IBK le Corrompu

Pour le bien du Mali, ce monsieur doit se faire honneur et rendre le tablier. La police française a des enregistrements d’IBK et son “frère” Tomi qui démontrent comment les deux ont oeuvré à piller le Mali. Ce président montre en fait qu’il n’a absolument aucune scrupule à appauvrir son pays au profit de Tomi, son “frère” — Tomi “reçoit” l’argent de l’état et en contrepartie il fait des “faveurs” à IBK. L’article est publié par Médiapart.

http://www.mediapart.fr/journal/international/220515/deux-presidents-africains-ecoutes-par-la-justice-francaise

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Deux présidents africains écoutés par la justice française
PAR FABRICE ARFI ET ELLEN SALVI ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 22 MAI 2015

Les présidents du Mali et du Gabon ont été écoutés téléphoniquement dans le cadre des investigations judiciaires visant l’homme d’affaires corse Michel Tomi, à la tête d’un empire financier en Afrique. Les retranscriptions policières révèlent un vaste système de largesses en tout genre dont profitent les deux chefs d’État africains concernés, Ibrahim Boubacar Keita (Mali) et Ali Bongo (Gabon). De la pure corruption pour les juges.

Le 28 mars 2014, à 12h55, Michel Tomi, surnommé le “parrain des parrains”, condamné plusieurs fois par la justice dans des affaires financières liées à la mafia corse, décroche son téléphone. Un vieux complice est au bout du fil, Pierre-Nonce Lanfranchi, dit “Nono”. « Putain, ils ne te lâchent plus ! », s’agace “Nono”, élu historique du petit village de Guitera-les- Bains (Corse-du-Sud), entre deux échanges en patois insulaire avec l’homme d’affaires. Il faut dire que, ce jour-là, un article du Monde révélant l’existence d’une enquête judiciaire d’ampleur contre Michel Tomi tourne sur la Toile depuis plus d’une heure.

« Qu’est-ce qu’ils me cherchent ! », confirme Michel Tomi, alors écouté par les policiers de l’Office anti- corruption de Nanterre. « Ah, mais on dirait qu’ils cherchent plutôt IBK », avance “Nono”. Ces initiales sont celles de l’actuel président du Mali : Ibrahim Boubacar Keita. Un « ami » de la France, symbole de la politique africaine de François Hollande, que l’on
retrouvera aux premiers rangs de la marche officielle des chefs d’État du monde entier, le 11 janvier dernier, après les attentats de Paris.

« Il va finir en garde à vue, hein ? », interroge “Nono”. «Je ne crois pas,non»,le rassure Tomi.«Mais il ya quelqu’un qui bouge par derrière, c’est pas possible », suggère son ami. « Bien sûr. Tu as raison », confirme l’homme d’affaires. Puis les deux hommes s’amusent du surnom (le “parrain des parrains”) de Michel Tomi, exilé depuis plusieurs décennies en Afrique, où cet ancien pilier de l’ombre du clan Pasqua — il a été condamné dans l’affaire du casino d’Annemasse — a bâti avec son groupe Kabi un empire autour des jeux, puis de l’immobilier, puis de l’aviation, puis de tout ce qui est juteux. Au Cameroun, au Gabon, au Mali. Le tout sous le regard longtemps bienveillant de la France, de sa police et de ses services secrets.

Les temps ont, semble-t-il, changé et “Nono” n’a pas tout à fait tort. Même s’il est actuellement protégé pénalement par son statut de chef d’État, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, est bel et bien dans le radar des policiers et de la justice française, selon de nombreux documents réunis par Mediapart. De manière incidente, IBK a même été écouté téléphoniquement à de très nombreuses reprises en 2013 et 2014 dans le cadre de l’enquête des juges

Serge Tournaire et Hervé Robert (parti au printemps à la Cour des Comptes) sur l’empire Tomi. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Un autre chef d’État africain — et non des moindres —, Ali Bongo, le président du Gabon, a lui aussi été écouté.
Les retranscriptions policières révèlent un vaste système de largesses en tout genre mis en place par Michel Tomi au profit d’IBK et, dans une moindre mesure, d’Ali Bongo : croisières sur un yacht, voyages en jets privés, séjours dans les plus grands palaces parisiens, transport en limousines, achats de costumes de luxe, de voitures, de lunettes, soins médicaux réglés rubis sur l’ongle.

Contactées, les présidences du Mali et du Gabon n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

Tomi se met en quatre pour satisfaire les moindres désirs des présidents. Il est leur homme. Leur tiroir-caisse. Le facilitateur pour leur rendre la vie plus douce, à tous points de vue. Il fluidifie. En contrepartie, il a le champ libre pour faire prospérer ses affaires sur le continent. Pour justifier ces faveurs, l’homme d’affaires préfère revendiquer un lien de nature « familiale » avec Keita et Bongo, comme il le fera par exemple en garde à vue devant les enquêteurs.

Soupçonné par les polices françaises d’être, au mieux, le banquier du milieu corse et, au pire, l’un de ses parrains les plus redoutables, Michel Tomi a tout fait pour tromper la surveillance judiciaire. En vain. Dans une écoute du 31 mars 2014, à 18 h 58, trois jours après les révélations du Monde, l’homme d’affaires explique ainsi au couple Keita — il parle à l’un et à l’autre à tour de rôle — qu’il utilise un numéro spécial pour ses conversations avec eux. « Il est que pour vous […] Tu vois, je m’en sers qu’au Mali, donc il a pas été touché par tous ces problèmes », confie-t-il, de manière à peine codée.

Le même jour, mais dix minutes plus tard, il glisse sur une ligne identifiée par les policiers comme étant utilisée par les Keita : « Des fois, avec l’autre [téléphone – ndlr] je peux te dire des conneries, hein. Donc, n’en tiens pas compte. Tu vois ce que je veux te dire… La vérité, je la dis sur celui-là hein. » Pas de chance, cette ligne aussi est écoutée. La vérité
s’écoulera au fil des mois d’un téléphone l’autre et finira par causer les plus graves ennuis judiciaires que Michel Tomi ait connus ; c’est dire. L’homme d’affaires a été mis en examen, le 20 juin 2014, après 48 heures de garde à vue, pour « corruption d’agents publics étrangers » parmi dix-sept chefs d’inculpation.

Le catalogue de la corruption
Alors que le Mali est classé parmi les pays les plus pauvres du monde en plus de connaître la guerre et le terrorisme, les écoutes Tomi dans lesquelles apparaît IBK montrent un président malien obsédé par la satisfaction de ses besoins dispendieux. Le “parrain des parrains” le couvre d’égards et de cadeaux. Une voiture, pour commencer. Un Range Rover. Écoute du 4 octobre 2013, à 20 h 15 : « Et le Range ? », demande Tomi au président du Mali. « Impeccable, impeccable… », répond l’intéressé, qui n’a rien payé, d’après la justice. Le Corse, telle une nounou pour chef d’État, rappelle ensuite à IBK sa prescription médicale, listant les médicaments qu’il doit prendre sans faute.

