Les jeunes Français partent à l’étranger

Vous (Ndack et Souleymane) donnez l’impression que quelqu’un sur ce
forum affirme qu’on ne peut pas réussir sous un système raciste alors
que la question n’est point a ce niveau. Souleymane a su se maintenir au
dessus du lot malgré les “occasionnels profs racistes” qu’il a rencontre
sur son chemin. Wane et Agmai sont tous deux ingénieurs malgré le
racisme qu’ils ont du affronte. Comme ces deux, Lilian Thuram a peut
être eu des 20 a l’école mais cela ne l’empêche pas de parler de son
experience de la discrimination a l’école française. Une bonne partie
des 2100 individus inclus dans l’etude que j’ai mentionnee disent qu’ils
ont subi la discrimination a l’école française. Pour Ndack ses voix ne
compte guère puisqu’il y’a des millions d’autres personnes qui
réussissent dans le système. Je ne suis pas statisticien, mais je crois
savoir que les experts en la matière travaille avec des échantillons
pour arriver et des conclusions. Les auteurs de l’article écrivent ceci:

“L’enquête Teo est une de premières enquêtes qui permet de mesurer
directement la discrimination via les déclarations des individus dans un
échantillon représentatif de la population et suffisamment grand pour
permettre des analyses détaillées selon différents critères
sociodémographiques. Dans cet article nous avons tiré profit de la
richesse des questions qui portent sur les discriminations en
distinguant deux indicateurs : un indicateur de l’expérience
auto-reportée et un indicateur de la discrimination situationnelle. Ces
indicateurs permettent d’abord de souligner la complexité de toute
mesure subjective de la discrimination. Un premier résultat est que les
questions directes et générales sur l’expérience des discriminations ont
tendance à sous-estimer cette dernière sans doute parce qu’elles
supposent un certain degré de conceptualisation de l’expérience
individuelle.”

Les memes auteurs relèvent dans leurs conclusion que:

“Les discriminations pour motif ethnoracial sont déclarées plus
fréquemment par certaines populations issues de l’immigration. C’est le
cas des descendants d’immigrés comparativement à leurs parents; un
résultat qui indique une plus forte sensibilisation de ces derniers aux
questions de discriminations et sans doute un plus grand refus de leur
part de ces pratiques vécues comme fondamentalement injustes alors
qu’ils sont nés et ont été socialisés en France. Leur sentiment de
discrimination semble le plus fort à l’école et sur le marché du
travail. Au sein des populations immigrées, l’origine est un facteur
déterminant. L’expérience de la discrimination est une affaire de
minorités visibles ; c’est pour eux (notamment les populations d’origine
africaine mais également pour les français natifs des DOM) que le motif
ethnoracial est le plus immédiatement identifié dans une interaction
sociale notamment au travers de la couleur de la peau.”

Les auteurs indiquent que la meme tendance existe parmi les immigres qui
ont réussi dans le système scolaire et universitaire français. Ces
individus parlent plus de discrimination parcequ’ils sont mieux outilles
pour comprendre la sournoiserie de son modus operandi. Ce passage en
dit long:

“Les analyses toutes choses égales par ailleurs indiquent que, alors que
certains caractéristiques de statut social protègent des discriminations
(notamment la profession et le revenu), le diplôme lui, lorsqu’il est
élevé, accentue les chances de se déclarer victime de telles pratiques.
Là aussi
Là aussi ce résultat souligne l’importance des processus psychosociaux
de conscientisation des discriminations qui semblent corrélés à
l’éducation.”

Pour boucler cette reflexion, les auteurs écrivent:
“Enfin les dernières analyses se focalisent sur la question de la
transmission intergénérationnelle de la discrimination au sein des
populations immigrées. Elle montre une forme de stabilité voire de
reproduction de l’expérience des discriminations pour les immigrés
originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. L’enquête ne permet
pas d’évaluer l’évolution dans le temps de l’intensité de la
discrimination, ni de valider à strictement parler le fait que la
seconde génération est plus discriminée que la génération des immigrés,
mais elle montre que, pour les minorités visibles, la socialisation en
France et la mobilité sociale ne protègent pas des discriminations. Ce
mécanisme d’indifférenciation et d’égalisation des conditions sociales
s’observe en revanche pour les secondes générations européennes.”

Avec tout cela, Ndack trouve que c’est Amadou Niang qui n’a pas compris
l’article. Peut être qu’elle a raison, mais on ne peut pas nier que
l’article montre avec consistance que la discrimination existe belle et
bien en France et a l’école française, du moins selon le vécu d’un
échantillon large “et représentatif de la population.” C’est cette
existence que Wane avait clamee haut et fort. Et c’est cette existence
que Ndack avait refute de facon absolue. Vous pouvez donc continuer a
essayer de nous distraire du problème poser, mais ce serait un vain
exercice.

Amadou Niang


 

On Wednesday, July 23, 2014 5:39 AM, Ndack KANE wrote:

Bonjour Moussa,

Pour ma part, les décideurs africains francophones (car ce sont surtout
eux que je connais) dans leur majorité ne sont pas vraiment dans un
esprit idéologique pour le développement de leurs pays tout court. Ils
ne mettent pas leurs pays en avant.

Mais le fait que les populations acceptent de rester à leur place dans
nos organisations sociales traditionnelles n’aide pas non plus.
L’Afrique a besoin d’une révolution sociale tout comme l’Asie l’a vécue,
et tout autres peuples du monde qui a avancé dans l’histoire. Les
populations devraient se regarder elles-mêmes et exiger que les choses
changent. Elles commencent à le faire mais il faut exiger beaucoup plus
car elles méritent le meilleur comme les autres populations du monde.

Ce que Karim et Amadou Wane font par exemple dans le topic “Aviongate”
est un bon début dans ce sens (il faut garder cette pression là et aller
au-delà pour passer à une étape supérieure avec une base forte au niveau
des populations). Ces deux-là sont des sortes de Lilian Thuram maliens
🙂 Car en Afrique, les vrais colons, les vrais discriminateurs, ce sont
les Wade, IBK et cie.

Bien à vous,

Ndack