Conférence PARENA

J’ai pu assisterà la conférence hier matin; je partage avec vous les notes
prises.
Conférence des cadres PARENA et sympathisants
Thème: Le Mali, le processus d’Alger, la stabilité du Sahel.
La réunion qui devrait débuter à 9h30 a commencé avec 20 minutes de retard; y étaient présent bien entendus les cadres du PARENA mais aussi les principaux leaders de l’opposition (e.g., Soumeila Cissé de l’URD, PDES, PIDES, FCD, ), certains de la mouvance
présidentielle (Younouss Hamèye Dicko président du
RDS, Aly Nouhoun Diallo de l’ADEMA) et des diplomates.
La première intervention est allé droit au but;
“nous dirons tout ici”. L’hymne du parti a été entonné — assez intéressant — avant que Tiébilé Dramé ne prenne la parole. Son discours a été suivi d’interventions de l’assemblée sous forme de commentaires et questions adressées au conférencier.
Trouvez ci-dessous la teneur des différentes interventions.
Tiebile DrameLe Mali royaume de l’impunitéÀ Kidal le Mali a perdu 200 hommes; l’armée a en outre perdu bon nombre de véhicules; Kidal est administré par le HCUA/MNLA, Menaka est sous contrôle du MNLA. Il y a de fait une autonomie au Nord. Le PM qui est responsable premier de cela est toujours en place. Foyi ma bo ala. L’impunité ne s’arrête pas là – l’ingénierie financière dont le but était de saigner l’état n’a pas eu de conséquence non plus. Foyi ma bo ala.

Accord d’AlgerLe PR n’a jamais eu contrôle des négociations — les lignes rouges qui forment l’essentiel de son credo étaient déjà consignées dans les accords de Ouaga. Le Mali a souffert d’un manque de discernement. Le PARENA avait remis au PR un mémorandum visant à faire une table ronde pour des propositions maliennes. Ce document sera désormais publique. Le PARENA s’insurge contre plusieurs articles du document d’Alger; citant en exemple la réinsertion des officiers rebelles (ex FAMA) qui poserait un problème ou l’élection directe des gouverneurs régionaux qui pourrait créer un problème pour les minorités ethniques.

