Démission des Intellectuels?

Francoise,

Vous avez tout a fait raison.

La verite, il faut vraiment la dire. Le probleme du Mali, qu’on le veuille ou pas, est ces intellectuels. Les intellectuels maliens, ceux la qui doivent etre le bouclier des plus faibles, la voix des sans voix, l’arme des sans armes, ont completement demissionne tout en laissant ce peuple neo-analphabete en grande majorite dans les mains de ceux qui ne croient en rien sauf Cash Cash Cash, Power Power Power, Statut Statut Statut, Election Election Election,…

La demission des intellectuels maliens a rendu le terrian propice a ces politiciens qui ne jurent que par le Pouvoir et L’avoir, a ces religieux qui se servent de la region au lieu de servir la religion. Et aujourd’hui, ils continuent toujours de demissionner comme si tout allait bien, comme si le Mali n ‘est pas en danger,…. Parallelement, ils continuent d’accuser l’occident de nos maux alors qu’ils sont les premiers responsables de la misere de nos peuples.

Valons-nous mieux que ces dirigeants qui ont mis et qui continuent de mettre dans le desepoir total? Non, pas dutout, car l’intellectuel qui n’emet pas de solutions aux problemes de la cite est plus dangereux qu’un monstre politique

Sidy Danioko


Bonsoir,
Il y a tout de même des actions politiques majeures posées par des intellectuels ces temps-ci.
Apparemment elles n’émanent pas de ceux que certains autres intellectuels aimeraient voir agir.
Et si l’on commençait par se rassembler autour de ces quelques initiatives pour encourager les politiques à faire leur job.
Les intellectuels n’ont pas démissionné; ils ne sont jamais suivis ni même soutenus par ceux qui passent l’essentiel de leur temps à voir la bouteille à moitié vide.
L’Urd a publié une bonne analyse du budget avant de rejeter la proposition de loi récente sur la question.
Le Parena vient de publier un mémorandum sur le scandale des engrais et le système d’enrichissement accéléré de certains opérateurs dont on nous bassine avec la fortune acquise sur le dos du contribuable sans grands efforts. Après bien d’autres.
Les analyses du Cnas Faso Héré sont nombreuses et de qualité.
Et j’en passe.
Malheureusement au lieu de se rassembler entre personnes qui produisent des réflexions, au lieu de se liguer derrière ces différentes actions et les soutenir l’on ne cesse de chercher des intellectuels là où ils ne sont pas. On a l’impression que tant que certains ne sont pas à l’origine d’une action alors rien ne se passe. Il faut être présent aux côtés de ceux qui produisent pour critiquer leur travail, afin qu’ils s’améliorent ; ils seront encouragés dans leur démarche.
Dés fois on voit des salles presque vides lors des conférences et débats au Mali !
Alors ne demandons pas la révolution de salon, mais créons une synergie entre le terrain et le salon.
Or,je crains que nous soyons dans une phrase de flagellation de l’Intellectuel comme ATT l’a faite du Politique pendant 10 ans tentant de le discréditer au profit de la médiocrité. Il y a d’ailleurs réussi et pourtant certains politiques n’ont pas arrêté de tenter de démontrer le contraire.
Non, ne cherchons des exemples ailleurs ; ce qui se passe au Mali est à la hauteur de la réponse qui est donnée par les citoyens ; à la hauteur de l’echos que les médias daignent bien donner d’une production intellectuelle. On peut faire nettement mieux, à condition de ne pas être victime d’une certaine indifférence, qui s’apparente à “je ne lui permettrai jamais de gagner de la crédibilité”.
Cordialement,

Mahamadou Cissé


Mr Cisse,

A part, des analyses, des conferences, … d’ailleurs mal comprises par le peuple dans sa grande majorite, qu’est ce l’elite malienne a fait depuis 2012?

