Moussa MARA

Bonjour à tous,
J’écrivais, il y a quelques jours, que le Président de la République devrait se rappeler constamment que son plébiscite a été essentiellement motivé par la soif intense de changement du peuple malien. Puisque nous avions  déjà échos d’un remaniement ministériel, nous avons aussi déclaré qu’il devrait saisir cette occasion  historique  pour redonner confiance et espoir aux Maliens, dont beaucoup, après seulement six mois sous sa mandature, commençaient déjà à déchanter pour des raisons diverses.
Avec la nomination de Moussa MARA, en qualité de numéro 1 chargé de l’exécution des différentes politiques nationales, il n’y a aucun doute sur le fait, que IBK  envoie cette fois, un signal fort au Monde entier , commençant par ceux qui sont dans les logiques de calculs politiciens, que son désir d’engager le Mali sur la voie du changement est plus que jamais une réalité.
Cependant, le jeune de 39 ans, avec ses défauts bien entendu, mais intègre et bosseur, organisé et  surtout conscient des défis et enjeux du développement de son pays, oh combien complexes et profonds aura du pain sur la planche.
En effet, ça relève du corollaire, que les jugements de valeurs, les querelles de personnes, les poursuites effrénées et aveugles des intérêts personnels et partisans ont le plus souvent biaisé et plombé les analyses et actions politiques dans notre pays. Hier tout près, j’échangeais au téléphone avec un tonton,  à qui j’exposais ma grande inquiétude vis-à-vis de la majorité de nos compatriotes qui font rarement le distinguo entre des problèmes politiques objectifs  et les  questions de personnes. En réalité, une équation politique, quel que soit son nombre d’inconnus, lorsqu’elle est objectivement analysée, trouve toujours une solution  mais à la seule condition qu’on n’y mélange pas des questions de personnes. C’est pourquoi, quand vous interrogez le malien sur  ce qu’il pense de tel ou tel responsable,  il te sort généralement sa besace passant ainsi à côté de l’impact qui constituerait  simplement de dire que tel mérite ou non tel poste car il dispose ou non de savoir et de savoir-faire pour atteindre les missions à lui confier.
 MARA n’échappera pas à cette règle et selon mes informations, une dynamique officieuse, booster par le parti majoritaire et certains de ces alliés, serait déjà enclenchée contre lui pour le censurer depuis l’Assemblée Nationale.  Si cette information s’avère confirmer, nous allons redécouvrir ceux qui n’inscrivent leur engagement politique que pour accéder aux responsabilités Etatiques.
La crise économique, l’inefficacité de nos  institutions financières et bancaires, la crise sécuritaire et humanitaire, l’agonie de notre système éducatif,  le chômage des jeunes, la question de Kidal, la grande problématique de la réconciliation  sont de véritables problèmes politiques qui exigent des réponses politiques implémentées par des femmes et des hommes compétents et intègres, point barre. Tout le reste n’est que mesquinerie. Le  Président de la République et son nouveau Premier Ministre doivent absolument aujourd’hui recourir à la société civile, la vrai, pour en extirper  les meilleurs des Maliens, c’est-à-dire ceux qui ont les réelles capacités d’identifier rapidement les problèmes,  prendre des décisions  idoines, audacieuses et diligentes pour les résoudre. C’est seulement et seulement  à ce prix, qu’ils donneront un véritable sens à la transition politique et sociale entamée  depuis  l’élection de IBK. La couleur des yeux, la longueur des ongles, la largesse ou l’étroitesse des poitrines encore moins l’étiquète partisane ne doivent être d’aucune importance aujourd’hui car il s’agit de relever un pays à genoux, que dis-je, un pays terrassé. Ce qui est incontestable, nos structures politiques en l’état actuel, non pu résoudre les récentes crises qui ont affecté notre pays, elles ne peuvent pas résoudre celles qui existent et ne pourront pas non plus résoudre celles qui apparaîtront  dans les 10 ans qui suivront. Le bout du tunnel pourrait venir des entrailles non politisées de la société  Malienne.
En période crise, il n’y a pas de danger mortifère pour un gouvernement que le manque de soutien de sa population. Encore une fois, les considérations personnelles constituent des freins à de telle mobilisation et de soutien en  faveur de l’Etat. En raison de cette vérité politique universelle, nous devons tous sans exception aucune, sans calcul et sans arrière-pensée,  être derrière le nouveau chef du gouvernement, cheville ouvrière de l’Etat pour  non seulement  stabiliser le pays mais surtout et essentiellement pour  participer à la  refondation intégrale et radicale de la société Malienne afin de réinviter des citoyens et des animateurs politiques d’une nouvelle race pour notre pays. Soutenir le nouveau Premier Ministre et le gouvernement qu’il mettra en place, doit être, plus qu’un devoir pour nous tous, une obligation. Bien sûr, nous avons un principe, fil conducteur de notre combat selon les contextes : Soutenir, critiquer ou combattre.
Bien à tous.
Fabou
Bamako 06/04/2014