Rejet d’un rapport sur l’égalité hommes-femmes – Afrique traditionnelle

Cher Mohomodou,

Petite anecdote: Une petite fille en bas âge a une maladie
rare, à Montréal. Les médecins ne savent pas ce qu’elle a.
Elle a une partie de sa famille au Sénégal. Celle-ci dit
qu’ils se sont informés, il y a un esprit qui est entré en
elle et qu’il faut envoyer la petite au village se faire
soigner. Les parents de l’enfant ici refusent. Les médecins
continuent de chercher. Cela dure plusieurs mois, peut-être
deux ans. Les médecins canadiens collaborent avec d’autres
chercheurs aux USA et en Europe. Ils finissent par découvrir
ce que l’enfant a et la soignent.  Elle va bien maintenant, a
recommencé l’école.
Je ne dis pas qu’au Sénégal on ne l’aurait pas soigné, non.
Je n’en sais rien en fait. Par contre il y a cette isolement
qui est notable. Le guérisseur agi seul, de manière
ésotérique, et il y a de bonnes chances que les personnes
concernées n’aient au final aucune explication simple de ce
que l’enfant a eu. Car son approche scientifique est
extrêmement élitiste et est basé sur le secret.
Une amie économiste (africaine) avec qui j’échangeais sur
le système actuel m’a dit un jour: “Oui mais vois-tu, telle
chose est quasiment impossible à expliquer à un non initié.” À
quoi j’ai répondu: “Non, c’est parce que nous avons des a
priori sur ce que les gens peuvent comprendre ou non, et puis,
pourquoi ne pas les initier ?” En effet, j’ai un autre ami
(québécois) qui fait régulièrement et bénévolement des
conférences pour faire comprendre certaines notions d’économie
ici aux adultes en partant de la base. Et c’est là toute la
différence. En Amérique du Nord, ceux qui veulent apprendre
pourraient apprendre en tout temps.
Je ne dis pas non plus qu’en Occident il n’y a pas
d’ésotérisme. Ce sont des initiés, dont la seule valeur morale
est l’argent, qui ont provoqué la crise des supprimes en 2008,
crise qui a créé la Grande Récession dont l’Occident peine à
sortir présentement. Mais… il y a toujours quelqu’un ensuite
pour réaliser des documentaires comme “Inside Job” pour
expliquer en termes très simples au grand public qui sont ces
initiés, comment fonctionnent-ils exactement, qu’ont-ils fait
exactement ces dernières années et comment nous en sommes
arrivés là. En politique, il va y avoir des gens comme Michael
Moore (guerre en Irak) ou François-Xavier Verschave
(Françafrique).
En sciences dures, les chercheurs iront expliquer leurs
découvertes au public par eux-mêmes.
C’est cette démocratisation du savoir que je considère être
un luxe que nous n’avons pas encore chez nous. Et non la
science per se. Nous n’avons trop souvent, face à la
souffrance, que Dieu et nos larmes pour pleurer.
D’ailleurs, face à l’épidémie d’Ébola actuellement en
Guinée, c’est une bonne chose que nous ne soyons pas isolés et
que l’équipe en place soit internationale.
Bien des choses,
Ndack