C’est moi la plus bête

Merci mon cher Alpha,
Tenez, je deviens l’arroseur arrosé, car il n’y pas d’accord dans “Je me suis toujours tapé (tapée) la poitrine…”. Règle grammaticale: me (féminin) est complément d’objet second dans ce de figure.
Sod


Le 30 janvier 2014 18:19, Diadie Alpha <alphahar@gmail.com> a écrit :

Bonjour Sod,

S’il s’agissait de mon ami Abdul Malick Diallo d’Ansongo, alors je vous absoudrais de la corvée de lait de chamelle dans cette dangereuse Teghargar et lui imposerais plutôt l’amende de devoir dire désormais à l’Assemblée les vérités des gens du terroir en sonrai, tamasheck et bambara (je crois qu’il ne parle pas peul bien que Diallo)… Merci pour la conversation.

Diadié Alpha


2014-01-30 Diarra Seydina Oumar :

Bonjour tous,

Pour donner raison à Dadié Alpha et à Sériba, le coup de gueule de mon aîné Abdoul Malick (dans la peau de la jeunen fille incriminée) est lui-même truffé de fautes d’accord ou de conjugaison, dont je me suis amusé à recenser au moins 10, mettant le reste des coquilles orthographiques sur le dos indocile du clavier fourché de l’ordinateur.

Sod, à l’amande d’aller chercher du lait de chameau jusque dans l’antre jihadiste de Tegargar.

C’est moi la plus bête.

Hier soir j’ai eu honte. Je ne savais pas que le mal était si profond. Je ne savais pas que c’était moi la plus bête.

J’ai eu honte à trois reprises, à trois niveaux, à trois échelons.

J’ai eu honte d’exposer autant ma bêtise, je ne me savais si peu instruite. Je ne savais même pas que Abdou Diouf n’était plus président du Sénégal depuis 2000.

Je ne savais pas que j’étais aussi bête. J’ai quand même montré que je sais danser même si je n’ai pas su aligner 3 phrases sans faire 10 fautes dans chacune d’entre elles.

J’ai eu honte d’exposer ma bêtise aux yeux de tous les téléspectateurs du continent et bien au-delà , puisque je passais sur la chaine du Continent.

J’ai eu honte de n’avoir pas eu honte de venir exposer ma bêtise comme ça à la télé. J’ai eu honte d’être si peu instruite, d’être si belle, pardon si bête que je ne me rendais pas compte que les membres du jury ne cherchait (cherchaient) qu’à me ridiculiser davantage.

J’ai eu honte de n’avoir même pas constaté à quelle (quel) point je mettais la honte, sur moi-même, sur ma famille, mes enseignants.

Mais est ce que eux-mêmes ont eu honte, ma famille d’abord.

Elle ne savait pas même pas que je n’avais pas ce niveau, elle n’a rien fait, est ce qu’elle a même cherché à savoir ce que les professeurs m’ont enseigné. Mes parents ont payé mon école et se sont limités à ça. De temps en temps, ma mère venait pleurer à l’école pour que je puisse (pusse) passer en classe supérieure puisque je ne voulais pas que mes copines passent (passassent) et pas moi. (Concordance des temps, certes pour les puristes de la langue de Molière).

C’est moi la plus belle, pardon la plus bête.

J’ai eu honte de mettre la honte sur mes enseignants, ceux qui profitaient de ma beauté, pardon de ma bêtise pour me faire passer en classe supérieure sachant que je n’avais pas le niveau. Mais comme c’est moi la plus belle, pardon, la plus bête. Je me suis toujours tapé (tapée) la poitrine en privé que je passais régulièrement et normalement de classe en classe. Mais comme Dieu ne dors (dort) pas. J’ai eu honte et j’ai foutu la honte à toute ma famille et à mes enseignants qui m’ont aidé (aidée) du mieux qu’il pouvaient vers cette honte. Je suis sûr (sûre) qu’eux-mêmes rigolaient de moi ou avec moi c’est selon.

Mais ont’ils sentis (senti) qu’au-delà de ma propre personne, ce sont nos faiblesses et nos carences que j’ai étalés (étalées) sur la chaine du continent. Sur le continent. Et au-delà du continent, partout où la chaine Africable est disponible.

