Décès de la fillette, premier cas d’Ebola au Mali

Que la paix de Dieu soit avec elle.

La mort de cette petite était prévisible. Cela fait plus de 5 jours qu’elle a présenté les symptômes de la maladie sans qu’elle bénéficie de soins appropriés. Plus le temps qui sépare le début des symptômes et la prise en charge s’allonge, plus les chances de survie diminuent. Le cas du Libérien décédé aux US est la parfaite illustration.

 En outre, la prise en charge des cas d’Ebola nécessite une prise en charge en unité d’urgence médicale. Au Mali, nous avons très peu ou pas d’unité d’urgence médicale. Une urgence médicale nécessite un laboratoire d’analyse et une unité d’imagerie performants qui fonctionnent 24/24 et 7 jours sur 7. Malheureusement, nos urgences médicales ne disposent pas de ces unités d’examens para cliniques.

Il faut qu’on évite que les structures de prise en charge des cas d’Ebola soient des mouroirs, sinon la population aurait mois confiance aux structures sanitaires et elle ferait tout pour les éviter. La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone ont eu le même problème et certains malades ont préféré rester à la maison et cela a rendu plus difficile de circonscrire la maladie au début de l’épidémie.

Les autorités maliennes ont fait des efforts dans la prévention, mais elles doivent quadrupler ces efforts pour faire face à ce mal. Nous sommes mal préparés pour la prise en charge des malades. Il faut que nous soyons proactifs en mettant en place des centres de soins appropriés avec un personnel compétent qui doit être formé dans les meilleurs délais.

Le Président de la république doit mettre à la disposition du ministère de la santé une partie des fonds de souveraineté que l’état Malien lui donne. N’attendons pas les bailleurs de fonds sinon il serait trop tard. Nous avons suffisamment de ressources pour faire face à ce mal et c’est aux autorités de les mobiliser. Il est temps de sortir de l’amateurisme, de la complaisance et du fatalisme.

Barou Sam