Un référendum comme plan B?

Coumba, les sondages « Mali-Mètre » de la Fondation Friedrich Ebert ont tous révélé que les populations du Nord étaient pour l’intégrité territoriale.

Abdourhamane DICKO


De : Amadou Wane

Envoyé : jeudi 11 septembre 2014 16:48
À : A. Karim Sylla
Cc : malilink@malilink.net
Objet : Re: [malilink] Un référendum comme plan B?

Quelle garantie avons-nous que le MNLA et consorts vont respecter le resultat du referendum?

Do we need a Plan C then ?

Amadou Wane


2014-09-11 12:25 GMT-04:00 ‘A. Karim Sylla’ via malilink <malilink@malilink.net>:

Coumba, ce sont de très bonnes questions: si il doit y a voir un referendum, quelles seront les modalités? Qui doit voter? Il y a des ressortissants du ‘Nord’ qui vivent au ‘Sud’ (et vice-versa) ou qui vivent au Niger ou en RDC; auront-ils le droit de voter? etc. Quelles sont tes opinions?

Dicko, il est clair que les groupes armés sont une minorité; mais comment sait-on aujourd’hui ce que la majorité des populations vivants au ‘Nord’ pense? Notre ami Fad Seydou avait effectué des sondages for intéressant dans les camps de réfugiés au Burkina et Niger. Mais y-a-t-il un sondage qui dit ce que les gens pensent?

I y a 6 mois, je n’aurais pas pensé au référendum comme option; mais vu que le challenge de mettre en place des forces de sécurité est une tâche ardue qui semble être au delà de nos capacité, il faut avoir un “autre” plan B – au cas où Alger va foirer.

Et même si Alger accouche d’un accord, ne faudrait il pas faire un referendum pour voir l’adhésion des populations concernées? Les solutions imposées par les armes ou la politique ne vaudront rien si la majorité ne se déclare pas sur la question.

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A. Karim Sylla


On Thursday, September 11, 2014 11:12 AM, Abdourhamane DICKO  wrote:

Bonjour,

Plusieurs propositions de sortie durable à la crise malienne ont circulé sur le réseau, y compris le référendum dont je ne vois pas l’utilité pour la simple raison qu’il n’empêchera, quels que soient les résultats, ceux qui ont pris les armes de les reprendre plus tard. Le référendum constitue une solution politique comme toutes les autres déjà proposées mais qui ont montré les limites par le manque de bonne foi des acteurs, tous confondus. Si référendum devrait être organisé, il est clair que le moment n’y est pas opportyun aujourd’hui, surtout dans les régions du nord. Vous y avez une population en majorité favorable au Mali, mais qui est exposée aujourd’hui au diktat des armes. Elle est intimidée, menacée voire tuée car personne n’est là pour garantir sa liberté de choix et sa sécurité, donc son vote. Aussi, vous y avez une société civile qui souffle le chaud et le froid. A titre d’illustration, plusieurs acteurs de cette société civile des régions du nord sont allés grossir les rangs de la coordination HCUA, MAA et MNLA juste pour être à Alger et éventuellement se positionner par rapport à un « éventuel partage ultérieur du gâteau. » Cela est honteux et irresponsable.

Abdourhamane DICKO


De : Coumba Bah

Envoyé : jeudi 11 septembre 2014 14:11
À : malilink@malilink.net; Karim Sylla
Objet : RE: [malilink] Un référendum comme plan B?

Je suis pour le referendum pour recenser (quantifier) les avis favorables à la scission.  MAIS ce qui me perturbe :

1. Comment déterminer l’électorat? c’est tous les maliens au-delà de 18 ans comme dans les scrutins présidentielles? ou les seuls habitants des 03 régions du Nord?  la Diaspora du Nord? Réfugies et déplacés?  les descendants des populations du nord ne vivant plus physiquement sur les terres ancestrales mais qui y vivent dans leur âmes?

2.Si toutes les populations maliennes ayant droit aux votes participent le résultat est connu d’avance je crois!  Si nous laissons seulement les seules populations vivant sur le sol des 03 régions est-ce une décision juste pour une question nationale?

Mme/Mrs. Traoré, Coumba Bah
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From: malilink@malilink.net

Subject: [malilink] Un référendum comme plan B?
Date: Thu, 11 Sep 2014 09:36:41 -0400
To: malilink@malilink.net

Entre qui dit quoi et qui représente qui, je crois que dans le long terme il faudra peut-être se résoudre à un référendum pour demander aux différentes communautés ce qu’il y a lieu de faire. Si il y a un accord sans l’adhésion de tous, alors on fait du surplace; la même chose a eu lieu avec la rébellion de Bahanga – on signe un papier avec les groupes rebelles et automatiquement il y a une dissidence armée; pour revenir au point zéro.

Comment ce référendum doit se faire? Quelles modalités? Je n’en sais absolument rien. Mais signer des accords avec des groupes armés sans savoir leur poids réel (ni leurs profondes convictions)  ne fera que continuer le cycle de la violence. Un référendum aura l’avantage d’établir une fois pour toute qui est pour quoi, et pourquoi.

Sinon on tournera en rond. Vos avis?
Je sais que la question a déjà été soulevée ici. Essayons d’aller au delà du oui/non; ou bien du “tu es fou?”. Le Mali a besoin d’un plan B. Qu’est ce que cela doit être? Si référendum il y a, quelles régions, cercles ou groupes doivent être concernées?


http://www.rfi.fr/afrique/20140911-mali-desaccords-entre-mouvements-nord-tribus-discussions-alger

Mali: désaccords entre les mouvements du Nord et les tribus aux discussions d’Alger 

Par RFI
Les mouvements armés du nord du Mali et les autorités de Bamako sont toujours dans la capitale algérienne pour avancer dans le processus de paix. Après les auditions de la société civile, et en attendant le début des négociations directes, les six mouvements armés tentent de s’entendre sur leurs revendications politiques. Mais les représentants des mouvements armés ne sont pas toujours d’accord avec les populations, comme à Kidal où es chefs des différentes tribus présents à Alger affirment vouloir une séparation d’avec Bamako.

Ils sont venus pour représenter la société civile de la région de Kidal. Et les chefs des tribus ont un message différent de celui des mouvements armés. « Les mouvements ont été obligés à Ouagadougou de se limiter à l’intégrité territoriale du Mali. Mais nous, nous sommes la voix du peuple, nous avons la liberté de dire ce que nous voulons. Notre option, c’est l’indépendance », déclare sans détour Chorib Ag Attaher, de la tribu Idnan.

Il est conscient que la communauté internationale est opposée à une telle solution, mais pour lui, l’indépendance doit être un but à long terme : « Si on signe un accord, cela veut dire que notre avis ne compte pas et que nous sommes un peuple à qui on impose les choses que nous ne voulons pas. Même si nous acceptons, ce ne sera pas pour longtemps ».

Les différents responsables des tribus de Kidal sont d’accord. Ils sont plus légitimes que les mouvements armés. « Les mouvements sont souvent obligés de nous consulter. Ils sont les flèches, mais nous, nous sommes l’arc », estime Zeïd Ag Hamzada, de la tribu des Taghat Mallet.

Si les auditions de la société civile sont terminées, certains, dont ces hommes de Kidal devraient rester à Alger quelques jours supplémentaires.