Nécessité d’une Réforme Constitutionnelle

La crise que notre pays vit depuis 2012 est une des plus grave de son histoire contemporaine. Nous sommes tous profondément meurtris par la profondeur et la complexité de cette crise qui nous renvoie une image de nous même au dessus de laquelle nous pensions être. J’entends encore, en réaction aux crises de certains pays en Afrique et ailleurs dans le monde, des compatriotes dirent fièrement “Ceci ne peut pas se passer au Mali”. Nous sommes tombés de très haut. Mais nous n’avons d’autres choix de juguler cette chute comme cela arrive à toutes les nations du monde. Mais l’erreur à ne pas commettre serait de vivre cette crise comme une vague déferlante passagère et après on recommence comme avant.

La sortie de cette crise structurelle, pour un Mal plus uni et stable, va demander des réformes audacieuses, profondes et longues. Des choix anciens et nouveaux, dans lesquels nous nous sommes confortablement installés, devront être re-interrogés en lien avec les évolutions et leur pertinence au vu de notre contexte. A mon point de vue, un débat public doit être ouvert à toutes les échelles du territoire (villages, quartiers, communes, cercles et régions) pour ne rater aucune composante territoriale, humaine et socioprofessionnelle de notre pays, sur des sujets touchant la politique, les institutions, la société elle même, bref tout ce qui détermine les stratégies de développement économique, social et culturel futures de notre pays.

Sans prétendre à une exhaustivité, je suggère ci-dessous des questions qui me paraissent majeures et des pistes de réponses à explorer.

En première position il y a la question de l’Etat. Je suis de ceux qui persiste à croire que la panne de notre pays est d’abord celle du modèle d’Etat dans lequel nous nous sommes embarqué et qui prend de l’eau de toutes parts et depuis longtemps. L’Etat centralisé et tentaculaire qui veut se substituer ou dominer toutes les autres autorités de la nation plurielle qu’est Mali ne tient pas la route. Cet État n’a jamais marché depuis l’indépendance et il devient aujourd’hui une menace pour l’unité de notre nation. Nous devons nous mettre en quête d’un modèle d’Etat qui est certes unitaire, mais qui soit en confort avec la nation plurielle que nous sommes. Mettons dans notre Constitution que l’État du Mali est unitaire et décentralisé qui reconnaît, responsabilise et donne des moyens humains et financiers aux autorités élues ou reconnues de tous les territoires de ce pays. Le train de vie de cet État décentralisé devra aussi être mis en rapport avec les possibilités réelles du pays. Cultivons la notion de l’Etat modeste qui nous sortirait de la mentalité de mendiants et d’assistés érigée en mode de gestion publique. Mettons un frein à la prolifération et à la duplication des services publics. Si notre État, nos institutions et administrations continuent à dépenser l’argent que nous n’avons pas, nous resterons dépendants, donc un pays de moins en moins souverain.

Notre Président de la République est, de part les pouvoirs constitutionnels qu’il détient actuellement, un véritable monarque “irresponsable” tant qu’il est au pouvoir. Il faut reduire ses pouvoirs et le rendre responsable et redevable de ses actes même en cours de mandat. Mettons des garde-fous à l’immixtion de sa famille dans la gestion des affaires de l’Etat. Osons une réduction des institutions qui sont plus dépensières qu’utiles et opérons un rééquilibrage des pouvoirs entre celles qui méritent d’exister.

Chaque malienne et malien se réfère culturellement à un chef coutumier ou religieux, bref à une autorité qui le relie à la tradition et qui continue malgré les évolutions à jouer un rôle pour la stabilté de la société. Ces références culturelles majeures dans toutes les communautés qui composent la nation malienne sont les grands oubliées de notre Constitution. On en a fait des simples auxiliaires sinon des objets aux mains de l’administration d’Etat en occultant le rôle de régulateur qu’ils incarnent à la base de la société. Redonnons un rôle, un rang, du respect et des moyens d’existence à nos chefs traditionnels et coutumierspour les mettre à l’abri de toutes les instrumentalisations actuelles et à venir. Ainsi nous mettrons un peu de nous dans notre dispositif institutionnel.

