Burkina Faso: Les partis politiques récusent l’armée

Par rapport au Burkina Faso et à la situation politico-militaire qui se dessine, il ne faut prendre aucun écart. Ce risque demeure lien dans cette démarche de vouloir installer à la tête de la “transition” un civil plutôt qu’un militaire, motif pris de que le civil serait plus légaliste qu’un militaire. Il y en a du pire dans les deux camps,  aussi bien au civil qu’au militaire.
La situation burkinabé n’est pas loin de nous rappeler mars 2012, tellement les éléments d’identité sont presque parfaites, à l’exception de la guerre au nord du Mali de l’époque.
C’est dommage que dans des situations de crise comme celles du Burkina, l’on perde de vue le cadre constitutionnel et même la communauté internationale s’installe dans une vision erronée en semant de remettre le pouvoir aux civils du Burkina : mais qui sont ces civils et quel est le critère déterminant de leur chois ?
Non, le plus simple serait tout de même d’observer le plus simplement du monde les dispositions constitutionnelles, en mettent en œuvre les règles de  “l’intérim” en lieu et place de toute idée de transition.
C’est en ne procédant pas de la sorte que l’on s’expose et que s’ouvrent les voies de toutes les querelles entre militaires et militaires d’une part, entre militaires et civils de seconde part et entre politiques et politiques de troisième part ; sans compter la communauté internationale et les autres. Tous se sentiront le droit légitime de diriger la transition burkinabé et au bout, ce serait le désastre.
Ces moments ne sont pas des “périodes politiques” mais des étapes ultimes de remises en route des choses au plan politique, institutionnel et constitutionnel.
Il est difficile de percevoir une autre solution en dehors du cadre constitutionnel et institutionnel qui permette d’exclure les militaires du jeu. Qui plus est, la détermination des soldats de la garde présidentielle que l’on peut supposer fidèles à Blaise COMPAORE est tellement perceptible qu’ils sont sans parrains et non rassurés pour ce qui est de leur sort. C’est ce qui explique qu’un officier général se soit écarté pour laisser passer un lieutenant colonel.
Il faut Faire appel au Président de l’assemblée nationale. Peu importe les liens de ce dernier avec l’ancien president. Ces liens éventuels voire supposés ne sont pas plus étroits que ce que Blaise COMPAORE aurait ou pourrait avoir avec les militaires burkinabé qui se disputent la direction de la transition. Cette démarche est bien conforme à la loi, à  l’ordre constitutionnel. Faire autrement ou faire autre chose comporte d’énormes risques dont les conséquences restent incalculables.
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Mamadou I. Konate