Le MLNA se tourne vers le Maroc / Mes craintes et idées pêle mêle

Merci de votre généreuse analyse. J’en prends juste un bout. Chez les peuls et sonrais et sans doute chez d’autres, un proverbe dit que le respect des limites du champ (pâturages) d’un homme tient à sa réputation. De même, de toutes les acrobaties et positionnements diplomatiques que le Mali pourrait adopter pour se sécuriser, son comportement dans sa gouvernance et dans sa gestion publique sera le plus sûr gage de ses amitiés solides aussi bien auprès de ses populations qu’auprès de ses voisins. Nous avons commencé à sacrifier notre sécurité le jour où nous laissions piller les deniers publics au mépris de la vie des nôtres. Une chance inouïe nous était venue d’être aidés à chasser les criminels et bandits jihadistes et Mnla. Espérons que nous parachevions de faire déguerpir les uns et les autres. Une chance encore plus inouïe nous est désormais offerte de nous ressaisir et de démontrer que nous représentons une proposition sérieuse. Espérons que notre parole puisse refléter notre passé lointain et qu’elle puisse garantir des accords d’amitié voire militaires.

Diadié Alpha


Bonsoir Karim et chers tous,

Vous trouverez ci-dessous des zig zag (une causerie) d’un autre apprenti (moi même) géo politicien malgré lui.
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Lorsque la demande de médiation par l’Algerie a été annoncée, je crois que dans l’esprit de nous tous, il était à peu clair que cela va provoquer une réaction possible du Maroc.

Le Maroc n’a jamais cessé de rechercher l’appui du Mali dans l’affaire du Sahara (occidental pour les uns, marocain pour le Maroc).

Si ma mémoire est bonne depuis la fameuse commission ad hoc à laquelle le Mali a participé sous Moussa Traoré, le Mali qui a accepté à l’époque la représentation du Polissario à l’OUA (donc en faveur de l’Algérie) n’a jamais plus évolué sa position.

Or les combattants et les têtes pensent es du Polissario comme tout le monde le sait sont jusqu’à présent soutenu par l’Algérie contre le Maroc.
On le sait aussi, les ressortissants sahraouis ont participé aux attaques contre le Mali. Ils ont été membres des groupes islamistes et ont aidé le MNLA. Nue pense que nous serions naïfs si nous continuons à croire que les différents groupes qui ont agressé le Mali ne pouvaient pas être utilisés par les services secrets des états. Et donc l’Algérie et le Maroc aussi. Une partie des responsables du MUJAO avait été pressenti comme proche du Maroc. Il n’est pas exclu que puisque l’Algérie entretien des rapports avec Ansar et AQMI, le Maroc qui est intéressé aussi par la situation cherche ses hommes : l’alliance avec le MNLA est une bonne occasion surtout que le Mali lui même avait dit que ce groupe est le seul avec lequel il était possible de “négocier”. Donc quelque une situation meilleure pour le Maroc que celle de l’Algérie qui soutiendrait son poulain de toujours Iyad et son Ansar Dine ; mouvement qui est considéré terroriste ou Iyad.
Pour moi, il y a donc une forte chance que le Maroc se repositionne et se mette vraiment en cèle pour la médiation.

Attention donc à cette situation qui n’est pas au final en faveur du Mali. Ansar soutenu par l’Algérie et MNLA par le Maroc, les deux peuvent se coaliser pour re-agresser le Mali.
Cela vient d’être dit: il n’avait que Blaise comme chef d’état qui avait reçu les membres du MNLA. Le Roi du Maroc vient de passer donc son message au Mali.

Il y a autre chose : le Maroc jouit d’une certaine sympathie dans tout le nord, peut être celle des “sujets d’un moment de l’histoire” et de beaucoup de descendants marocains mais maliens envers le “souverain” d’alors. S’il y a un choix à faire entre une médiation de l’Algérie ou celle du Maroc, il est possible que la balance pèse du côté du Maroc. Ce risque de sympathie peut être d’autant plus grand que beaucoup de malien y compris du nord sont convaincus que les accords de la honte que le Mali avaient signé dans le temps n’auraient pas été possible si l’Algérie n’avait pas été pour quelque chose. Elle peut aussi se renforcer parce que tout le monde sait que AQMI est une création qui n’est pas malienne mais plutôt algérienne. Elle n’est pas marocaine non plus.

En voulant donc nous rapprocher de notre voisin du nord pour qu’il serve de médiateur dans notre affaire, nous avons pris le risque de créer un autre problème. Celui de compter avec le Maroc qui n’a pas de frontière avec nous mais qui est omniprésent au Mali.

Je pense aussi que le MNLA est en train de prendre désormais son problème par le bon bout. Il me semble qu’ils sont en train de privilégier l’action diplomatique au lieu de celui des armes surtout qu’ils se rendent compte que le Mali a gagné largement sur ce terrain; témoin les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Il est à craindre que d’autres pays finalement pensent que le MNLA est finalement crédible et accepte de les recevoir. Peut être d’ailleurs certains pays proches du Maroc ; peut être certains de nos voisins qui sont toujours prêts à nous placer le couteau dans le dos chaque fois que le Mali se retrouvera en position de faiblesse. Ils n’attendront que le moment judicieux pour eux.