Ensuite, le modèle de démocratie bâti sur la confrontation (majorité/opposition) et l’exclusion (gagnant/perdant) que nous nous évertuons à implanter à grand frais ne produit que du gâchis à tous les points de vue. Une démocratie consensuelle et inclusive, avec de la participation et du partage est une alternative au modèle en cours qui n’est pas efficace et dont le produit est de moins en moins legitime. Sans renoncer au multipartisme intégrale qui reste une conquête politique majeure, il est utile de mettre un filtre un peu plus resserré pour la participation des partis et des candidatures indépendantes aux élections et pour l’accès aux financements publics. L’envergure territoriale d’implantation, l’augmentation du nombre de parrains et un meilleur respect des textes sont des voies à explorer.

Le système électoral en cours ne permet pas la représentation des diversités et des minorités de notre pays. Acceptons d’introduire la proportionnelle dans les élections législatives pour que l’Assemblée Nationale soit une représentation de la nation dans sa grande diversité humaine et sociale. Pour ce faire sortons des hésitations à accorder un quota de représentation aux femmes, aux jeunes et aux autres minorités. Dans la gestion des affaires publiques donner de la représentation aux minorités ne peut que renforcer l’unité de notre nation qui est aujourd’hui fragilisée.
Le Mali a toujours été un pays de multiples religions qui ont cohabité dans la solidarité et la fraternité. Cette nation a toujours rejeté toutes les tentatives d’installation des pouvoirs théocratiques, mais elle s’est ouverte à la cohabitation conviviale entre toutes les religions. Cependant le choix de la laïcité ne doit pas empêcher l’Etat d’avoir une politique en direction des religions. La mise en place du Haut Conseil Islamique et la Maison du Hadj étaient les premières fondations de cette politique qui mérite d’être poursuivi en direction de tous les cultes. Mais aujourd’hui dans ce domaine nous sommes plus dans l’accompagnement que dans l’anticipation. Sur cette question l’Etat doit se réveiller, car il y a péril en la demeure.

Ousmane SY


C’ est la discussion que nous menons de manière répétitive ici. Personnellement je suis d’ accord avec M. Sy.

Je me demande pourquoi on enlève des ministres pouvant réfléchir profondément et ayant fait leur preuve pour mettre des ministres qui n’ont pas montré leur compétence.

Bien cordialement

M. Diagayété


Bonjour,

Effectivement, Diagayété, Mr Sy est celui qu’on lit assez souvent sur ces questions de reformes générales et qui sont du même ordre quelles celles souvent débattues ici de manière répétitive. C’est un débat qui n’est jamais clôturé.

Si j’ai bien compris, un des points proposés et soutenus par Diagayété et Kalifa par exemple, c’est un changement de régime vers un système dans lequel le pouvoir exécutif est essentiellement sinon complètement incarné par les élus du peuple a l’assemblée en lieu et place du Président de la République dans les conditions actuelles qui sera dans ce cas élu par des élus pour occuper de fonctions symboliques. Les détails peuvent diverger car ils n’avaient pas été explicités mais l’essentiel dans les argumentations présentées se référent à Qui exercera et incarnera le Pouvoir Exécutif et pour quel But.

Mr Sy, dans ce dernier billet, évoque effectivement implicitement de reformes constitutionnelles mais n’évoque pas explicitement de changement de type de régime plus haut abordé dans les six points (à peu près mais non exhaustifs) qu’il présente en termes de propositions et/ou idées à explorer dans les reformes. Je vais essayer de les reprendre dans l’ordre avec des commentaires pour certains:

La question de l’État
Commentaire: A orienter d’avantage vers le Décentralisé. De par expérience, Mr Sy soutient que “la panne” du Mali est d’abord le modèle de l’État “central/centralisé” devant être l’inverse. Il propose un amendement de la constitution avec une précision indiquant que “L’État du Mali est unitaire et décentralisé”.

Le Président de la République
Commentaire: Mr Sy propose une réduction de ses pouvoirs car de par “les pouvoirs constitutionnels”, le Président est un véritable “monarque “irresponsable””. Les “pouvoirs constitutionnels” en question ne sont pas énumérés à la source et dans la pratique.

