L’Union Européenne gèle son aide au Mali

Bonjour Mtre Konaté,
Bonjour Dr Ouatt,
Je vous remercie pour vos réactions.
Je regrette, mais ce que le système FMI/BM donne n’est qu’une
contribution infime par rapport au budget global du Mali. Cette
contribution, si j’ai bien compris correspond à l’appui budgétaire qui
n’arrive qu’à partir de juin.
Si tel est le cas, il n’est pas possible que le budget de l’armée soit
lié à cela.
Il serait bien que des spécialistes nous édifient par rapport au
pourcentage du budget qui vient des ressources nationales et les
pourcentages des différentes subventions.
Il serait également intéressant que des spécialistes nous fassent le
point de la situation économique de notre pays de mars 2012 à septembre
2013 (comment avons-nous fait ?). Le résultat de cette analyse doit nous
aider à réduire notre dépendance des subventions du système FMI/BM, qui
ont tout l’air d’un système de contrôle et de dépendance de nos
économies nationales. Nous devons profiter de ces moments, difficiles
pour commencer à nous affranchir, de diminuer les charges de l’état, de
faire des planifications en priorisant des secteurs de souveraineté
comme l’armée et ta défense nationale dans la perspective de bâtir une
vraie économie nationale basée sur une exploitation et transformation
des ressources du Mali, dans l’intérêt des maliens et du Mali.
Mon cher Ouatt, pour moi, ce que le FMI est entrain de faire n’a rien à
voir avec un non respect des engagements avec des partenaires.
J’aimerai bien qu’on m’expliquer en quoi le Mali n’a pas respecté ses
engagements avec le FMI ?
Oui, je suis d’accord, il est temps que nous ouvrons les yeux vis a vis
de nos dirigeants afin qu’ils utilisent judicieusement nos ressources
internes et externes.
Nous devons ouvrir doublement nos yeux vis-à-vis de nos partenaires,
surtout ceux qui comme le FMI/BM sont à la base de nos misères et veut
nous maintenir sous leur contrôle permanent.
Nous devons ouvrir doublement les yeux et prendre notre courage pour
démontrer l’échec des politiques d’ajustement structurel et les
différents programmes du FMI/BM ont surtout empêché l’essor d’une
économique nationale. Ces programmes nous ont rendu « pays très pauvre
très endetté ». N’est t-il pas étonnant qu’on continue à faire une
course pour être classer PPTE ?
Pourquoi le FMI/BM veut continuer à rester au chevet du « grand
convalescent Mali » ? le Mali qui a survécu aux suspensions des aides de
mars 2012 à septembre 2013, aux différents embargos qui continuent sous
autres formes et aux promesses non tenues ?
Nous devons ouvrir les yeux pour refuser qu’on nous pilote encore sur
des agendas qui sont conte nos intérêts.
Autant nous devons exiger de nos dirigeants, autant nous devons refuser
ce pilotage du FMI pour des objectifs inavoués.
Le FMI doit au contraire nous rendre compte de l’échec de ses programmes
au Mali. Nous devons d’ailleurs exiger des dédommagements.
Ne me dites pas que nous ne pouvons pas le faire parce que nous n’avons
pas les moyens ou que nous n’avons rien. Si nous n’avions rien, nous
allions être en en paix aujourd’hui.
C’est parce que nous avons quelque chose, que nous sommes au centre de
convoitises.

Alors, ayons le courage de prendre conscience que nous avons quelque
chose et que nous avons le droit de disposer de nos ressources et de les
exploiter en partenariat gagnant- gagnant et respectueux dans l’intérêt
du Mali.

Bon courage à nous tous, pour le Mali.
Pr Rokia SANOGO

Le Vendredi 11 juillet 2014 13h46, sida BA a écrit :

Merci Mr Goita!!! Franchement vous me soulagez mes peines avec ces
vérités crues envers des discours “nationalistes” que nous distillent
certains courants politiques de notre pays. En verite les tenants de
cette ligne politique sont de populistes en quête d’audience. Je ne
comprends simplement pas comment dans un pays pauvre très endette et de
surcroit très corrompu ou le partenariat au développement joue un
facteur important dans les equilibres budgétaires et macro-économiques
contribuant ainsi a preserver la quietude sur le front social on se
permet de tenir des discours anti-partenaires. Le FMI, la BM et tous les
autres partenaires techniques et financiers ont des lignes directrices
en matière de cooperation et d’assistance envers ses Etats membres pour
lesquels ces Etats souscrivent. Alors pourquoi s’en prendre a ces
institutions lorsqu’elles veulent faire appliquer leur ligne de conduite
plutôt qu’a nos gouvernants qui nous créent des problèmes dont on aurait
pu nous éviter? J’ai du mal a suivre le bien fonde de tels discours
“nationalistes”
Bonne fin de semaine!
Sidy
Le Jeudi 10 juillet 2014 11h23, Kalifa Goita a écrit :

Bonjour Rokia
“…dire non au FMI…”. C’est un raisonnement qui n’a pas de sens. Mais
venant de vous rien d’étonnant.
Nous dirons non au FMI peut-être un jour. Mais pour cela il faut que
l’on travaille très très fort et que l’on soit compétitif. Nous en
sommes très loin. Rokia, vous connaissez très bien les réalités de ce
pays, même si vous faites semblant d’être sur des nuages. La plaie c’est
d’abord et avant tout nos dirigeants. La pression extérieure n’est pas
une inconnue. Elle ne vient pas seulement de la France, mais d’un peu
partout, même des pays voisins. C’est une pression qui est là pour
rester. Nous devons composer avec. Croyez-vous que le Maroc, l’Algérie,
la Tunisie, le Burkina, etc… viennent vers nous pour nos beaux yeux ?
Chacun cherche une sphère d’influence pour des motifs politiques,
diplomatiques, de sécurité ou pour les affaires. C’est pour cela qu’on
ne doit pas rester à la traine. Nous nous devons d’être compétitifs pour
avoir nos sphères d’influence nous-aussi. C’est là que la capacité de
gestion et la vision du Président et de l’équipe gouvernementale
prennent tout leur sens, surtout pour un pays qui cherche à se sortir
d’une crise.

Malheureusement, notre équipe actuelle est la pire de toutes celles que
le Mali a connues. Elle avait tout pour réussir. Mais en dix petits
mois, elle s’est spécialisée dans la création de problèmes graves qui
hypothèquent la paix et qui enfoncent chaque jour la population dans une
misère totale. Aucune pression extérieure n’a été exercée sur le
gouvernement pour qu’il achète un avion ou passe des contrats de
gré-à-gré dans des conditions obscures. Alors Rokia, les slogans sur
l’extérieur ne nous servent à rien pour le moment. Travaillons sur
nous-mêmes et exigeons que nos dirigeants donnent l’exemple.

Kalifa Goïta