Affaire du Boeing (suite)-Boeing à part

Il faut essayer d’analyser ce qu’IBK a fait entre la visite du PM à
Kidal et la déroute de l’AMA le 21 mai pour vraiment comprendre la
nature du monsieur.

D’abord il préparait un voyage à l’étranger qu’il a du annuler quand la
crise a éclaté. Quand le PM a fait sa déclaration de guerre, IBK a
décidé d’envoyer à Kidal 1500 soldats. 1500 soldats dans une ville où on
vient de tirer sur le PM et où le Mali n’avait droit qu’à 200 soldats
c’est quand même une action sérieuse qui peut avoir beaucoup de
rebondissements, bons ou mauvais, en tout cas d’une importance capitale.

Dans n’importe quel pays sérieux, le président aurait créé une cellule
de suivi des actions menées à Kidal minute-par-minute ou heure-par-heure
pour savoir ce qui s’y passe. Quand Hollande a envoyé ses premiers
soldats à Konna, il se tenait informé de cette façon – on a même vu un
documentaire qui a filmé cette cellule de l’Elysée. On se rappelle aussi
de la photo d’Obama et son cabinet de sécurité entrain de vivre en
direct l’assaut contre la maison de Ben Laden. Quand on engage son pays
sur une question importante on se comporte en leader engagé.

IBK, lui, était complètement déconnecté le 21 mai (et sûrement avant);
la preuve? Il l’a dit lui même. Il a déclaré n’avoir donné aucun ordre
et être surpris quand on lui a appris que l’armée avait récupéré le
gouvernorat!! Il était tellement déconnecté que son PM et MinDef se
disputent aujourd’hui la paternité des SMS qui ont été à la base du
“malentendu” malheureux qui a tout changé au Nord! Si IBK avait fait son
travail et était à la barre il n’y aurait pas eu d’événements le 21 sans
son approbation expresse. Peut-on imaginer une seule minute Obama ou
Hollande dire qu’ils n’étaient pas au courant de la plus grande décision
militaire et politique de leur pays?

La réaction d’IBK est de jouer à la victime — j’ai été trompé par ceux
que j’ai mis en charge. IBK est bien une victime, mais une victime de sa
propre personnalité; il s’en fout!! Ce je-m’en-foutisme qui ne date
d’ailleurs pas d’aujourd’hui; n’a t’il pas promis aux maliens que lui
n’aurait aucun problème pour l’éducation de ses propres enfants (à
l’étranger) et que le moment venu ceux-là allaient diriger les leurs qui
auront fait l’école pourrie qui se profilait?

Les Maliens ont élu IBK et il lui reste encore 4 ans de mandat. La
question est de savoir si ça va continuer ainsi. L’ex-PM Tatam Ly pense
que oui – c’est du moins ce qu’il disait dans sa lettre de démission. Il
faut espérer qu’il se trompe. Mais depuis sa démission, le temps et les
événements continuent à lui donner raison.

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A. Karim Sylla