Le PARENA préconise la prise en compte des coûts de toute nouvelle structure à proposer : suppression du poste de PM, élection au suffrage indirect du PR et des gouverneurs régionaux. Le suffrage direct dans les régions du nord créeront plus de problèmes pour les minorités vu l’assemblage ethnique de ces régions.
Le Mali doit essayer de créer sa propre stratégie de stabilisation du pays; pourquoi ne pas essayer de comprendre les raisons qui poussent les Maliens à joindre les groupes djihadistes? Plusieurs propositions ont été faites — celles qui ont été acclamées : surveiller le nord comme le lait sur le feu, créer un poste de conseiller spécial sur le nord avec bureau contigu à celui du PR, etc. Le gouvernement fait de l’amateurisme; un gouvernement de “Tchounés” (ce mot que j’avais pas entendu depuis très longtemps à longuement été
applaudi).
Contributions Aly Nouhoun
Diallo — il se dit d’accord que l’accord d’Alger n’est pas bon; que l’ADEMA était aussi
dans la même logique; un accord retardé vaut mieux qu’un accord mal fait avec
précipitation.
Iba N’diaye (ex-ADEMA, 2ème vice-président de l’URD) — il félicite le travail battu par le PARENA. Les Maliens doivent savoir qu’ils ont été trompés. Les accords de Ouaga doivent être salués pour avoir permis les élections. L’opposition au Mali doit être saluée pour les propositions qu’elle a fait depuis les élections; ces propositions doivent être mutualisées. Il faut mettre en place une politique qui vise à soustraire les Maliens des groupes
djihadistes.
Tangara (maire PARENA) — il parle d’empire de l’irresponsabilité : Mara devait démissionner après Kidal; Bathily devait démissionner après la libération des djihadistes; les ministres cités dans les scandales financiers devaient démissionner. Le Mali est devenu l’empire de l’irresponsabilité; personne n’est coupable.
Ag Agado — société civile, membre de la
communauté Bellah — les Maliens sont inquiets et déçus; pourquoi l’exemple du Niger, de la Mauritanie et de l’Algérie ne sont pas prises en compte? Pourquoi l’Algérie n’applique pas la logique (des accords d’Alger) pour ses populations touaregs? Le gouvernement ne veut-il pas carrément diviser le Mali et se débarrasser du Nord? Il y a une volonté de créer une frontière nord-sud et livrer les populations Bellah et autres aux minorités ethniques (Touareg blancs). Les accords de Ouaga n’ont également pas eu l’adhésion des populations.
Les accusations ont épargné la France; les journalistes de RFI (David Baché) font parler les rebelles et oublient les autres. Si les accords d’Alger sont signés, il y aura des conséquences — le Burkina nous a montré la voie. Intervention très applaudie.
Prof Younoussi Hameye Dicko — parti RDS.
La majorité présidentielle n’est pas dans la logique de diviser le pays. La méfiance a malheureusement gagné les populations. Il faut dire quand même qu’il n’y a pas eu de différences entre les documents d’Alger 3 (rejetés par le gouvernement) et ceux Alger 4. Les gouverneurs régionaux ne doivent certes pas être nommés par Koulouba, mais ce qui est dans le document d’Alger contient le germe de la division. Il faut remercier le PARENA pour le travail qu’il fait pour le Mali, pas seulement l’opposition. Le Mali a besoin de faire son propre document.
Une séance plutôt comique et hilare s’en est suivi quand Dramé a invité Dicko à rejoindre l’opposition tant les avis et opinions sont similaires à ceux exprimés.
Représentant du PSP — la régionalisation est un danger; va-t-on faire de même pour Sikasso? Comment construire une nation si on permet à toutes les régions d’avoir leur propre système éducatif. Le sentiment y’en marre s’installe.
Amadou Diallo, président PDES (le “parti” d’ATT)– le discours prôné en 2004 (par ATT) est celui qui est d’actualité aujourd’hui. Le dialogue avait été privilégié comme moyen de résolution; le “compromis dynamique” a été décrié comme lâcheté ou compromission avec l’ennemi. Nous sommes revenus en 2004 après avoir essayé la guerre et autres choses. Concernant Alger, tout le monde a fait des propositions, sauf le gouvernement malien. Le document d’Alger est de médiocre qualité “avec tout le respect dû aux Algériens”. Le document est mauvais, même 10% du document est mauvais. Le PDES rejette tout accord qui s’inspirerait même de ce document. La décentralisation suppose un état central fort, chose qui n’est pas vrai aujourd’hui. La communalisation a échoué et toute décentralisation au delà ne sera pas un succès; il y a de sérieuses lacunes et peu de resources humaines capable de mettre en place un système de développement adéquat.
L’opposition doit mutualiser ses efforts de réflection.
Le secrétaire du parti socialiste – yelen coura (son président Amadou Koita était également en salle). La légèreté est au pouvoir; comment le PR peut déclarer qu’il allait traquer des djihadistes qu’il a lui même libéré. Le pays est en l’envers.
L’opposition doit préparer un document de synthèse.
Aboubacar Diallo — militant du “FDR”. Les hommes politiques ne doivent pas seulement parler, il faut passer aux actions.

Tamba Doumbia — prof d’université.
La nécessité d’une concertation s’impose. Mais il faut une armée forte pour consolider la démocratie dans la pays.
Abdoul Baki Cissé — membre (et élu?)
ADEMA, section Koulikoro. Il n’y aura jamais d’Azawad au Mali. Il adhère entièrement aux thèses d’Ag Agado.
Mahamadou Hawa Gassama — élu de Yelimané. Applaudissements avant et après
l’intervention. Intervention en bambara. Ce n’est pas une question de PARENA, c’est une question du Mali.
Dieu n’aidera le Mali que si le Mali s’aide. Nous ne demandons pas la démission du PR; mais il faut que ce gouvernement parte. Le mensonge est devenu mode de
gouvernement. Il faut se rendre à l’évidence — le ministre Diop lui même a commencé à tergiverser (sur les accords); comment faire confiance en ce gouvernement? Mara a
parlé en homme (j’irai à Kidal) mais n’a pas agi en homme quand ça a tourné mal (il devait démissionner).
Il faut faire partir le gouvernement par la force s’il le faut. Le Malien est intelligent mais il est négligeant — c’est ça notre problème. Cette intervention a été longuement applaudie.
Prof Simpara (retraité) — Tiébilé joue le rôle que Mgr Luc Sangaré jouait au temps de Moussa. L’Azawad est une création récente; il n’a jamais
existé.
Dr Seriba Konaré (Membre URD) — notre ami Sériba a posé une série de questions, notamment sur l’ingénierie financière évoquée par le conférencier. [ Seriba m’a d’ailleurs remis sa carte de visite après la conférence — c’est toujours bien de coller finalement un visage aux emails].

