Le PARENA au 3ème Congrès de l’URD

Mr Dramé,

Je ne comprends pas votre démarche d’accabler le PM des évènements de Mai 2014. Ce n’est pas le PM qui est responsable du 17 Mai. Il a un chef, le Président de la république, qui lui a ordonné d’être à Kidal le 17 Mai et il l’avait fait savoir au monde entier un mois auparavant  (source : interview dans jeune Afrique) que le PM se rendrait à Kidal. Je voulais que le président lui même soit à Kidal au mois de Mai 2014. Il avait foulé les terres de Kidal en 2013 lors des campagnes et je pensais qu’il allait avoir le courage de se rendre à Kidal lorsqu’il a été président. Il a envoyé son PM à sa place après avoir consulté les partenaires techniques, les services de renseignements et les forces de sécurité du Mali. Le PM a failli perdre sa vie et on continue à l’accabler comme le fautif alors que les vrais fautifs se trouvent ailleurs. Les premiers fautifs sont les éléments du MNLA qui ont violé de façon flagrante l’accord de Ouaga. Ils n’ont jamais respecté ce dit Accord. Pour certains Maliens, les éléments du MNLA sont des saints et tout le malheur du Mali sur Kidal vient du PM qui failli perdre sa vie en affirmant courageusement la souveraineté du Mali. Je le dis encore, la question du nord a une dimension plus grande que les calculs politiques et nous devrons nous unir pour affronter le même adversaire.

Barou Sam


Bonjour Monsieur Dramé,
Mais je suis entièrement d’accord avec vous que les groupes étaient à quelques km des grandes villes du nord. Ce que vous aussi vous semblez refuser de reconnaître c’est que ces groupes n’ont été jamais cantonné, comme “l’accord” de Ouaga le demandait. Ils étaient libres et se trouvaient partout où ils voulaient être. Avant mai 2014 et après.
Vous parlez de redéploiement progressif des forces maliennes envisagées après la visite du CEMGA. Donc je note que cela n’a pas eu lieu.
Et que la verite c’est que les autorités maliennes ne pouvaient pas se rendre à Kidal; ils n’étaient pas autorisés. Ni Tatam Ly, ni Mara. Par qui ? Pourquoi ?
Peut-on vraiment parler de maîtrise du terrain par le Mali dans la situation que vous savez de l’époque ?
Les préfets et sous-préfets n’auraient jamais dus être envoyés dans cette zone. C’était une erreur monumentale qui a été commise par les autorités de la transition.
Vous vous souvenez nous débattions ici même de la nécessité coûte que coûte de faire des élections (certains avis le voulais même si le nord ne devait pas y participer). Alors on a trouvé un simulacre de présence de l’administration dans ces zones même sous occupation par les bandits et djihadistes en y envoyant des représentants de l’état qui ne pouvaient nullement assurer quoi que se soit de transparent des élections là-bas.
Mon héro. Vous me comprendrez un jour que je vous souhaite, si vous êtes au pouvoir. Je n’ai pas l’occasion de faire la même chose que vous face au président de la république. Si j’avais l’occasion je lui dirai moi aussi que l’affaire de l’avion et des surfacturations nécessitent qu’il s’adresse à la nation. Qu’il ait traduire en justice toutes les personnes qui y sont mêlées. Mais que je le soutenais, lui et son gouvernement, dans la lutte contre les bandits et les djihadistes.
Si Moussa est sur le réseau et me lit encore, je voudrai qu’il sache qu’il y a quand même des maliens, comme moi, qui soutiennent son action à Kidal. Nous sommes bien d’accord Monsieur Dramé que je revendique cette action du PM MARA.
J’ai échangé un nombre élevé de mails avec Soukouna sur le nord et la crise multiforme. Des plus intenses jusqu’aux plus terre à terre comme on dirai. L’impression que j’en ai tiré est bien ce que je disais dans mon précédent email.
Des échanges j’ai compris ceci :
1. Pour Soukouna (et pour Ndack Kane) le problème des “touaregs” est un problème réel auquel le Mali doit trouver une solution, le plus vite serait le mieux. Sinon les puissances ne nous attendrons pas éternellement.
2. Lui propose et souhaite ardemment une fédération ou autonomie(?) poussée pour résoudre le problème.
J’ai lu aussi que vous proposez que les gouverneurs de régions soient élus désormais. Mais vous n’allez pas plus loin.
Peut être que la solution Soukouna pourrait satisfaire les rebelles. À-t-on questionné les autres pour savoir ce qu’ils veulent ? Ca, ça manque à la solution Soukouna pour qu’elle puisse intéressée une majorité des gens du nord et des maliens qui ont manifesté bruyamment pour faire savoir leur opposition à la proposition des rebelles.
La leur vous la connaissez. Pour moi, à défaut d’avoir une indépendance, elle se résume à diviser le Mali en deux entités : une au nord, une autre au sud.
Qu’en est-il de ce que veulent les autres ? Quel est votre avis sur cette proposition des rebelles ? Cela m’intéresse, mais peut être aussi les autres malilinkers.
Pour revenir à la guerre mon point de vue est clair : nous ne pouvons pas nous asseoir et continuer éternellement à dire et débattre que nous n’avons pas les moyens de faire la guerre contre nos ennemis. C’est insensé et incompréhensible. D’autres moins armés que nous la font et réussissent à protéger les leurs. Ils perdent quelques batailles aussi.
Il en vas autrement si nous sommes convaincus que ce nord là ne vaut pas la peine que l’on y perde des hommes. “Il n’y a que du sable et la désolation là-bas”. Et des choses de ce genre. Aperceviez-vous même s’ils vous plait.
Cordialement