Hier soir, en regardant à nouveau mon passage, je n’ai pas ri une seconde. Une seule, j’ai zappé avant la fin car plutôt que d’etre fière de passer à la télé, je me suis rendu de la « publicité » que j’ai faite à mon pays. Suis-je si nulle ? Suis-je si idiote ? Combien sommes-nous comme ça ? Garcons et filles ?
J’ai eu mal de faire de mon pays la « risée » du continent. Sur Africable, la chaine du continent.


Le 30 janvier 2014 17:16, Diadie Alpha a écrit :

Bonjour tous,

Il y a une différence entre les cancres d’un système qui émane bien sa société et les cancres d’un système imposé à sa société. Les rébus font l’exception dans le premier cas mais constituent la règle dans le second cas. Cela étant dit, l’élitisme du système scolaire français a bien sa part dans la production de cancres (chez eux et chez nous), une rapide comparaison avec les systèmes scolaires américain et ex-soviétique pourrait édifier. Ce qui est franchement désolant, c’est le système parfaitement inadapté, en fait un système de domination et d’occupation tel qu’on le trouve chez nous dans les postcolonies. Je suis d’accord avec les vues du premier intervenant qui s’offusque du délaissement de nos langues nationales au profit du français (ou de l’anglais) avec les résultats désastreux que l’on sait. Ou plutôt qu’on voit et entend dans la vidéo de Africable, que je n’ai pas pu finir d’écouter… C’est un spectacle horrible que je venais de voir intensément lors d’un déplacement récent en Afrique et en France. Tout à fait aussi d’accord avec sa distinction délicate que nos langues nationales sont une meilleure voie pour l’acquisition des connaissances à nos enfants, par contraste à savoir parler français. Mais il y a du travail préalable à faire, malheureusement que la plupart de nos États n’ont pas commencé. Nous disons bien chez nous que n’est pas quand on voit le gibier passer qu’on doit songer à dresser un chien… Tout à fait d’accord avec l’indignation des autres intervenants sur le désastre de notre dressage en français. Bien d’accord avec Ndack que les téléréalités africaines sont mieux comprises en langues nationales et ainsi mises à niveau des autres… Mais il y a aussi d’autres impositions que la langue étrangère dans ce Saramaya. Il y a l’imposition des modèles esthétiques des corps chétifs et dévoilés en dessous d’esprits dévidés… Ainsi se nourrit cette bourgeoisie que nous voyons autour de nous et qui est très encline à nous faire la leçon. Vivement que Africable revienne avec une émission célébrant de vigoureuses jeunes paysannes africaines disant leurs réparties dans le plus pur style peul, bambara, bobo ou wollof pour la plus grande joie des jeunes travailleurs. Elle donnera peut-être à réfléchir aux élites ayant pris leurs sociétés en otage et sera peut-être un dérivatif à leur torpeur improductive.

Diadié Alpha


2014-01-30 Ndack KANE :

Je ne les trouve pas différents des autres jeunes. C’est juste qu’il faudrait faire l’émission en bambara.

Au Sénégal, les téléréalités et autres shows se font en wolof.

Exemple de The Choice: http://senego.net/2013/11/16/video-3-pretendants-conquerir-coeur-dune-femme-regardez-premier-numero-tele-realite-the-choice_131231.html

Ci-dessous, un article sur les shows au Sénégal.

Ndack

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http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120710175646/

SÉNÉGAL
Téléréalité : les Sénégalais en redemandent !
téléréalité(21) – RTS(9) – 2STV(5) – télévision sénégalaise(3)
10/07/2012 à 12:27 Par Aurélie Fontaine, à Dakar
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Succès d’audience, l’émission Un mois un toit est reconduite sur 2STV.Succès d’audience, l’émission Un mois un toit est reconduite sur 2STV. © Massamba Dial/Facebook

“Khar bii”, “Big star”, “Un mois un toit”, “Elles sont toutes belles”, “Le Rêve”, “Une autre vie”… La téléréalité est désormais omniprésente dans le paysage audiovisuel sénégalais. Des émissions qui trouvent leur public à tous les coups mais qui restent encore difficiles à produire.

