Médiateur entre le Mali et les groupes armés

Sabu,
Autant je partage votre pinion quant à la nécessaire définition d’une
doctrine politique en vue de la négociation et après que l’on ait
identifié l’interlocuteur véritable et défini le sujet, autant pour moi,
Kidal apparaît comme un élément que l’on ne saurait, juste en se
courbant, ramasser à la pelle justement comme un objet perdu….
Kidal, bien qu’étant partie intégrante du Mali se trouve aujourd’hui en
dehors de toute sphère de “commandement”.
Ceci est à la fois un défi à la fois politique et sécuritaire que l’on
ne saurait plus longtemps ni passer sous silence encore moins nier
l’évidence qu’à la longue, cette question, si elle n’est pas
suffisamment prise en charge et de façon efficace, pourrait impacter
négativement sur tous les efforts déployés grâce à l’assistance fort
appréciable de la communauté internationale en vue de réunir le Mali
territorial.

La démarche qui vise à désigner une “haute personnalité” est sans doute
salutaire même si j’ai personnellement pensé que cette annonce serait
immédiatement suivie d’effet dès le lendemain hélas.

Pourvu qu’elle ne soit pas d’obédiences à rebuter les interlocuteurs du
dialogue, de la négociation et des pourparlers qui doivent, selon les
autorités maliennes, se dérouler désormais sur le territoire national.

Exclue donc l’idée de “médiation internationale” au profit de l’idée de
“négociateur national”.
Le profil, la personnalité, les compétences, la capacité de cette haute
personnalité doivent être déterminants pour le choix.

Plusieurs noms ont été avancés sur les réseaux, il est vrai, hors
critères définis.
Il reste bien entendu d’ailleurs que nous n’avons pas la main et ne
sommes investis d’aucun pouvoir pour ce faire, même si la question est
de portée citoyenne.
Mais alors, lorsqu’on lit le nom du Président Alpha Oumar KONARE, on ne
peut pas rester sans réaction, au regard de son parcours politique, de
sa capacité de fin négociateur, de sa grande connaissance du sujet, de
l’environnement du sujet, des hommes impliqués et/ou concernés, de
l’histoire et de la géographie et de la géopolitique de la question.
Simplement, son recul par rapport aux affaires et les réserves
auxquelles il s’est astreint lui même sont ils de nature à le déterminer
à accepter une telle mission, à la condition qu’il soit sollicité,
l’accepterait il que son choix serait indiscutable et exclusif de tous
autres noms, choix ou compétences…

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De : Sabu NYUMAN
Répondre à : Sabu NYUMAN
Date : vendredi 18 avril 2014 09:02
À : malilink
Objet : Re: [malilink] Médiateur entre le Mali et les groupes armés,

Je pense qu’il faudra surtout faire la différence entre la fin et les
moyens.
Aller à une table de négociations sans objectifs précis en se focalisant
sur des personnalités ou sur un calendrier nous renvoierait aux milles
négociations précédentes avec le même animal.
Il me semble que pour l’objectivité au Mali ce n’est pas demain la
veille. L’arrivisme et le culte de la personnalité prennent toujours le
dessus.
Pour ma part, il n’y a rien à négocier et il n’y a surtout pas avec qui
négocier, ni personne pour négocier la République du Mali.

Kidal se conforme au reste du Mali, un point, un trait. Il ne faut pas
légitimiser le crime.

Sabu Nyuman