Reintegration Des Fonctionnaires

Ndack,

Merci pour ta réponse. Vous confondez deux choses car votre exemple sur le Canada est mal à propos pour notre débat. C’est un exemple extrême qui met même les fondement de la nation Canadienne en danger et je suis sur que la cour suprême Canadienne ne demandera jamais à Poutine de lancer un missile sur le Canada. Par contre, elle peut décider de légaliser le marijuma même si le gouvernement de Harper n’est pas d’accord, il serait obligé de l’appliquer. La cour suprême Canadienne a pris plusieurs décisions qui n’étaient celles voulu par que le gouvernement, mais il les a acceptés. Par exemple, le gouvernement de Harper n’a pas apprécié la décision de la cour suprême quant à l’aide à mourir, il est obligé d’appliquer cette décision ou d’utiliser d’autres voies légales pour la contourner.

Le cas des fonctionnaires est un cas compliqué sur le plan juridique parce qu’il y a un loophole dans les textes que les avocats des plaignants ont utilisé en leur faveur. Sur le plan juridique, les plaignants avaient raison et la cour suprême a rendu justice. Je ne suis pas d’accord pour leur réintégration mais la faute réside au niveau de l’administration. Allant en l’encontre de cette décision met en périr tout le projet de république que tu défends sur le forum. La république est basée en premier sur la justice et l’institution judiciaire doit être indépendante des autres institutions sinon le projet de république devient une chimère.

Les textes qui régissent le recrutement à la fonction publique sont loin d être clairs. Par exemple, on peut me recruter demain à la fonction publique malienne en me faisant un concours spécial alors que d’autres attendent depuis des années un hypothétique concours. En étant un contractuel, je peux intégrer la fonction publique en se basant sur une interprétation des textes. En conclusion, l’administration était fautive dans cette histoire des fonctionnaires. Les plaignants ont faire valoir leur droit à travers la cour suprême. Nous devons respecter cette décision de la cour suprême au lieu de dire que c’est la faute d’un ex premier Ministre.

Barou


2015-03-28 12:49 GMT-04:00 Ndack KANE:

Barou,

Je me rends compte que je n’ai pas répondu à votre question:

« Si la cour supreme Canadienne prend une decision, est ce que le parlement peut aller à l’encontre de cette decision? »

Si la cour suprême canadienne demande à Poutine de lancer un missile nucléaire sur le Canada pour détruire le pays, est-ce que le parlement peut aller à l’encontre de cette décision ?

Ma réponse est oui. Et pas que le Parlement ! Il y aura aussi vous, moi, l’armée, bref tout le pays. Je ne sais pas si vous avez des enfants, mais je doute fort que vous soyez d’accord qu’on les assassine pour respecter des institutions qui ne respectent pas la vie des citoyens. Si les membres de la Cour suprême canadienne cherche à détruire le Canada, ils seront démis de leur fonction by any means necessary.

Et ce n’est même pas la peine d’aller aussi loin que le Canada ! Je vous rappelle que le mouvement du 23 juin avait été créé au Sénégal pour aller à l’encontre d’une décision de l’Assemblée nationale du Sénégal. Voici l’origine et le contexte du mouvement:

http://www.m23juin.org/index.php/lemouvement/origine

La dernière phrase dit tout. Le Mouvement du 23 juin (M23) est né dans la lutte contre la dernière des violations de la Constiution par son “gardien”.

Un gardien qui détruit ce qu’il doit garder est un problème. Un pompier qui nourrit les flammes au lieu d’éteindre le feu est un problème. Je pense que vous êtes d’accord avec cela.

Et vous pouvez même aller encore moins loin: au Mali en 1991, qu’est-ce qui a amené ATT a refusé l’ordre de continuer à tirer sur les manifestants ? Pourquoi ATT n’a pas respecté ce jour là l’institution qu’est le Président de la République, Chef Suprême des Armées, représenté par GMT ? Cet homme qu’est ATT s’est tout simplement rendu compte que celui-là même qui devait protéger ces populations avec son aide lui demandait lui de les abattre. Des pères se retrouvaient à tirer sur leurs fils et leurs mères: une aberration ! C’est pour cela qu’au Mali en 1991, en Tunisie plus récemment etc., l’on a parlé d’armée “républicaine”. Protéger les valeurs républicaines, ce n’est pas exécuté des ordres sans réfléchir, comme une machine, bien au contraire. Les machines n’en ont que faire des valeurs. Ce qui distingue l’humain de la machine (du robot), ce sont les valeurs, savoir distinguer le bien du mauvais. De la cour d’école à la tombe, l’homme ne fait que perfectionner ses valeurs, du moins, c’est sensé être son objectif suprême, pour atteindre, au crépuscule de sa vie, la grande sagesse.

Bon ensuite, arrivé au sommet du pouvoir, ATT a appris et compris comment fonctionnait le Mali, il a voulu en profiter un peu, mais s’est perdu en chemin, comme Wangrin dont il partage la tragédie… pour dire que ce n’est pas une première. Le Mali (et l’Afrique) doit sortir de cet engrenage.

Ndack