IBK, sept mois après, le Mali dans l’impasse

Bonjour Mon frère,

Je suis sûr que l’intellectuel que vous êtes ne prend les récriminations
et les amertumes d’un opposant désillusionné comme versets de coran. Sur
le timing de la publication de ce pamphlet, par le président du Parena,
laissons le temps au temps pour comprendre les motivations réelles et
les bienfondés. Bien sûr, quant à la personne de Tiébilé Drame, il y a
et il y aura à dire et redire, notamment sur la gestion du dossier du
Nord, le Ministère des Zones Arides et Sémi-Arides (MZASA) et sa récente
mission de médiateur principal pendant la Transition.

J’aurais été beaucoup à l’aise d’intervenir plus souvent dans le forum,
si mon avis était demandé, sur tel ou tel sujet de discussion ayant
trait à la présidence ou à un tel autre niveau de l’Etat sur lequel je
peux avoir quelques lumières. Pourtant à ma nomination j’avais, à tous,
demandé bénédictions, conseils et critiques et manifesté ma
disponibilité. Sur beaucoup de sujet, j’aurais pu intervenir.

Je réitère encore ma disponibilité à donner les infos, toutes les infos
dont je dispose pour permettre des débats plus en phase avec le réel et
le vécu institutionnel et celui des maliens en dehors de l’univers des
réseaux sociaux. Dans la limite de mes compétences et de mes fonctions
naturellement.

Je n’ai aucune prétention de vouloir orienter les débats dans tel ou tel
sens. Mais mon rôle de Conseiller à la Communication est faire connaitre
ce que dis et fait le président.

Sur l’avion présidentiel

Sur ce que vous appelez « Affaire du nouveau Boeing » qui n’en est pas
une. Paece que cet avion n’est pas « nouveau » (sorti d’usine) et parce
que le Mali ne peut s’acheter un nouvel avion, même à crédit.

Notre pays doit-il s’offre aujourd’hui un avion ? Oui, absolument oui.
Ambition et fierté nationale obligent.

Le Mali est un pays pauvres comme les autres pauvres du monde. Et comme
les autres pays pauvres qui ont chacun un, deux, trois avions, notre
pays doit aussi en avoir un. Y a-t-il un pays au monde qui partage les
mêmes réalités que le nôtre qui n’a pas d’avion ? En tout cas, comme le
Mali, tous les pays de la sous-région sont confrontés aux problèmes de
soins de santé, d’éducation et d’habitat… Pourtant, ils ont des avions ;
pourquoi pas le Mali ?

Ce n’est pas parce qu’on a des problèmes de soins de santé, d’eau,
d’électricité, d’éducation (tous les pays du monde en connaît à
différents niveaux), qu’on ne doit pas payer un avion. S’il faut
attendre que tous les problèmes évoqués et non évoqués soient résolus,
parvenir à un état de béatitude absolu, personne n’achètera un avion.

L’achat d’un avion par l’Etat malien n’est un luxe mais une nécessité
vital pour un pays enclavé qui dépend en grande partie de l’extérieur
tout comme les autres défis auxquels il est en train de s’atteler à
résoudre : éducation, santé, eau potable, modernisation de
l’agriculture, développement de la recherche scientifique et technologique…

Tout comme la construction d’une école maternelle ou d’une université
scientifique, la construction d’un centre de santé ou le creusement d’un
puits à large diamètre, l’acquisition par un Etat d’un ou de plusieurs
avions est à cet égard un acte de souveraineté légitime.

Les justifications auxquelles vous faites référence n’émanent point de
l’Etat, en tout cas pas de la Cellule de communication de la présidence
de la République. Et leurs auteurs ne sont pas informer auprès d’elle ni
auprès d’aucune autre structure de l’Etat. Tout ce qui se dit sur
Internet ou dans les journaux ne peut engager l’Etat.

Une Nation qui, voilà plusieurs siècles, a fait la guerre (Djolofing
kele) à une autre pour procurer à son roi un moyen de déplacement
va-t-il laisser son président aujourd’hui louer des avions à chacun de
ses déplacements ? En tout cas, il me revient que c’est avec une
légitime fierté que les maliens ont enfin vu leur président à bord d’un
avion appartenant à leur pays. L’échelle des priorités est défini par
l’Etat suivant l’intérêt général, je crois, en tout cas pas par
l’opinion fut-elle respectable de chacun pris individuellement devant
son ordinateur ou sa tablette.

La transparence signifierait-elle que l’Etat soit obligé en plus de
respecter les normes de la bonne gouvernance, de se justifier sur tout
ce qu’il fait auprès de chaque citoyen connecté ? En effet, ce n’est
pas parce qu’on n’est pas au fait d’un acte posé par l’Etat (et qu’on ne
s’est pas donné les moyens d’être informé autrement que sur Internet)
que tout ce que l’Etat fait devient suspect et magouille.

Même au USA toute la vie publique et institutionnelle ne se déroule pas
encore sur Internet. Aussi, il faut se poser la question : combien
sommes nous à échanger et à partager sur la toile au Mali ?

Pour autant, nos échanges et partages sur ce réseau et sur les autres
plateformes numériques sont importants, car nous sommes, du moins
faisons partie de l’élite intellectuelle. Et il me reviendra point de
dire comme l’autre que le Mali n’a pas besoin des lumières et opinions
de ses intellectuels. Elles comptent, et elles devraient l’être beaucoup
plus souvent. Il nous revient d’en trouver les mécanismes.

