Megalos and Co.

L’émission “Archives d’Afrique” (de RFI) a récemment donné la voix aux
anciens prisonniers des prisons de Sékou Touré. Le premier livre que
j’ai lu sur les prisons de Sékou était celui d’Alpha Abdoulaye Diallo
“Dix ans dans les geôles de Sékou Touré – la vérité du ministre” sorti
juste après la mort de Sékou Touré. J’ai lu le livre vers 1986.
Troublant, choquant et horrifiant. Des passages ci-dessous.

Le détenu politique guinéen ne sait jamais à quelle peine il a été
condamné. Il ne sait donc jamais à quelle date il sortira de prison, ni
même s’il en sortira. Il vit dans une incertitude, une angoisse
continuelles […] Une autre pratique, fermement établie elle aussi,
veut que tout prisonnier politique libéré rende une visite de courtoisie
au chef de l’État pour le remercier de sa magnanimité. […] Certains
s’acquittent de ce « devoir » accompagnés de tous les membres de leur
famille : femmes, enfants, frères, oncles, alliés, etc.

Il y a eu toute une série de livres sortis depuis le milieu des années
70; on peut encore en trouver en librairie, mais difficilement – le site
http://www.campboiro.org en a mis en ligne.

À tous les égards Boiro était similaire en nature et méthodes au bagne
de Taoudeni que GMT avait fait bâtir pour ses prisonniers politiques; la
prison sans murs extérieur. Plusieurs livres ont été écrits sur cette
autre honte – la maison d’édition d’Amadou “Djicoroni” Traoré (La Ruche
à Livres) en a édité plusieurs. On peut les trouver à la librairie du
grand hôtel à Bamako.

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A. Karim Sylla


On Jun 13, 2014, at 7:22 PM, Souleymane Soukouna
wrote:

Un des plus sinistres est cette video de Sekou Toure. Un homme
hautement intelligent et eloquent, qui donne un tour de Conakry au
volant de sa limousine a ses invites journalistes français, qui finit d
ailleurs avec une rencontre informelle avec Sihanouk, alors en exil. Il
fustige la France, se dit aimer par le peuple, et vivre dans un système
démocratique meilleur que la France, le tout avec des rues débordées d
immondices, une ville délabrée et des habitants craintifs a l arrière
plan. Je ne ne sais pas lequel est pire, la mégalomanie ubuesque de
Bokassa ou la manie sanguinaire de Sekou Toure, au moins Bokassa
essayait de s entourer des apparats de son empire fictif, Sekou Toure
delirait avec le decor reel.

Soukouna