Affaire du Boeing (suite)-Boeing à part

Bonjour Karim et merci de tenir bon.
Boeing à part, on est en droit de se demander ce qui mérite l’attention
d’un président dans notre partie du monde. En 2012 quand la guerre
faisait rage, le président ATT est resté dans le silence pendant que les
nouvelles et rumeurs déferlaient les chroniques et que des photos de
soldats maliens mutilés circulaient sur internet sans que personne des
élus du peuple ne se donnât la peine de confirmer ou d’infirmer leur
authenticité. Quand enfin intervint ATT après quelques semaines, je
pensais qu’étant hors du pays, je n’avais simplement pas suivi ses
premières informations. Quelqu’un du réseau m’informa qu’en fait c’était
pour la première fois que le président adressait le peuple malien à
propos d’une guerre qui durait plus d’un mois.

Nous assistons à pareil scénario avec IBK. “L’aigle ne chasse pas les
mouches” chante MC Solaar. Le peuple malien a décidément un self-esteem
assez bas pour permettre une telle condescendance à des élus. Ou alors
la presse malienne n’en est pas vraiment une!
Il était une fois Hugo Chavez. Chavez était si franc et avait si peu à
cacher qu’il avait une émission télé tous les dimanches matin- Aló
Presidente et qui durait parfois 5 à 8 heures où il répondait aux
questions téléphoniques des Vénézuéliens. Il avait d’autres émissions en
plus et même brièvement un journal. En voilà un qui voulait faire.
Le président des USA, malgré son agenda certainement 100 fois plus
chargé que celui de “Laji Burama” s’adresse à la Nation une fois par
semaine. Nos petit rois à nous règnent et gouvernent par le silence.
Moins ils disent plus ils sont craints et vénérés. Moins ils paraissent,
plus ils paraissent divins. Culture exige.

Mais les choses changent et peut-être que IBK ferait mieux de prêter
attention aux préoccupations de ses “sujets”. Les parôles tierces
personnes ne satisfont plus les sujets d’aujourd’hui et si la presse
malienne saute d’un sujet à l’autre sans garder mémoire des questions
sans réponses, nous avons la chance d’avoir d’autres maliens qui ne
lâcheront pas si facilement. Courage à eux tous! Ils ont plus d’impact
qu’ils peuvent le penser.

Alors, Monsieur le président, trouvez le courage d’expliquer au peuple
malien qui vous a fait confiance les raisons de l’achat de ce boeing.
Vous n’en serez pas diminué. A moins que les dessous de l’affaire ne
soient aussi malhonnêtes et vils que le souligne l’article de
l’Indicateur du Renouveau. Dans lequel cas, ne vous y trompez pas, le
FMI ne lâchera pas tant que vous êtes au pouvoir et tôt ou tard vous
finirez comme Gbagbo, en sous-vêtement assis au bord d’un lit de fortune
dans une chaleur naturelle en compagnie de votre épouse, sans nouvelles
de votre dauphin, égaré, confus, n’ayant même pas le temps de vous
demander où sont passés vos liaisons ou votre fortune, mais plutôt
réduit à l’état animal avec comme seul instinct celui de survivre encore
une heure, une demi-heure, la minute suivante…

Le FMI vous fera cela, mon président, même s’il doit sacrifier des
milliers de vies maliennes par la famine ou la guerre. Alors, pourquoi
ne pas faire preuve de souplesse, mon président? Vous n’avez eu aucun
problème pour aller dire sur les toits que c’est vous qui avez limogé le
ministre de la défense. Cela était sans conséquence pour le Mali, qu’il
fut limogé ou qu’il ait rendu la démission. Cela n’avait d’importance
que pour votre égo. Est-ce tout ce qui compte pour vous quand l’avenir
de tout un pays dépend de vous? Même dans ce cas, pensez à la photo de
Laurent Gbagbo. Et n’oubliez pas Simone.

Sabu Nyuman