L’homme d’affaires ne ménage pas ses efforts pour permettre au président malien de bénéficier des meilleurs soins en France. Le 3 décembre 2013, après s’être assuré qu’IBK a bien réceptionné le manteau qu’il vient de lui faire livrer (« comme ça demain vous vous couvrez bien »), Tomi tente un trait d’humour

pour souligner à quel point il s’est démené pour obtenir un rendez-vous médical. Au bout du fil, celui qui fut élu vice-président de l’Internationale socialiste en 1999 semble réceptif.
— Tomi : « Vous savez la dernière pour un socialiste ? On va casser la grève demain, parce qu’il y a grève dans les hôpitaux à Marseille mais pour vous on va ouvrir l’IRM »
— IBK : « Ouuuh mon frère »
— Tomi : « Hein… »
— IBK : « Tu fais de moi un briseur de grève ! »
— Tomi : « Voilà ! Briseur de grève ! J’ai déjà préparé le panneau “IBK contre la grève” ».

Beaucoup de conversations entre Tomi et IBK tournent également autour de l’aviation de luxe. D’abord au sujet d’un jet privé Bombardier Global Express, propriété du groupe de Michel Tomi, que la présidence malienne loue pour un million d’euros « alors même que l’État malien semble disposer d’un avion présidentiel », s’étonnent les enquêteurs de l’Office anti-corruption dans un rapport de synthèse de mars 2014. Il est aussi question de l’acquisition pour le président IBK d’un avion estimé à 36 millions de dollars par l’intermédiaire d’une société basée à Hong Kong, Skycolor.

Le mandat signé entre l’État malien et Skycolor, dont la justice a échoué à découvrir les vrais bénéficiaires économiques faute de coopération judiciaire, prévoit une commission de 5 % sur la vente au profit de ses mystérieux ayants droit. Les policiers soupçonnent que Tomi ou des proches se cachent en réalité derrière toute l’opération. Le principal intéressé s’en défend.
Les écoutes montrent pourtant bien que tout le clan Tomi s’investit intensément dans cette vente. Par pure amitié, donc. Les policiers soulignent d’ailleurs dans le même rapport de synthèse « l’influence » de Tomi exercée sur IBK, de telle sorte que quand deux ministres du gouvernement malien s’opposent à l’achat de l’avion pour des raisons de bonne gestion, « Michel Tomi en est informé et contacte immédiatement le président malien, lui demandant d’appeler ses ministres ». « Le soir même, le président malien prend attache avec Tomi pour l’informer qu’il a contacté son ministre de l’économie et que la signature de la vente de l’avion ne pose aucun problème », notent, sidérés, les enquêteurs.

S’agissant de cet avion, la générosité de Tomi pour IBK n’a pas de limite. Dans une écoute du 2 avril 2014 avec le plus proche collaborateur d’IBK à la présidence, Mahalmoudou Sabane, on découvre que c’est l’homme d’affaires corse qui a directement rémunéré un expert aéronautique chargé d’expertiser l’avion fraîchement acquis. « Dis-moi, Sabane, attaque Tomi, il y a un problème. On a un expert qui est descendu pour expertiser le 727 [un 737, en fait – ndlr] à la demande du président. Depuis hier, il est à l’hôtel, il n’a pas de nouvelles. C’est quelqu’un qu’on paie. Personne ne s’en occupe. Il faut lui envoyer un chauffeur. » Sabane, qui appelle Tomi « patron », paraît aux ordres : « Oui, j’ai compris. »

« Vous avez besoin d’autre chose ? »
Michel Tomi est décidément un ami tout confort. Grâce à lui, IBK profite lors de ses séjours en France, officiels ou non, de nuitées dans les plus beaux palaces de Paris et de Marseille : le Royal-Monceau, La Réserve, le Meurice, le Sofitel, l’Intercontinental. C’est un homme de main de Tomi, Valentin Dos Reis, qui règle la facture à chaque fois, toujours en espèces : 14 005 € par-ci, 32 950 € par-là. Mais c’est Tomi en personne qui fait les réservations. Le 5 février 2014, il appelle par exemple le Sofitel de la cité phocéenne « pour le président Keita ». Il veut « la grande suite, pour lui ». Il répète l’exercice avec Le Royal Monceau de Paris. Il lui faut sept chambres. Dont la plus grande.

Quelques heures plus tard, Tomi appelle IBK pour lui dire qu’il s’occupe de tout pour le séjour qui s’annonce chargé. « On va chez le tailleur et tout. On peut faire les courses », souffle l’homme d’affaires, qui propose par ailleurs au président malien de lui mettre à disposition l’un de ses jets privés, le Falcon 900 ou le Global Express. Au même moment, vent de panique à la présidence. Sabane, l’homme de confiance d’IBK, appelle Tomi pour se plaindre que le Sofitel de Marseille ait envoyé la facture « au bureau ». « Nous avons demandé de ne pas faire ça », dit-il. « Ramène- la, je vais m’en occuper », le rassure Tomi.

IBK, lui, a autre chose en tête. Le lendemain, à 20 h 21, lors d’une conversation téléphonique, le président malien s’interroge :
— « Tu as pensé à mes lunettes, Michel ? »
— Réponse de Tomi : « Demain, j’ai celles avec les verres blancs. Il y a trois paires. »
— IBK : « Les fumées, les fumées ! ».
— Tomi:«Ok, ya pas de problème, ya pas de problème. »

Tout doit être aux petits oignons pour IBK. Le “parrain des parrains” va même jusqu’à s’occuper des films qui doivent être téléchargés dans l’I-Pad du président malien. La liste qu’il dicte à l’un de ses obligés, lors d’une conversation téléphonique du 8 février, à 14 h 26, parle d’elle-même : « Les trois “Parrains”, “Les Affranchis”, “Ultimo Padrino”, mets la série “Corleone”, elle est belle, mets-lui la série – elle est pas très belle – “Mafiosa”, sur la Corse. Ça va lui plaire. » Cela ne s’invente pas.

Une autre fois, Tomi fait en sorte que des costumes de la marque Cifonelli attendent son « frère » Keita dans sa suite de l’Intercontinental de Paris. Il y en a pour plusieurs milliers d’euros. Une écoute du 2 mars 2014, à 22 h 10, montre un IBK très sensible à ces faveurs. Très pressé, aussi. « Michel, si les gens de Cifonelli, là, pouvaient me donner mes habits de campagne, j’apprécierais beaucoup. Mes tenues légères, les trois poches là… », réclame le président malien. Tomi : « Elles seront prêtes demain. Vous avez besoin d’autre chose ? » IBK : « Euh…, en ce moment, non. »

« J’étais le “frère” d’Omar Bongo »
Quand il s’agit d’amitié, Michel Tomi n’est pas seulement généreux. Il est aussi extrêmement fidèle. Avant de jeter son dévolu sur le Mali et Keita, l’homme d’affaires a d’abord fait ses classes au Gabon sous les présidences de Bongo, père et fils. C’est son autre Corse. Le pays où il s’est installé au début des années 1990 sous l’égide de son ancien compagnon de route, Robert Feliciaggi, assassiné à Ajaccio en 2006. Celui dont il a acquis la nationalité il y a dix ans. Celui, surtout, qui lui a permis de faire fortune et d’être élevé au rang d’empereur des jeux africains (son groupe Kabi possède notamment le PMU du Gabon et le Casino Croisette de Libreville).

