Comparaison Mali-Rwanda

-9-2014: Andre Bourgeot fut cite sur Malink comme suit:. Il suffit à cet égard de lire rapidement ou avec attention, les débats, voire les confrontations, toujours courtois, vifs, animés, tolérants, sérieux, convaincus, dénonciateurs, souvent très critiques mais emplis de sincérité, sur le forum «malilink»,  pour constater et écrire que rien n’est perdu. Mais la classe, les élites politiques, les intellectuels savent-ils les lire et surtout s’en imprégner ? Le «petit peuple» y a-t-il accès ? Sinon comment envisager les retombées concrètes de ces réflexions, analyses et point de vue tonifiants, innovants ? Ils et elles sont porteurs de prise de conscience ou, pour le moins, de réflexions «objectivantes». Alors se pose la question suivante : malilink ne serait-il qu’une soupape d’expressions libres visant à émanciper l’écrit de son carcan formaté, incluant les critiques virulentes formulées à l’encontre de personnalités politiques de très haut niveau, ou, alors, en même temps, un «réseau social» qui déboucherait sur des actions concrètes au gré de chacune et chacun selon ses sensibilités ? http://www.maliweb.net/interview/andre-bourgeot-chercheur-au-cnrs-anthropologue-paris-on-aurait-pu-sattendre-avoir-fait-reve-suppute-pouvons-511712.html

Au fait cette interpellation du Professeur Bourgeot est interessante. Notez que ce forum a fait beaucoup de contributions au fil des annees. Il n’y pas de doute qu’il a ses limites. Ce sont ces limites-la ( le manque d’effet reel sur la vie des populations maliennes qui est a noter). Feu Professeur Dialla Konate a vu cette limite et voila pourquoi il a cree la Coalition pour le Mali (CPM). Il a voulu aller au dela des foras pour mobiliser les populations. Helas il nous a quitte trop tot!

Karim vient de nous offrir une piste qu’il nous faut alimenter. Son approche de mettre pression sur les autorites de l’etat est important pour reduire le gaspillage et mieux focaliser les resources dans les depenses qui peuvent faire une reelle difference pour la population. Nous nous devons en meme temps d’offrir d’autres idees pratiques pour encourager certaines actions productives.

Le Rwanda fut au centre de nos debats depuis presqu’un mois. Je crois que c’est Mohamed Ag Acharom qui a mis en ligne l’interview du President Kagame. Ce que j’ai retenu et qui me tient tres a coeur c’est qu’au dela de tout, ce pays investit serieusement dans sa population a travers l’alphabetisation. Le President Kagame a dit qu’ils sont alles de 800,000 eleves au primaire a 2 millions… Le tableau que je vous offre ici bas en dit beaucoup.

Le tableau fut construit avec des donnees  de l’UNESCO (en attache), de la Banque Mondiale, de WIKI et d’autres. Il contient le taux d’alphabetisation, le taux d’analphabetisation, la population, le PNB et les langues des pays que j’ai cibles. Je me suis contraint aux pays qui sont enclaves: Afrique de l’Ouest, l’ Amerique Latine, et le Rwanda. La logique est de comparer le Mali aux pays qui ont les memes conditions geographiques que lui. Je voudrais surtout demontrer que mon hypothese s’adresse a l’effet positif (progress social et politique pour les populations) d’une  alphabetisation en francais au Mali avec son “multilanguisme” en m’appuyant sur les experiences du Paraguay et de la Bolivie qui sont deux pays multilanguaux avec un taux d’alphabetisation tres eleves a cause de l’usage universel de l’Espagnol.

