A Propos des Accords de Paix

Coumba et chers tous,
Le problème de ces messieurs partisans de l’autonomie c’est qu’ils parlent au nom de tout le monde.
L’auteur de ce texte fait exprès en essayant de tromper ceux qui peuvent encore l’être en assimilant son “Azachose” comme étant l’expression de toutes les populations du nord du Mali.
Ce qui est une insulte à la raison. C’est faux de dire que cette chose est l’aspiration de tous. Qu’elle est la proportion de citoyens de cet espace, qu’il réclame bien comme étant définie par les trois régions du nord, qui sont d’accord avec ses thèses ?
Qu’il parle en son nom, cela pourrait se comprendre, mais il n’est pas sincère en voulant demander un droit que la majorité des maliens de cette zone ne reconnaît pas, ni dans le nom même qu’il veut attribuer à son espace imaginaire à lui ni dans la forme de partage du territoire ou des responsabilités de sa gestion.
Comment peut-on encore trouver des solutions à des gens qui ne veulent qu’une chose que ce qu’il réclame soit accepter comme tel au mépris de la position des autres (les plus silencieux) comme s’ils n’existaient pas.
En tout cas en tant que citoyen (comme lui j’espère) je ne me retrouve pas dans la solution qu’il propose. Je ne la partage pas ni dans la forme ni dans le fond.
Arguer de l’épouvantail du déversement de ceux qui ne seront pas contents dans la guerre islamiste contre tout le monde n’effrayera que ceux qui n’ont pas encore compris ou accepté que la rébellion de 2012 est en parfaite fusion avec les djihadistes jusqu’à nos jours. Cette connivence ne finira pas quelque soit les solutions qu’on trouvera au problème du nord du pays. Le fond de ce djihadisme au Mali et dans l’espace sahélien n’est autre qu’un problème économique (trafic de drogue et de cigarettes, trafic d’êtres humains) et une certaine gestion des problèmes de sécurité de certaines puissances.
Attribuer une république même indépendante à ces “bandits” ne terminera pas ce trafic. Tout le monde (auquel l’auteur s’adresse) le sait y compris les leaders maliens.
Mais enfin qu’est ce qui empêche les autres le contraire. C’est à dire si on leur donnait satisfaction que les mécontents de cette éventuelle situation se retrouvent eux aussi chez les djihadistes. Ou bien pense-t-on que le monopole de cette capacité ne peut être détenu que par les premiers.
Arguer que le problème des touaregs pour lequel ils se battent depuis toujours n’est pas résolu aussi est une position qui n’est pas partager par tous les touaregs même, si on convenait même que les trois régions dont il parle ne sont peuplées que par des touaregs, ce qui est de toute évidence archi faux. Il y a bien des touaregs nombreux, y compris à Kidal qui sont totalement contre la position de ce monsieur. Pour preuve (et puisque c’est l’argument le plus prisé par les médiateurs internationaux) des groupes armés touaregs et arabes tuent à coup de dizaines des touaregs qui revendiquent une scission. Comme ces derniers ont fait des armes leur moyen de coercition préféré pour faire valoir leur désir.
Tertio, Coumba, je ne crois pas un seul instant qu’il faut satisfaire une minorité d’individus contre une majorité d’autres individus alors que les avis des deux entités sont totalement divergentes sur la question centrale qui les opposent, c’est à dire la façon de gérer les terroirs. Il en aurait été toute autre chose si les deux entités ne se disputent pas la même chose. Mais là on comprends bien.
Ma proposition que le rappelle encore une fois pour cette affaire c’est celle là :
Que la solution définitive de cette affaire ne se trouve pas à Alger, ni ailleurs, ni même à l’ONU. La question doit être amener devant tous les citoyens maliens qui pourront discuter sans tabou des problèmes de ce pays, y compris cette affaire. Il revient à eux seuls de décider de l’avenir de ce pays que des messieurs veulent nous concocter à Alger avec une baguette magique peut-être.
Je dis cela parce que ce n’est même pas sûre que d’autres maliens autres que la partie “fâchée” ne soient de leur avis. Il se peut aussi que les maliens disent non. Que sait-on ?
Le problème c’est de vouloir en imposer par les armes et par la terreur à tous les autres. Imposer des points de vue qu’on ne comprend pas ou dont on ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants.
Sinon Coumba, je suis presque sûre que personne n’est contre de trouver une solution à cette affaire. On achoppe sur la solution. Quelle solution peut-on trouver qui puisse tenir compte des intérêts des uns et des autres. Pas seulement d’un côté.
Ceci dit, je pense sincèrement que le texte proposé par la médiation et partagé sur les foras, donne énormément de pouvoir aux régions. Je n’ai personnellement pas compris la position de Monsieur le MAE malien qui faisait presque l’apologie de ce document en disant qu’il ne contient ni le fédéralisme ni l’autonomie.
Je propose que ce texte soit analysé et vous verrez que les entités proposées ont le pouvoir presque de disposer de la façon de gérer les ressources naturelles, de lier des relations avec des états étrangers, de se regrouper en entité unique et de gérer cette entité, un clin d’œil de la médiation pour dire leur Azachose.
Voilà un peu Coumba, comme tu sais ce problème est presque une “obsession” pour moi. Je suis convaincu qu’il a toujours été résolu de manière injuste et est en train de l’être encore de manière injuste. Tout simplement parce que les armes sont plus convaincantes que le silence des sans voix. De l’injustice et de la barbarie.
En espérant que mes propos n’ont pas vexé des lecteurs.
Chouaibou

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Chouaibou