Si le MNLA réussit son pari cela pourrait renforcer l’internationalisation de la résolution de notre affaire que le Mali veut lui réduire à une affaire interne purement malienno-malienne.

Comment faire ? Difficile oui.

Je propose de faire comme le Maroc qui n’a jamais accepté l’indépendance du Sahara espagnol réclamant cette partie comme étant une partie intégrante du Maroc.

Faire comme l’Algérie qui n’a jamais accepté d’autonomie pour les kabyles mais qui le joue un jeu mortel pour nous lorsqu’il s’agit du Mali.

Faire comme la Mauritanie qui a maté les FLAM qui s’étaient avisés de vouloir eux aussi “s’émanciper” au sud du pays. Jamais l’état n’a accepté la plus petite idée de rébellion.

C’est facile à dire et plus difficile à faire me dira t on ?
Mais je dis que rien n’est facile en la matière. Il faut se donner les moyens de la défense de son propre territoire.
Se donner les moyens c’est s’armer et réorganiser son armée.

S’armer pour ce que nous avons les capacités de faire. Signer des accords pour les choses que nous ne sommes pas capables de faire. Oui, signer des accords. Par exemple pour le renseignement, partiellement pour ce qui est combats aériens.
Il faut pouvoir mater toute menace intérieure ou extérieure pour en dissuader d’autres futures et faire comprendre aux autres états qui penseraient que le Mali est tellement faible qu’on peut y faire ce qu’on veut, y compris un terrain de règlement de leurs problèmes pour peut être éviter de le faire à leurs frontières communes. Suivez mon regard.

Il faut refaire les mandats d’arrêts internationaux contre les individus qui ont été élargis et commencer à juger les individus accusés. Je ne comprend pas une communauté internationale qui insiste pour que Sanogo et les siens soient arrêtés et jugés et d’un autre côté accable le Mali pour ne pas juger des personnes contre lesquelles des mandats sont lancés et demande de “négocier” avec. La communauté internationale se résume à la France en fait et en toute réalité : souvenons nous de cette réaction de IBK à qui le ministre des affaires étrangères français demande de “négocier” avec les irrédentistes presque dans les conditions d’occupation et de refus de cantonnement et de désarmement des ennemis du Mali. Ceux là même qui ont fini par avouer que la France (celle de Sarkozi et d’Alain Juppé) leur avait promis d’avoir un état à eux au nord du Mali. La France n’a pas daigné (même à travers ses moyens de communication qui avaient été utilisés comme moyen de propagande par le MNLA) démentir cette affirmation grave du “chargé des relations extérieures du MNLA et du CTEA”. Toute chose qui fait peur.

Sur d’autres réseaux nous apprenons que la France va implanter une base au Niger tout à côté du Mali et de la zone du nord du Mali. Elle va signer un accord de défense avec le Niger.

Il y en a déjà au Tchad. Il y a un accord avec la Mauritanie. Je présume que là où elle s’implanterait les autres pays (Algérie surtout) réfléchiront mille fois avant de tenter de pousser ses hommes de main dans ces zones de crainte de se voir tôt ou tard une coalition occidentale décider de faire ce qui a été fait ailleurs. L’Algérie qui se trouvera ainsi un peu encerclé (en quelque sorte) dans sa partie Sud par la France et ses alliés américains qui ne seront certainement pas loin.

Le citoyen ordinaire que je suis donc choisirait plutôt d’assurer d’abord sa sécurité. Or je pense que cet accord franco-malien va le renforcer. Ou bien nous affaiblir (relativement) si nous ne signons pas alors que tout autour de nous (sauf l’Algérie) on signe.

Il faut peut être prendre le temps de négocier à fond avec la France un accord avantageux pour les deux parties ; qui engage la France à ne pas manœuvrer contre le Mali pour aller vers son fameux état saharien qui devient visiblement possible avec ces bases que la France implante dans presque tous les pays sahéliens ex colonies françaises.

Limiter l’accord dans le temps ! Quand on y pense, il faut aussi dire que pendant ce “temps” le Mali doit s’employer à être capable de se défendre tout seul ou si nécessaire pas avoir besoin d’une demande de l’acuité similaire à celle que nous avons connu en 2013.

Sinon, limiter se résumera à ce que la France travaille pour sauvegarder ses intérêts au Mali : on s’est qu’elle en est capable. Je pars de l’idée qu’il est légitime que chaque état s’occupe et défendent ses intérêts. Où qu’ils se trouvent.

Faire comprendre à la France que “négocier” avec un groupe sécessionniste constitution un gros risque pour le coopération (qu’elle recherche avec le Mali). Que continuer à le demander signifie pour les maliens que la France a peut être un agenda caché pour le nord du Mali.

Et donc puisque nous voulons une coopération sincère (bon ! bon!) avec elle, il faut aider le Mali à ramener la paix à l’intérieur et construire cette relative confiance entre les communautés qui a foutu le camp depuis que des puissances extérieures dont la France ont entrepris d’aider des groupes criminels contre lui.