Les intellectuels n’ont rien fait pour etre ecoutes et suivis car ils ont furent toujours du cote du pouvoir, du material, de la promotion, de la carriere, du statut,…. Le bas peuple n’est pas bête, il sait, voit, retient qui fait quoi, qui lutte pour lui, qui l’aime, …. malgre qu’il tombe souvent dans des mauvais choix. Les causes de ces mauvais choix sont plus ou moins connues de tous.

La demission de l’elite intellectuelle malienne ne peut etre contestee. Elle est plus que patente.

Les remarquables travaux battus par ceux dont vous aviez cites sont vraiment a saluer. Coup de chapeau a eux. Mais, nous devons comprendre que les declarations, les analyses, les conferences qu’ils organisent sont en grande majorite destinees aux intellectuels. Mon oncle de Niafunke et mon cousin de Kayes, loin de l’internet, de maliweb, de malilink, ……, ne savent pas ce qui se passe.

Le fait que ces partis ne peuvent amasser une grande masse a leurs causes est du au fait qu’ils ne s’adressent seulement qu’aux intellectuels, qui sont desmissionaires sur tous les fronts, a tous les niveaux,… Et c’est la ou l’echec de nos partis politiques vient tres souvent. I might be wrong, but this is what I think

Mr Cisse, Les intellectuels maliens ne votent meme pas car ils sont toujours dans les calculs, les analyses, les predictions, les theories, …… Ooops, je sais que mon frère Talatou vote, mes pardons a lui!!!

Pour finir Mr Cisse, selon moi, je dis bien selon moi, il y a une grande difference etnre le diplome et l’intellectuel. Malheureusement, le Mali a de millions de diplomes, mais moins d’intellectuels.

Si reellement le quart de ces docteurs en doctorats, ces masters en masters avaient eu le courage d’etre des intellectuels tout en mettant du cote du plus faible, du plus vulnerable, …. nous ne serions pas la ou nous sommes et ils seraient entendu aujourd’hui.

Mr Cisse, tant que l’intellectuel ne trouve pas les moyens necessaires pour etre connecter avec son peuple, il ne sera entendu. Cela est auss valable pour les partis politiques. Je ne sais
comment? C’est a eux d’ en trouver!!!