Conclusions (par le conférencier) Les accords d’Alger se passent différemment de ce que Ouaga a été; à Ouaga les émissaires ont négocié directement avec les groupes armés pour arriver à un accord; le médiateur a seulement été mis au courant quand un accord a été trouvé; à Alger, le Mali attend que le médiateur lui soumette simplement des propositions. Ça ne peut continuer ainsi.
Tiébilé Dramé a rencontré le président ATT – il le considère comme son frère et ami. Ainsi que le président IBK pour une visite de courtoisie — rien de secret selon lui, pas de recherche de poste ou gâteau à partager comme certaines questions posées par l’assemblée réunie ou les journaux.

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A. Karim Sylla


Une question a Drame que je n avais pas encore eu l occasion/ la presence d esprit a lui poser malgre mon intention. Je suis d avis que les les elections doivent representer les moyens financiers du pays et pour le controle de l executif par le Parlement, cependant j avoue ne pas tres bien saisir la portee d un scrutin proportionnel comme le propose le PARENA.

Theoriquement, ce genre de scrutin permets une meilleure representation de la realite politique d un pays en permettant a toutes les composantes politiques de plus grandes chances d etre representees quelque soient leur poids politique mais dans une culture politique qui entretient le nomadisme et avec des deputes sans ancrage ideologique, ne revient on pas aux memes problemes qui minent le systeme actuel?

Je pense que des mesures qui renforcent le controle des elus par les electeurs seront probablement plus consequentes quelque soit le mode d election opte. Des mecanismes qui permettront un rappel des deputes par les electeurs seront probablement plus favorables a la representativite reelle et la responsabilisation des elus qu un systeme qui continue avec les listes qui continueront a faire le jeu des chefs politiques ou des clans, mais surtout a entretenir cette mentalite de mercenariat politique.

En ce qui concerne les negociations en cours a Alger. La methodologie proposee par le PARENA ne peut etre plus rationnelle et constructive mais face a la realite d un IBK president et les consequences de sa gestion du probleme, quelles sont les veritbales options? Cette methodologie aurait ete ideale pour un pouvoir consistent qui avait su assurer la continuite depuis Ouagadougou mais ce n est pas le cas, et les mouvements rebelles ont une ascendance psychologique sur le terrain comme dans les coulisses. Donc je vois mal comment ont peut les proposer de mettre en sourdine leurs exigences le temps qu on se mette d accord pour le reste du pays.

Le temps aussi n est donc pas du cote du Mali; une pression sur le pouvoir d IBK pourrait mener a un autre round de consultations superficielles comme ce fut le cas la derniere fois mais je ne le vois pas accede a une demande pour des assises ou un apport substantif par l opposition car cela pourrait echapper a son controle ou ne pas etre conforme a son ego. Votre initiative est un excellent cadre pour reflechir au Mali a venir mais en ce qui me concerne, cet accord potentiel est le debut de la fin du systeme. Il sera deficitaire a bien d egard tel que concu mais il est progressif en general, mieux vaut un mauvais accord qui catalyse le changement qu une transition sans fin. Et pour finir, je suggererai que les gens s entendent sur le prix a payer. Si ils arrivent a un consensus alors ils doivent etre clairs sur ce qu ils sont pret a payer personnellement pour le defendre sinon il y aura encore du nomadisme a craindre.

Soukouna