Selon Florencia Riegelhaupt, Roberto Luis Carrasco, et Elizabeth Brandt dans leur article titre “Spanish: A Language of Indigenous Peoples of the Americas  , Spanish remains the lingua franca among Indigenous peoples of the Americas; it unites them in their mutual efforts to defend their rights as Indigenous peoples…the perspective that bilingualism/multilingualism in Spanish, English and Indigenous languages contributes both to the maintenance of Indigenous languages and cultures and to the dissemination of information related to Indigenous cultural and political issues across the Americas…  Spanish allows one to communicate, to exchange ideas across other Indigenous groups in the Western Hemisphere. http://jan.ucc.nau.edu/~jar/NNL/NNL_10.pdf

Traduction francaise: L’Espagnol demeure la lingua franca des peuples autochtones des Amériques; il les unit dans leurs efforts mutuels pour défendre leurs droits en tant que peuples autochtones … le point de vue que le bilinguisme / multilinguisme en espagnol, anglais et langues autochtones contribue à la fois à la préservation des langues et des cultures autochtones et à la diffusion des informations relatives à la culture autochtone et la politique à travers les Amériques … l’espagnol permet à chacun de communiquer, d’échanger des idées à travers les autres groupes autochtones du monde occidental.

Samedi dernier, je causais avec un ami membre de notre forum. Nous parlions precisement de ce que les auteurs ci-dessus ont presente dans leur texte. Le “multilanguisme” est une realite en Afrique Occidentale. Il faut continuer a encourager le developpement de nos langues locales, mais il faut mettre beaucoup d’efforts dans l’alphabetisation de nos populations dans le francais, et avec urgence. Si nos populations en leur majorite comprenaient le francais, la minorite qui gere nos pays aujourd’hui ne se sentirait pas tout permis.

Comment y arriver?

Nous avons connu au Mali les membres du Corps de la Paix. Par une pedagogie tres simple a maitriser, les membres du Corps de la Paix apprennent le francais et nos langues nationales en un rien du tout. Le Mali a une masse de jeunes diplomes chomeurs. Il s’agit simplement de les recruter pour un temps limite et de leur payer ce que gagne un maître du premier cycle fondamental. Les passer par ce cours de formation de trois mois, et de les envoyer dans tous les coins du pays. Il s’agira de cibler tous les jeunes et tous les adultes qui voudraient apprendre le francais. Une importante consideration doit etre le choix des heures de classe. Il faut necessairement tenir les classes le soir apres que les paysans aient fini leur travail journalier. Dans les villes, les salles de classe sont vides la nuit, donc disponibles. Nous savons qu’il y’a des moyens tres performants de fournir une salle avec de l’energie solaire. En campagne, ca sera des classes en plein air.

Bref, chacun pourra avancer des suggestions pour nous aider a operationaliser cette proposition. Nous pourrons battre par milles moyens, sans l’alphabetisation de nos populations pour qu’elles comprennent ce se dit en francais en leur nom, le Mali n’avancera aucunement parce que les forces vives de la nation ne feront que subir.

Abdoulaye Keita


 

On Fri, Sep 12, 2014 at 4:44 AM, malobbo wrote:

D’ accord Abdoul. J’ espère que les progrès s ne se limiteront pas au temps de Kagamé et que le reste de l’ Afrique y pourra tirer les enseignements nécessaires: progrès en levant certains aspects négatifs du système politique.

Réné Dumont se demande, dans son célèbre livre, s’ il est possible de faire “la démocratie” à un niveau socio-économique, y compris l’ éducation bien sûr,  très bas sinon dérisoire.

Bonne journée !

M. Diagayété


 

—–Original-Nachricht—–

Betreff: RE: [malilink] Comparaison Mali-Rwanda

Datum: Fri, 12 Sep 2014 10:23:32 +0200

Von: “Abdoul .”

An: “‘malilink'” <malilink@malilink.net>

Effectivement, Diagayete, la superficie et le relief sont des facteurs, dans un sens ou l’autre. Pour certains c’est un ‘handicap’, pour d’autres un ‘atout’. A moins que je me trompe, le Cap Vert doit etre le pays avec une meilleure couverture et qualite d’internet sur une tres large partie de l’Afrique, de meme que d’autres services publics. S’il ne l’est pas, il est bien place pour l’etre, avec d’autres ‘atouts’, pas singuliers mais assez forts.

