Organisation des examens de fin d’annee au Mali-Que faut-il faire?

Bonjour/bonsoir a tou/te/s !

Depuis bientôt plusieurs décennies, aucune année scolaire ne s’est
achevee au Mali sans qu’on ne parle (a tord ou a raison) de fuite de
sujets d’examens. Ces fuites (ou rumeurs de) semblent toujours se faire
suivant le meme scenario: Quelqu’un quelque part parmi les décideurs ou
leurs associe/e/s fait sortir les sujets, celui/celle qui obtient le
sujet cherche quelqu’un (un enseignant/un bon eleve, ou un groupe de
travail, etc) maitrisant la matière pour traiter le/s sujet/s et
patatras !!!! de bouche a oreille, internet, telephone, etc les fuites
se propagent de Kayes a— Kidal.

Cette situation a presque toujours fait que le jour de l’examen,
beaucoup de candidat/e/s connaissent deja l’épreuve (soit dans sa
totalité ou en partie). Ainsi, certaines parties du corps de certain/e/s
candidat/e/s sont transformées a l’avance, en tableaux ambulants/mobiles
positionnes et utilises selon les réalités de la salle d’examen. Par ce
fait, toutes les ceremonies officielles d’ouverture des enveloppes pour
marquer le démarrage de ces examens deviennent un simple folklore et une
perte de temps inutiles.

Bien qu’étant a des milliers de kms, il me semble, d’apres ce que j’ai
lu et entendu par ci par la, que cette année n’a pas fait l’exception.
A l’images des ventes de diplômes, des années scolaires bricolées, de la
corruption et de tous les autres maux qui gangrènent notre système
éducatif (et dont beaucoup d’entre nous avons deja parle), les fuites de
sujets contribuent (et continueront a contribuer) a la déchéance, au
manque de crédibilité de notre système. Pour commencer a rétablir cette
confiance et cette crédibilité du système vis a vis des citoyen/ne/s et
des partenaires du Mali, ce fléau fait partie des choses a attaquer le
plus tot possible. A mon avis, il est possible et meme urgent de
l’attaquer maintenant, car il y va de l’avenir des generations futures.
“Les moments ou nous sommes amèrement confrontes a l’échec de leadership
de certaines generations précédentes sont les moments les plus propices
pour poser les actes nécessaires pour que les generations futures soient
plus fortes, mieux équipées, et mieux préparées.” Je me cite moi-même
unpublished 🙂

Il est donc urgent de prendre des dispositions au sein des départements
en charge de l’Education Nationale pour situer les responsabilités. Ces
responsabilités peuvent bien être difficiles a situer mais ce n’est pas
impossible. Aussi lutter contre ces fuites ne devrait occasionner aucune
depense budgétaire extra.
Par exemple:
Essayons par exemple, pendant 2 ou 3 ans, pour le DEF, et le BAC qui
sont des examens nationaux :
1-Connecter chaque Academie d’Enseignement, chaque Lycee, et chaque CAP
a l’internet et former les Directeurs et les Proviseurs a son usage (au
moins l’usage de base telque ouverture d’emails encryptes, etc.). Cela
peut sembler très banal mais je sais qu’il y’a beaucoup de DAE
(Directeurs d’Académie d’Enseignement), de Proviseurs et de DCAP
(Directeurs de Centre d’Animation Pedagogique) qui sont très très bons
dans leur travail, mais pour lesquels l’usage de ces fonctions-ci releve
simplement d’un autre monde pour le moment.

S’assurer aussi que les hauts responsables du Centre National des
Examens et Concours de l’Education se familiarisent avec ces fonctions.

2-Si je ne me trompe pas, présentement c’est le Centre National des
Examens et Concours de l’Education qui a le dernier mot dans le choix
des sujets, en passant par les Inspecteurs Generaux de l’Enseignement
Secondaire (pour les sujets du Bac). Mon point ici est qu’il est bien
possible de responsabiliser une seule personne pour le dernier mot dans
le choix de chaque sujet de DEF et du Bac. Cette personne peut être le
chef du Centre National des Examens et Concours de l’Education lui-même
ou un/e de ses adjoint/e/s un Inspecteur de l’Enseignement secondaire,
Dans tous les cas, il faut que ce soit une seule personne qui choisira
parmi des centaines de propositions de sujets faites par les
enseigant/e/s detenant les classes sur tout le territoire. C’est
toujours facile de situer les responsabilités lorsque c’est une seule
personne et évidemment les sanctions seront plus faciles, car il en
faudra. Une fois le sujet choisi (parmi des centaines de propositions),
cette personne (qui doit avoir participe a la formation en
informatique/email, etc mentionee en haut) doit pouvoir taper le sujet
et l’enregistrer sur son ordo ou autre moyen sécurise. Finies les mises
en enveloppes et tout cet inutile travail a la chaine qui met les sujets
d’examens en danger a chaque étape du circuit… Enfin ces responsables
devront envoyer par email les sujets le matin meme de l’examen aux DCAP
(pour le DEF) et aux Proviseurs (pour le Bac) et aussi aux DAE. Ces
mesures peuvent être améliorées pour les ajuster vu l’enclavement de
certaines localités et la distance entre certains centres d’examens du
DEF et les CAP dont ils relèvent: A ce niveau aussi les DCAP en question
doivent être ecoutes.

Le schema propose en haut peut aussi inclure les Directeurs des
Etablissements de l’Enseignement Technique et Professionnel (ECICA, CFP
etc) pour réglementer les Examens de CAP, BT et autres.
Juste des idees que je partage pour essayer de calmer ma proper
frustration personnelle devant ces interminables fuites dont je ne cesse
d’entendre parler chaque année ou presque. Tant que ces examens
resteront des examens nationaux, une telle demarche pourra aider. Il
reste aussi vrai que la possibilité de remplacer ces examens nationaux
est un bon debat qu’il faudrait bien s’apprêter a mener le moment venu.
Mais entre-temps, il faudrait bien faire quelque chose…
Merci, bien de bonnes choses a tout le monde et passez un bon weekend !

Talatou A. Maiga
University of Utah