Salam
Sidy Danioko


Bonsoir M. Danioko,
A quelques minutes de la rupture du jeûne, il est difficile d’être lucide. Mais c’est aussi cela le défi: travailler toujours.
Je fais miennes certaines des remarques telles que les diplômés ou sur-diplômés; dont certains ne sont pas acquis régulièrement. C’est connu. J’ai du mal à les intégrer dans mon diagnostic en tant que forces. Et aussi, je partage cette tare que constitue la politique du ventre de la plupart des intellectuels qui ne rêvent que de se retrouver “sous le hangar” selon le dictateur Moussa Traoré.
Malgré une révolution en mars 1991, notre pays ne connaît pas les changements par débordement. La moindre manifestation est violemment réprimée ou complètement ignorée par le pouvoir toujours prompt à mépriser les contestataires. Le Mali n’est pas le Sénégal ou même le Burkina, où l’université constitue un lieu d’incubation des luttes sociales. Au Mali nous avons plutôt une tradition de changement par la violence, et difficilement on arrive à concevoir les bouleversements comme l’aboutissement d’une démarche construite. Why ?
Par ce que les différents acteurs ne convergent pas souvent vers le même objectif. C’est le cas aujourd’hui. Les efforts des intellectuels (les rares) sont noyés dans le flot quotidien d’initiatives éparses; il n’y a pas de volonté de capitaliser autour d’un filon et amplifier le phénomène: les initiatives de regroupement s’arrêtent dès que se pose la question du leadership. Chacun veut être couronné sans aucun mérite pour certains. Et, la société civile et les partis ne regorgent pas de structures suffisamment solides et crédibles, ayant une autorité reconnue pour que les énergies se mobilisent autour de celles-ci.
Peut-être que nous disons la même chose M. Danioko, mais moi je ne dédouane pas le Peuple dans on attentisme envers les intellectuels: “Y en a marre”, dirigé par des forces sociales diverses au Sénégal a commencé un travail, puis s’est tourné vers les intellectuels. Lorsque des problèmes sont portés sur les médias: radio FM en langues nationales sur le territoire national, ton cousin de Nioro du Sahel pourrait se bouger et faire échos. Au lieu de cela, il est prêt à se saigner financièrement pour aider les FAMA, même si personne ne sait ce que deviennent ces milliards amassées sous la transition. Ton cousin de Soufouroulaye est prêt à prendre part à des prières interminables pour sauver le Mali, pendant ce temps les Princes du jour le narguent en engrangeant des milliards suite à une opération d’enrichissement banalisée au Mali: la surfacturation (des chaussettes à 20000 FCFA !) qui ne le choque pas. A-t-il besoin d’un intellectuel pour s’indigner et manifester contre de telles pratiques ? Peut-être.
May be, nous n’avons pas la même définition de l’intellectuel, mais ne saurait s’en réclamer dans mon acception que celui qui produit de la réflexion sur les problèmes de la société (observations-analyses-propositions) et se bat pour qu’elle impacte le quotidien des populations. Je pense que ces dernières devraient apprendre à s’adresser à ceux qui sont dans cette posture. Les conférences, les débats, les communiqués de presse (dans les langues nationales) tentent de leur donner l’éclairage nécessaire sur les intellectuels présents sur ce terrain. Ils ne sont pas nombreux, mais comme partout ils sont disponibles et recherchent cette frange active de la population. Il faut que les forces vives se rencontrent, se rassemblent !!!
Cordialement,

Mahamadou Cisse


Bonjour Mr. Cissé,

Vous dîtes: « Peut-être que nous disons la même chose M. Danioko, mais moi je ne dédouane pas le Peuple dans on attentisme envers les intellectuels: “Y en a marre”, dirigé par des forces sociales diverses au Sénégal a commencé un travail, puis s’est tourné vers les intellectuels. »

En fait, cela ne s’est pas vraiment passé ainsi pour le Sénégal. En effet, les 4 membres fondateurs du mouvement Y En Marre sont des intellectuels, je veux dire ce ne sont pas de simples paysans. Il y a:
– Le rappeur “Thiat” de Keur Gui
– Le rappeur “Kilifeu” de Keur Gui
– Le journaliste Cheikh Fadel Barro
– Le journaliste Aliou Sané

Voici un article sur les rappeurs de Keur Gui: http://www.jeuneafrique.com/42592/politique/s-n-gal-keur-gui-duo-de-choc/
Quand on a un titre qui se nomme “Encyclopédie”, c’est qu’on n’a pas mal étudié quand même.

Un article sur le journaliste Fadel Barro: http://www.liberation.fr/monde/2014/08/25/fadel-barro-guerillero-pacifique_1086754

Le journaliste Aliou Sané est le chargé de communication du mouvement.

Je connais personnellement des intellectuels qui ont soutenu le mouvement en vu du soulèvement contre l’enrichissement illicite, la dévolution monarchique de Wade, etc.: une amie et partenaire d’affaires libraire leur avait offert un espace dans la librairie pour se réunir, un collègue économiste et écrivain a organisé un Devoir de résistance lors des élections, de jeunes frères étudiants ou hommes d’affaires issus de la bourgeoisie dakaroise ont offert gratuitement du matériel vidéo, audio, etc. pour soutenir la lutte comme vous le dîtes si bien. Car c’est effectivement la lutte du peuple.

Wade disait qu’il ne faisait rien d’autre que faire ce que Senghor avait fait avec Diouf. Nous lui avons répondu qu’il se trompe d’époque: si Senghor pouvait duper des paysans, lui Wade fait aujourd’hui face à des étudiants et des intellectuels. Et c’est grâce à qui s’il y a autant d’intellectuels au Sénégal ? C’est grâce à Senghor !