Ceci dit, superficie ou relief, ca ne pourrait devaluer ou minimiser  le  merite du Rwanda, son “political magic” effectiment inspirant. Meme les critiques objectives, comme celles de Stephane Kader et d’autres sur malilink, ne font au fond  que participer elles-memes au “strange fascination for the likes of Kagame” a laquelle cela est souvent ramene.

Par contre, je vois plus la premiere partie du passage marque justement en rouge dans l’article par Sylla, moins une comparaison qu’une participation a une propagande de mauvais gout du journaliste, au profit de “northerners” . J’espere qu’il ne s’agit pas de ceux qui detruisent/sabotent des projets/efforts dans le meme sens.


 

From: malobbo.diag
Sent: 12 September 2014 07:18
To: A. Karim Sylla; A. Karim Sylla
Cc: malilink; malilink
Subject: AW: [malilink] Comparaison Mali-Rwanda

Ah Comparaison Mali – Rwanda sur cetains points tels que les routes et la mechanisation de l’ agricultrure!

Il faut prendre compte aussi des étendues et du relief, donc de la nature.  Nous environs 12 Maliens de Stuttgart blagaient avec les quelque 10 Rwandais qui étudiaient avec nous: Pour labourer le Rwanda, il suffit de se reveiller le matin de très bonne heure avec un tracteur pour l’ effectuer en une journée …

Bien cordialement

M. Diagayété


 

Betreff: [malilink] Comparaison Mali-Rwanda

Datum: Thu, 11 Sep 2014 17:38:14 +0200

Von: “‘A. Karim Sylla’ via malilink” <malilink@malilink.net>

An: Malilink Liste <malilink@malilink.net>

Un article publié par le journal Chicago Tribune; il est assez long; mais l’auteur compare les routes qu’il a vu au Mali à ceux du Rwanda. Il compare son voyage de Mopti à T’Bctou à celui qu’il a fait de Kigali à la frontière avec la RDC. Et il pose des questions intéressantes sur la gestion du pouvoir dans les 2 pays. Pourquoi ça semble réussir d’un coté mais pas de l’autre. Tout ceci est basé sur une anecdote; mais les anecdotes finissent toujours par influencer la politique et les opinions. J’ai mis en rouge la partie que les indépendantistes répètent sans arrêt.__Karim Sylla

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The political magic of Rwanda’s remarkable roads

By Christian Caryl, Foreign Policy

September 9, 2014

WASHINGTON — A friend was asking me about my recent trip to Rwanda. What, he wanted to know, surprised me the most?

“I think it was the roads,” I said. “The roads were amazing.”

“I’ll bet,” he said. “They must have been a mess, right?”

No, just the opposite. I explained that the streets in Kigali, the capital, are smoothly surfaced, with nary a pothole in sight. Well-crafted rain gutters and zebra-striped curbs mark the edges of each roadway. Blinking warning lights are embedded in the road surface at corners. Traffic lights don’t just show green for go and red for stop; they’re also equipped with digital clocks, showing how long until each light changes color. The wealthy suburb of Washington that I call home would be happy to have such roads.

Nor is this a privilege of Rwanda’s capital. When we set out on a trip to the city of Goma, just over Rwanda’s border with the Democratic Republic of the Congo, the highway that took us there was just as impressive. I barely noticed a bump in three hours. My subsequent travels around the country confirmed that this was no fluke. Rwanda is a nation of remarkable roads.

This discovery struck me with particular force because of one of my other recent trips to Africa. In December I visited Mali, the West African country that nearly fell apart two years ago when Tuareg separatists in the north, aided by jihadi allies, decided to break away. The 250-mile drive from Mopti, in central Mali, to the northern city of Timbuktu took us nine bone-shattering hours (not counting stops).

It’s a roller-coaster dirt track that rarely permits speeds higher than 40 miles per hour. To avoid the worst we often swung off the “highway” onto barely visible trails through the bush that paralleled it. By the time we arrived in Timbuktu, I found myself sympathizing with the separatists: Why should northerners feel any loyalty to their compatriots in Bamako, the capital in the south, if the government can’t even be troubled to connect the two parts of the country with a proper road?

