De la Collaboration à la Confrontation ?

22 MARS
2012, 22 MARS 2014 :
 IBK, L’EX CNRDRE : DE LA COLLABORATION A LA CONFRONTATION ?
Le coup d’Etat du 22 mars 2012, planifié et organisé par un groupe politico-militaire a été anticipé suite au changement de calendrier de l’ex Ministre de la Défense d’alors le Général Sadio Gassama.
Ce jour les institutions de la République furent renversées suite à une mutinerie survenue dans la garnison de Kati par le Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat(CNRDRE), dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo. Cela suite à la crise multidimensionnelle née dans notre pays le 12 janvier 2012.
 La suite, nous la connaissons je laisse le soin aux partisans de tous les bords d’en juger selon leurs sensibilités et les intérêts en jeu.
Ce qui importe aujourd’hui c’est la situation actuelle de notre pays qui se trouve à la croisée des chemins. Et si nous ne faisons pas attention il risque de replonger dangereusement, car tous les ingrédients d’une explosion sont en train d’être réunis par le pouvoir actuel.
J’ai applaudi des deux mains les poursuites lancées par la justice malienne contre les présumés auteurs de crimes et délits, leurs complices actifs et passifs de tous les bords. En saluant au passage ce que j’ai appelé le devoir d’ingratitude du Président de la République. Car au bout du compte c’est le Mali qui gagne en sortant définitivement du cycle infernal de l’impunité et de l’injustice qui  est une mère qui enfante des enfants dignes d’elle.
Avant j’avais dit dans un article précédent que le dossier du 30 Avril 2012, est une boîte de pandore qui ouvre la porte à toutes les dérives possibles. Ce procès sera le procès de la classe politique et de l’Armée et ne fera qu’exacerber les divisions et les haines dans notre société.
Aujourd’hui la question que nous nous posons : est-ce le procès du 30 avril ou celui du coup d’Etat du 22 mars 2012 ? Ou bien le Président de la République veut toujours démontrer à la communauté internationale qu’il n’est pas un putschiste ?
Au rythme où vont les choses nous sommes tentés de dire que c’est le procès du coup d’Etat qui est instruit car nous assistons à une justice à double vitesse et vengeresse où les interpellations se font dans la presse d’abord, où le gouvernement se donne un malin plaisir à savourer sa prise du jour à travers des communiqués laconiques. Où de temps à autre le Président même pour se convaincre qu’il est le seul capitaine à bord du bateau Mali tombe dans l’arrogance et la bassesse la plus totale ! Or au-delà de son populisme qui lui donne l’illusion du pouvoir c’est l’Ambassadeur de France au Mali qui dirige le pays actuellement !
Sinon Dieu sait, que même si IBK, n’est pas un putschiste,  il est l’un de ces premiers bénéficiaires. Car les putschistes l’ont respecté et l’ont fait respecter, ils l’ont consulté, informé, aidé sur tous les plans. En un mot ils ont collaboré avec lui au sens propre comme au figuré du terme pour le faire élire à 77% des suffrages. Pour preuve  45% de l’électorat  d’IBK vient du fief de l’ex CNRDRE.
  Aujourd’hui il dit que c’est Dieu qui lui a donné le pouvoir, c’est vrai, mais il ne doit pas oublier aussi que c’est le CNRDRE qui a donné son nom à Dieu ! Sinon où était Dieu en 2002 et 2007 ? Comme lui-même aime le dire il est temps qu’il sache raison garder, il n’a rien à gagner dans une confrontation stérile qui ne sert ni sa cause ni celle du Mali, au nom d’une justification faisant des auteurs du coup d’Etat du 22 mars 2012 des indésirables !
Le Mali  a élu un Président pas un monarque  pour résoudre sa crise multidimensionnelle, vu l’ampleur et la faillite des dégâts  les maliens ont cru en votre qualité de leadership mais en six petit mois ils commencent à déchanter, car l’espoir s’envole laissant place au désespoir et à l’incertitude.
Même la communauté internationale est arrivée à la conclusion en si peu de temps qu’IBK n’est pas l’homme de la situation, à cause du fait qu’il joue sur tous les tableaux et brouille toutes les pistes. Aucune vision, aucun programme cohérent pour faire face à la situation depuis son élection c’est le statu quo, même pire car la situation se dégrade partout dans le pays.
Kidal n’est pas encore malien et au rythme où vont les choses ne le sera pas de sitôt. Même le reste du nord dit libéré n’est pas encore totalement malien car à part les grandes villes aucune trace ni de l’Armée, ni de l’Administration dans les autres localités.
Le président s’est coupé du monde s’enfermant dans une bulle d’illusion mystique où son pouvoir trempé dans l’acier serait un don de Dieu et indéboulonnable. Quelle insolence ! Pourquoi les hommes ne tirent –ils pas les leçons du passé ?
Aucun pouvoir n’est éternel, la longévité d’un pouvoir dépend de sa capacité  à apporter des réponses adéquates aux inputs et outputs.
Tout le monde sait que le pouvoir est un processus relatif, il se cherche, se conserve et se perd ! Et qu’il dort dans toute chose le germe de sa dégénérescence, celui d’IBK a déjà commencé avec son népotisme à outrance.
Depuis son élection tous ceux qui sont appelés sont de la famille, ce sont les anciens dignitaires et leurs enfants qui continuent à nous diriger depuis toujours.
Or il avait promis le changement, mais il fait pire que  tous ces prédécesseurs. On avait dit de lui qu’il était un homme de parole « KANKELETIGUI », un homme d’honneur qui venait pour le « Mali d’abord et le bonheur des maliens » comme on dit chez nous « la nuit qui s’annonce bonne on la connait au crépuscule »
Pour ne pas connaitre le même sort que les autres et éviter à notre pays une éventuelle crise majeure, le président doit se ressaisir, car ni Serval de papa Hollande, ni les amateurs de la chair de la Minusma, ni les saints de la CEDEAO, et d’UA, ni Issaka Sidibé du haut de son perchoir,  ni Karim Keita à la Commission de la Défense ne pourront rien pour lui lorsque des héros vaincus et trahis voudront aller à la confrontation pour sauver leurs honneurs.
Que ceux qui veulent réécrire l’histoire en effaçant de sa mémoire l’acte salutaire du 22 mars 2012, en présentant tous ces acteurs comme des criminels, des apatrides et des voleurs se détrompent et se ressaisissent, car l’histoire n’est jamais finie, elle réserve toujours des surprises.
Le Président de la République doit se comporter comme le président élu de tous les maliens, pas comme un candidat,  le chef d’un clan ou d’un parti d’opposition.
 Il se doit d’être ferme mais la fermeté ne veut pas dire le mépris, l’arrogance, la suffisance  car même élu à 77% il reste un malien comme tous les autres, seulement le premier d’entre nous pour 5 ans ! Il doit se comporter comme le Président d’un pays en crise coupé en deux et divisé de toutes parts.
 Il doit donner à chaque malien et malienne sa chance, pas parce qu’il est le fils ou la fille de, la nièce ou le neveu de. Et en ce moment  il pourra exiger de chaque malienne et malien, l’obligation et le devoir de défendre de l’honneur du Mali, de ce que cet honneur commande, de ce que cet honneur refuse.
L’honneur du Mali commande aujourd’hui la clarification, la vérité à l’opposé des discours de dénigrement, de l’apologie et des sous-entendus. Si cela n’est pas notre credo, il va falloir qu’il le soit ! Sinon nous n’aurions rien tiré comme leçon de la crise.
M. Mariko Bakary
Ex porte-parole de l’ex CNRDRE !
France.