Accord de Cessation des Hostilités Signé à Alger

Bonjour
Jusqu’aux récents évènements de 2012, les négociations dans le cadre de toutes les rebellions passées se sont toujours déroulées dans une opacité totale, sans l’avis de la population. Les autorités ont toujours signé des accords qui n’ont jamais renforcé le Mali. Bien au contraire, ils nous ont conduit là où nous sommes, c’est à dire dans le trou. Ouaga c’était autre chose. On a vu finalement un Mali debout, capable de résister aux pressions de toute sorte dans une situation qui était nettement plus difficile qu’aujourd’hui. L’équipe de négociation sous la gouverne de Monsieur Dramé a réussi un véritable tour de force, et cela dans une grande transparence. Cet élan fantastique n’a pas été capitalisé par les gouvernements successifs de l’après transition. Le Mali s’est tout simplement écrasé. Il a négocié à plat ventre en se cachant uniquement derrière l’intégrité territoriale, la laïcité et que sas-je encore. Le gouvernement a été incapable de tenir tête à la CMA et à céder sur tous les plans. Même quand le GATIA nous a donné un brin d’honneur, le gouvernement a été incapable de capitaliser là-dessus. Pire, il a opéré avec l’opacité des temps anciens, ignorant complètement le peuple, c’est à dire sa véritable force. Je n’ose pas imaginer ce que ce gouvernement aurait obtenu comme résultat dans les négociations de Ouagadougou!

Aujourd’hui, comme simples citoyens, nous ne constatons que les dégâts. Les maigres résultats obtenus s’érodent de signature en signature, au bon vouloir de la CMA. Quel Mali !

Nous devons tous comprendre qu’il est très rare que des indépendantistes abandonnent leurs idées. Négocier en cédant tout les réconfortent – ils n’abandonneront pas. Alors c’est maintenant que le travail réel commence, si nous voulons sauver le peu qui reste de ce pays. Si nous retombons dans l’insouciance habituelle, au prochain réveil il n’y aura plus de Mali.

Kalifa Goita


Bonsoir,

Nous serons encore dans la guerre pour au moins la période dite intérimaire de l’accord.

Nous serons en guerre contre les CMA au moment de la clarification des nombreuses zones d’ombres de l’accord signé le 15 mai 2015 et celui signé le 02 juin 2015.

Nous serons en guerre très tôt avec les groupes sécessionnistes au moment de la mise en application de l’accord.

Nous serons en guerre contre eux au moment où nos soldats vont revoir leurs anciens camarades d’armes passés chez les bandits leur revenir avec des grades.

Nous serons en guerre civile au moment des élections quand les vrais enjeux se feront jour et que les velléités entre communautés du nord recommencerons.

Mais nous serons en guerre parce que l’état malien a très très mal estimé les enjeux de la décision qu’elle vient de pendre à Alger en signant un papier qui demande à des fils de Ménaka de déguerpir de là-bas juste pour assouvir les désidératas d’enfants gâtés et mettre ainsi leurs parents dans une longue situation d’insécurité, sans pouvoir les défendre.

Nous serons en guerre parce qu’à Kidal on ne demande pas à la CMA de déguerpir pour que la MINUSMA joue son rôle comme le stipule la résolution 2164 alors que cette résolution devient valide pour le cas de Ménaka.

Nous serons en guerre parce que le découpage administratif et les regroupements de régions ne se feront pas sans heurt; plus comme avant.

Nous serons en guerre parce que l’état malien ne peux plus décider pour les populations du nord de ce pays, s’étant disqualifié par des prises de décisions qui les ignorent. Nous ne nous rendons même pas compte que nous sommes en train de mettre en place le début du génocide d’une population par une autre, mieux armée.

Nous serons en guerre parce que la confiance en nos gouvernants est définitivement perdu par une majorité de citoyens de ce nord qui est le théâtre de ce qui compte aujourd’hui pour les gens du Nord et ceux du sud.

Nous serons en guerre parce que l’état malien a accepté de signer des documents qui ouvrent la voix à la partition du Mali actuel. Désormais à la satisfaction de certaines gens de tout bord, nous avons un Mali au nord et autre Mali au sud grâce à la signature de ce document.

Souvenons nous : la signature des accords ne signifie nullement l’avènement de la paix nulle part; ni à Ménaka, ni à Kidal, ni ailleurs.