The comparison is compelling. Mali is a democracy that boasts free elections and a pluralistic press but is plagued by miserable governance and entrenched corruption that continue to hamper development. Rwanda is an autocracy that tolerates little dissent but has a remarkable record of delivering public services to its citizens (including infrastructure). Both countries have traumatic histories of poverty and ethnic division. But while Mali continues to struggle, Rwanda is on the move.

That good roads have a positive economic effect seems like a no-brainer. But my travels have made me inclined to think that we tend to underestimate the political effects of transport infrastructure. In Rwanda, decent roads stand for the official commitment to provide everyone with equal access to the fruits of development — concrete evidence, if you will, of the determination to overcome the ethnic divides that led the country into mass slaughter just two decades ago. Every part of the country is relatively close to a good road; no group is excluded. (Nor do you have to have a car to get around; members of Rwanda’s growing middle class can simply hop on one of the country’s ubiquitous minibuses.) Northern Malians can only dream of such conditions.

Roads don’t just enable the movements of goods; they also enable the flow of ideas. Christianity in its present form probably wouldn’t exist today if it weren’t for the extraordinary Roman road network that enabled the Apostle Paul to transmit his teachings across the empire. The establishment of the U.S. interstate highway system in the 1950s completed the work of national unification that started with the construction of transcontinental railroads in the 19th century (and pushed the country into the modern era of indistinguishable suburbia and big-box stores).

As such, roads are also crucial ingredients of state-building. Soon after toppling the Taliban in 2001, the U.S.-led coalition that occupied Afghanistan set out to rebuild Highway 1, the ring road linking Kabul with the country’s major urban centers (including Kandahar, the Taliban’s unofficial capital). The idea was to restore a sense of unity to a country that had virtually fallen apart during the long years of civil war. Taliban insurgents immediately vowed to sabotage the project for just the same reason. Today, the dismal story of Highway 1, which is falling apart after $4 billion of Western investment, offers a perfect microcosm of Afghanistan’s roller-coaster struggle to reinvent itself. Afghanistan isn’t unusual in this respect. Take a look at many failed states around the world and you’ll probably be struck by how many of them have bad (or no) roads.

Of course, there’s a big chicken-or-the-egg question here: A country’s governing class probably won’t be capable of building proper roads unless it’s fairly competent to begin with. That’s certainly the case with the ruling Rwandan Patriotic Front (RPF) of President Paul Kagame, an ascetic former guerilla leader whose obsessive-compulsive-disorder approach to rule has even prompted him to ban plastic bags.

The Tutsi-dominated RPF, whose members spent decades in exile in countries adjacent to their homeland, took power after the collapse of the Hutu Power government that implemented the mass slaughter of mostly Tutsi Rwandans in 1994, and the memory of that trauma gives an extraordinary urgency to the government’s efforts to shape a national identity that transcends old divides. (And building roads does play a part in that larger program. The authorities often send Rwandans to work on local roads as part of government-sponsored job creation schemes or compulsory “community service” programs.)

Despite what some of its defenders say, Rwanda is no democracy; it’s a tightly organized one-party state. (Incidentally, a company from Singapore, the one-party state that Kagame most often cites as his model, designed the urban plan for Rwanda’s capital, including its remarkable streets.) Even so, if you had to ask me whether Mali or Rwanda is more likely to achieve a prosperous, fully functioning democracy one day in the future, I’d probably have to pick the latter. Can you really have a democracy when one half of the country doesn’t feel like it is part of the rest? Can you have a democracy without citizens who are connected on the most elementary physical level?

The Internet and the increasing sophistication of virtual worlds may one day change this equation. But don’t hold your breath. For now, tarmac is the test.

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Caryl, the editor of FP’s Democracy Lab, is a senior fellow at the Legatum Institute. He is the author of “Strange Rebels: 1979 and the Birth of the 21st Century.”

Copyright © 2014, Chicago Tribune