Quand il en parle, il n’est presque plus question d’affaires et de gros sous. Seulement de racines et de sphère intime. « Jusqu’à hier, nous avons parlé de Michel Tomi et du groupe Kabi. Je vais maintenant vous parler de Michel Tomi perso », confie-t-il gravement aux enquêteurs en juin 2014. Sept ans plus tôt, la mise sur écoute de son téléphone dans l’enquête sur l’assassinat de Feliciaggi avait révélé « ses relations très privilégiées » avec le président gabonais d’alors, Omar Bongo, qui le surnommait affectueusement le « Batéké corse » ; mais également avec le fils de celui-ci, Ali, à l’époque ministre de la défense, qu’il a littéralement poussé au pouvoir à la mort de son père en 2009.

L’homme d’affaires s’enorgueillit des « relations familiales » qu’il entretient avec l’actuel président du Gabon. « J’étais le “frère” de son père, dans la coutume gabonaise. J’avais la chance d’avoir son affection. […] Il disait de moi que je ne lui avais jamais menti. » Logiquement, Ali Bongo le considère aujourd’hui comme son « oncle ». D’ailleurs, « tout le Gabon me considère comme son “oncle” », souligne Tomi qui joue les ingénus quand on l’interroge sur les raisons d’une telle affection. « J’ai toujours été un homme de parole, jusqu’à son dernier souffle, j’ai accompagné le père, risque-t-il. Aujourd’hui, je vois Ali Bongo sous un angle familial et non protocolaire. […] Les liens avec un président en Afrique ne sont pas forcément basés sur l’argent comme le pensent la plupart des gens. »

En revanche, ces liens se renforcent quand on sait faire plaisir. Et Tomi est un maître en la matière. Lors de ses séjours parisiens, il n’hésite pas à dégainer ses cartes bleues pour acheter « divers cadeaux luxueux pour récompenser ses amis et collaborateurs, en offrant de nombreuses montres de luxe (Rolex, Breitling, etc.) ou véhicules de marques prestigieuses », comme l’indiquaient encore les écoutes de 2007. Une Porsche Cayenne pour Omar Bongo, des voyages en jets privés pour toute la famille et les ministres du gouvernement gabonais, des frais d’hospitalisation pour certains dignitaires du pays… Quand on aime, on ne compte pas. Et Michel Tomi aime beaucoup les Bongo.

Il les emmènerait jusqu’au bout du monde s’il le pouvait. Et il le peut. Grâce au Graziadiu, un luxueux yacht de 43 mètres acheté 13,5 millions d’euros et géré par la société Harmill Limited, domiciliée aux Seychelles. Le 20 juillet 2013, le bateau navigue sur une mer d’huile, au large de l’île grecque de Corfou. À son bord deux hôtes de prestige : le président du Gabon et sa femme, Sylvia. Ali Bongo est tranquillement en train de regarder le Tour de France à la télévision quand le capitaine lui tend un téléphone. C’est Tomi au bout du fil. Il veut savoir si tout se passe bien. « Oui ! Ça va, on est content ! », s’enthousiasme le chef d’État.

Très vite, son « oncle » corse l’entraîne sur le terrain des affaires. « Que vous sachiez, notre ami qui voulait prendre l’immeuble, le terrain là… […] Il a fait intervenir la grande sœur. Il lui a proposé un deal… en lui disant que je m’étais attribué le terrain. » Bongo s’énerve : « Oh ? L’autre, il ne bouge pas sans mon autorisation. Sans moi, il ne bouge pas, c’est tout. » Une fois rassuré, Tomi fait mine de s’excuser : « Non mais je veux pas vous embêter, c’est les vacances ! »

Avant d’enchaîner sur une proposition on ne peut plus explicite :
— « Bonne continuation, profitez bien du… j’avais une belle hôtesse, une Bulgare…. mais je l’ai pas mise… »
— Gloussements d’Ali Bongo : « Eh, ehe !!! »
— Tomi : «Parce que dit Maman… hein elle était vraiment belle »
— Bongo : « Eh eh eh »
— Tomi : « Surtout pour le petit massage, eh ehe ehe !!!! hein »
— Bongo : « Ah oui oui oui ! tout à fait ! »
— Tomi : « J’ai dit quand même, je l’ai enlevée pour moi et pour vous, celle-là je la garde pour septembre, si des fois en septembre y a un petit saut tout seul… heu… c’est pas mal… y a ce qui faut. »

Quelques jours plus tard, l’homme d’affaires est de nouveau au téléphone, mais cette fois-ci avec son ami Alexandre Rodriguez, patron de la société SNP Boat qui assure tous les frais afférents à l’utilisation du Graziadiu. Les deux hommes sont ravis. Le président « était très content » de sa petite croisière, lui et sa femme ont « adoré le bateau ». Tomi et Rodriguez se connaissent depuis fort longtemps. Non contents d’avoir en commun le goût des yachts de luxe, ils partagent également de nombreuses – et souvent mauvaises – fréquentations, parmi lesquelles Richard Casanova, l’un des anciens piliers du gang corse de la “Brise de mer”, assassiné en 2008 à Porto-Vecchio.

Rodriguez a lui aussi eu maille à partir avec la justice. En 2010, il a été mis en examen pour « blanchiment, d’infraction à la législation sur les jeux et d’extorsion de fonds aggravée, recel de malfaiteurs, abus de bien sociaux », après un coup de filet dans le milieu du grand banditisme marseillais. Écroué, il a officiellement légué la présidence de SNP Boat à son père. Officieusement, celui qui reçoit compliments et remerciements de la bouche même du président gabonais semble pourtant toujours aux commandes.

Le Graziadiu a beau être un petit bijou flottant, c’est aussi un nid à problèmes pour Michel Tomi. En témoigne une écoute téléphonique datée du 2 février 2014, entre l’homme d’affaires et « Philippe », le gérant déclaré de Harmill Limited qui détient le yacht. Ce dernier est ennuyé par une nouveauté made in Seychelles : « Ils veulent des actions nominatives. »« C’est hors de question de leur donner votre nom, prévient-il. Je voulais savoir si c’était pas mieux de mettre votre fils. » « Non, non, je vais mettre mon neveu, répond Tomi. J’ai presque aussi envie de changer le nom. Je vais l’appeler Hamboulaye. Ça veut dire comme Graziadiu, mais en arabe. »
— «À partir dumoment où il est au nom de mon neveu, si un juge est pris de folie contre moi, il ne peut pas le saisir ? », s’inquiète-t-il soudain.
— Philippe le rassure : « Non, il ne peut pas le saisir. » — Tomi : «Même si on veut m’embêter comme ils le veulent depuis des années ? »

Embêté, Tomi le sera sérieusement le 18 juin 2014 : interpellation à 6 h 10 du matin dans son luxueux appartement parisien, perquisitions chez lui et ses proches, garde à vue, mise en examen… Face aux policiers, il a tenu la même ligne de défense : ce n’est pas du tout ce que vous croyez, qu’il s’agisse des Bongo ou des Keita. « Si je fais des cadeaux [à IBK – ndlr], c’est en raison de notre amitié et non par le fait qu’il soit président », a juré Tomi. Les Bongo ? « Des relations familiales. »

