Plus d’alcool au Gabriel Touré

Vous savez, au Mali on se fout des citoyens… Les riches vont à
Pasteur, les dirigeants vont à Marseille en Boeing et la populace est
invitée à crever. Comment peut-on comprendre que le plus grand hôpital
du Mali n’ait plus d’alcool ou de coton? Comment admettre que les
médecins eux même payent de leur poche des gants pour éviter de
transmettre des bactéries et maladies (ou en recevoir)? Comment
comprendre que pour palier à ce manque les médecins sont réduits à
utiliser de l’eau de javel destiné au nettoyage?

Lundi dernier, IBK était à Bissau pour célébrer l’élection du nouveau
président Guinéen. Rien que l’utilisation de son Boeing en aller-retour
a coûté 9 400 000 F au contribuable. De quoi acheter 2 mois de stock
d’alcool et de coton pour l’hôpital.

N’est il pas beau ce “Mali d’abord”? Ils mangent tout, même les petites
miettes ne sont pas laissées aux plus démunis.

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A. Karim Sylla

 

Gabriel Touré : DANGEREUSE RUPTURE
26 Juin 2014 | L’Essor | B. Doumbia

Depuis lundi, l’hôpital n’effectue plus d’intervention à froid faute de
produits anesthésiques et de consommables

Les malades dont les interventions chirurgicales étaient programmées à
l’hôpital Gabriel Touré vont devoir prendre leur mal en patience. En
effet, depuis lundi, le centre hospitalo-universitaire ne fait plus
d’intervention à froid.

La mauvaise nouvelle est peu banale puisque cet établissement
hospitalier de 3è référence semble être le plus fréquenté par les
Bamakois du fait de sa position géographique mais aussi des compétences
qui y officient.

La raison invoquée par les chirurgiens pour expliquer cette décision
radicale ? Une rupture de produits anesthésiques et de consommables,
notamment les gants, l’alcool et le coton.

Il faut rappeler que déjà en mai dernier, l’hôpital Gabriel Touré avait
passé près de 3 semaines sans pouvoir effectuer d’intervention à froid.
Les mêmes raisons avaient alors été avancées. Cette situation est, bien
entendu, intenable pour les malades et les praticiens. Ceux-ci sont
contraints de repousser leurs opérations programmées. A titre d’exemple,
le service d’urologie de Gabriel Touré a différé 5 interventions à froid.

La situation fait grincer des dents. Le directeur général adjoint de
Gabriel Touré, le Dr Moussa Sanogo, est parfaitement conscient de
l’urgence et de la nécessité de trouver des solutions. Pour lui,
l’hôpital est une entreprise particulière. « Ce sont des êtres affaiblis
qui nous viennent. Nous sommes censés leur redonner espoir. Si Gabriel
Touré ne fonctionne pas correctement, cela peut mettre en péril tout le
système de santé dans le pays», convient-il.

Si notre interlocuteur n’a pas voulu s’étendre sur les détails de la
situation, d’autres praticiens ont confirmé qu’au service d’accueil des
urgences, on utilisait de l’eau de Javel pour désinfecter car l’hôpital
est aussi en rupture d’alcool, de coton et de gants. Or Cette situation
peut impacter les consultations.

Au service d’urologie de Gabriel Touré, le Pr Zanafon Ouattara assure
avoir payé de sa poche une boîte de gants pour consulter ses patients.
Mais il n’entend plus renouveler ce stock. « Nous ne devons pas admettre
cela. Théoriquement, l’hôpital dispose d’une autonomie de gestion mais
dans la pratique, sa marge de manœuvre est assez réduite »,
argumente-t-il. Le praticien impute aussi les ruptures de stock à
l’obligation pour l’hôpital de respecter le schéma directeur
d’approvisionnement en médicaments en vigueur dans notre pays. Ce schéma
oblige les établissements publics hospitaliers à payer les médicaments
avec la Pharmacie populaire du Mali (PPM).

Le Pr Zanafon Ouattara estime que pour soulager les établissements
hospitaliers, il est nécessaire de sortir les commandes de médicaments
et équipements médicaux de la procédure des marchés publics.

Le chef du service d’urologie a informé l’administration hospitalière,
en sa qualité de directeur de la commission médicale d’établissement, de
la rupture de produits anesthésiques.

Pourquoi les ruptures sont-elles si fréquentes ces derniers mois ? Les
produits anesthésiques sont pourtant disponibles à la PPM comme a pu le
vérifier, hier, un émissaire de l’hôpital Gabriel Touré qui souhaitait
commander 64 flacons d’halothane (un produit anesthésique dont la PPM
possède 30 flacons en stock) et un stock d’autres produits
anesthésiques. A la Pharmacie populaire du Mali, un responsable assure
que Gabriel Touré n’a aucun problème d’approvisionnement avec la
pharmacie. Le centre hospitalier universitaire serait bloqué par le
système paiement au comptant des commandes. Selon notre interlocuteur,
l’hôpital devait plus de 300 millions de Fcfa à la PPM. Ces impayés ont
été épongés par l’actuel ministre de la Santé et de l’Hygiène publique
pour permettre à l’établissement de souffler un peu. L’administration de
Gabriel Touré avait même passé une commande de 9 millions de Fcfa de
médicaments anesthésiques le 29 avril dernier.

Aujourd’hui, cette provision semble épuisée. Nous n’avons pu entrer en
contact avec le responsable de la pharmacie hospitalière pour mieux
comprendre les difficultés de Gabriel Touré à s’approvisionner
régulièrement en produits anesthésiques.

B. DOUMBIA