Le modèle démocratique
Commentaire: A la place du système bâti sur l’équilibre “majorité/opposition” et qui serait avéré “non efficace” , Mr Sy propose “Une démocratie consensuelle et inclusive”, une augmentation du nombre de parrains pour les candidats, un accès des partis politiques a des financements publics. Si les derniers points sont nécessaires, pour le premier, de ce qu’on apprend du cas malien, “la democratie consensuelle” expérimentée a plutôt conduit vers une “monocratie consensuelle”.

Le système électoral
Commentaire: Introduction de la proportionnelle dans les législatives. Notons que c’est le cas pour les communales. Et ce qu’on a plus noté dans les pays où le vote proportionnel est utilisé pour les législatives sur la base d’études, les principales differences resident dans les détails de calcul, les dispositions/ pré-requis en vue d’orienter les représentations dans un sens donné et le domaine d’application du quota/quotient: est-ce une moyenne par rapport aux suffrages exprimés dans la circonscription ? dans la région ? au niveau national ? ou un mélange de tout (les précédents ou certains) ? Mr Sy ne détaille par sur la question. Une intéressante proposition qui mérite d’être étudiée également sur la base de statistiques sur les élections précédentes.

Quotas pour femmes, jeunesse et autres minorités
Commentaire: Mr Sy propose d’accorder un quota de représentation. Le problème ici est la définition de “minorité” et on risque de se trouver qu’avec un ensemble de “minorités”. C’est une question qui doit être minutieusement étudiée et accommodée, sachant que les minorités normalement ont leurs droits par défaut, individuellement et/ou collectivement. Pour les femmes et la jeunesse, dans certains pays ou c’est fait, l’initiative et les modalités sont réservées aux partis politiques qui en feront leurs stratégie à travers leurs listes.

Les religions
Commentaire: Proposition d’une politique en direction des religions, mais les détails d’anticipation non définis. Question sensible à étudier….

Merci.
Abdoul Seydou


Oui effectivement le post de Monsieur Sy va dans le sens des débats plusieurs fois entamés sur Malilink sur la gouvernance du Mali. La crise actuelle crée l’opportunité de faire des reformes profondes. Il faut avoir l’audace de les faire comme le dit Mr Sy. En procédant seulement à des changements cosmétiques, nous reportons les problèmes à plus tard. Le modèle actuel ne marche tout simplement pas. Il ne marchera pas plus avec des petits bricolages. Il faut donc oser s’attaquer sérieusement au problème. Cela doit nécessairement commencer par la fonction du président et c’est très bien résumé par Mr Sy. Il faut réduire artificiellement le nombre de partis politiques. Il faut revoir le rôle du parlement en l’amenant au centre des choses. Chaque député doit représenter une circonscription tangible, pour être redevable. Bref, il y a plusieurs propositions possibles. Mais le plus important c’est de réduire les pouvoirs du président. Il doit être redevable. Il doit s’expliquer au parlement et défendre sa politique.

Kalifa Goïta


Bonjour tous,

J’ai été absent récemment à cause d’un voyage chez nous. Vous ne voulez pas savoir: le désordre et la faillite règnent, la corruption et l’improvisation marchent! Je remercie mon jeune frère Chouaibou d’avoir partagé avec nous ce blog de Ousmane Sy au titre ronflant mais qui sonne vraiment creux. Il n’y a vraiment rien d’audacieux que dit ce monsieur ici. Il a bien sûr la tonalité des partenaires extérieurs, dit des gros mots comme eux pour projeter quelque intellect, mais à refléchir à ce qu’il dit, rien d’original ni d’audacieux. N’était-il pas ministre de Att dans les mêmes conditions politiques que le Mali actuel, avec les mêmes besoins de reformes? Ou bien s’agit-il de faire l’alimentaire quand on gouverne et de faire l’intellectuel quand c’est les autres qui gouvernent? Ne nous laissons pas divertir! Ne nous définissons pas par les institutions des autres mais par notre personalité. Tout depend de ce l’on met ou admet dans cette personnalité. Si on y admet que de l’intégrité, eh bien, on aura un régime politique essentiellement intègre… Travaillons plutôt notre personnalité. Yiri don wo, dji don wo, yere don de ka fisa na be ye, n’est-ce pas? Nous devons travailler avec ce qu’il y a de bien chez nous et chez les autres. Je crois que c’est aussi l’esprit du thé à la menthe.

