Standardisation des noms de villes

Bonsoir Sabu, Ndack et Amadou !
Vous touchez a un point vraiment très important pour
beaucoup de nos systèmes éducatifs surtout ceux des pays
ayant appartenu aux anciennes AOF et AEF: La
décolonisation de nos systèmes d’enseignement.
Il est vrai que (si mes infos sont correctes) les
‘Mamadou et Bineta’s ne sont plus officiellement
enseignes dans les classes au Mali (meme si, a travers
certaines conversations, j’ai remarque que certains
parents d’eleves en sont toujours nostalgiques). Jusqu’a
une date recente, certains parents les recommandaient
meme pour les cours a domicile pour leurs enfants. Il
s’agit aussi de voir si certains des livres les ayant
remplaces ont pu améliorer leurs contenus en ne
reconduisant pas (involontairement) certains stereotypes
ou certaines généralisations. Mais dans tous les cas,
les auteurs de ces nouveaux livres et leurs imprimeries
sont a féliciter pour avoir commence le travail…..
Enfin, je pense aussi qu’en plus du contenu des livres
enseignes et de leur prise en charge progressive par des
spécialistes locaux, la décolonisation doit aussi
concerner nos méthodes d’enseignement et d’evaluation,
tout comme notre bureaucratie scolaire.
Bonne soiree a tout le monde !
Talatou A. Maiga
University of Utah

 


Baguinéda : Des échanges de tirs entre populations et gendarmes font plusieurs blessés Baguninéda? Avec “e”accent aigu au lieu du ”e”-muet?

Cette fois-ci il ne s’agit pas d’une question de faute d’orthographe mais bien un problème plus sérieux : celui du manque de régulation des noms propres au Mali. Les habitants de la ville prononcent Baguineda comme dans Binetou (Bintou) ou Bineta (Binta). La lettre e est muette et sa présence évite au lecteur non averti de prononcer comme dans Baintou ou Beintou. C’est pourquoi Baguineda a un e muet.

Mais comme sur l’île de Galapagos, l’évolution et les mutations vont très vite au Mali où le concept de normes est étranger. Le ”e” a promptement acquis un accent aigu et les snobs et les étrangers du coin diront désormais Baguine-é-da.

Soit dit en passant, je n’ai pas encore rencontré un malien qui dira « Mamadou et Bineta » au lieu de « Mamadou et Binéta ». Le livre a pourtant été fait pour le Mali et je crois par un ou des maliens et le nom « Binéta » ne se rencontre nulle part au Mali. N’empêche, toutes les générations d’écoliers du Mali diront Binéta.

This alone says a whole lot about our negligence and total intellectual carelessness as a society.

Pour revenir à la normalisation ou standardisation des noms propres, je crois qu’il est urgents que les noms de villes et villages soient dûment enregistré (c-à-d inscrits dans un registre formel) pour éviter les déformations qui à l’ère numérique ne peuvent qu’être nuisibles. Il y a plusieurs villes et villages du Mali dont les noms varient largement dans les documents. A l’ère numérique cela crée des localités différentes par exemple pour une base de données de services de sécurité ou une simple recherche dans un Système d’Informations Géographiques.
Le manque de normes peut constituer un vrai frein au progrès en compliquant la numérisation et l’automatisation des processus de gestion, d’administration et même de sécurisation de documents.

Je suis convaincu que l’incident fâcheux à Baguineda est aussi le résultat d’une négligence dans les détails. Les administrateurs corrompus utilisent tous les jours les imprécisions pour manigancer et se faire de l’argent. Il ne faudra pas compter sur eux pour changer la situation.

Petite digressions :
En Europe même les noms propres de personnes sont normalisés. Nous n’irons pas à cet extrême mais il faut reconnaitre qu’il ne serait pas nuisible. On au moins exiger des administrateurs civils qu’ils précisent aux parents exactement comment ils ont inscrit le nom de leur enfants sur l’acte de naissance. De Ibrahim à Brama ou de Mohammed à Madou, il y a une large collection de noms dont les parents ne sont pas toujours avertis lors de l’établissement de l’acte de naissance.

Pour exemple de villes :
Si Bamako ne change pas depuis le départ du colon, Ségou perd son accent en hiver, Kayes gagne ou perd un « s » sans qu’on sache pourquoi, niafunké est parfois Niafounké mais jamais Gnafounké, Tombouctou bat les récords avec Timbuktu, Tombuctou, Toumoutou, etc.
Faut-il écrire Néguéla ou Nèguèla sur Google Maps ou ArcGIS ? Dingninkoro ou degnekoro ? Si le Mali ne normalise pas chaque logiciel choisira son nom et les maliens devront faire avec !

Le manque d’attention aux détails cause beaucoup de tort à la société.

Sabu Nyuman


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