L’état de l’AMA

« Les bataillons formés par la mission européenne disposent d’un fusil par homme, les troupes présentes dans le Nord d’un fusil pour deux hommes, et celles stationnées à Bamako, d’un fusil pour trois hommes. » — Soumeylou Boubèye Maiga, Ministre de la défense ( Jeune Afrique No 2783 / 11-17 Mai 2014)En lisant ceci, je me demande encore comment au Mali on arrive à justifier certaines choses alors que tout est à refaire — avec les sous du Boeing, on aurait pu équiper tous les soldats jusqu’au gilet pare-balles et construire un hôpital moderne à Diapaga. Souvent je me dis que c’est le système même qui rend les décideurs sourds et muets concernant les vrais problèmes du pays. Je n’ose pas m’imaginer un seul moment qu’IBK n’ait aucune volonté de résoudre les problèmes de son pays; mais quand le choix s’est imposé son avion a pesé plus lourd dans la balance. Pourquoi?

Le même IBK est encore prêt à engloutir d’autres milliards dans la réfection du palais de Koulouba; a-t-on vraiment besoin de dépenser autant pour que le lieu redevienne habitable? Le PR ne peut-il pas accepter de vivre dans un Koulouba moins onéreux? Fissabidillahi!! Pour le bien du pays!!

Ou encore quand un gouvernement accuse l’armée d’avoir agit sans son accord sur une question très cruciale, il y a vraiment lieu de se demander si ce n’est pas le système lui même qui “bouffe” la bonne volonté et le bon sens qui existent chez les gens et les transforme en incapables, corrompus, monstres ou pire.

D’ici peu on nous proposera une réforme constitutionnelle — sûrement un colmatage du système qui n’apportera rien de tangible. Soyons vigilants! Un président (ou gouvernement) avec des pouvoirs étendus ne fera que compliquer d’avantage la tâche du développement de ce pays. Il faut un changement qui empêchera un IBK (ou son successeur) de prendre des libertés sur ce qui en somme nous appartient autant qu’à lui.

Oui monsieur le président, je préfère que vous fassiez de l’avion-stop et savoir ce pays moins en danger. Une trentaine de soldats sont morts à Kidal – combien auraient pu être sauvés s’ils avaient des gilets? Est-ce une question qu’IBK se pose aujourd’hui?

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A. Karim Sylla