Les Maliens se font-ils confiance ?

Je crois qu AgMai resume le tout dans sa phrase: “la confiance se merite”. Je crois qu au Mali, et on peut generaliser cela au pays du tiers monde, la confiance n existe pas parce qu il n y a pas de securite sociale reelle et objective qui soit geree par l etat, et non parce que la culture de base ou le modele social decourage la confiance comme pourrait l insinuer l adage bambarra. Donc les gens se tournent naturellement vers ce qui est relativement “garanti” comme la famille ou l origine villageoise ou ethnique commune, cependant avec la complexite grandissante de la societe et les difficultes croissantes, le modele traditionnel devient aleatoire et l individualisme s accroit sans responsabilites en retour, creant un cercle vicieux. En d autres mots, on ne se fait pas confiance au Mali parce qu effectivement le cout pour la victime est disproportionnel aux reparations qu elle pourrait obtenir a travers les circuits formels comme l ecrit l auteur,
mais a mon avis c est une faillite du modele de solidarite traditionnelle qui engendre ce probleme et non le contraire.

Toutefois, en explorant un peu plus le probleme, il devient un cas de la poule et de l oeuf, lequel est venu le premier? Le manque de confiance a t il rapproche les gens autour du modele traditionnel ou le modele traditionnel a t il renforce le manque de confiance qui s est aiguise avec la faillite de l Etat? On peut accuser l auteur de se limiter historiquement dans sa comparaison entre les societes occidentales et africaines parce qu ultimement les memes facteurs ont contribue a un regroupement sur des bases communes dans toutes les societes mais il y a definitivement eu un echec des elites en Afrique qui a ete detrimental a l emergence d une solidarite institutionnelle et un climat de droit qui favorisent des transactions dans la confiance relative.

Soukouna