Ma lettre à la jeunesse malienne, elle res

Bonjour,

Cette lettre que j’ai adressé à la jeunesse date de fin 2012, elle reste
toujours d’actualité.

Lettre à la jeunesse:

C’est en dominant ses peines que l’on se construit, c’est en surmontant
sa souffrance que l’on devient plus fort.
Celui qui ne s’engage jamais, celui qui ne se donne jamais, celui qui se
protège, qui garde ses distances, qui refuse de prendre des risques,
celui là passe à coté de tous ceux que la vie a de plus beau et de plus
grand.

Camarades jeunes
Il arrive que les rêves se brisent, ce n’est pas une raison pour ne plus
rêver. Il arrive que les espérances soient déçues, ce n’est pas une
raison pour ne plus espérer. Il arrive que la vie soit dure, qu’elle
soit même très douloureuse, ce n’est pas une raison pour refuser de
vivre et même de vous battre.
Si le Mali souffre, c’est sa jeunesse sa souffrance, une jeunesse qui
dans sa grande majorité compose toujours avec l’immobilisme et pour qui
la fatalité reste toujours une réalité.
Le Mali d’aujourd’hui a besoin d’une jeunesse qui pousse les autorités à
s’investir dans la formation de la ressource humaine qui manque de plus
dans notre pays.
Le Mali d’aujourd’hui à besoin d’une jeunesse qui agit et non qui se
résigne.
Le Mali d’aujourd’hui a besoin d’une jeunesse qui réfléchie pour trouver
des solutions dignes à nos problèmes et non qui dénonce sans fin.

La jeunesse doit cesser de se poser comme variable isolé du processus de
mis en œuvre de notre émancipation pour se révéler comme enjeu qui
oppose le développement au sous- développement.
Dans toutes ses composantes, la jeunesse doit reconnaitre que le Mali
n’ira nulle part sans son adhésion et son accompagnement sincère.
En cette période de pessimisme et de découragement qui s’amplifie de
toute absence de repère pour les jeunes, quelles soit les épreuves du
moment de lui rappeler le sens élevé du sacrifice qui a servi de fer de
lance aux bâtisseurs de la nation.

Camarades jeunes
Le moment est arrivé de ne plus s’assoir et regarder et même d’accepter
des pratiques qui entravent le développement économique et social de
notre pays en général et de la jeunesse en particulier.
Il est temps aujourd’hui plus, que jamais que les grins de thé se
transforment en groupe de réflexion sur les sujets récurrents de la
société, que les clubs de soutien à Monsieur se transforment en groupe
d’action bénévole pour changer et même sauver la face du pays, que le
sentiment de sous estimation et de manques de confiances qui prend en
otage l’esprit des jeunes soit extirpés.

Camarades jeunes
Il n’ya pas de petit incendie (tout dépend de la nature du combustible
rencontré), il n’ya pas de petit effort. Tout effort compte et l’on ne
sait jamais au départ de quelle action apparemment modeste sortira
l’événement qui changera la face des choses.
L’effort de tout un chacun compte et est nécessaire pour voir les choses
autrement.

Il est tragiquement vrai que la corruption et la délinquance financière
continuent toujours de gagner du terrain et s’installe confortablement
dans nos administrations et même dans nos mœurs.
Les différents rapports d’audits présentés par le Bureau du Vérificateur
Général ont éloquemment prouvés la croissance en flèche du phénomène
dans notre pays : 388,09 milliards de manque à gagner de 2005 à nos jours.
La corruption avec cet élan est devenue une question de vie ou de mort
et il n’est plus étonnant de voir qu’il n’ya plus de santé au Mali,
qu’il n’ya plus de bonne formation, qu’il n’ya plus de création d’emploi
pour les jeunes et même que les « maliens » ne mangent plus a leur faim.
Qu’en chaque jeune malien qu’il y ait une révolte contre la montée
scandaleuse de la corruption et la délinquance financière chez nous.
Mais au delà de la reconnaissance de l’ampleur du phénomène, camarades,
l’essentiel n’est pas seulement de créer un consensus autour de sa
lutte, mais de créer aussi un consensus autour des valeurs telles que :
la rigueur morale, l’intégrité, l’amour ardent du travail, du travail
bien fait, le sens élevé du devoir, valeurs qu’il nous faut pour faire
face à la corruption et la délinquance financière.
Pour une telle entreprise, pour accomplir une telle tâche de génération
comme en 1946, comme en 1960, comme en 1991 nous devons comprendre que
seul un front d’engagés et de patriotes peut réaliser le plus rapidement
et durablement le changement, un changement équitable et non exclusif.

Pour la consolidation de la démocratie, chaque jeune du Mali partout où
qu’il se trouve, ayant l’âge de voter doit contribuer à la bonne
réussite des échéances électorales des années avenirs.
Dans le choix du futur locataire du palais de Koulouba, la jeunesse doit
faire preuve de maturité et de beaucoup de vigilance tout en refusant de
voter pour du thé, du teeshirt et même de l’argent dont l’origine est le
plus souvent douteuse.
Avant de voter un candidat, il est judicieux de chercher à connaître les
contours et contenus de son programme de société et de sa moralité chose
qui nous permettra camarades jeunes de choisir un Président à notre
image, un Président qui partagera nos préoccupations et qui répondra à
nos aspirations.

Camarades jeunes
Le Cercle de Réflexion pour Jeunes (CRJ), une association de jeunes crée
en janvier 2007 sous le récépissé N°161 G du DB est apolitique, a but
non lucratif et avec une très forte implantation au niveau national.
Le CRJ représente un outil intelligent et légitime qui permet d’aiguiser
le sens de responsabilité de la jeunesse, de capitaliser sa
disponibilité et de guider ses capacités de mutations vers une
participation autonome et responsable à l’œuvre de la construction
nationale.
Le CRJ, c’est la lutte contre la sclérose qui règne dans les débats d’idées.
Nous invitons tous les jeunes maliens ici présents au Mali et ailleurs à
nous rejoindre au CRJ afin de pouvoir ensemble mener le combat pour un
Mali plus prospère, qui n’est pas désespéré de ses fils et qui s’assume.
Notre combat est celui d’un mouvement uni, d’un mouvement convaincu, de
non violence toujours engagé au service de l’action commune, toujours
tolérant pour ceux qui dans l’humilité reconnaissent leurs fautes et
erreurs et respectent notre peuple dans ses douleurs et ses souffrances.
Ce vaillant mouvement reste toujours un mouvement sensible à
l’injustice sociale.

Camarades jeunes
Qu’en chaque jeune qu’il y ait un respect pour l’autre, une écoute pour
l’autre, un amour pour l’autre.
Que le Mali soit construit de nos actions, vive la jeunesse une jeunesse
responsable et engagée au service du développement de notre chère patrie.
Vive le Crjisme.

Hamma Cissé
Président du bureau national CRJ
Tel : (00223) 79 05 12 71 / 66 02 40 04
Bamako-Mali