Le Parti de Soumaila Cisse aussi s’insurge contre le torchon de pre-accord

Kalifa, merci de rappeler cela.
J’avoue que le principe même d’Alger laisse un peu perplexe. Les Algériens sont dans leur bulle et produise des documents, les uns ressemblant aux autres. On nous dit qu’il y a du progrès mais dès que le document devient publique, les deux parties s’empressent de le rejeter.

Le Mali (par la voix du président) a dit ce qu’il ne voulait pas (ni indépendance ni autonomie ni Azawad); les rebelles ont dit ce qu’ils voulaient (autonomie groupée des 3 régions du Nord plus une partie de Mopti). C’est ça même la définition du mot ‘impasse’. Le gouvernement a fait un communiqué pour remercier les Algériens — sans doute pour ne pas les fâcher — mais il faut qu’on se rende à l’évidence; il faudra un changement de position d’au moins une des deux parties.

Les rebelles ont vendu l’indépendance à leurs militants, promettant des postes juteux dans leur nouvelle république aux uns et des merveilles aux autres. Ce sera difficile de ramener quelque chose qui ne ressemble pas au moins à l’autonomie.

Le gouvernement malien sait que le TOUBABOU KAN BA ne pourra pas les sortir d’affaire — on ne pourra pas dire aux Maliens que l’autonomie a toujours été sur la table; et qu’il fallait seulement lire entre les lignes.

Les Algériens essayent de rendre le projet “vendable” aux rebelles — infrastructures de tout genre à construire au Nord avec de l’argent que le Mali n’a pas. Ou encore réserver la moitié des postes administratifs à de gens peut-être sans diplômes. Les rebelles n’ont pas mordu à l’hameçon. Heureusement.

Peut-être qu’il faut retourner la table; que le Mali dise clairement ce qu’il veut et que les rebelles disent clairement ce qu’ils ne veulent pas. On n’aura pas besoin alors des Algériens pour savoir si on peut se mettre d’accord ou pas.

Je pense aussi que l’occasion est bonne pour qu’un nouveau Mali émerge de ce qui sera un difficile accouchement. De toute évidence l’état central et centralisé avec un chef tout puissant et des redevables autour de sa personne ne conduira nulle part. Au lieu de laisser les Algériens définir ce que ce nouveau Mali doit être il faut que les Maliens eux même décident.

Le danger est que la non-résolution de ce conflit empêchera l’épanouissement de tous et conduira à une radicalisation de tous. Si un petit groupe peut empêcher le pays de tourner alors il faut se rendre aussi à l’évidence que ce pays doit être redéfini. Si on ne se met pas d’accord, je vous assure que nous nous retrouverons un jour avec une résolution des NU qui impose une solution; pourquoi? Parce que notre conflit crée les conditions qui peuvent déstabiliser le reste du monde.

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A. Karim Sylla


On Dec 6, 2014, at 8:03 PM, Kalifa Goita  wrote:

Bonjour
Pour moi les négociations d’Alger ce n’est pas une question de partis politiques. Donc les positions individuelles de tel ou tel parti importent peu. Le Mali doit négocier d’une voix. Le gouvernement doit porter cette voix unique dans les négociations. L’union sacrée autour de cette question est essentielle. Le gouvernement, les partis et la société civile doivent définir ensemble les lignes de conduite tout le long. Ce faisant, ils répondront certainement aux attentes de la grande majorité des maliens.

Kalifa


Le 6 décembre 2014 13:03, ‘Chouaibou MAIGA’ via malilink <malilink@malilink.net> a écrit :
Malobbo et chers tous,

Je pense ne mon âme et conscience que ceux sont les partis politiques qui les premiers qui doivent se saisir des questions qui intéressent la vie de la nation et en débattre. C’est aussi leur rôle d’informer et de former leurs militants qui sont aussi les citoyens du Mali.

À cet effet oui le PARENA est certainement le parti qui est le plus actif (j’ai déjà eu l’occasion de le dire plusieurs fois ici même). J’ai comme le sentiment que ce parti s’est positionné comme avant-gardiste dans le domaine de la formation de ses cadres et de communication en direction de l’opinion ( ceci bien avant le coup d’état de 2012), mais je constate comme tu le dis bien que Tiébilé prend (à pris) énormément de temps pour donner une position sur le pre-raccord de Alger.

Au delà de la déclaration d’opposition ou d’accord, je suggère que le négociateur en chef de Ouaga et que le PARENA porte voix de l’opposition malienne fassent une proposition alternative (ou similaire, je ne sais pas !) à celle des révoltés concernant la réorganisation territoriale du Mali. Il est important que son point de vue sur cette question là (précise) soit connue. Je crois que je l’ai déjà dit ça aussi. Nous critiquerons ou pas.

