Afrique, la mère de tous

Souleymane,

En prenant du recul, en ayant vu les querelles internes
pour le pouvoir en Côte d’Ivoire, Centrafrique, Sud-Soudan,
etc. sans oublier le Mali où même quand le pays était
complètement à dire on s’entre-déchirait entre Maliens pour
des postes… je me demande si cette histoire d’indépendance
n’est pas qu’un enfumage ?
Pour les Africains, vraiment, l’ennemi c’est qui ? C’est
toujours le voisin ! On va dire Ah c’est les Blancs qui nous
divisent. C’est faux. Nous avons toujours été divisés. Les
autres en profitent c’est tout.
La discussion sur la page FB de Thioub continue. Ici, un
post du Prof Lat Soucabé Mbow:
« La
defaite de l’Afrique, sanctionnee par la
colonisation quasi totale du continent, est dans une large
mesure attribuable
non seulement au retard technologique mais aussi a
l’absence de pensee
geopolitique. A l’exception notable d’Ibn Khaldoun au
Moyen age qui etait du
reste plus arabe qu’africain, aucun autre esprit ne s’est
interesse’ de facon
significative a la connaissance de l’environnement
politique au-dela des
frontieres de son pays (terroir, royaume, empire) pour
l’analyser et le
comprendre en termes prospectifs ou meme d’enjeux du
moment, de rivalite et de
rapports de force avec d’autres parties du monde. De ce
point de vue, la
critique de M. Elimaan Mbeng sur les modes de raisonnement
et de transmission
des savoirs est tout a fait fondee. C’est le point de
cristallisation de
l’esprit de clocher et du manque de vision ayant
caracterise’ la direction des
anciennes monarchies au point de les empecher de se rendre
compte que la
veritable menace pour leur securite et leur avenir
residait moins dans les
rivalites internes de pouvoir que dans la meconnaissance
des enjeux crees par
l’apparition, des le XIII-XIVe siecle, sur la scene
africaine de ces nouveaux
acteurs venus par les galions et les caravelles leur
proposer des colifichets
contre des produits exotiques ou des esclaves. L’esprit de
clocher et la faible
perception des enjeux majeurs pour le continent ont
explique’ que les premieres
elites aient cautionne’ la balkanisation qui etait la
derniere trouvaille des
puissances coloniales devant leur permettre, apres la
liquidation des systemes
coloniaux, de perpetuer la domination de leurs anciennes
possessions
africaines. Quand bien meme certaines de ces elites, tels
Gamal Abdel Nasser,
Leopold Sedar Senghor, Cheikh Anta Diop, Kwame’ Nkrumah,
avaient percu et
pense’ que seules l’unite et la cooperation etaient la
voie pour faire de
l’Afrique un acteur credible des relations
internationales. Les dirigeants
d’aujourd’hui n’ont plus l’excuse des Lat Dior, Samory et
Behanzin. Ils
disposent de par l’education et la plethore de leurs
conseillers de cabinet, de
l’expertise necessaire pour gouverner dans le sens des
interets nationaux. ils
sont informes de ce qui se decide au sein de la communaute
internationale dont
leurs Etats sont parties prenantes pour etre qualifies a
assumer pleinement les
responsabilites qu’ils tiennent de leurs pouvoirs
souverains. »
Ndack