Situation au Nord

Le MinDef dit qu’à part Kidal, l’AMA conserve encore toutes ses
autres positions – contrairement à ce que le MLNA a affirmé. Je ne
sais pas ce que cela veut dire. Il semble que les dirigeants se
rendent compte que nous avons un autre Konna sous les bras – et on
appelle la France à la rescousse. Voir dépêche ci-dessous.

Comme Kalifa l’a insinué, comment est-on arrivé à un déphasage entre les
capacités réelles des soldats déployés et l’appréciation de la
hiérarchie militaires et politiques? Il est clair qu’IBK et
l’état major n’allaient pas lancer un assaut si c’était pour
ensuite faire un “repli” à la va-vite. Le ministre Baby a parlé
de “problèmes de coordination”; entre qui et qui? Il a parlé
également de manque de renseignement; ne savait-on pas la
présence des jihadistes à Kidal? Ou bien on appréciait mal leur
puissance de feu?

Le PM a dit aujourd’hui aux manifestants qu’il fallait que tout le monde se
mettent derrière les autorités; je ne suis pas sûr que cette
dernière performance ni celle du wkd dernier donnent beaucoup de
confiance au peuple. Comment peut-on se mettre derrière des
autorités (politiques et militaires) qui visiblement ne
maîtrisent pas la situation? Ni au Nord, ni même au sein de
l’armée?

Le président était encore prêt à prendre son avion pour se promener à Kigali quand
cette dernière crise a éclaté. Il a visiblement plus de
qualifications pour se mettre à l’aise qu’à diriger ce pays
convenablement. Si il faut demander l’aide de la France, à quoi
servent donc notre armée et nos autorités? Nous pouvons tous
faire l’économie de leurs présences et transférer la défense du
pays à Serval.

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Mali: l’armée n’a perdu que Kidal, une demande
d’aide de Serval pas exclue

 

Bamako – Les forces maliennes
conservaient jeudi leurs positions intactes partout dans le
nord du Mali sauf à Kidal, a affirmé le gouvernement,
précisant qu’il envisage de demander un appui à la force
française Serval déployée dans la région.

 

Actuellement, nous nous sommes
retirés de Kidal, qui fut théâtre la veille de combats entre
soldats maliens et groupes armés, a déclaré le ministre
malien de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga à l’antenne de
la télévision publique malienne ORTM.

 

Selon lui, Ménaka, une autre ville
du Nord, était jeudi sous pression des groupes armés. Il n’a
pas explicitement parlé d’affrontements.

 

Et sur Ménaka, nous sommes en
relation avec la force Serval (de la France) qui est prête à
considérer positivement notre demande d’appui. Nous sommes
en relation avec la force Serval pour identifier la nature
de l’appui que nous pourrions leur demander en fonction de
l’évolution de la situation, a-t-il dit.

 

Mais Ménaka n’est pas tombée. Et
partout dans les autres secteurs, nos positions sont
intactes: Tessalit, Aguelhoc, dans le secteur de Gao,
Tombouctou…, a-t-il assuré.

 

Mercredi, un responsable du
Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA,
rébellion touareg) a affirmé qu’une coalition de trois
groupes armés avait combattu les forces maliennes à Kidal,
tombée sous leur contrôle. Il avait ajouté que ces groupes
avaient ensuite pris, sans combats, d’autres villes du nord
abandonnées par les soldats maliens, citant Anderamboukane,
Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Anefis.

 

Le ministre de la Défense a par
ailleurs indiqué que 97 soldats maliens, dont 22 blessés
étaient jeudi à Kidal dans un camp de la mission de l’ONU
(Minusma).

 

Il a précisé le bilan n’était pas
encore disponible concernant le nombre de morts et de
prisonniers, en soutenant cependant qu’il y avait moins de
détenus qu’annoncé par les groupes armés: il y en a beaucoup
moins que la propagande de l’autre camp ne le laisse croire.

 

Jeudi à Ouagadougou, le
porte-parole du MNLA, Mossa Ag Attaher, a affirmé qu’une
quarantaine de militaires maliens ont été tués, cinquante
été blessés et 70 faits prisonniers après les affrontements
de ces derniers jours à Kidal.

 

Un autre responsable du MNLA,
Moussa Ag Assarid s’exprimant depuis Kidal mercredi, avait
fait état de quatre morts et huit blessés parmi les hommes
de la coalition armée.

 

La ville de Ménaka était sous
pression de la part d’éléments que nous estimons
majoritairement du Mujao, mais alliés à tous les autres, a
expliqué le ministre Maïga.

 

Le Mujao (Mouvement pour l’unicité
et le jihad en Afrique de l’Ouest) fait partie des groupes
jihadistes ayant occupé le nord du Mali pendant près de dix
mois, avant d’être chassés des grandes villes de la région à
partir de janvier 2013 par une intervention militaire
internationale initiée par la France, et toujours en cours.

 

Après la déroute à Kidal, nous
essayons de réorganiser nos forces sur le terrain (…).
Nous continuons à alimenter sur le plan logistique nos
éléments qui sont sur Gao et dans d’autres secteurs, a
encore affirmé Soumeylou Boubèye Maïga.

 

Il a par ailleurs évoqué, sans
fournir de détails, d’informations reçues par Bamako, selon
lesquelles il y a des exactions sur les populations qui ne
sont pas favorables à ceux qui ont le contrôle de la ville
aujourd’hui.

 

Il a réitéré les appels au calme et
à la retenue, multipliés ces derniers jours par les
autorités. Il a invité les Maliens à être mobilisés non pas
contre les forces internationales, que certains soupçonnent
de passivité envers les groupes rebelles, mais en faveur de
l’armée.

 

(©AFP
/ 22 mai 2014 17h08)
 

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A. Karim Sylla