Cesser l’Escalade de la Violence

« Cesser l’escalade de la violence, donner la parole aux Populations
du Nord pour se prononcer sur leur « Azawidité »!, par Abdourahamane
Ben Mamata TOURE ; Maliweb du 21/05/2015

Les options consignées dans l’accord issu du processus d’Alger sont
fondées sur un diagnostic artificiel qui part du postulat que le Mali
est un pays où les minorités Touaregs font l’objet de discrimination,
d’exclusion et de mise à l’écart qu’il importe de corriger à travers
une architecture institutionnelle mue par un effacement significatif
de l’Etat central au profit des collectivités territoriales.

A aucun moment, les autorités maliennes n’ont pu convaincre l’opinion
publique internationale de l’inexistence d’une paupérisation organisée
des Touaregs du Mali et encore moins d’une prise de conscience de la
nécessité de ne pas soutenir des bandits armés qui ne représentent
aucune des populations du nord et de l’inexistence de ‘’l’homo
azawadis’’ sur le territoire Malien, les récents évènements de Ménaka
en sont une illustration.

Les populations silencieuses du Nord du mali, à travers leurs
organisations faîtières se sont toujours prononcées et demeurent
incommensurablement déterminées en faveur de l’unité nationale. Les
pressions, les menaces ou les félonies des soutiens des bandits armés
n’y feront rien et ne modifieront en rien cet état d’esprit.

Dans le fond, le texte issu de la négociation fait une impasse totale
sur les principales aspirations de la nation Malienne. Ces attentes
portent principalement sur l’unité nationale et la forme Républicaine
de l’Etat tandis que les bandits armés réclament un statut politique,
juridique, sécuritaire et économique du territoire et des populations
de l’Azawad.

Les atermoiements et les tortillements dans les prises de décisions
ainsi que les ambigüités comportementales de la CMA ne s’expliquent
que par le fait qu’elle est en réalité attelage fragile fait
d’alliances à la limite de l’étonnant, composé de groupuscules qui
connaissent chacun de profonds dysfonctionnements. Elle est noyautée
par des transfuges d’intérêts aux antipodes des aspirations des
populations du nord. Quant à notre Etat, il est pris dans une tornade
d’intérêts géo-sécuritaires et stratégiques, d’agendas personnels
contradictoires des membres de la médiation internationale et le jeu
trouble de certains Etats voisins.

Tous ces facteurs mis bout à bout expliquent, et justifient la
nécessaire consultation des populations pour se prononcer sur la
légitimité de ceux-là même qui prétendent les représenter.

Dans ce climat international tendu, méfions-nous de la stigmatisation
médiatique quasi unanime pour condamner les autorités maliennes et les
FAMA.

L’issue ne peut donc pas être dans une escalade d’interventions
extérieures guidées par les intérêts des puissances, mais dans la mise
en œuvre d’une consultation des populations, pas forcément par le
biais d’un référendum, mais d’une formule appropriée afin que se
prononce la grande muette dont le nom et la cause sont devenus des
fonds de commerce de bandits narco-Djihadistes. Nous ne devons pas
nous laisser séduire par les lendemains enchanteurs que promet un
texte flou, souvent contradictoire d’un paragraphe à l’autre et d’une
imprécision juridique troublante. Il est temps d’arrêter de taquiner
le vide avec un texte évasif, tentant de faire passer maladroitement
une formule fédérale originale.

Si la crise est réellement politique, comme le soutiennent les
séparatistes et leurs alliés, la solution ne peut être que politique
et à ce jour la plus viable est celle de la consultation des
populations du nord pour se prononcer sur leur « Azawidité » et leurs
aspirations profondes. C’est seulement après ce préalable que la mise
en œuvre de l’accord doit être programmée pour l’émergence d’un
véritable projet de société au service des droits, de la justice, de
la démocratie et de la paix.

Donnons la parole au Peuple pour l’honneur du Mali et le Bonheur des Maliens !

Sincèrement,

Mohamed Ag Hamaty