Devant les juges, le lendemain, il n’en démordra pas : « Je suis quand même étonné qu’on me mette en examen pour corruption d’agents publics étrangers. Je fais des choses officiellement avec des sociétés étrangères qui viennent chercher des marchés dans certains pays africains […] Je pense que si certains organes de presse ne m’avaient pas fait une certaine réputation, je ne serais pas là aujourd’hui. »

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A. Karim Sylla


Bonjour mes chers lecteurs,
On ne va pas se laisser divertir et pervertir par de telle révélation en ce moment où l’existence de notre pays est en jeu.
En ce moment tragique et douloureux pour le peuple malien qui vit sous le joug du MNLA et alliés, on a plus tôt besoin que la police française mette à nu les enregistrements des conversations téléphoniques entre Bilal Ag Chérif et ses partenaires (narcotrafiquants et terroristes) qui l’accordent un appui financier, matériel et militaire pour la mise en œuvre de son projet criminel et destructeur de la cohésion sociale, de la paix et de la démocratie au Mali.
On veut de la police française l’exécution du mandat d’arrêt du gouvernement malien lancé contre les responsables du MNLA et alliés qui circulent en France librement sur des chaines de télé pour lancer des messages mensongers et haineux contre le Mali et son peuple, contre la paix et l’unité nationale au lieu d’accuser le président IBK et surtout en ce moment.
C’est de la diversion, on ne va pas se laisser pervertir.
Que le Mali soit construit de nos actions.
Bien à vous.

Hamma Cissé
Président du Bureau National
Cercle de réflexion pour Jeunes (CRJ)


Le pays est en guerre et les agissements de ce président vont à l’encontre de ce qui peut les régler. Au lieu de dépenser l’argent du contribuable aux fins de mieux équiper cette armée, IBK le refile à son ami Tomi. Pour 2015, il y a 1,5 Milliards inscrit dans le budget de l’état qui vont directement dans les poches de Tomi — on pille l’état malien pour enrichir quelqu’un qui n’a pas besoin d’argent. Vous pensez réellement que c’est ainsi qu’il faut diriger ce pays?

C’est justement parce qu’on est en guerre que nous ne devrions pas laisser l’impunité régner dans le pays; combien de soldats auraient pu être équipés avec cet argent? Combien d’enfants Maliens ne seraient pas condamnés à mourir d’une maladie simple à soigner?

Are you kidding me?!?!?

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A. Karim Sylla


Je n’ai pas la prétention de défendre un homme (IBK) ni de justifier l’acte qui lui est reproché. Je ne suis pas pour la corruption et la lutte contre ce phénomène a été toujours mon combat au Mali (tapez mon Hamma Cissé sur google et vous verrez le reste).
Mes propos sont justes et justifiés
Bien à vous.

Hamma Cissé


Ceci n’est pas une discussion sur votre personnalité, qui vous êtes ou ce que vous représentez. Ici nous sommes tous des boîtes email.

Mais on parle d’un monsieur qui pille son pays impunément, qui démontre tous les jours qu’il n’est pas intéressé à lutter contre le mal de la corruption, parce qu’on apprend aujourd’hui qu’il est lui même corrompu jusqu’aux os. C’est de ça qu’on parle. Ce n’est pas de l’abstrait. Sa remarque au VEGAL prend tout son sens. Un corrompu qui veut régler le problème de la corruption?!?! En bambara on dit que “le chercheur de l’aiguille a lui même placé l’aiguille sous son pied”.

Dans votre message vous dites “C’est de la diversion, on ne va pas se laisser pervertir.” Qu’est ce qui est diversion? Un president qui vole son pays est diversion? Ou bien en parler est une diversion?

Vous savez ce que la France et les Français font chez eux ne me regardent pas – ce que IBK fait au Mali, avec mon argent est ce qui m’intéresse.

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A. Karim Sylla


C’est vrai que les agissements d’IBK sont révoltants et qu’on doit les dénoncer, mais il faut qu’on ait aussi un esprit critique. Cet article apparait à un moment crucial comme ceux du journal le Monde. Selon moi, l’objectif est clair: rendre le président plus faible et lui imposer le diktat de la France. IBK est loin d’être un saint comme tous les autres qui l’ont précédé et qui sont en pole position de le succéder. Cependant, c’est l’avenir du Mali qui est en danger. La seule chose que je reproche à IBK présentement, c’est le fait d’ignorer le peuple. Le salut du Mali viendra de son peuple et le président doit être un catalyseur pour que ce peuple qui semble moribond se réveille enfin. Allons nous laisser seuls nos frères de Ménaka et ailleurs au Nord ? Sortons chaque jour pour dénoncer la situation qui prévaut dans notre pays. Ensuite, nous allons nous occuper d’IBK et son clan. Sauvons d’abord le Mali.

Barou


Bonjour à tous
Je suis indigné que IBK ne se soit pas encore rendu compte de la disparution de l’état et de la nation maliens.
Je suis tout à fait d’accord avec Barou et Hama
La chronologie des événements doit nous amener à poser un certain nombre de questions.
Le journal le monde a fait sa parution quand IBK est monté sur ses grands chevaux avec des déclarations telles on me trimbalera pas, je ne discuterai pas avec des hommes armés etc. On connait la suite.
Tout juste après le discours d’IBK du 15 mai qui a rendu un peu de fierté aux maliens malgré que le pays soit encore sous terre, voilà que Mediapart nous balance à la figure son article, en même temps on parle de rencontres à Alger à partir du 25 mai. Cet article n’a pour unique objet que de briser la cohésion nationale que IBK a réveillé avec son discours. Nous devons rester mobiliser pour résoudre la crise du nord et éviter la partition du pays dont les germes sont plantés dans l’accord signer. Les écoutes sont réalisés entre 2013 et 2014 et pourquoi leur mise à disposition de la presse à ce moment précis si la France n’a pas un Agenda caché au Mali? Je pense qu’elle n’a pas encore fini les différentes prospections du sous sol du nord entamées à la faveur du déploiement de Serval afin qu’elle puisse mettre fin à cette sale guerre quelle a allumé.
L’objectif de l’article de Mediapart qui est la diversion à travers l’isolation du président est déjà atteint ne serait qu’à travers la réaction de l’un des sommités et des plus lus de notre forum je veux nommer Karim.
M. SYLLA je mesure votre désarroi et votre révolte et cela doit être le cas pour tous les maliens, mais je pense que pour une fois restons mobiliser derrière notre président pour sauver le pays. Cette folie dépensière de IBK était connue de tous les maliens avant son élection et cela n’a pas empêché son son taux de 77%.
Après la crise donnons nous les moyens pour traduire toutes les personnes qui ont mis le pays dans cet état en pratiquant la délinquance financière.
Bonne soirée

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Gaoussou BALLO


En vérité je ne vois rien d’infâme dans la révélation de Médiapart. Le journal Le Monde avait déjà parlé de ceci; Médiapart a seulement eu accès aux enregistrements. Vous vous rappellerez qu’IBK avait même ordonné un communiqué pour démentir et engagé des avocats pour assigner Le Monde en justice. Peut-être qu’il s’est rebiffé quand il a appris que les enregistrements existaient.

Qu’il y ait manipulation ou autre, chacun peut avoir son avis. Mais il y a une certitude: le président du Mali est un voleur et un brigand; il n’a pas seulement une folie dépensière; il ruine son pays. C’est du brigandage. Que cette révélation l’affaiblisse ou pas, cela ne lui donne pas (à lui ou à ses ministres) une raison d’aller bazarder l’avenir du Mali dans des négociations avec les rebelles. Les deux cas ne sont pas du tout liés.