L’urgence en effet commande à ce qu’on s’attaque à la question du Nord, à l’unisson. Sur cette question Tiébilé disait qu’on ne peux pas faire l’union sacrée sans s’entendre. Je pense qu’il doit être un peu plus clair sur la question. Est ce que cela veut dire qu’il y a des questions ou des préalables qui sont plus urgentes que cette affaire de nord ? Quoi ? Mais L’important c’est que les maliens (je parle ici du gouvernement et de l’opposition) s’entendent sur l’essentiel et que ce soit ce qui est défendue à Alger.

Je donne la priorité des initiatives au pouvoir en place qui a été élu et qui a la responsabilité première de répondre devant les maliens. Il doit s’ouvrir et aller vers l’opposition dans les circonstances graves qui menacent la cohésion nationale comme cette crise du nord. Je pense que “associer” les maliens (et en priorité des partis d’opposition) à l’élaboration d’une réponse à la médiation et aux révoltés est une bonne chose. Pour autant que ces derniers acceptent que c’est bien le gouvernement actuel qui est responsable en premier devant le peuple. Ça me semble évident.

Étant en voyage, je ne pourrais malheureusement pas participé à cette conférence importante. Mais je leur souhaite un bon vent. J’espère seulement que sur “le papier de Ouaga” qu’on ne fera pas encore un rappel de Chouaibou en “mon absence”.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Le 6 déc. 2014 à 15:52, “malobbo.diag a écrit :

Monsieur Cissé,

je suis de l’ avis qu’ il faut reconnaitre les constats. Là je suis d’ accord avec Chouaibou et les autres. D’ ailleurs Chouaibou a aussi constaté que son parti l’ ADEMA ne dit rien sur Alger. Même si l’ ADEMA a des membres comme Ousmane Sy qui négocient à Alger, ce parti peut dire “Nous sommes d’ accord avec les résultats des négociations et argumenter pour les justifier”. Dire ce que l’ on pense n’ est pas nécessairement la mauvaise chose, mais faire comme si rien ne se passe, c’ est ignorer la réalité. Or ignorer la réalité, c’ est la chose la plus grave qu’ on puisse faire.

Je termine en disant que moi, contrairement à Chouaibou, trouve l’ Accord de Ouagadougou, oeuvre de Tiéblé Dramé globalement en ordre. Ce qui a y manqué sont les critères de contrôle de son application, les risques de faillite y compris  ce qu’ il faut faire pour parer à ces risques ou les sanctions à prendre contre la partie qui ne respecterait l’ Accord. Si ceci était était fait,  peut-être que Chouaibou aurait été d’ accord avec l’ Accord de Ouagadougou. J’ espère que la délégation malienne à Alger en tirera les leçons.

Bien cordialement
M. Diagayété


 

Bonjour Cissé,

Dans mon intervention de ce matin, je n’ai fait aucun procès au PARENA.

Je vous fais observé d’ailleurs que j’ai fait peu mention du “parti” dans mes échanges antérieurs avec Tiébilé Dramé. Je traite des problèmes ; de ce que certains appellent l’actualité.

Je reconnais à chaque malien le droit de se taire ou de s’exprimer sur tel ou tel sujet préoccupant la nation.

L’accord de Ouaga dont Tiébilé a été le négociateur principal est mon principal point de divergence avec lui.

Ceci dit, il est aussi vrai que le PARENA ou Tiébilé ou les deux se sont peu ou pas exprimés sur le sujet des négociations d’Alger. D’autres formations le font. D’autres non. Comme le mien. Cela mérite d’être dit.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Le 6 déc. 2014 à 12:13, ‘Mahamadou Cissé’ via malilink <malilink@malilink.net> a écrit :

Bonsoir, 
Est-on vraiment sérieux, lorsque le Parena est interpellé pour une réaction de circonstance sur un problème qu’il a porté constamment depuis plus de 10 ans ? Mais on est où là ?
Nous, qui suivons la vie politique malienne, avons en mémoire des foras, des conférences de haut niveau sur ce sujet. Il semble que c’est ce qui a amené le gouvernement de transition à confier la mission de Ouaga à Dramé. Chouaibou, Citoyens…..le Parena ne saurait rougir de ses réussites.  
Décomplexé quoi ce parti !
A ceux qui se réveillent maintenant, ce n’est pas trop tôt,  faites votre devoir en ne faisant pas de procès aux autres;  car le Parena n’a pas attendu les caméras et réseaux sociaux pour s’attaquer à la question cruciale des régions nord. Il est vrai que le sujet n’était pas aussi rentable politiquement.
On peut détester le lièvre, mais reconnaître qu’il a de longues oreilles.
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Mahamadou Cissé