Sur les voyages présidentiels

Vous en avez omis certains dont le premier voyage du président à
New-york et celui effectué au Koweït.

A chacun de ses voyages officiels, le président est interviewé par
l’ORTM sur leurs raisons et leurs résultats. Les médias d’Etat, source
de l’information officielle, méritent d’être écouter et lus quelles que
soient leurs lacunes et faiblesses.

New-York : le président y aller pour participer à l’Assemblée générale
annuelle de l’ONU et remercier la Communauté internationale pour tout ce
qu’elle a fait pour notre pays après ce qu’il a subi et dont chacun a
encore en mémoire. Nous sommes une Nation peut-être pauvre mais pas ingrate.

Koweït : après les président ATT et Dioncounda, le président IBK s’y est
rendu. Et nul besoin de rappeler le poids et l’influence de l’Emirat
dans la résolution de la crise du Nord.

Maintenant, à votre liste :

* Nouakchott, Mauritanie : il fallait rétablir les ponts avec Nouakchott
qui avait de bonnes raisons de dénoncer, comme nous l’avons sur ce
forum, les accointances et la connivence du régime des généraux avec la
narcotrafic et le narco-djihadisme ; toutes choses qui expliquaient sa
mollesse dans la lutte contre le terrorisme. objectif: rétablir l’axe
Nouakchott Bamako.

* Alger, Algérie : idem pour Alger

* Doha, Qatar : idem pour le koweït

* Addis Abeba, Ethiopie : sommet de l’UA, même raisons que pour la
participation à l’Assemblée générale de l’ONU.

* Tunis, Tunisie : réciprocité ! Malgré la situation qu’elle vit, la
Tunisie a répondu à l’invitation du Mali à l’occasion de la cérémonie
marquant la prise de fonction du président le 19 septembre. C’est la
moindre des choses de lui retourner l’ascenseur à l’occasion de
l’adoption de sa Constitution !

* Paris, France : notre pays pouvait-il faire l’économie de ce voyage
(sommet France-Afrique) au regard de l’engagement français dans la crise
que vit notre pays ? Sommet consacré du reste aux crises sur le
continent africain ? Le président y est allé pour exprimer la gratitude
du peuple malien à la France et l’Europe dont l’apport inestimable dans
la résolution de notre crise.

* Abuja, Nigeria : co-médiateur dans la crise malienne, envers le
Nigéria qui a déployé un fort contingent dans notre pays, la gratitude
voudrait que le Mali reconnaissant réponde favorablement à l’invitation
de la première puissance sous-régionale, et depuis de l’Afrique.

* Malobo, Guinée Equatoriale : idem que la Tunisie. Le président N’Guéma
était aussi présent le 19 septembre.

* Abidjan, Côte d’Ivoire : non IBK ne s’y est pas encore rendu… a
fortiori pour y saluer ADO en convalescence !

Il a participer au sommet de la Cédéao du 29-30 mars à Yamoussokoro.
Sommet à l’issue duquel, la Cédéao a accédé à la demande du Mali de
relocaliser le dossier du Mali au Mali.

* Conakry, Guinée : visite d’Etat pour qui connaît les liens entre nos
deux peuples

* Oyo, Congo (Brazzaville) : visite privée, comme chacun y a droit même
chef d’Etat. Avant d’être président, IBK avait les moyens de ses
déplacements, au moins.

* Kigali, Rwanda : la première pour participer au sommet du numérique
organiser par l’UIT (une des rares institutions internationales dirigée
par un malien qu’il fallait conforter) et la seconde rencontrer Ban-Ki
Moom en marge de la commémoration du génocide au même où l’ONU s’apprête
à reconduire le mandat de la Minusma.

* Dakar, Sénégal : la première pour participer à un sommet de l’Uemoa et
un autre de la Cédéao sur le Mali et la Guinée Bissau. Et la seconde,
visite d’Etat dont les résultats ont fait la Une de la presse toute la
semaine.

Etc…

C’est dire que le président malien n’a effectué jusqu’ici aucun voyage
d’agrément, pour faire du tourisme. Chaque fois qu’il s’est déplacé,
c’est l’intérêt supérieur du Mali.

On ne peut pas diriger un pays pauvres qui a besoin de l’aide des autres
pour tout y compris sa sécurité, et vouloir se sédentariser, vouloir
vivre en ermite ou vivre en vase clos.

Dans notre dépendance sur tous plans, le Mali et son président peuvent
vivre en ermites. Parce que le Mali n’a pas tout, surtout qu’il a besoin
de tout pour son développement notamment après ce qu’il a connu, que le
président du Mali ne peut et n’a pas le droit de se donner une minute de
repos. Il doit bouger, aller au monde, aux amis et partenaires du Mali
pour leur remercier, leur expliquer, les convaincre, leur demander et
obtenir d’eux respect et aide pour son pays. Voilà, le pourquoi de ces
voyages.

Même les Chefs d’Etat des grandes puissances (Chine, USA, France) se
déplacent, et va-t-on demander à IBK de rester sur place ? Allahou Akbar !

Ces voyages procèdent de l’intérêt supérieur de notre pays ; sans ces
voyages nous n’en serions pas encore là à disserter de leur opportunité
et de leur coût infiniment moindre par rapport à leur retombées pour
notre pays.

Sambi Toure