Si à cause de ces révélation IBK bazarde les intérêts de la nation, alors il n’est plus fautif; ce sera la faute des Maliens.

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A. Karim Sylla


De mon avis aussi la publication de médiapart sur la corruption de IBK est bien timé et va dans le sens d’ affaiblir le Mali qui commence à relever la tête. Les ripostes vaillantes des FAMAs et de la Plateforme contre les assauts de la CMA en témoignent.

Les intentions de cette publication sont claires.

On ne peut pas être “neutre” par rapport à ça, souffler dans la même trompête que mediapart et combattre/dénoncer la corruption (correct!). Mais il faut aussi savoir ce qui est prioritaire aujourd’ hui pour le Mali et les Maliens et surtout pour les populations qui sont totalement exposées aux agissements meutriers de la CMA et d’ autres bandits armés.

Je pense que nous devons nous étendre plus tôt sur la priorité: le rétablissement de la sécurité surtout au Nord, l’ intégrité territoriale du Mali et le rétablissement de l’ État malien sur tout le territoire national. Et nous devons soutenir tous ceux qui oeuvrent dans ce sens.

Nous ne devons pas nous laisser divertir en ce moment crucial. C’ est aussi une manière de combattre la corruption et un appui aux autres forces qui luttent continuellement contre la corruption, à savoir exiger que les dirigeants s’ occuper proprement, en temps et ressources de la priorité actuelle.

Bien cordialement
M. Diagayété


Sans vouloir te mettre des mots dans la bouche…
Donc, quand on est en guerre il faut accepter la corruption et les pratiques corrompues? [afin de ne pas affaiblir le leadership]

Tout cet argent qu’on donne à Tomi ne peut-il pas trouver meilleurs usages au Mali? J’ai honnêtement une grand difficulté à suivre… Le mec avec son copain mafioso est entrain de nous saigner à blanc — pendant qu’on est dans une guerre fratricide. C’est ça le problème! Pas le timing.

Je ne vais spéculer sur cette question de timing — mais, cette histoire serait sortie il y a un an, on aurait dit que la France et le FMI (dirigé par une Française) veulent couler le Mali; ce serait sorti le 15 mai dernier, on aurait crié “C’est pour aider la CMA”. Ce serait sorti dans un an on aurait surement trouvé autres raisons.

Rendons-nous à l’évidence: IBK de par ce genre de comportement montre en réalité qu’il n’est pas vraiment lucide. Comment dans un pays en guerre, le president ne se soucie que d’un complet 3-poches griffé? IBK aurait parlé d’acquisition de telle ou telle arme avec Tomi, et on aurait applaudi. Mais à 1 mois de son investiture son souci c’était une range rover!!

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A. Karim Sylla


Le fait est que notre président est mêlé à une vie de mafia. Sa crédibilité personnelle est profondément minée. Les scandales financiers multiples qui se sont succédés dès sa prise du pouvoir ne font que confirmer le carcan mafieux dans lequel il s’est piégé lui-même. Malheureusement pour le Mali en quête de paix, toute faille est exploitée par les ennemis et ceux qui les soutiennent. Il se pose alors deux questions fondamentales:
1. À cause de toutes ces révélations le président n’est-il pas tenu en otage et obligé subtilement de céder face à ceux qui veulent diviser le Mali ?
2. Ce président peut-il gérer le Mali de manière saine compte tenu du monde de corruption dans lequel il a toujours baigné ?

La clé de tout reste la population. Pour le moment elle vit dans sa très grande majorité sur une autre planète (celle de l’insouciance par rapport au Mali). Elle ne réagira pas. Le jeu reste donc encore favorable pour le président…

Kalifa Goïta


Rebonjour AKM,

Je suis d’avis que les hélicoptères, avions de combats auraient pu mettre les FAMA dans une position de supériorité incontestable. Mais nous ne les avons pas.

Deuxièmement je ne sais pas si nous allons les avoir sitôt pour la simple raison (c’est mon avis ça peut ne pas être juste) que les Barkhane et MINUSMA n’accepteront pas que les avions de combat maliens soient accueillis ni a Gao, ni à Tessalit, ni à Tombouctou parce que les risques sont grands pour leurs propres avions et hélicoptères. Ils s’opposeront de toutes leurs forces tant qu’ils seront là.
La réalité est que les bandits savent la capacité de nuisance de ces engins pour eux et rechercheront par tous les moyens à attaquer et détruire ces engins là où ils peuvent.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Parlons seulement de volonté.

Je pense que AKM fait comme si le Mali a des usines d’ armes y compris d’ avions ou un budget si puissant pour acheter tout ce dont il a besoin. Ensuite pensons aux ressources humaines. etc. En définitive je demanderais à AKM s’ il connait vraiment le sens du sous-développement? Dans ce système de références qu’ est le sous-développemént, ça veut dire que tout manque en quantité et qualité, même la nourriture. Il faut y ajouter la dépendance totale de l’ extérieur.

C’ est dont Chouaibou parle. Il en a fait une analyse. L’ autre analyse est que l’ emprise de “l’ occident” sur “la communauté internationale” en général et le Mali en particulier est si puissant et inébranlable qu’ il n’ est pas facile au Mali de faire une libre coopération avec la Russie ou la Chine. Jetez un coup d’ oeil vers la Grèce, qui est même allié dans l’ OTAN et l’ UE …..

Il faut une coopération intelligente avec “l’ occident” qui ne peut céder que sur le plan diplomatique, politique et le droit international, naturellement tout en prenant en compte ses intérêts à moyen et long termes (première priorité !). Tous ces Points ensemble font que “l’ occident” ne peut faire autre chose que d’ abandonner petit à petit cette bande de narco-traficants-jihadistes, car le MNLA ne peut vivre objectivement que des récettes illégales. Aucun pays même le Qatar ne peut et ne veut financer la vie et les armements de centaines, sinon milliers de bandits dont la ligne de démarquation avec les Jihadistes est totalement floue.

Je suis, pour terminer, d’ accord que IBK aurait pu faire beaucoup beaucoup mieux: cet avion, ces voyages trop nombreux, le manque de stratégie perceptible, etc., etc. Tout en critiquant tout ça avec toute la rigueur nécessaire, n’ oublions pas que nos meilleurs alliés au Mali c’ est les FAMAs et la Plateforme. Donc épargnos ceux-ci qui sont sous les feux dans nos “grandes” discussions.

Bien cordialement

M. Diagayété


Karim,

Tes critiques ont été tellement bien entendues que les conditions aussi bien de l’acquisition de l’aéronef du PR que des équipements militaires ont été remises en cause du point de vue de leur régularité, par divers audits et enquêtes. Les suites continuent…

Par finir, une équipe gouvernementale a été remaniée et des ministres indexés à tort ou à raison ont été congédiés du gouvernement.