A l’interne ceci ne peux pas se passer sans rendre justice à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin. Ce sera d’ailleurs le meilleur moyen pour dissuader tous ces bandits de vouloir commettre d’autres exactions; et de finir avec l’impunité que le Mali cherche à combattre de toutes ses forces (j’espère que ce sera le cas).

Aider le Mali en le laissant tout seul décider de la meilleure manière de réorganisation de son territoire en disant clairement aux MNLA que le temps des amalgames est terminé. Cela devrait être facile pour la France puisqu’elle sait mieux que quiconque de l’extérieur que la position du MNLA n’est partagée que par une infime minorité d’individus au nord même du Mali. Il y a une écrasante majorité qui ne la partage pas dans le nord du pays, partie convoitée par le MNLA et ses acolytes (je le pense). Ce groupuscule ne jouit de la légitimité qu’il prétend détenir. Personne ne l’ayant mandaté pour parler à son nom, même pas “tous les touaregs” au nom desquels ils avaient commencé à parler avant de se raviser que c’était une très mauvaise approche et de soutenir par après que c’est au nom de toutes les communautés du nord. Justement les communautés Kel Tamasheks et les communautés peuls, sonrais, bambara, digons, bozos, maures qui ont compris le caractère sectaire et racisme de la revendication des MNLA, se sont exprimées. Elles sont contre.

Vouloir continuer à imposer donc les vues de ce groupuscule à tout un peuple est une perte de temps et constituerait un grave risque de des amour de ses hommes et femmes, majoritaires, qui ont souffert des affres du MNLA. Et là il est bon que la France cesse de continuer à nier que le MNLA est le problème si la coopération demandée est sincère.

Voilà ce que je souhaite pour mon pays. Un rêve quoi !

Cordialement
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Chouaibou


Le 31 janv. 2014 à 17:38, “A. Karim Sylla”  a écrit :

> On peut voir une photo de Bilal Ag Cherif priant aux côtés du roi Mohamed 6.
> http://www.yabiladi.com/articles/details/22903/marrakech-amazighs-maliens-presents-priere.html
> A part le Burkina Faso (qui était en charge de négocier) aucun chef d’état n’a reçu le MNLA – ceci est certainement une première. Est-ce une façon pour le roi de manifester son mécontentement envers Bamako?
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> Marrakech : Des Amazighs maliens présents à la prière du vendredi aux côtés du roi Mohammed VI
> 31 Janvier 2014 | Yabiladi | Mohammed Jaabouk
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> Des mouvements touaregs au Mali souhaitent une intervention du royaume dans le conflit qui les oppose au pouvoir du président Ibrahim Keita. Une nouvelle opportunité s’offre au Maroc pour consolider sa position dans ce pays. Sachant que sur ce dossier, l’Algérie vient de marquer quelques succès.
>
> Les Amazighs du Mali, présents à la prière de ce vendredi, à la mosquée d’Al Koutoubia de Marrakech, étaient assis, au premier rang. A droite du roi Mohammed VI, se trouvait Bilal Ag Cherif, le secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), alors que Moussa Ag Attaher, le porte-parole du mouvement était coincé entre Salaheddine Mezouar, le ministre des Affaires étrangère, et Mohamed Yassine Mansouri, le patron de la DGED.
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> Comme sur le dossier mauritanien, les renseignements extérieurs du Maroc sont très actifs au Mali. Pour mémoire, à l’occasion de la visite royale à Bamako, Mansouri faisait partie de la délégation qui accompagnait le monarque.
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> MNLA refuse une médiation de l’Algérie
> Les Touaregs du Mali ont grandement besoin du soutien du Maroc. Ils craignent qu’un retour de l’Algérie sur la scène malienne soit préjudiciable à leurs intérêts. Le MNLA, au même titre que le Mouvement arabe d’Azawad et quelques membres du Conseil supérieur de l’unité d’Azawad, refusent qu’Alger soit le nouveau siège de la médiation entre les factions maliennes et le pouvoir du président Ibrahim Keita, en lieu et place de la capitale du Burkina Faso.
>
> Ouagadougou avait accueilli, en juin dernier, la signature d’un accord de paix entre Bamako et les différentes factions armées de l’Azawad. Par ailleurs, l’Algérie est convaincue que le président burkinabais Blaise Kampaoré, au passage un grand ami du Maroc, est un fervent défenseur des positions défendues par le MNLA.
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> Le Maroc comme médiateur ?
> Dans ce contexte, le Maroc se voit donc, offrir une opportunité de renforcer davantage son influence au Mali aussi bien avec le pouvoir du président Keita qu’avec les groupes qui contrôle le nord du pays. Sachant que l’Algérie vient d’enregistrer quelques succès dans ce pays. Fin décembre, elle a réussi à convaincre les Touaregs de conclure une trêve avec Bamako.
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> Sur un terrain aussi miné que le Mali, la partie marocaine saura-t-elle concilier les exigences de sa relation stratégique avec Bamako et sa nouvelle proximité avec les différents mouvements de l’Azawad ? Sachant que les revendications autonomistes des Amazighs sont catégoriquement rejetées par l’autorité centrale.
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> A. Karim Sylla
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