La Replublique

Merci Ndack,
Je suis un homme heureux aujourd’hui car je sais que le combat pour la république gagnera encore un peu plus de vigueur dans notre sous région.
J’étais au Congo Brazza en 1977 quand les rwandais rentraient à Kin. L’aéroport de Brazza servait de camp aux armées françaises, britanniques, belges et d’autres. Tout le monde attendait la grande confrontation. la Garde Présidentielle de Mobutu était la mieux entrainée et la mieux armée d’Afrique noire disait on.
Un ami rwandais avec qui j’ai voulu partager mes inquiétudes me fit la remarque : ” Tu sais avec l’inflation au Zaïre, la solde d’un militaire de la Garde Présidentielle est d’environ deux (2$) dollars U.S. Tu connais quelqu’un prêt à défendre Mobutu pour deux dollars par mois ? C’est de Mobutu qu’il s’agit pas du Zaïre.”
On connait la suite. Il n’y a pas eu combat. La Garde de Mobutu a traversé le fleuve pour Brazza.
Ceci pour faire écho à la réunion de Dakar.
Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.
C’est dans la République que nous trouverons la sécurité et le progrès pour tous.
La construction de la république, est un combat que personne ne peut mener à notre place. Un destin que nous aurons à affronter tôt ou tard.

Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Le 19 décembre 2014 13:36, Ndack KANE a écrit :

Merci Mr Traoré. À force de répéter la même idée avec constance, j’ai fini par “allumer” comme on dit ici au Québec !

En effet, je n’avais jamais compris pourquoi les jeunes au Sénégal étaient prêts à sortir dans les rues et brûler des pneus à cause de coupures d’électricité pendant les matchs de l’équipe nationale ou à mettre carrément leurs vies et le pays tout entier en danger pour que Wade ne gagne pas les dernières élections. On parle de démocratie mais ce n’est pas tout à fait juste. La démocratie est un outil et non une fin. On ne meurt pas pour un outil, on l’utilise pour arriver à ses fins. Quelle est cette fin donc ? C’est la République.

Les jeunes avait failli faire basculer tout un pays à cause de cette idée de République ! Parce que sans cette idée, il n’y avait plus de pays. Je ne sais pas par contre si c’était totalement conscient. Moi-même je ne viens de comprendre que ce matin.

Senghor a construit l’ébauche d’une République et c’est cela que Wade était en train de détruire pendant son deuxième mandat et en voulant imposer son fils dans un troisième.

Ndack


Illustration pertinente. J’avoue que je ne l’aurai pas comprise il y a un an.

En fait, la première fois que vous avez parlé de République, j’ai senti que vous aviez mis le doigt sur quelque chose mais je n’avais pas compris quoi. J’ai juste instinctivement encouragé encore plus des petits frères au pays à s’engager dans le “Parti Demain la République” d’El Hadji Ibrahima Sall car, de ce que je sais sur ce dernier, ils pourraient y apprendre beaucoup.

Mais maintenant tout s’emboîte. Y compris la première illustration que vous aviez donné sur ce forum concernant le suicide de Javert:

Voici une vidéo de Mamadou Diop, un jeune manifestant mort pendant les dernières élections. Vidéo qui date de quelques heures avant sa mort:

En y réfléchissant ce matin, en votre compagnie et en celui de Victor Hugo, la trahison dont il parle est celle qu’a ressenti Javert. Le sentiment de culpabilité l’acheva. C’est le même sentiment de culpabilité qui a amené les populations civiles américaines a réclamé la fin de la guerre du Vietnam. Car on s’entend, au Vietnam, les USA se sont retirés. S’il fallait tirer jusqu’à la dernière cartouche, ils auraient gagné cette guerre.

Il faut se demander également d’où venait cette entêtement des civils vietnamiens à mourir jusqu’au dernier: je renvoie à la vidéo de Mamadou Diop.

En fait, ce qui m’a également beaucoup aidé est le fait d’avoir lu de la psychanalyse ces derniers mois (je viens de terminer 6 ouvrages là-dessus). Freud disait qu’il y a savoir et savoir. Je savais ce qu’était la République mais dans un stade premier. Aujourd’hui je viens de le savoir à un stade supérieur. Je viens de l’intégrer en fait.

Aussi, par rapport à l’illustration sur l’histoire récente de la Région des Grands Lacs, vous dîtes: “Il n’y a pas eu de combat”, cela m’a fait pensé à ce récit ci-dessous de Rubin.

Bien des choses,

Ndack