L’émission Un mois un toit, concept tiré d’Extreme makeover, aux États-Unis, et des Maçons du coeur en France, aurait dû être diffusée début décembre. Mais c’est finalement en mai que les téléspectateurs de la 2STV ont pu assister à la destruction puis à la reconstruction de la maison d’une famille pauvre d’un quartier populaire de Dakar. L’audience était au rendez-vous, la prochaine émission doit donc être lancée à la mi-juillet.

Difficultés techniques, problèmes d’agenda, pénurie de sponsors… Comment expliquer de tels délais de production ? « Il n’est pas facile de trouver des annonceurs au Sénégal, même si le concept est connu à l’étranger », explique Massamba Dial, producteur d’Un mois un toit. Surtout que chaque épisode, qui coûte 15 millions de FCFA, est financé pour moitié par une agence d’événementiel, et pour l’autre moitié par les sponsors, via l’apport de matériaux pour la construction de la nouvelle habitation. Quant à la production, elle est gérée par la 2STV, chaîne privée tournée vers le divertissement, « sans qu’il y ait d’échange d’argent », assure Massamba Dial.

Autre façon de procéder pour Khar bii, le programme qui procède à l’élection du plus beau mouton du Sénégal. « C’est moi qui paye la 2STV, à hauteur de 10% de ce que l’émission nous rapporte. Le système marche à l’envers de ce qui ce fait normalement ailleurs », explique Marianne Bathily, productrice de l’émission.

Records d’audience

Le programme bat néanmoins des records d’audience. Cette année, Khar Bii a rapporté 10 millions de F CFA alors qu’il est produit sur un budget de 100 millions de FCFA, entièrement financé par les sponsors. Il y a trois ans, lors du lancement, Marianne Bathily n’avait réussi à soulever que 22 millions de F CFA, les annonceurs étant encore trop frileux.

« Aujourd’hui, la cadence s’est accélérée avec l’émergence des chaînes privées qui veulent faire de l’audience à tout prix et bousculer la RTS (chaîne publique, NDLR) qui a la mainmise sur le marché de la publicité », indique Ibrahima Sarr, directeur du Cesti (Centre d’études des sciences et techniques de l’information), à Dakar. C’est le cas de Sen TV, une toute nouvelle chaîne, qui en fait son fond de commerce. Avec un crédo : « la proximité, toucher ce qui intéresse directement la population », souligne Jupiter Diagne, réalisateur des émissions de téléréalité sur Sen TV.

La chaîne diffuse par exemple Beneen Life (« Une autre vie », en langue wolof), copié du show américain The Simple Life, où Paris Hilton va de ville en campagne, habiter avec des familles de la classe moyenne. Là, c’est une mannequin dakaroise qui se retrouve dans un village de brousse. Après avoir refusé de manger avec la main, on voit la belle, sans maquillage, aller vomir le riz qu’on a préparé pour elle.

Lente percée

« Les sponsors sont au départ un peu frileux mais on les fait assister aux tournages, on leur montre des émissions zéro pour qu’ils soient mis en confiance », indique Jupiter Diagne, qui préfère ne pas préciser le coût de ses émissions.

Malgré ces succès, les concepts de téléréalité s’entassent dans les boîtes des sociétés de production, dans l’attente de plans de financements solides. « Cela marche ailleurs alors pourquoi pas en Afrique ? », s’enthousiasme Rokhaya Kébé, directrice adjointe d’Africa 7. C’est sur cette nouvelle chaîne qu’a été lancée début décembre, Big Star, télé-crochet inspiré de la Nouvelle Star, sur M6. Et la chaîne a mis les moyens. « Il faut compter au moins 200 millions de F CFA si l’on veut faire les choses avec un minimum de professionnalisme », précise Rokhaya.

Reste le côté socio-culturel à prendre en compte pour expliquer la lente percée de la téléréalité, et notamment la pudeur si prégnante dans la vie publique au Sénégal. De fait, pour Ibrahima Sarr, certains formats ne sont carrément pas adaptés à la société sénégalaise et ses valeurs, et cite l’exemple d’Un mois un toit. « Depuis quand les Sénégalais acceptent-ils d’étaler leur pauvreté devant les caméras ? » s’interroge-t-il. À quoi on pourrait répondre : que ne ferait-on pas pour bénéficier d’un toit digne de ce nom?
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Aurélie Fontaine, à Dakar


Date: Thu, 30 Jan 2014 08:10:09 -0500
From: amadou@amadouwane.com
To: malilink@malilink.net
Subject: Re: [malilink] C’est moi la plus bête
Tout le monde doit regarder cette video pour vraiment se rendre compte dans quel pétrin le Mali est. La jeunesse malienne a été sacrifiee dans l’autel du pouvoir et de la politique. Shame, shame, shame….

