration.

Et nous qu’avons nous en Afrique ? Des prédateurs ! On vient au pouvoir chez nous plutôt pour la promotion personnelle. Le bien être des citoyens ? C’est moins prioritaire. C’est la triste réalité.

Mais il faut que nous soyons vraiment conscient que si le niveau de vie ne s’améliore pas nous aurions toujours des gens qui vont se rebeller. Il faut que nous comprenions que la pauvreté extrême peut pousser les individus à tous les extrêmes. Il suffit d’avoir des individus mal intentionnés pour mettre le feu à la poudre et voir les plus fragiles adhérer à leurs idées.

Je ne suis pas sûre que si le niveau de vie au Mali était à un certain niveau, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de personnes qui prennent les armes contre le pays. Il y aura des gens (les Ifoghas) qui continueront à guerroyer pour perpétuer leur mode d’existence mais il y aura moins de suiveurs.

De la même manière, dans le reste du pays les gens auraient eu un meilleur respect pour le politique parce qu’ils verront en lui celui qui cherche leur bonheur. Aujourd’hui c’est le contraire; le gens n’ont aucune confiance au politique. À cause de caractère prédateurs que les politiques traînent avec eux depuis Moussa Traoré en passant par ATT transition, Alpha, ATT consensus et maintenant Ibrim. Celui la qui a peut être encore 4 ans pour redresser la barre et retrouver la popularité que 78% des votants lui avaient reconnus aux dernières élections.

Au fond je pense qu’il manque du courage à nos dirigeants pour faire comme Cuba ou le Rwanda. Pourquoi ? Est ce parce que ce système de prédation les convient réellement ? Pourquoi ne sommes nous pas capables de réfléchir par nous mêmes ? Pourquoi être toujours derrière cette machine qui nous broie même jusqu’aux os ? Pourquoi avons nous si peur d’être nous mêmes ?

Je fais un constat qui ne peut pas être généralisé bien sûre. Mais voilà, à part les pays occidentaux membres de l’OTAN ou de l’autre alliance du pacifique ou des pays arabes pétrodollars, je crois que la plupart des pays qui ont pu améliorer et garder un certain niveau de vie de leurs citoyens (ou disons être libre du pont de vue de l’éducation et la formation des ressources humaines) ont passé par l’autoritarisme ou même la dictature.
Expemple :
– la Russie d’antan et ses pays satellites socialistes d’Europe (on peut épiloguer sur la qualité et l’adaptation mais on sait que dans certains domaines la compétence était bien là) ; de mon point de vue Staline le dictateur a fait la Russie plus que Lénine lui même.
– Cuba (le régime est connu pour être autoritaire)
– la Chine aussi. C’est vrai que les choses se sont améliorées bien après. Mais je crois le système à gardé son caractère autoritaire jusqu’à présent. Et ceux sont bien des leaders “communistes” qui décidé (volonté politique) de faire changer les choses.
– Libye : Kadafi était on ne peut plus autoritaire. Mais le niveau de vie de la population sous lui était meilleur que celui du Nigeria, du Gabon, du Congo qui produisent aussi du pétrole.

Il y a tellement de cas qui devraient nous enseigner que l’éducation et la formation des ressources humaines de qualité sont les clés de la réussite.
Et pourtant le Mali du temps de Modibo m’avait semblé être bien parti par rapport à la qualité de l’enseignement.

Cordialement
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Chouaibou