“Le papier de Ouagadougou” a un an.

Bonjour à tous,

Ce qui suit n’est pas un plaidoyer ” pro-domo” mais
un rappel qui, je l’espère, incitera à un peu plus de
précaution dans nos analyses et prises de position avec
le recul du temps, meilleur juge de nos actes et de nos
passions.Moins d’une heure après la signature de l’Accord de
Ouagadougou, une journaliste de France 24 me demandait
en direct: ” qu’est-ce que les Touaregs ont gagné dans
cet accord?”.
“Madame, ils ont gagné d’être revenus dans leur
pays, d’en accepter la constitution et de se soumettre à
ses lois. C’est une belle victoire pour tous les
Maliens”!
Cette journaliste française semblait avoir compris
la portée de l’Accord qui venait d’être signé mieux que
beaucoup de Malinkers qui, à l’époque, faisant fi de
toute objectivité et de la bonne foi sans lesquelles il
n’ y a pas de démarche intellectuelle rigoureuse, ont
brocardé et vilipendé l’Accord du 18 juin 2013.

Obtenu après plusieurs semaines d’âpres et intenses
négociations, l’Accord de Ouagadougou garantissait
l’intégrité du territoire, l’unité nationale du Mali, la
forme laïque et républicaine de l’État. Les parties
signataires ont aussi accepté le cantonnement, sous
supervision internationale, des éléments armés des
groupes rebelles ainsi que le redéploiement progressif
des forces armées et de sécurité du Mali et le retour de
l’Administration dans toutes les régions du Nord, dans
celle de Kidal en particulier.
Autre caractéristique importante pour l’avenir: des
groupes autres que ceux qui ont pris les armes contre le
pays ont été associés à la conclusion de l’Accord comme
” adhérents”. Cet acte de haute portée politique
préfigurait la nature nécessairement inclusive de tout
accord de résolution définitive de la crise du Nord.
Favorable en tous points de vue au Mali, unanimement
salué en Afrique et dans le monde, l’Accord préliminaire
de Ouagadougou a fait l’objet de critiques dans
plusieurs milieux au Mali et certains sur Malilink l’ont
attaqué avec virulence.

Si les uns ont critiqué avec sincérité “le papier de
Ouaga” (!!), quelques autres ( une infime minorité) ont
étalé à l’occasion une mauvaise foi et un subjectivisme
dont seul le temps permet aujourd’hui de mesurer toute
la portée.
Les nouvelles autorités qui ont accédé au pouvoir au
lendemain de l’élection présidentielle sont aussi
tombées dans le subjectivisme. Elles ont donné
l’impression pendant de longs mois de ne pas avoir
mesuré tout l’intérêt pour le pays de l’Accord de Ouaga.
Cette attitude est à l’origine de l’immobilisme et de
l’impasse qui ont conduit aux événements des 17 et 21
mai 2014 et au fait que le drapeau du MNLA flotte
jusqu’à Djebock ( à une cinquantaine de kilomètres de
Gao).
Depuis le 21 mai, le gouvernement ne cesse de faire
référence à l’Accord de Ouagadougou dont il invoque la
mise en œuvre dans un contexte d’humiliation et
d’isolement du pays.
Pendant que le gouvernement magnifie désormais ” le
papier de Ouagadougou”, les critiques du ” papier” sur
Malilink se taisent.
Quelles sont les raisons de ce silence? Sont-ils désormais comme
Paul ” illuminé(s) sur le chemin”…de Ouaga?  Ou voyant
que le gouvernement a changé d’avis, ils prennent acte
en silence?
De toutes les façons, le temps est meilleur juge de nos paroles et de de nos actes…
Bon anniversaire,
Cordialement
Tiébilé Dramé

A tous

ceux qui trouvent que le Mali a d’autres problèmes
plus urgents, je rappelle que selon toute
apparence, ces dits problèmes urgents étaient
beaucoup moins urgents que le luxe de l’avion
présidentiel et la rénovation à grands frais du
logement du prince Kéita.
Intellectuels maliens, vos allégeances sont-elles d’abords pour
des individus, pour des principes ou pour votre
peuple ? La présence de Monsieur Mara parmi nous
ne doit pas nous conduire à passer l’éponge sur un
mensonge flagrant de sa part et même d’aller
chercher des excuses à sa place. Nous aurions dû
être plutôt déçus du fait qu’il aille supporter
cet achat inopportun devant l’Assemblée Nationale,
même s’il disait vrai.
Comme le dit Mr Yachim, pour quelqu’un qui s’est fait
élire sous le slogan « Le Mali d’abords »,
commencer par un avion personnel et d’autres
conforts personnels devrait être une insulte à nos
intelligences. Mais, bon, du moment que nous
sommes copains-copains avec Mr Mara, qu’est-ce ça
peut-être un petit mensonge pour acheter un petit
avion en plus d’un autre dont les portes grincent
de temps en temps?
 
Ça ne fait qu’un petit trou de 20 milliards, peut-être
le budget annuel d’une seule des 8 régions du
Mali. Que peut-on faire d’autre avec 20 petits
milliards de CFA ? 
Combien de maitres d’école primaire par an pourrait-on
payer au lieu d’un deuxième avion ? Certainement
pas trop ! 
Combien de salles de classes à l’université pourrait-on
aménager au lieu d’un avion superflu? Peut-être
pas trop.
Combien de famille paysannes au Mali faudrait-il par an
pour produire 20 petit milliards de CFA pour un
avion de secours ?
Donc ne perdons pas notre temps sur des détails. Surtout
qu’au-delà du prix d’achat, la maintenance  d’un
second avion présidentiel est gratuite, n’est-ce
pas? 
Et puis l’honnêtété, hein, qui s’en occupe au Mali? La
responsabilité pour ses propres mots, ses propres
actions? Depuis quand?
Allez-y donc Monsieur Mara, donnez l’exemple de “How to
get things done in Mali”. Le chien aboie, la
caravane passe. N’est-ce pas?
Sabu Nyuman