Pour ce qui est de l’affaire Tomi et de ses suites, aucune autorité nationale n’est mise en cause jusque là. Une proximité avec Tomi peut être dénoncée comme toi et d’autres l’ont fait. La raison est aussi simple qu’une personne privée est libre de choisir ses amis, ce qui ne saurait être le cas d’une personne publique, de surcroît un chef de l’Etat. Tomi a déjà été condamné par le passé et il est poursuivi pour des faits relativement graves. Ceci dit, je ne cracherais pas sur la présomption d’innocence qui protège tous individus jusqu’à sa condamnation définitive.

Au delà des révélations de Mediapart, il n’est quand même pas de bon ton et de bonne justice que l’on mette en cause un chef de l’Etat, dans des affaires concernant plutôt une tierce personne et que l’on brandisse des pièces de procédures concernant cette personne, que l’on rattache à un chef de l’Etat, sachant qu’il ne peut en rien intervenir dans la procédure. Pour autant, dans ce domaine, tout est possible lorsque l’on agit avec bassesse et dans le seul but de saper et de nuire.

Mais au delà, il est du propre de chacun de raisonner, de critiquer en citoyens, y compris au mépris de certaines règles. Moi j’ai trouvé cela curieux.

Cette curiosité devrait tout de même également te heurter tant la soudaineté et la brutalité de ce papier et de son contenu, qui intervient sans déclic, aucun, ni en amont, ni en aval de l’événement. Juste les imprudents en déviance et en mal avec l’urbanité se sont sentis piqués et obligés de répondre à un discours. Et la riposte est toute trouvée.

En ce qui te concerne toi même Karim, tes critiques sur ce dossier Tomi deviennent comme de la rengaine. Tellement tu as été à la fois violent que tu n’y parais. Ceci n’enlève rien au fond de ton expression que beaucoup ici et là, approuvent et partagent sans le même excès sans doute.

Mais au-delà, tu apprécierais qu’il se fasse quoi d’autres : un soulèvement populaire, une révolution et des renversements de gouvernement, mais jusqu’où ?

L’armée n’est pas présente sur toute l’étendue du territoire, ce qui est une lapalissade. Tu t’en plains et rends responsable l’acquisition d’un aéronef et des équipements militaires ? Mais alors, saluons tout de même cette armée, même malade, affaiblie et découragée qui se bat. Elle n’emporte certes pas des victoires à la hauteur de nos espérances, mais elle conserve les positions, les défend et ne déserte quasiment plus.

Ceci est encourageant au milieu de tout ce qui se dit ça et là et qui déconcerte.

Mamadou I. Konate


Bonjour Konaté,
Bonjour à tous,

Je suis relativement surpris par cette analyse condescendante et cette critique de ce que dénonce à juste titre AKS. Je suis régulièrement tes interventions au ton mesuré et osé quant il le faut, tes explications toujours satisfaisantes des certains imbroglios juridiques et les informations pertinentes, actuelles que tu nous donnes. J’apprécie également ta posture démocratique devant certaine situations.
L’approche prudentielle qui semble être la tienne ne doit pas heurter certains principes non négociables.
1. l’achat de l’avion présidentiel était inopportune et cet argent aurait pu avoir d’autres utilisations plus judicieuses. Les vrais faux arguments, les mensonges et les prétextes fallacieux évoqués à l’époque par les pouvoirs publics sont tout simplement pitoyables et honteux.
2. écarter certains individus véreux de l’entourage du président ne permet pas de dire que le système de corruption et de gabegie est enrayé ou que cela est suffisant pour assainir la situation. Je ne te crois pas dupe de ce genre “d’effet de manche”.
3. si tout un chacun est libre de choisir ses amis, les fréquentations d’un président de la république ne peuvent être considérées comme anodines. Un chef d’état n’est pas une personne privée comme une autre. Et la proximité, l’amitié et la fraternité que revendique notre président vis à vis de Tomi doivent nous préoccuper légitimement. Pas de “juridisme” excessif quant à l’appréciation de cette affaire. Il y a des choses que la morale réprouve, que la dignité repousse et que la hauteur de vue qui sied à la stature d’homme d’état et de président de la République ne peut accepter.
4. notre rôle est de dénoncer ces pratiques inadmissibles, sans complaisance, à tout moment et en tous lieux, inlassablement. Que cela débouche sur une révolution n’est pas la question. Ou peu importe. Pourvu que le problème soit résolu.
Pardon pour ces quelques mots écrits à chaud.

Merci à tous
Issa Diawara


Bonjour Issa et AkS, Me Konate et tous les autres
Les intellectuels et nous autres citoyens lambda avons une lourde responsabilité devant l’histoire .
Je dois dire que je suis perdu , avec cet énième fait divers de notre président , les maliens sur les réseaux sociaux se divisent en deux categories:
Les bons qui considèrent l’article de Mediapart comme des ragots sur l’homme d’honneur IBK et les mauvais qui disent que c’est grave qu’un homme d’état soit descendu à ce niveau.

Me Konate qui connaît mon estime pour lui, (on est toujours en contact) me perturbe énormément et me rend triste par son argumentaire.
Me si vous avez intervenu comme conseiller de IBK, dites lui autres choses que ce que vous défendez. Dites lui qu’il a encore le temps et l’opportunité d’en finir une fois pour toutes avec les faits divers et scandales. Dites lui de vêtir la carapace de l’humilité pour aller devant les maliennes et maliens et demander pardon pour tout le mal qu’il aurait cause. IBK doit demander pardon pour tous ses scandales a n’en pas finir depuis qu’il a accédé au pouvoir. Vous lui feriez du bien et le pays vous sera reconnaissant si vous pouvez le conseiller dans le sens de mettre fin une fois pour toute aux faits divers. Il a encore trois ans pour se rattraper.

Je ne suis pas ni un Gnengo ni un apatride , je suis juste un citoyen lambda qui ne se retrouve plus dans les scandales a répétition. Je suis malien et suis fier de l’être , mais j’ai honte de nos dirigeants , de leur gestion de la chose commune.
Allons à l’essentiel, c’est à dire les faits: oui ou non IBK doit il changer de cap dans gestion . Oui ou non les scandales font ils tort au mali?
Arrêtons de porter la faute a chaque fois aux autres.
Je fus l’un des premiers à écrire le 18 janvier 2013, que la France en guerre au mali ce sera une pilule très amère à avaler. Toute la toile s’était enflammée pour me maudire d’avoir blasphémer le libérateur la France.
Notre mémoire est si mauvaise pour oublier que les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts. A nous et surtout à notre président dont on ne peut trimbaler l’honneur de savoir avec qui lier amitié ou avec qui faire affaire.
C’est de bonne guerre pour la France de faire écouter IBK .
Et qu’à fait IBK pour éviter cela?
La est toute la question.
Aux conseillers de IBK et du mali de se mettre à la tâche des demain pour préparer après demain.

Yachim Maiga


Maître,
Le gouvernement a été remanié — mais où sont ceux qui sont partis?

Sur le 2ème point, ce n’est pas l’amitié d’IBK et Tomi qui est en question; IBK est libre d’être l’ami de Tomi. Ce dont on parle ici — et que tu évites soigneusement — c’est le coût de cette amitié pour le Mali. Tomi peut offrir à IBK la lune et ça ne changera rien pour moi; par contre, si le Mali offre quelque à Tomi en retour, alors il y a corruption.

