Autonomie des collectivités territoriales

Je suis desole de ne pas pouvoir repondre a tout ceux qui m addressent
directemen,t parce que je suis extremement limite dans mon temps ces
jours ci, et c est dommage parce que nous avons tellement de choses a
approfondir et je vois que les gens sont redevenus un peu plus objectifs
et moins passionnes apres cette tragedie, donc plus attentif a la
diversite des opinions. Je suis le premier a me sentir desole pour voir
de telles predictions se realiser, qui veut d un pays en lambeaux, mais
avec le calibre de gens qui nous dirigent, qui sont aussi, et on ne le
dit pas souvent, qu un reflet au pouvoir de l intelligentsia, il faut s
attendre au pire. Ce n est pas tellement l intelligence ou la capacite
de raisonner qui manque dans ce pays, je vois souvent des analyses qui
sont de tres hautes qualite et d une maitrise qu on ne peut qu admirer,
mais il faut qu on se debarrasse du poids de l histoire et devenir
pratique. Nous sommes trop enclins a chercher les excuses ailleurs, je
ne suis pas moins conscient de la responsabilite historique qui depasse
le simple cadre du Mali, et l hypocrisie dans les relations
internationales, mais je n ai qu une vie a vivre et j aimerais la
consacrer a la recherde de solutions que je maitrise et de facteurs que
je controle, c est a dire mon avenir, et celui de mon pays quand nous
agregeons. .

Je pense que Bako met en avance des sujets concrets qui doivent nous
concerner, parce que la mauvaise gouvernance est a la base de tout ce qu
on vit, et nous devons chercher des formules qui marchent pour nous, et
rien que pour nous. Il ne faut pas avoir peur de formuler, d innover,
sinon tout ces talents sur Malilink et ailleurs dans le pays ne seront
qu un gachis et une source d amertume. Si je me plains de nos
gouvernants, c est pour mettre en exergue l evident qui echappe a trop d
entre nous, sinon il n y a pas plus optimiste que moi et ma personnalite
m empeche de perdre mon temps dans les lamentations sans fin. Le
nationalisme ne doit pas etre un suivisme aveugle mais plutot une quete
constante de failles, que nous devons addresser pour qu elles ne se
transforment en dangers mortels pour le pays. J ose croire que les
maliens meritent de rever, apres de telles tragedies et avec cet
environnement naturel ingrat qui nous a endurci pour les epreuves, il
faut aller dans le sens naturel d un pays deboussole a chercherr des
solutions, IBK en etait la manifestation frauduleuse quand le processus
est manipule. On doit aussi penser pour nous memes, et faire preuve d
un peu d insularite dans nos solutions, ceci peut sembler paradoxal mais
le trop plein de souci pour le reste du monde est tout aussi nefaste que
l hermetisme. Etablir une balance realiste qui fait de notre devenir
notre souci principal, tout en cherchant des solutions qui peuvent s
inspirer du monde entier sans devenir une greffe qui ne prends pas,
comme c est le cas maintenant. Je pense a des pays qui symbolisent de
telles transformation qu au Japon, en passant par les US, tout les pays
qui ont un sens de la chose publique en maintenant cet equilibre. Dans
le systeme actuel, on ne fait que pretendre pour aller apres se soigner
en France aux frais du contribuable.

Je n apporte rien de nouveau dans cette analyse qui est plutot qu une
observation qui resume les themes principaux de mes interventions. L
enjeu est des sujets de debat comme ceux souleves par Bako. Je pense
que le rejet des rebelles se base sur les memes raisons que mon propre
rejet de la decentralisation. C est un processus qui est gere par les
memes personnes qu on a laisse controler les mecanismes du pouvoir.
Cest la structure meme du pouvoir actuel qui empeche le progres, sinon
comment expliquer qu un jeune et prometteur PM s est metamorphose si
vite, une fois au pouvoir? C est comme un poison pour le bon sens.
Donc toute initiative qu ils controleront est fondamentalement
defficiente malgre les textes. Comment autre expliquer tant de
defaillances dans une constitution qui date de 20 ans ou moins,
permettant l aberrant pendant les descentes en enfer, alors que ses
modeles occidentaux accumulent deja des siecles d experience?

Avancer sans le sommet est un exercise malheureux et difficile mais
pas impossible. Beaucoup d initiatives historiques ont ete entreprises
a partir d un petit groupe de gens motives et inspires positivement. Je
ne pense pas que les concepteurs de Malilink s imaginaient que leur
creation allait devenir un outil si important, mais ils etaient,
benevolement et positivement, inspires. Cela doit etre le modus
operandi d un changement profonds au Mali. Que la balance des forces
positives penchent sur notre destin, par l organisation, l initiative
et l audace de reflechir hors des sentiers battus , et imposer cela
comme la pensee dominante. S inspirer meme de la strategie de lobbying
du MNLA, si il le faut, pour faire passer le message et creer une
nouvelle dynamique. Il faut etre l interlocuteur principal avec le
reste du monde. Le monde a besoin d interlocteur et on doit s imposer
par la force de nos argumentaires et non laisser les retrogrades de
Koulouba controller le discours. Ils ne sont comfortables dans leurs
boubous que face a une audience favorable, la critique et l action leur
sont anathemes. C est ce qui explique le succes du MNLA dans les medias
occidentaux. Les maliens pour le vertitable changement doivent etre
comme une boussole pour nos compatriotes, qui n ont jamais dit non a
la creativite et l initiative, mais n ont pas les moyens et l
information pour decider. Les sondages qui disent autrement doivent
etre des outils pour les eduquer sur les enjeux, et non servir de
constat immuable et inebralanble. Tout est question de perspectives, et
il n y a pas de raccourcis ou d alternative au serieux, la methode et l
objectivite bien informee.

Il faut laisser les rancoeurs a cote, ce qui ne veut pas dire abandonner
la justice, celle ci est cruciale a l existence d un pays, mais elle
doit etre une justice objective, systematique et integre, et non cette
masquarade qui est le quotidien des malien,s et que nous cherchons a
relativiser selon nos priorites. Tout est a reformer, mais il ne sera
possible que dans une forme d etat qui permet de dire non a l autre,
sans pour autant remettre tout en balance. Un etat d egaux. C est
cela la difference fondamentale, a mes yeux, entre la decentralisation
et l autonomie. Un pays de regions autonomes est une alliance qui se
base sur les raison pratiques d etre ensemble tout en laissant chacune
gerer ses sensibilites et ses cultures comme elle l entends et dans le
respect des minorites. Un etat central n a rien a faire dans les
emotions individuelles et l elaboration d une culture, c est a chaque
individu de definir sa dimension, et chaque region d etre cette
expression localisee. Ce genre de format laissera a la region de
Koulikoro le choix de faire du kurukan fuga sa religion officielle si ca
l amuse, sans que la region de Tombouctou voit cela comme une menace
existentialiste, et vice versa, par contre chacune verra de l interet a
commercer et a echanger ou regrouper leurs moyens pour des objectifs
specifiques. Je ne vois pas la decentralisation, meme renforcee,
concevoir cela, a plus forte raison de la permettre. Et pourtant c est
ce dont nous avons besoin, un espace consequente de liberte, de choix et
de dignite qu aucun de ses zouaves au pouvoir ne peuvent concevoir,
tellement leur existence est liee a l immobilisme et les excuses.

Soukouna