Pathétique vraiment !

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Bonsoir,

C’est révoltant, mais que voulez-vous. Soyons réalistes : il n y a plus de gouvernement malien, depuis que Alpha O.K. l’a bizar-disé, puis ATT l’a totalement voyou-risé et clochardisé, enfin IBK l’a mafiosé et ridiculisé. Franchement, c’est à regretter Moussa Traoré !

Nous maliens sommes prompts à exiger avec bravoure l’ oppression de la pauvre femme veuve, de l’orphelin ou du “bâtard” si vulnérables et sans défenses qui n’ont même pas demandé à naître. Mais quand il s’agit des vrais problèmes remettant en question l’existence même de notre nation, y a plus personne. J’espère me tromper et j’espère que Dicko et compagnie vont immédiatement mobiliser toute la population Malienne contre non seulement cet arrêt de mort du Gatia et des amis du Mali de Ménaka, mais aussi contre l’Accord de Paix qui brade l’unité et l’honneur du Mali, au moins autant que lorsqu’il a été question de faire ravaler son dentier à l’Assemblée Nationale et au Président de la République à propos du Code de la Famille. Mais, peut être que je demande trop, n’est ce pas : “garçon” devant les enfants orphelins ou sans parents et devant les veuves n’est pas forcément “garçon” devant son semblable. La suite nous édifiera. Les religieux n’ont aucune excuse pour se taire sur le dossier brûlant actuel, surtout avec un ministre au gouvernement (à quoi il sert finalement, cet épouvantail?). Quand il s’était agit de Miss ORTM, ils ne s’étaient pas privé du plaisir de bomber le torse et même de menacer les plus hautes zotorités! Je ne pense pas que le problème actuel soit moindre qu’un problème de miss !

Je suis très inquiet pour la Plateforme et la Population de Menaka. Je pense que seul un mouvement monstre de rejet unanime de cet accord par l’ensemble de la population malienne, pourrait avoir une chance faire reculer la soi-disante communauté internationale. Ce n’est pas gagné d’avance, car comme expliqué plus haut, notre réputation, notamment de respectabilité, de maturité, de constance et de responsabilité n’est pas des meilleures.

Bye. Cliquez-moi! Et surtout, je présente mes excuses à ceux qui pourraient être choqués par mon mail.
Ibrim


Bonjour,

Bon, d’abord, il ne s’agit pas d’un accord, mais d’un arrangement. Que dit-il? Les FAMA s’installent à Ménaka (et sécurisent la ville avec le soutien de la population, pourquoi pas). Le MNLA et consorts (CMA, Ansar Eddine,.. blanc bonnet bonnet blanc) vont se faire voir à 20 km. La Minusma vient aider les FAMA à se sentir bien dans leurs bottes (avec des chaussettes à 15’000 cfa la paire, ça ne devrait pas être trop difficile). Le Gatia, n’a donc plus qu’à retourner à ses positions antérieures. Ne serait-ce pas Kidal? Gamou s’offirait certainement le plaisir de savourer cette cerise. Et ainsi de suite, jusqu’au cantonnement de la CMA dans la vallée de l’Azawad tel qu’il existe en réalité, en vue de son désarmement et de sa reddition. Ensuite, on applique l’accord de paix signé par le gouvernement et la médiation (tiens? Il n’y a pas un adversaire pour signer un accord de paix? Pas grave, il faut déjà être en paix avec soi-même, n’est-ce pas IBK?).

Claude Bezençon


Impossible État touareg

André Bourgeot, Directeur de recherche émérite au CNRS

Chaque front autonome et aux intérêts divergents recouvre, dans ses grandes lignes, un lignage (une fraction pour utiliser un vocabulaire administratif), c’est-à-dire sur sa parenté élargie et sur ses affidés. Il en découle une idéologie lignagère fortement ancrée dans les actions et les représentations du politique: chaque lignage a sa propre histoire à laquelle les personnes qui le composent s’identifient et qui se distingue des autres lignages: l’histoire du peuplement touareg peut également en témoigner. Il s’en suit que toute tentative de création d’une «ethnie touarègue» est vouée à l’échec car les rapports de parenté (consanguinité et alliances matrimoniales) fonctionnent comme des rapports politiques autonomes. Par ailleurs, la grave erreur commise par les tenants d’un «État touareg» trouve aussi dans l’amalgame qui est systématiquement fait entre une communauté culturelle (qui existe incontestablement) et une communauté politique ethniquement homogène. L’une ne recouvre pas l’autre: l’Histoire (y compris celle des rébellions armées) est là pour le rappeler.