Nous avons avalé pendant tout le lycée l’histoire de France avec son Moyen Age, sa Renaissance, ses Temps Modernes, sa Révolution bourgeoise, ses coups d’État… J’ai personnellement lu toute la série des Rougon Macquart d’Émile Zola (20 volumes) qui est une fresque géante du Second Empire et c’est étonnant de voir comment la nature humaine est la même sous tous les cieux: Eugène Rougon par exemple, c’est Wade tout craché !

Mais bon, certains intellectuels africains vous diront (et en français) que la France est l’Empire du Mal Absolu, que Senghor est un traite à la solde de…, etc. Et comme ce sont ceux qui crient le plus fort, eh bien, il ne faut pas s’étonner ensuite que le cousin de Nioro du Sahel (qui parfois ne sait pas lire ou même quand il le peut, n’a pas côtoyé d’encyclopédies ou de fresque de Zola ) sorte sa pancarte “A bas la France” à la moindre manif dans les rues sans se remettre en question lui-même en se demandant ce qu’il fait pour son pays. Malobbo le dit ici souvent: Le poisson pourri par la tête. Et si la tête refuse de se regarder elle-même… Et c’est triste parce que maintenant le cousin de Nioro du Sahel va tout de même vite se rendre compte que son salut ne viendra que de lui-même. Malheureusement il vit en pleine mondialisation et non durant le Second Empire français de Zola, ni durant l’Empire de Soundjata: son unique choix n’est donc pas de bosser pour son pays. Il peut aussi bosser pour des multinationales comme AQMI. Et c’est à ce problème là que nous faisons face aujourd’hui.

Vous dîtes aussi: ” Par ce que les différents acteurs ne convergent pas souvent vers le même objectif. C’est le cas aujourd’hui. Les efforts des intellectuels (les rares) sont noyés dans le flot quotidien d’initiatives éparses; il n’y a pas de volonté de capitaliser autour d’un filon et amplifier le phénomène: les initiatives de regroupement s’arrêtent dès que se pose la question du leadership. Chacun veut être couronné sans aucun mérite pour certains. Et, la société civile et les partis ne regorgent pas de structures suffisamment solides et crédibles, ayant une autorité reconnue pour que les énergies se mobilisent autour de celles-ci. ”

Ça c’est tellement vrai. Je vais le copier sur mon disque dur et vous citez auprès de certains activistes africains si vous le permettez.

Merci beaucoup pour ces sages paroles.

Ndack


Bonjour à tous,
Je vous remercie pour ces échanges !
Je suis très contente de relire le texte de Mr Sidy Danioko sur le grand patriote Pr Dialla Konaté (Paix à son âme). Il a posé J’en suis fière et je me retrouve dans ce texte de Danioko. C’est un grand patriote. Nous avons eu la chance de cheminer avec pour le Mali. Nous avons posé des actes pour le Mali, mais hélas.
Il est très important de revoir nos objectifs :
C’est sur cela que nous devons y réfléchir.
Nous ne pouvons pas avoir le même objectif Mali depuis mars 1991 et nous trouver aujourd’hui dans cette crise politico-séculaire sans précédant.
Mr Cissé, le peuple s’est toujours mobilisé, le peuple a voté, le peuple a délégué son pouvoir aux élus à différents niveaux (président (qui nomme un gouvernement), députés, les conseillés et maires). Il est normal que le peuple fasse confiance aux compétences, aux intellectuels, aux cadres, aux leaders politiques. En retour, qu’est ce que ces élus et responsables ont fait dans l’intérêt du peuple et du Mali. Malheureusement, dans leur majorité, ils ont utilisé le peuple pour avoir le pouvoir et se servir. Ils n’ont pas mis leurs compétences, leur intelligence et leur capacité au service du peuple.

