Lettre du Mali 7

Lettre du Mali 7:
Par Mohomodou Houssouba

«Autant en ramène le vent»

Le patriotisme ne demeure-il pas le dernier refuge des lâches, comme
écrit Carlyle au dix-neuvième siècle? Et si on grimpe suffisamment
haut, que pourrait-on voir par dessus le mur de poussière
intellectuelle qui se meut depuis cette nouvelle date d’infamie…
jour pour jour-peut être, faut-il rendre grâce pour la moisson des
nouvelles belles idées fixes, la saison des réflexions profondes à
l’échelle planétaire, l’assiègent moraliste ou sécuritaire subi par
les humoristes, syncrétistes, hérétiques et autres apostats d’un
nouvel ordre mondial hâtivement réchauffé pour notre dégustation
forcée? Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec eux et contre
nous. Comme dirait un certain texan, Ross Perot, «C’est si simple
que ça». (It’s as simple as that.) Inutile de demander, mais que
puissent penser ces «autres»: paysans païens, «hawka», calmes
idolâtres sans livre saint, adeptes de petits dieux sans fêtes
officielles marquées dans les calendriers publicaires des
commerçants. De quel côté devront-ils se ranger dans la «guerre des
civilisations»? Et même le pauvre Samuel Huntington, qui doit avoir
la béatitude de réaliser la geste (certes apocr yphale) que Jorge
Luis Borges attribue à Heine, «L’historien est un prophète qui prédit
le passé».

Mohomoddou Houssouba
Lettre du Mali 7:
Par Mohomodou Houssouba

«Autant en ramène le vent»

Le patriotisme ne demeure-il pas le dernier refuge des lâches, comme
écrit Carlyle au dix-neuvième siècle? Et si on grimpe suffisamment
haut, que pourrait-on voir par dessus le mur de poussière
intellectuelle qui se meut depuis cette nouvelle date d’infamie…
jour pour jour-peut être, faut-il rendre grâce pour la moisson des
nouvelles belles idées fixes, la saison des réflexions profondes à
l’échelle planétaire, l’assiègement moraliste ou sécuritaire subi par
les humouristes, syncrétistes, hérétiques et autres apostats d’un
nouvel ordre mondial hâtivement rechauffé pour notre dégustation
forcée? Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec eux et contre
nous. Comme dirait un certain texan, Ross Perot, «C’est si simple
que ça». (It’s as simple as that.) Inutile de demander, mais que
puissent penser ces «autres»: paysans païens, «hawka», calmes
idolâtres sans livre saint, adeptes de petits dieux sans fêtes
officielles marquées dans les calendriers publicaires des
commerçants. De quel côté devront-ils se ranger dans la «guerre des
civilisations»? Et même le pauvre Samuel Huntington, qui doit avoir
la béatitude de réaliser la geste (certes apocr yphale) que Jorge
Luis Borges attribue à Heine, «L’historien est un prophète qui prédit
le passé».

 

 


«Autant en ramène le vent»

Le patriotisme ne demeure-il pas le dernier refuge des lâches, comme
écrit Carlyle au dix-neuvième siècle? Et si on grimpe suffisamment
haut, que pourrait-on voir par dessus le mur de poussière
intellectuelle qui se meut depuis cette nouvelle date d’infamie…
jour pour jour-peut être, faut-il rendre grâce pour la moisson des
nouvelles belles idées fixes, la saison des réflexions profondes à
l’échelle planétaire, l’assiègement moraliste ou sécuritaire subi par
les humouristes, syncrétistes, hérétiques et autres apostats d’un
nouvel ordre mondial hâtivement rechauffé pour notre dégustation
forcée? Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec eux et contre
nous. Comme dirait un certain texan, Ross Perot, «C’est si simple
que ça». (It’s as simple as that.) Inutile de demander, mais que
puissent penser ces «autres»: paysans païens, «hawka», calmes
idolâtres sans livre saint, adeptes de petits dieux sans fêtes
officielles marquées dans les calendriers publicaires des
commerçants. De quel côté devront-ils se ranger dans la «guerre des
civilisations»? Et même le pauvre Samuel Huntington, qui doit avoir
la béatitude de réaliser la geste (certes apocr yphale) que Jorge
Luis Borges attribue à Heine, «L’historien est un prophète qui prédit
le passé».