À ces dynamiques segmentaires (union/scission; fusion/fission) se surajoutent les représentations et pratiques factionnalistes. Pour l’heure, ces dynamiques sont encore à l’œuvre dans la CMA dont le leadership est assuré par le MNLA qui a tenté d’apparaître comme le mouvement centralisateur. Cette coordination a fonctionné dans un contexte d’affrontements guerriers car il y avait un ennemi commun fédérateur, à savoir, l’État et son armée. Mais (et ce mais est déterminant) lorsqu’il s’agit de négocier un retour à la paix chacun retourne sur ses positions personnelles, cherchant à «tirer ses billes» afin d’entrevoir sa survie politique dans un contexte de compétition pour le leadership local. Dans cette configuration, l’exemple le plus probant est celui de la récente création d’une base militaire autonome composée exclusivement d’une famille élargie de la «fraction» des Chama n’Ammas, affiliés au MNLA.

Ces dynamiques inhérentes au système politique touareg circonscrit, pour l’analyse, aux rebelles débouchent sur trois types de stratégies:

1) Des ralliements individuels (sous forme d’allégeance) au Mali ;
2) Des adhésions aux Accords, en le paraphant du «bout des pieds»;
3) Un rejet réitéré par des leaders irrédentistes dont c’est le fonds de commerce, et évoluant à l’étranger (Mauritanie, France, Maroc) dans de bonnes conditions matérielles.

Quel serait leur avenir politique dans un contexte de paix paraphée? Pourquoi un irrédentisme sans issue même de secours? Les Accords résultent de négociations politiques visant à un compromis acceptable par toutes les parties. Ils sont porteurs d’un retour à la «paix civile» visant à réintroduire et à réinsérer les belligérants dans le jeu démocratique, à travers des élections locales et régionales par les assemblées régionales et les présidents élus au suffrage universel direct. Or, pour des raisons d’ordre démographique, ces leaders, probablement conscients de leur absence d’assises sociales et politiques civiles, ont sans doute compris qu’ils ne pouvaient pas accéder au pouvoir régional par la démocratie élective, d’où leur fuite en avant. Il en résulte ainsi une recrudescence d’affrontements guerriers (Gatia/Mnla, Fama/Mnla) qui cherchent à établir des rapports de forces militaires qui pourraient conduire; cette fois-ci, à une «paix militaire» favorable aux revendications des séditieux ou à une reddition des rebelles qui effacerait définitivement la débâcle meurtrière du 21 mai 2014 à Kidal. Enfin, quid des groupes armés narco djihadistes pour qui selon le Cheikh Moujahid Abdoullah Youssou Azzam, diplômé de l’Université Al Azhar du Caire «Rien que le jihad et les armes. Pas de négociation, pas de conférences, pas de dialogue». Alors une paix inclusive avec qui? Avec quoi? Comment? C’est une autre histoire!

André BOURGEOT


Merci Claude pour l’analyse et la précision.

Aussi, pour le “plan” proposé, il aurait été idéal et mériterait même un Prix Nobel de La Paix, sans les genre de “la cerise”, “des chaussettes à 15’000 cfa la paire” ou des équivalents qui ne devraient pas être trop difficiles à trouver non plus, malheureusement. Tout de même, ce serait certainement pour un meilleur début, avec les conditions d’application.

Merci
Abdoul Seydou


C’est moi qui avais signé sous le pseudo “Le Vieux de la Vieille Garde Saharienne” pour apporter la contradiction à mon cousin Oumar Ag Idoual qui est un Azawadreveur en Mauritanie .

Madame Jacqueline Dupuis, la Web Master de Tamoudre, m’a censuré , moins pour des insultes que parce que j’ai presque convaincu mon cousin égaré du non sens de son azawadreve en argumentant ma réfutation du paradigme , ce qui n’a pas plu à Jacqueline qui est pro – Hommes Bleus produits touristiques en voie de disparition .

Sincèrement
Mohamed AG HAMATY