This is only the tip of the iceberg. C’est vraiment honteux! Et personne ne veut prendre la responsabilite.

http://maliactu.net/africable-case-saramaya-4-la-telerealite-ne-doit-pas-donner-lieu-a-des-humiliations/

Amadou O. Wane
Information Technology
Database Architect & Unix Administrator
Tampa, FL
amadou@amadouwane.com
(813) 343-0438
“quis custodiet ipsos custodes?”


On 1/30/14 3:55 AM, Oumar Abibou Maiga wrote:

C’est moi la plus bête.
Hier soir j’ai eu honte. Je ne savais pas que le mal était si profond. Je ne savais pas que c’était moi la plus bête.
J’ai eu honte à trois reprises, à trois niveaux, à trois échelons.
J’ai eu honte d’exposer autant ma bêtise, je ne me savais si peu instruite. Je ne savais même pas que Abdou Diouf n’était plus président du Sénégal depuis 2000.
Je ne savais pas que j’étais aussi bête. J’ai quand même montré que je sais danser même si je n’ai pas su aligner 3 phrases sans faire 10 fautes dans chacune d’entre elles.
J’ai eu honte d’exposer ma bêtise aux yeux de tous les téléspectateurs du continent et bien au-delà , puisque je passais sur la chaine du Continent.
J’ai eu honte de n’avoir pas eu honte de venir exposer ma bêtise comme ça à la télé. J’ai eu honte d’être si peu instruite, d’être si belle, pardon si bête que je ne me rendais pas compte que les membres du jury ne cherchait qu’à me ridiculiser davantage.
J’ai eu honte de n’avoir même pas constaté à quelle point je mettais la honte, sur moi-même, sur ma famille, mes enseignants.
Mais est ce que eux-mêmes ont eu honte, ma famille d’abord.
Elle ne savait pas même pas que je n’avais pas ce niveau, elle n’a rien fait, est ce qu’elle a même cherché à savoir ce que les professeurs m’ont enseigné. Mes parents ont payé mon école et se sont limités à ça. De temps en temps, ma mère venait pleurer à l’école pour que je puisse passer en classe supérieure puisque je ne voulais pas que mes copines passent et pas moi.
C’est moi la plus belle, pardon la plus bête.
J’ai eu honte de mettre la honte sur mes enseignants, ceux qui profitaient de ma beauté, pardon de ma bêtise pour me faire passer en classe supérieure sachant que je n’avais pas le niveau. Mais comme c’est moi la plus belle, pardon, la plus bête. Je me suis toujours tapé la poitrine en privé que je passais régulièrement et normalement de classe en classe. Mais comme Dieu ne dors pas. J’ai eu honte et j’ai foutu la honte à toute ma famille et à mes enseignants qui m’ont aidé du mieux qu’il pouvaient vers cette honte. Je suis sûr qu’eux-mêmes rigolaient de moi ou avec moi c’est selon.
Mais ont’ils sentis qu’au-delà de ma propre personne, ce sont nos faiblesses et nos carences que j’ai étalés sur la chaine du continent. Sur le continent. Et au-delà du continent, partout où la chaine Africable est disponible.
Hier soir, en regardant à nouveau mon passage, je n’ai pas ri une seconde. Une seule, j’ai zappé avant la fin car plutôt que d’être fière de passer à la télé, je me suis rendu de la « publicité » que j’ai faite à mon pays. Suis-je si nulle ? Suis-je si idiote ? Combien sommes-nous comme ça ? Garcons et filles ?
J’ai eu mal de faire de mon pays la « risée » du continent. Sur Africable, la chaine du continent.
Abdoul Malick DIALLO
+ 223 76 29 96 36
Directeur Ch@rgé des NT!C 2014
JCI MALI