Feuille de Routes des Négociations du MNLA

Après lecture je comprends mieux le sens des déclarations de Djéri Maiga sur RFI ce matin.
Le MLNA n’est pas sur place pour tout decider dans la precipitation – Le calendrier qu’il propose prendra au moins 1 an (si tout se passe bien), et jalonné de mesures intermédiaires. Je ne pense pas que c’est comme ça que IBK et son gouvernement voyaient la chose.

Dans la DPG le PM disait ceci:
Le déploiement de l’administration et la restauration de la souveraineté du pays sur l’ensemble du territoire constituent notre priorité absolue qui n’est en aucune façon liée aux négociations. Sans le retour effectif de l’administration sur l’ensemble du territoire, rien de durable ne peut être construit au nord. D’abord les forces armées, la gendarmerie et la police, ensuite l’administration du territoire, après les autres services avec une priorité à la justice et aux services à fort impact sur la vie des citoyens (énergie, eau, santé, éducation…). Actuellement le déploiement est progressif, nous allons l’accélérer pour que d’ici la fin de l’année, la souveraineté du Mali soit réelle sur l’ensemble de notre territoire.

L’ensemble des services publics, les agents publics sécurisés et plus motivés seront engagés à se déployer sur le terrain, sous la protection des forces armées, partout sur le territoire. L’administration sera soutenue pour une pleine fonctionnalité des services vers un retour à la normale d’avant la crise, et cela, d’ici un an.

Je crois qu’il faut admettre que la donne a définitivement changé; il n’y a rien qui laisse entrevoir une souveraineté rétablie. Pendant cette année de négociations, les rebelles procèderont méthodiquement à créer un fait accompli sur le terrain. Je partage avec vous ce que Hassan Fagaga disait en 2007:
La décentralisation nous fait plus de tort que de bien. Pourquoi ? La décentralisation signifie qu’en ce qui concerne la commune, le cercle, la région, chacun se gouverne seul en puisant dans ses propres ressources. Or, il se trouve que notre région n’a pas de richesses. Nous n’avons ni ressources humaines ni ressources naturelles. Nous n’avons même pas de recettes fiscales. C’est une région pauvre, aride, qui a soif. Quand on demande à une commune comme Tinzaouatine (frontières algéro-maliennes) de vivre de ses ressources agricoles et de ses impôts, c’est comme si vous la condamniez à mort. Notre population manque d’instruction, de cadres. Nous ne sommes pas préparés à l’exercice de la responsabilité. Il faut du temps pour former les gens. Dans 20 ans, peut-être, les gens seront prêts pour la décentralisation.

La réoccupation récente des bourgs et villes du Nord par le MLNA répond surtout à ce souci. La démission effective de l’AMA n’arrangeant rien — selon la presse, des soldats à Menaka menacent de quitter la ville parc qu’ils n’ont aucun soutien de la hiérarchie; Bert Koenders disait aussi que c’est la MINUSMA qui donnait le quotidien à des soldats Maliens, et cela pendant qu’on nous fatigue les oreilles pour des questions de souveraineté.

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A. Karim Sylla