Enfin le FDR demande une assise nationale?

Bonsoir, bonjour.
En réponse à notre proposition relative à la tenue d’Assisses Nationales
pour sortir de la grave impasse dans laquelle la gouvernance actuelle a
enfoncé le Mali, plusieurs compatriotes ont, comme vous, souligné ”
l’incohérence” ou “l’inconséquence” du PARENA qui s’est fermement opposé
sous la Transition aux concertations nationales.

Nous avons noté une grande gémellité entre les positions du Directoire
de la ” Majorité présidentielle”, celles d’ un conseiller ( politique ?)
du Premier ministre et le long post sur Malilink de la porte-parole de
SADI/MP22.

Contrairement à ce que vous écrivez, Monsieur Keita, notre proposition
d’Assisses Nationales pour sortir de l’impasse est aux antipodes des
concertations nationales que voulaient organiser les putschistes et
leurs associés politiques tout au long de l’année 2012 et en janvier 2013.

Les associés politiques du capitaine Sanogo voulaient des concertations
nationales pour renverser ce qui restait de l’ordre constitutionnel et
mettre en place un ” conseil national de transition pour le changement”
( CNTC). D’où notre opposition farouche et déterminée.

Puisqu’ils semblent avoir la mémoire courte, je vous envoie dans un mail
séparé, leur plateforme du 8 janvier 2013 rendue publique, ce jour-là, à
la Maison de la presse de Bamako. Dans cette plateforme, ils donnaient
un ultimatum au Président de transition et avaient fixé les dates des
fameuses concertations: du 10 au 15 janvier 2013.

D’ailleurs, ils n’avaient pas attendu l’expiration de leur ultimatum:
dès le 9 janvier, ils ont provoqué de violentes manifestations de rues à
Bamako avec participation de militaires de Kati habillés en civil et
distribution de billets de banque. Ces manifestations ont continué le 10
janvier et devaient se terminer dans la nuit du 10 au 11 janvier par la
neutralisation du Président Dioncounda Traoré dont la résidence a été
investie et encerclée par des militaires venus de Kati au moment où
Konna tombait dans les mains des jihadistes.

Les Assisses Nationales que nous proposons sont d’essence républicaine.
D’emblée, nous avons dit qu’elles ne remettaient pas en cause
l’institution présidentielle. Donc, elles ne remettent pas en cause le
vote des Maliens. Il n’ y a aucune malice derrière. Il n’ y a que la
volonté de remettre le pays sur les rails.

Car, voyez-vous, en ce mois de juillet 2014, le Mali est bloqué. Il est
en panne. La quasi totalité du Nord est sous le contrôle de divers
groupes armés. Nous avons perdu d’importants acquis du fait de
politiques aventurières ( 17 et 21 mai). Notre armée est mal en point,
non de sa faute, mais de celle du leadership. Nous nous sommes rendus à
la table de négociations en position de faiblesse et sans préparation.
Nos relations avec la communauté financière internationale n’ont jamais
été aussi mauvaises. Nous avons opéré des choix et eu des priorités
contestables ( famille, dépenses de prestige, avion, rénovation de
résidence et du palais etc….). La réputation internationale de notre
pays est écornée. La crédibilité intérieure et extérieure de notre
gouvernement est largement entamée. De toute évidence, nous n’avons tiré
aucune leçon de l’effondrement de notre pays en 2012.

Ce sont là quelques raisons qui militent en faveur d’Assisses Nationales
Républicaines pour rectifier le tir, corriger ce qui peut l’être et
permettre au pays de repartir d’un bon pied. La seule motivation est la
préservation de l’ordre républicain et démocratique.

La plupart de ceux qui font l’amalgame entre leurs ” concertations
nationales” et nos Assisses étaient en fait des soutiens plus ou moins
déclarés du coup d’État. Ils allaient et revenaient à Kati et beaucoup
d’entre eux se retrouvent au sein de l’actuelle ” majorité présidentielle”.
Qu’ils contestent, et nous donnerons d’autres détails.

Cordiales salutations.
Tiébilé Dramé