Ce n’est pas le peuple qui a détruit l’école, mais certains intellectuels responsables du Mali qui en ont fait un choix politique pour gouverner sans contestation et pour le monopole (Il est difficile à avoir à faire à des jeunes qui ont étudié, qui peuvent réfléchir, qui ont un esprit critique qui peuvent demander aux intellectuels et au responsables politique de rendre compte de leur gouvernance et des détournements des moyens de l’état pour des intérêts personnels).
Ce n’est pas le peuple qui a détruit l’armée, mais par contre certains intellectuels responsables du Mali, qui en ont fait un choix politique de ne pas avoir une armée républicaine qui dans les tous les pays du monde reste le dernier recours pour sécuriser et sauver la patrie.

Ce n’est pas le peuple qui a accepté les politiques d’ajustement structurel de la Banque Mondiale et FMI, qui ont eu le grand mérite de faire de nos pays les plus pauvres et les plus endettés et avec des conséquences désastreuses sur la vie de la majorité des populations.

Ce n’est pas le peuple qui a choisi la transition de mars 2012 à août 2013, ce sont là encore certains intellectuels qui ont préféré des solutions extérieures aux solutions maliennes, entre maliens.
Nous devons avoir le courage d’admettre, qu’il ya une prise en otage du peuple par ceux qui ont la possibilité de chercher à s’insérer dans le processus, pour des raisons alimentaires.

C’est pour cela, le peuple qui est victime des ces mauvaises politiques, déçu, a décidé de s’organiser autrement, à plus rien attendre de l’état. Rendons hommage au Pr Dialla Konaté, qui a tapé la table à Ouagadougou en avril 2012, pour dire non à la mise sous tutelle burkinabé du Mali.
Oui le Pr Dialla, était pour les concertations entre nous maliens.
Oui Fabou, le Pr Dialla a vu tout le monde, mais la réalité est que tout le monde n’avait pas le même objectif Mali.

Quand le Pr Dialla, s’est rendu compte de cela, il a eu un grand choc….mais il n’a jamais désespéré, il a continué à nous apporter ses conseils pour nous rassembler.
Oui, il faut rassembler mais pour quel objectif ?
Oui, il faut rassembler mais avec qui et avec quel leadership ?
Oui, il faut rassembler mais comment ?
Oui, il faut rassembler mais avec quel moyen ?

J’aimerai bien que nous puissions évoluer et gérer la réalité actuelle :
Nous avons tous accepté d’aller aux élections, nous avons aujourd’hui les institutions de la République (Président qui a choisi un PM et GVT ; une Assemblée Nationale et nous attendons d’avoir en octobre les élus locaux). Le peuple a encore délégué son pouvoir à travers les élections.

Nous aimerions bien inviter ceux qui n’ont pas participé à ces élections, de respecter les choix du peuple et d’attendre les prochaines élections pour se soumettre au choix du peuple.

Nous devons avoir le courage de faire en sorte que ses institutions puissent travailler dans l’intérêt du Mali, pour l’objectif Mali, rien que le Mali pour le changement auquel nous aspirons tous.
Bon courage à nous tous pour le Mali.

Pr Rokia SANOGO


Bonjour Madame Sanogo et chers tous,
Bonne fête.
Il est vrai que le peuple a voté beaucoup d’autres instruments de la République, en sus des mandats déléguant ses pouvoirs à des élus. Parmi lesquels une Constitution en 1992, et des institutions dont l’assemblée nationale de 2012-2013. Ces votes aussi méritent respect et soumission à leur légitimité.

