Au Niger, la pratique de l’esclavage a été criminalisée depuis 2003

j’espère que cette lutte juste aboutira par un changement de
comportement positif et une scolarisation massive et accrue des enfants
des victimes de cette pratique et une amélioration de leur condition de
vie leur permettant d’avoir une indépendance économique et financière
vis à vis de leur présupposé maître.
Perso, je ne pense pas que l’adoption d’une loi puisse révolutionner
l’abandon de la pratique de l’esclavage (en amenant les gens abandonner
cette pratique), compte tenu de la pratique de la justice dans notre
pays (nos juges en général sont en du côté des plus forts (ceux qui ont
l’argent et le pouvoir) qu’aux côtés des pauvres. Or ce sont les
esclavagistes qui possèdent les moyens économiques et le pouvoir
politique. Notre AN compte en son sein des défenseurs de la perpétuation
de cette pratique à son plus haut niveau.

Pour rappel, le président de Temedt Ibrahim a été obligé de fuir sa
ville et délocalisé le siège de son ONG Gari à Gao à cause des menaces
de morts proféré contre lui.

Pour ce qui est de la mise en place d’une loi, notre constitution
actuelle interdit la discrimination entre maliens en ses Articles 1 et 2
qui stipulent: “Article 1er : la personne humaine est sacrée et
inviolable. Tout individu a droit à la vie, à la
liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne.
Article 2 : tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en
droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale,
la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion
politique est prohibée”. Pourquoi n’applique t on pas notre constitution
au lieu de créer une loi qui risque ne pas être appliqué si les
préalables ne sont pas mis en place, c’est à dire l’information, la
communication et l’éducation pour l’abandon de la pratique de
l’esclavage?. Nos autorités en savent l’existence de cette pratique et
n’ont pas fait quelque chose contre sinon la soutiennent par leur
silence ou autres. Allez y dans la famille d’Intallah à Kidal (l’actuel
président l’avait visité en 2013 au moment de la campagne
présidentielle), vous verrez la pratique de la domination et
l’exploitation de l’homme malien /l’homme malien. Et pourtant deux des
fils étaient parlementaires (Aglabass et Med) chez nous pendant
plusieurs années.

Ma proposition pour l’abandon définitif de cette pratique dans notre
peut se résumer:

1- IEC/sensibilisation des esclaves et des maîtres sur le fondement non
religieux de la pratique entre correligionnaire par le rapt: on ne vole
pas quelqu’un pour l’esclavagiser après au nom de la religion,
l’esclavagisme chez nous est antérieur à l’avènement de l’islam

2- permettre une autonomisation économique et financière de ces
personnes esclavagisées: développer des AGR en développant une
discrimination positive s’il le faut. J’ai vu un maire d’une commune qui
a 100 esclaves et qui se chargent de toutes leurs dépenses (maritales,
santé). ce maire est très riche. il possède beaucoup de bétail
(chameaux, bovins, caprins, asins et ovins etc). Il est très choyé par
les politiciens à cause de son nombre d’esclaves qui constituent un
électorat garanti. Et pourtant il n’a pas une grande famille étendue si
on extrait ses esclaves de son compte.

3- une scolarisation accrue de tous les enfants (fille et garçons). Bon
nombre de ses enfants sont les bergers des troupeaux de leur maître

4- appuyer/sensibiliser les supposés sur les droits de l’homme (égalité
entre tous les hommes) et leur permettre de trouver de s’autonomiser en
l’absence de leur ancien esclave: les maîtres sont très dépendants de
ses esclaves si on trouve une alternative aux esclaves libérés, ils
deviendront des voleurs ou semeurs de troubles dans la zone, d’où
l’importance de les autonomiser simultanément avec la libération de leur
esclave

5- améliorer la pratique de la justice dans notre pays: une vraie
indépendance de nos juges à travers un recrutement très sélectif suivi
d’enquête de moralité et de corruptibilité, une formation aux pointes.
Une interdiction dans les faits de l’immixtion du politique dans les
affaires judiciaires.

Ps: en 2006, lors du forum de Temedt qui devait se tenir à Kidal mais
délocalisé à Gao pour certaines raisons,de sécurité (la notabilité de
Kidal n’aurait pas accepté la tenue d’un forum qui conduirait à
sensibiliser les esclaves à se libérer du colonialisme/oppression
locale) il y eut un témoignage d’un jeune Tamasheq noir (originaire du
cercle de Douantza,je pense) qui quand on lui avait demandé pourquoi il
ne fuit pas de chez son maître avait répondu en substance ceci “tout ce
que j’ai c’est mon maitre qui me l’a fait, c’est lui qui m’a fait
marier, m’habille quand il y a le besoin. Je ne connais pas d’autres
travaux que conduire le bétail, si je lui quitte comment je vais vivre
pour me nourrir”.

Bien à vous

Ahamadou Sambel SIDIBE