Je rappelle encore que pour 2015, nous allons verser 1,5 milliards CFA à Tomi; pour l’exploitation d’un avion qui nous appartient. Maître, c’est de cela dont je parle. Cette amitié nous coûte cher. Et cette question d’avion, contrairement à ce que tu veux dire ici, n’est pas encore fini. On continue encore à payer!!!

3ème point — saper et nuire à un malfrat n’est que juste retour de l’ascenseur; maître, du fait de son job, aucune poursuite n’est possible contre IBK. Mais cela ne veut pas dire que les gens doivent se taire. Au contraire, je pense qu’il faut faire ressortir la vérité, toute la vérité. Quand un président se comporte de la sorte, et qu’on commence à tourner autour du pot “Ah, il ne peut pas se défendre, c’est injuste. Etc…” Mais qui lui a dit de se comporter de la sorte? Qui l’a forcé à être malhonnête?

Maître, j’avoue que cet habit de défendeur de l’indéfendable te sied mal. Mais je met ça au compte de la déformation professionnelle. Et j’accepte que tu veuilles recadrer le choses. Mais je n’adhère pas à ce point de vue.

4ème point — mes commentaires sur l’armée portaient sur un point très essentiel; en résumé je disait ceci: l’AMA ne peut être partout; physiquement ce n’est pas possible; il n’y aura jamais assez d’hommes pour ça; le seul moyen de faire ce travail correctement est de donner à l’AMA les moyens (aériens et technologiques) pour accomplir cette mission; mais cela est impossible parce que ceux qui sont à la tête ont un problème à établir la priorité des dépenses. C’est en gros ce que j’ai dit dans ce débat. Ce n’est pas une critique de l’AMA, loin de là; mais une critique (encore un fois) de l’incurie caractérisée de Koulouba et son occupant principal. [j’ai écris un papier sur ce sujet — il n’est pas encore publié — j’avais partage les premiers chapitres sur MaliLink, il y a bientôt 2 ans; ce papier est centré justement sur cette thèse; j’ai trouvé que le recrutement tout azimut était un cause perdue; cela est une autre discussion].

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A. Karim Sylla


Karim,

Tu penses bien que je ne vais pas fermer la boucle sur ce sujet sans te donner la réplique.

En le faisant, il ne s’agit nullement de défendre l’indéfendable comme tu m’en fais le reproche. Pour ton information, je ne défends rien là et cesse de voir en moi l’avocat et tu cesseras également de procéder à tous les raccordements.

A ka suite de toutes ces affaires, le gouvernement a été remanié et tu en conviens toi même. La demande qui avait été le plus fortement exprimée à cette était d’obtenir la démission ou le limogeage des ministres qui étaient montrés des doigts par l’opinion. Et le simple fait qu’ils aient été enlevés est en soit une avancée. Sur ce plan, les critiques n’étaient pas vaines. Peu importe là où ils sont dès lors que des suites judiciaires sont en cours en ce qui concerne les affaires en rapport.

Contrairement à toi, je ne sais pas évaluer une amitié et ka chiffrer. Et tu comprends que je ne veuille rien éluder sur ce plan. N’ayant aucune information sur la quantité de dépenses à laquelle tu fais allusion pour l’exploitation de l’aéronef, je ne voudrais pas y répondre. Mais si tant est que tu es si sur de ton information, je te suggère de mettre en cause cette dépense en saisissant le juge. Je pense que tu en as le droit et en tant que citoyen, lorsque des ressources publiques sont dilapidées, le citoyen que tu es à ce pouvoir là.

Pour ce qui est de ton 3ème point, les affirmations sont plus gratuites que vraiment étayées. Tu n’as pas bien perçu mon developpement sur ce plan. J’indiquais que la procédure qui a valu une écoute n’est pas dirigée contre IBK, mais plutôt Tomi. Dès lors, en réponse à des opinions exprimées ça et là, “mais il n’a qu’à défendre”, n’avaient pas de grand sens.

Personne n’a jamais demandé de se taire, bien au contraire, il faut parler et critiquer. Mais alors, soyons capables également d’ouvrir les yeux et de regarder en face en veillant que les critiques portent et débouchent sur des actions qui visent à corriger.

Je ne cadre rien du tout, peut être tes excès et là, ce n’est aucune déformation professionnelle que de les relever, le bon sens.

Mamadou I. Konate


Chers amis,
Ce debat est saint. Reconnaissons qu’en democratie ;une affaire qui touche un chef d’etat ou meme un ancien chef d’etat (ma reference est la democratie americaine qui est la seule que j’ai vecue), n’est jamais releguee au passe meme si pendant des annees on n’en parle pas. A noter au passage qu’un journaliste vient d’ecrire qu’apres 18 mois d’investigation, que le President Bush n’a pas menti quand il a decide d’attaquer l’Irak pour la presence d’armes a destruction massive. Cette nouvelle revient au top des nouvelles apres presque 12 ans que les premiers debats a ce sujet furent. Evidemment, il y’ a beaucoup de gens qui contrediront ce journaliste dans les jours a venir. Donc, rien de mauvais que l’affaire de l’acquisition de l’avion presidentiel au Mali et des equipements militaires resurfacent apres en avoir discutte dans plusieurs debats depuis 2013.

J’ai ecrit cependant sur ce forum il y’a 2 ans qu’a mon avis, le President devrait aller a la tele pour demander pardon aux Maliens. Meme s’il s’averrait plus tard qu’il n’avait rien fait de mal. Ce geste le grandirait et les maliens sont connus etre tolerants. L’importance de le faire est que le fauteuil du chef d’etat doit etre un symbole de probite qui devra eviter toute insinuation ou tache de manque d’ethique – vraie ou fausse. Dans les democraties occidentales ceci ne freinerait pas les critiques ou les efforts pour des probantes preuves. Nous au Mali et en Afrique nous nous devons d’accepter la critique et de developper l’esprit critique.

Mais j’ai aussi pris la position sur ce forum que compte tenue de la presente circonstance d’une partition imminante du Mali – donc de la possibilite d’une partition du Mali, les maliens devraient se ranger derriere le drapeau Mali qui est symbolise par le President IBK – si dans 3 ans nous maliens decidont qu’il a mal fait son mandat et que nous votons une alternance, ceci serait notre droit. Mais pour le moment, le Mali a besoin d’une urgente unite autour du pouvoir. Nous vivons les effets d’une telle situation aux Etats-Unis ou l’extreme droite a dehumanise le President, l’a affaibli aux yeux du monde (voir le manque de respect en son endroit par Natanyahu) et le monde est devenu plus instable que par le passe quand nous vivions sous le slogan “You are either with us or against us”.

Pour ceux que ca interesse, voila un message qui date de deux ans en la memoire du feu President Modibo Keita. L’anniversaire de son deces fut le 16 Mai. A cause des ceremonies de signature de l’Accord d’Alger et des evenements qui en ont suivi, mon cher bien-aime president fut oublie.

Abdoulaye Keita


Maître, je t’ai bien entendu; au moins une douzaine de fois 🙂

Les ministres concernés ont certes été virés du gouvernement, mais contrairement à ce que tu dis ce n’est pas à cause des critiques des journaux et opinion maliens; c’est plutôt le fait que le FMI et d’autres pays avaient fait des demandes spécifiques (un des 3 ministres était déjà parti avant le remaniement). Si les critiques des maliens étaient responsable de leur départ, comment expliques tu qu’un des protagonistes soit aujourd’hui le secrétaire général adjoint de la présidence? Voilà quelqu’un qu’on dit inapte à être ministre à cause de tripatouillages et on le fait passer au second poste le plus important à la présidence avec rang de ministre?

