Aide limitée et justice absente pour les victimes de viol au Mali

Entierement d’accord avec toi Chouaibou. Une justice a double
vitesse ne saurait être credible. Je donne le benefice du doute au
president IBK, puisqu’il a pris le pouvoir dans une situation
chaotique. J’avoue, cependant, ne pas être encourage par certains
actes poses par ou sous son regime. Au nombre de ces actes je cite
en premier lieu la maladresse dont il a fait preuve lors de son
investiture en qualifiant Moussa Traore de “Grand républicain.” Le
second acte est la largesse accordee aux bandits armes, auteurs de
crimes inqualifiables contre le peuple Malien. Autant j’apprécie la
fermeté du president dans certaines prises de position concernant le
nord, autant je suis decu par sa décision politique de libérer des
bandits ou d’arrêter les poursuites  contre des membres d’une
association de malfaiteurs avères. Le problème du nord ne se réglera
qu’avec un état fort et une justice sans faille. Les “Accords de
Ouagadougou” qui imposent les mesures prises par le president comme
préalable du “dialogue” ne rendent pas service au peuple Malien.
La persistance du clientélisme dans le mileu politique malien est
une autre source d’inquietude réelle. L’election de Karim Keita (un
inconnu de la scene politique Malienne) et celle de son beau-père a
des postes clés de l’hémicycle constituent une distraction  dont IBK
pouvait bien se passer en ce moment vital. Comme le disait IBK lui
meme, “Karim est un Malien,” mais comment comprendre qu’en ces temps
de guerre, malgré l’inexperience totale du fiston en matière de
sécurité, il devient le president de la commission defense et
sécurité de l’assemblee nationale alors qu’un officier supérieur de
la police et non moins ancien directeur de la police malienne (Niame
Keita) est un élu du parti majoritaire. Je cite le cas de Niame
comme exemple, mais je ne doute pas de la presence d’autres deputes
qui ont autant de qualifications que ce dernier. Bien sur que face a
ces gens, l’ascension fulgurante de Karim ne s’explique que par la
mentalité du Malien qui veut toujours être du cote du gagnant et qui
veut surtout faire plaisir au chef qui n’a pourtant rien demande.
Presque tous les presidents du Mali ont été, d’une facon ou d’une
autre, victimes de cette mentalité. Osons espérer que le president
évitera désormais ces genres de pièges qui risquent de lui couter
cher a la longue.
Amadou Niang