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Chouaibou

Avant mai 2014, on avait organisé à Kidal l’élection présidentielle et les législatives.
Avant mai 2014, il y avait à Kidal  un gouverneur, des préfets, des sous-préfets.
Avant la visite du Premier ministre, les bâtiments officiels, le Gouvernorat en particulier avaient été récupérés, puisqu’il y a tenu la fameuse réunion du 17 mai, le drapeau malien flottait sur Kidal. L’antenne de l’ORTM était redevenue sous le contrôle de l’État.
Nous y avons (malheureusement cantonné au départ) un contingent des FAMAS qui avait reçu des renforts les 15  et 16 mai.
Quelques jours avant la visite du Premier ministre, le chef d’État-major général des armées venait de boucler une visite de toutes les localités de la région de Kidal avec le projet d’y redéployer progressivement des unités des FAMAS.
Le Projet FIDA de Kidal qui avait repris ses activités, restauré ses bâtiments, redéployé ses agents avait organisé une visite des chefs des services techniques ( Élevage, Agriculture, Santé, Hydraulique…) dans toute la région en vue d’une reprise des activités.Monsieur Maïga, je n’insinue  pas que la situation avant mai 2014 était meilleure qu’aujourd’hui, je l’AFFIRME.
Soutenir le contraire, comme vous le faites, procède d’une cécité et d’une mauvaise foi incompréhensibles.
Vous connaissez la région, puisque vous vous proposez de la faire visiter à Soukhouna, voulant utiliser sa “méconnaissance” de la région comme un argument  pour l’exclure du débat.
Alors, puisque vous connaissez la région, où se situe Djebock?  A 40 kms de Gao. Et bien, au lendemain du 21 mai, les groupes étaient à Djebock.
Les camionneurs de Gao, payaient, à Djebock,  des droits aux miliciens des groupes pour aller en Algérie.
Peut-on comparer une telle réalité avec celle qui prévalait entre juin 2013 ( date de la signature du ” papier” de Ouagadougou (!) et la visite de votre de votre héros, le 17 mai 2014 à Kidal.
Nous n’avons pas fini de mesurer les conséquences militaires, politiques et morales de cette aventure irresponsable, comme je l’ai dit , de vive voix , au Chef de l’État, en présence du Premier ministre, le 22 novembre.
Bonne journée à toutes et à tous,
Tiébilé Dramé.