Maître, pour mon 3ème point — les écoutes provient que le président à reçu des cadeaux de son ami. Les faits aussi prouvent que l’ami a bénéficié de largesses de l’état malien. Mais surtout que ces largesses ont été opérées quand le service était inutile, inapproprié et forcé par le président même quand ses propres ministres y était opposés. Ce dernier point on l’apprend des écoutes. Maître, dans mon langage on appelle ça corruption. On peut parler de la présomption d’innocence — mais au Mali, on n’a pas la possibilité d’ouvrir une information judiciaire contre le président.

Mais voici l’espoir que j’ai: si Tomi est condamné en France de corruption de chefs d’état africain et que IBK est nommément cité, alors qu’elle sera ta position? IBK sera-t-il toujours pas concerné? S’agira t’il encore d’affirmations gratuites?

Un seul email suffira 🙂

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A. Karim Sylla


Me Konaté,

Je ne voulais pas m’avancer davantage sur le sujet, mais j’ajouterais à ce que Karim dit, que certes les ministres ont été virés et certains sous investigations comme vous dites, mais pensez-vous honnêtement que cela est suffisant et c’était la seule solution plus appropriée ? ces Ministres avaient-ils agit sans l’aval du Président de la république dans le dossier ? IBK n’avait-il pas lui-même viré deux Ministres auparavant parce qu’ils s’opposaient à lui, à ce dossier ? Pourquoi, vous ne mentionnez pas cela aussi ?

Si IBK étaient un chef, un Président, conséquent, il ne devraient pas sacrifier ses Ministres dont vous parliez, Me Konaté, et se laisser lui-même en poste ! Tout ceci ne montre-t-il pas l’immaturité mentale et de raisonnement du chef de l’État malien ? Le Président Malien a été déjà évalué, et ses partenaires ont des idées déjà claires sur lui. Ce ne sont pas des excuses, ou des explications que vous, vous fournirez ici qui feront partir ces appréhensions. Il y’a des actes qu’homme de bon sens, ne doit jamais commettre, à forte raison un Président de la République ; sinon vous ferez face aux conséquences pour le restant de la vie. La saga d’IBK n’a pas encore terminée.

Me Konaté, on peut certes essayer de noyer davantage ou de tromper les Maliens, mais l’Occident ne va pas laisser passer cette question de détournement des fonds de leurs contribuables qu’ils avaient alloué au Mali pour aider le pays à se relevé le plus vite possible et le Président Malien IBK fera face à leur justice, tôt ou tard, qu’il soit de surcroit poursuivi par les Maliens ou non. Les fonds en questions ne proviennent pas des recettes de l’état malien ou du contribuable malien, mais ont été alloués au Mali au nom du peuple malien, mais pas au nom d’IBK. Selon-vous, juridiquement qu’est-ce que ou comment le peuple malien, en partie civile peut intenter contre IBK dans ce dossier ? IBK est-il justiciable ou non par les lois maliennes?

Cordialement,

Soumaila Mariko


Bonjour
Merci Karim pour tous ces arguments convaincants qui s’appuient sur des faits. Au Mali nous voulons d’une chose et de son contraire. Nous voulons un État sérieux et rigoureux, mais en même temps nous sommes prêts à fermer les yeux sur tous les écarts, même les plus grotesques. Nous trouvons tous les arguments pour justifier l’injustifiable. Quoiqu’on dise ou quoiqu’on fasse notre président s’est associé à la mafia et cela nous affaiblit collectivement. Il ne plus se tenir débout adéquatement pour défendre le Mali. À chaque fois qu’il s’agite un peu, les journaux français mettent en vedette Tomi comme par hasard! Quand on y ajoute les scandales financiers les plus grossiers depuis 2013, on se retrouve avec une image très négative du président et bien sûr du Mali tout entier, un pays déjà sérieusement malmené par les fausses communications du MNLA. Sur le fond, les amitiés du président avec la mafia nous coûtent très chères sur les plans image, finance et sécurité. Oui ce sont des amitiés nouées avant qu’IBK ne deviennent président. Mais IBK a été candidat à la présidence plusieurs fois. Il aspirait donc à devenir président d’un pays et devrait par le fait même avoir du recul et du jugement. Donc il n’y a pas d’excuse.

Cependant tout n’est pas perdu. Je rejoins le doyen Abdoulaye Keïta qui exhorte le président à demander pardon aux maliens et à reprendre les choses en main très sérieusement. Ce serait un geste noble de sa part. Il a la “chance” d’avoir une population très tolérante, mais qui fonde beaucoup d’espoir sur le dirigeant. Il peut toujours mettre cette population de son côté et cesser de diriger dans la peur. En retour, il devra se mettre à son service de manière plus active et plus honnête.

Kalifa Goïta


Mariko,
il y a une chose que mon grand-frère Sambi a dit ici, concernant l’achat de l’avion, au moment où il était conseiller à la présidence — ça me restera toujours en tête et ceci n’est en rien une tentative de le dénigrer; j’ai beaucoup de respect pour lui comme grand-frère. Mais ce qu’il a écrit à l’époque traduit en fait l’attitude de la classe dirigeante au Mali et en Afrique. Et je crois qu’il l’a écrit en toute sincérité.

Le Mali est un pays pauvres comme les autres pauvres du monde. Et comme les autres pays pauvres qui ont chacun un, deux, trois avions, notre pays doit aussi en avoir un. Y a-t-il un pays au monde qui partage les mêmes réalités que le nôtre qui n’a pas d’avion ? En tout cas, comme le Mali, tous les pays de la sous-région sont confrontés aux problèmes de soins de santé, d’éducation et d’habitat… Pourtant, ils ont des avions ; pourquoi pas le Mali?
Ce n’est pas parce qu’on a des problèmes de soins de santé, d’eau, d’électricité, d’éducation (tous les pays du monde en connaît à différents niveaux), qu’on ne doit pas payer un avion. S’il faut attendre que tous les problèmes évoqués et non évoqués soient résolus, parvenir à un état de béatitude absolu, personne n’achètera un avion. — Sambi, 18 Avril 2014

L’ex-PM Moussa Mara a aussi abondé dans le même sens quand il a dit dans une interview que le Mali avait besoin d’un avion pour le déplacement de son élite.

Ces deux déclarations n’ont rien de particulier; c’est le système qui est fait de sorte que la vie du citoyen moyen n’est pas une vraie préoccupation. Dans les années 80, il y avait (au moins) une chambre à l’hôpital du Point-G qui n’était utilisée que par les barons du régime de GMT. La chambre était climatisée, avec toilette et ne présentait pas l’odeur pestilentielle qui caractérise nos hôpitaux. C’était comme une “clinique privée” au sein du Point-G. Ça m’avait profondément choqué à l’époque. Exactement ce que les colons avaient — c-à-d une la partie toubab et une partie “africaine” dans les hôpitaux. Le pire, et il faut le dire, c’est que rien de cela ne choque le citoyen lambda – c’est normal quoi.

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A. Karim Sylla