IBK, sept mois après, le Mali dans l’impasse

Un grand merci à M. Sambi Touré pour cette première sortie en direction
de Malilink. Si ces échanges se poursuivent, chose que nous souhaitons
tous, il est sûr que nous trouverons le ton juste. J’espère que M. Touré
ouvrira un deuxième axe dans son travail de directeur de la
communication présidentielle en relayant toutes les bonnes critiques
constructives émises sur cette place publique à qui de droit(sans
personnaliser les choses, bien sûr) car Malilink regorge de patriotes
engagés et compétents, dont le souhait sincère est de voir le Mali se
relever le plus tôt possible.

Pour la question de l’avion présidentiel, j’abonde dans le sens de M.
Diaby, qui a touché du doigt le mal qui ronge depuis longtemps le Mali
et les Maliens que nous sommes, à savoir la fierté(l’orgueil) mal
placée. Chacun veut paraître plus nanti et plus puissant qu’il ne l’est
en réalité. Celui qui ne peut se permettre qu’une bicyclette voudra
absolument rouler à moto; celui qui ne peut se permettre qu’une moto
voudra une voiture(un France au revoir pour polluer la nature) et ainsi
de suite, jusqu’au sommet de l’état(grosses cylindrées et mastodontes
qui labourent nos routes goudronnées plutôt que nos champs). Dieu sait
le mal que cela nous cause au quotidien: la corruption, la vanité et les
familles détruites, les affaires familiales qui périclitent. Parlant
d’affaires familiales(Merci Assadeck de nous rappeler que le pays se
construit à partir de la famille!!!!), j’en ai rarement vu qui ait
prospéré en passant du père fondateur aux héritiers. Même si vous vous
en connaissez, vous conviendrez qu’elles se comptent sur les doigts. Le
père met déjà la société en faillite avant de s’en aller et les enfants
tirent le diable par la queue après lui. Nous ne pensons pas
généralement en terme de longue durée. Les actions d’éclat semblent être
notre seul recours, quitte à aller mourir de faim loin des yeux de tous.
Dans les circonstances actuelles, acheter un avion présidentiel n’était
pas une priorité, encore moins si c’était tout juste pour pouvoir se
comparer aux autres, comme l’a dit M. Touré lui-même. Les autres n’ont
pas un état failli ni des milliers de citoyens réfugiés et vivant dans
des conditions précaires loin de chez eux. N’importe quel Malien ou
Malienne de la rue pourrait citer des dizaines de priorités justifiables
aujourd’hui et je suis sûr que l’achat d’un avion présidentiel n’en
ferait pas partie. Mais comme le sage l’a dit, on pense différemment
selon que l’on soit dans un palais ou dans une chaumière. Pourtant un
tant soit peu de sagesse dans nos décisions gouvernementales permettrait
d’éviter trop de dissonance entre le Palais et la chaumière au Mali.
A bon entendeur salut!

Chérif Keita