Le point de vue touareg : une grande désillusion !

Merci beaucoup Mohamed pour le partage de cet article.
“Si le processus d’Alger ne rectifie pas sa course, les « accords de paix » qui en concluront probablement les négociations ne feront que renvoyer le Mali à ses vieux démons”.
C’est bien ce que nous disions depuis toujours. Il n’y a pas de sens à vouloir conclure à Alger un accord sans la participation des vrais acteurs  de la société civile malienne.
Je le répète encore, ces groupes ne représentent qu’eux mêmes.
Il y a aussi que l’auteur de l’article fait de l’amalgame : l’article faut crier que le nord du Mali n’est peuplé que de touaregs. Cela n’enlève pas de valeur à sa déclaration selon laquelle parmi les touaregs mêmes il y a des communautés qui n’ont jamais adhéré à la folie des séparatistes. C’est une réalité.
Je présume que les négociateurs maliens opposent cette vérité là-bas à Alger en face des séparatistes pour ramener pleurard tout le monde au sein d’un forum national à l’issue duquel les maliens décideront de ce que le Mali doit devenir (de son organisation territoriale, administrative, etc). Si c’est le cas cette stratégie de négociation me semble acceptable. Sinon j’ai été déjà frustré par ce refus des autorités de faire participer les vrais acteurs de la paix, alors que des questionnes importantes les concernant sont discutées à Alger.
De toute façon, il est clair que ce refus d’associer les communautés et ceux qui n’ont pas pris des armes, à la discussion les médiateurs, le Mali et la communauté internationale ne feront effectivement que déplacer le problème.
Et je souhaite que les maliens soutiennent très fort cette thèse de la représentativité de ceux qui sont là-bas à Alger. Et en tant que malien j’aurai aimé d’une part que la la discussion de l’avenir de cette partie du Mali et de l’ensemble du Mali se fasse et d’autre part qu’elle se fasse dans la transparence la plus totale ou disons de manière véritablement inclusive. En tout cas pas comme on est en train de le faire actuellement.
Déjà, j’ai entendu le partis politiques de l’opposition malienne clamer leur mot à dire (souhaitent être entendu) dans l’affaire. Sans être précise cette déclaration est alarmante.
Même si je crois que ces messieurs eux aussi avaient la possibilité de faire leurs propositions et les soumettre à qui de droit. S’ils ne l’ont pas fait c’est une faute. Ils en avaient tous les moyens pour le faire.
Sur cette question mon avis est que l’opposition malienne, qui a les moyens de faire des propositions et de les transmette aussi, pouvait faire mieux que cette déclaration.
Au faut à-t-elle finalement fait des propositions qui auraient été rejetées par le pouvoir en place ? N’en a-t-elle pas fait du tout ? Qu’est ce qu’elle attendait pour le faire si ce n’est pas fait ? Être plus clair, cela aurait eu l’avantage de mieux comprendre les attentes du groupe et de ses leaders !
Mais peut être que le gouvernement comprend ce de quoi il est question. Peut être.
Pour moi citoyen lamda, il y a une nécessité d’être plus explicite. Je voudrai être sûre et certain qu’en utilisant cet argument accusateur du pouvoir en place et qui pourrait justifier un refus d’adhérer à des décisions éventuelles de la part du groupe d’opposition, l’opposition avait clairement et totalement fait ce qu’elle devait faire.
L’opposition à-t-elle demandée, elle aussi, à participer aux pourparlers et que ce soit refusé ? Demande qui me semble être légitime de sa part, si c’est le cas. Tout à fait. Qu’y a t il ?
Et auquel cas je suis persuadé que les négociations actuelles d’Alger ne doivent pas se conclure une décision finale concernant les grands enjeux.
Hier soir, le chef de l’état a déclaré qu’il fallait envisager l’intégration d’individus armés au sein de l’armée nationale. C’est une question sur laquelle l’avis de l’assemblée doit désormais être requise. Celle de l’opposition qu’il fallait consulter sur la question devrait être donnée. L’a-t-on fait ?
En plus de la question relative à l’inclusivité des communautés et de tous les maliens au processus de négociations qui pose un réel problème du fait que pour l’instant elles ne sont pas intéressées par les organisateurs et par l’état et qu’il n’y a aucune visibilité, vient s’ajouter cette histoire de réintégration d’éléments apatrides qui n’ont accepté l’intégrité du Mali que parce que la communauté internationale a rejeté leur folie; des gens qui malgré tout n’acceptent que du bout des lèvres de vivre en commun avec les autres maliens.
Ceux sont des ingrédients qui justifieront la présence pour très longtemps des casques bleus au Mali et donc de la prolongation de la mise sous tutelle du pays que nous vivons présentement.
Cordialement

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Chouaibou

Le 8 sept. 2014 à 11:56, Mohamed AG HAMATY  a écrit :

Si le processus d’Alger ne rectifie pas sa course, les « accords de paix » qui en concluront probablement les négociations ne feront que renvoyer le Mali à ses vieux démons.