Le Budget Malien (02)

Je disais que je ne pensais pas que l’administration pouvait
s’auto-réformer – parce que ceux qui sont en charge sont aussi les même
qui n’ont aucun intérêt à faire le changement; les députés et les
membres du gouvernement ont accès à des privilèges qui n’ont absolument
rien à voir avec le quotidien du citoyen.

Les 14% représentent une moyenne d’impôt – sinon une entreprise paye 1/3
de ses profits ou 2% (je crois) de son chiffre d’affaires en impôt (le
maximum des deux) – c’est à dire que même quand une entreprise perd de
l’argent elle paye des impôts au Mali. À titre d’exemple, aux USA une
entreprise sans profit cumulatif sur les 5 dernières années ne paye pas
d’impôt.

L’exercice auquel se livre Gandobindi (et le PM dans sa DPG) c’est de
regarder d’autres pays et dire que la moyenne au Mali est moindre –
c’est un calcul qui distorde la réalité. Je pense qu’il ne faut pas
avoir peur de pousser la réflexion plus loin; le Mali a besoin d’une
approche différente et imaginative.

L’état malien a économiquement failli — les dernières élections
prouvent encore une fois que le système est fait de sorte que la
capacité de nuisance d’un seul individu peut griser tout le système. On
peut attendre 20 ou 50 ans pour trouver la personne providentielle ou
bien éliminer le système de prédation. Ceux qui ont suscité l’espoir se
révèlent être pire que ceux qui ont été décriés hier.

Malheureusement la loi n’octroie le pouvoir de changement qu’à ce même
groupe d’individus qui a absolument tout à perdre.

Molobbo suggère un pourcentage minimum d’investissements productif –
cela voudra dire que le député doit abandonner ses cartes orange/Malitel
ou que le ministre refuse ses bons d’essence; entre autres choses. S’ils
étaient prêts, ils n’attendraient pas une loi les y contraignant – c’est
une caricature mais c’est aussi la réalité.

I simply don’t trust these people.
______________________
A. Karim Sylla