Ceux qui violent la Constitution commettent des crimes imprescriptibles, bien plus graves sinon autant que ceux qui utilisent les mandats à des fins de mauvaise gouvernance. On ne saurait condamner les responsables de la gabegie et de la mauvaise gestion des affaires publiques de ces 25 dernières années, et au même moment dédouaner les putschistes et leurs acolytes de mars 1992. En mars 2012, il y a eu violation de la loi fondamentale par la soldatesque de Kati et compagnie. Des tours de passe-passe ont d’ailleurs permis de voter une loi d’amnistie par l’assemblée nationale, en faveur des criminels putschistes, reconnus de fait comme des criminels.
Ces auteurs du coup d’état et leurs soutiens ont piétiné la loi fondamentale, pourtant bien votée par le Peuple, et au dessus de tout dans une République! Peut-être que ce vote du Peuple n’est pas pareil à celui de 2013, que vous semblez mettre dans une tour d’ivoire. D’ailleurs ceux qui s’opposent à la gestion gouvernementale n’ont jamais nié la légitimité des institutions républicaines actuelles ou passés.
Pour dire, simplement qu’on ne peut pas soutenir un principe et son contraire exclusif. Or, cela devient le sport national aujourd’hui dans notre pays, le grand écart très prisé par des intellectuels, qui veulent assurer leur rôle et rester sous le “hangar”. Ces intellectuels là, objets de nos échanges, ne sont pas crédibles, encore moins fiables: “une seule graine pourrie, dénature un sac entier d’arachides”. Ces intellectuels causent tant de préjudices !
Du coup mon cousin de Nioro du Sahel, refuse de croire en personne. Il me met dans le même sac que la graine pourrie. En tant que tête de proue du Peuple, il devient un rationnel intuitif doublé d’un sceptique convaincu….de ses choix. Un vrai prototype en hybridation, celui-là !

N’Dack a raison. Mon cousin est plein de bon sens, d’une culture puissante et riche. Mais aujourd’hui, lui-même ne croit plus en la vertu de ce qui devrait être sa richesse. Sous ses yeux, on a qualifié quelqu’un de descendant d’un Prince, dans la minute qui suit, en regardant un site sur son Smartphone 3G+, il a découvert que la même personne est citée dans le rapport du vérificateur comme ce cleptomane au confluent d’une mafia narco-surfactureur. Lorsqu’il a poussé ses recherches, il a été soufflé par la portée approximative des informations sur l’ancêtre, le Prince lui-même. Et pourtant, son histoire, dont nous sommes tous fiers, nous est racontée depuis des siècles par des griots. Lorsqu’il a voulu en savoir davantage, on lui a expliqué que la vérité des faits réels est plus compliquée, sinon périlleuse pour l’imaginaire populaire. Au moment de se résigner, prêt à accepter cet état de fait, son oncle arriva de France avec ses cousins nés à Paris. Ces derniers refusèrent de se sentir malien et lui expliquèrent, qu’ils sont français et maliens sans le tralala de la tradition; mieux les Etats-Unis n’ont pas de ministre de la culture, donc pas trop liés à la tradition et pourtant ils sont développés.

Mon cousin s’effondra, et il s’est mis à m’en vouloir parce que je l’aurai trompé avec mes balivernes de culture et de valeurs ancestrales. Et ce n’est pas terminé…
C’est aussi cela le Peuple aujourd’hui: empêtré dans des problématiques d’un niveau de complexité extrêmement élevé.
Le Peuple est en rébellion à juste titre. Il faut le convaincre de se réconcilier avec les forces vives: un cycle de nouveaux contrats de confiance s’impose, jusqu’à trouver une voie salvatrice.

Les intellectuels devraient opter à la fois pour la simplification néanmoins rigoureuse des approches, et l’humilité de chacun qui devrait arrêter de croire qu’il a raison, mordicus.

Ce qui nous a unis en mars 1991, nous rassemblera encore; car l’heure est plus que grave: Construire un nouveau Mali post-accord dans un contexte marqué par l’insécurité multiforme en Afrique, comme viennent de l’assener les révélations du rapport de la Commission ouest africaine sur les drogues et leurs conséquences sur nos Etats. Vaste chantier.
Cordialement,

Mahamadou Cissé