Diadié Alpha


Bonjour Mr Alpha
Peut-être que Mr Sy ne propose rien d’audacieux! Mais si votre solution consiste seulement à laisser chacun travailler sur sa personnalité pour aboutir à une république saine, je crains qu’on puisse s’en sortir un jour.

Kalifa Goïta


Le Mali n’en sortira pas en effet avec les gros mots mais avec la vérité. Cette vérité est arbitrée par les gens du commun (je veux éviter le gros mot de peuple!). Le discours érudit met les gens hors circuit, c’est à dire les arbitres. Tout ce que l’on dit avec les mots qui sont destinés à montrer votre importance peut être dit avec les concepts locaux qui permettent de détecter automatiquement les mensonges. Quand on a le pantalon troué on ne monte pas sur l’arbre sous lequel nous buvons le thé à la menthe.

Diadié Alpha


“Tout ce que l’on dit avec les mots qui sont destinés à montrer votre importance peut être dit avec les concepts locaux qui permettent de détecter automatiquement les mensonges”_Diadié.

Autrement dit après l’effort savant il faut ramener les idées au niveau de la compréhension des “arbitres”/citoyens. Malheureusement depuis trop longtemps nous avons fait comme le docteur/savant ; après avoir posé les diagnostics, prescrit les remèdes, nous les administrons trop sûres que nous sommes de nos remèdes savants alors que tous ces remèdes imposent l’adhésion et l’implication de la société toute entière. A tous les coups en disant que nous avons consulté cette base nous savons que c’est faux ou de manière très cosmétique parce qu’en fait nous savons très bien que le citoyen lamda n’a pas compris ce que nous avons dit. Ainsi sa participation/implication n’est que chimère.

La décentralisation des années 1990 de Ousmane Sy avait à l’origine vocation à être plus forte que ce qu’elle est et a été. J’ai vu les commandants de cercle et toute l’administration s’opposer à la mise en œuvre de certaines mesures. Par exemple, l’argument avancé pour ne pas doter les communes de finances réelles étaient que cet argent risquait d’être détourné par les autorités communales et des structures décentralisées. J’estime que les intellectuels et les politiques auraient pu avoir à l’époque déjà le courage nécessaire pour mettre les collectivités décentralisées dans des conditions plus viables.

C’est tard parce que nous sommes passé par 2012-2015. Mais il est nécessaire et urgent de faire participer les maliens a la décision concernant leur propre avenir. La crise a eu quelque chose de positif qu’elle a permis de façon évidente de se rendre compte que la majorité les politiciens maliens ne se soucient pas convenablement du sort des maliens lorsqu’il faut appliquer les décisions prises. C’est à ce niveau surtout que ça cloche dans ce pays.

Pour toutes ces choses là, l’échec des gouvernements successifs est patent. Il y a urgence à laisser la parole aux citoyens une que les intellectuels ont fini de réfléchir et de proposer les remèdes.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Merci cher jeune frère Chouaibou pour cette saine réaction. En plus du manque de consultation des citoyens sur les réformes les concernant, il y a aussi et surtout leur manque d’adhésion. Alors que celle-ci est essentielle pour toute réussite politique ou sociale. Le discours des soit disant savants est juste pour s’impressionner et impressionner les autres membres de l’élite. Mais comme je le dis souvent, celle-là est confuse…! J’étais au lancement de la décentralization de Ousmane Sy dans les années 1990 comme tu dis, en presence du président Konaré. J’avais invoqué ce jour là le problème touarègue… mais le ton ce jour était au populisme… Comme tu dis aussi avoir vu des commandants de cercle s’opposer à la mise en oeuvre de certaines mesures, suffise que je te dise que j’étais dans les fonctions de jeune chef d’arrondissement en 1980… Comme nous disons la galette se cuit des deux côtés. Le discours en français qui plus est de droit constitutionnel doit trouver sa juste equivalence dans les réalités bambara ou tamashèque pour avoir du sens et prétendre changer les habitudes des gens. Après la galette cuite, il faut boire le thé à la menthe…

Diadié Alpha


Bonjour/Bonsoir à tous,

Merci pour les messages dans l’esprit du thé à la menthe.

Diagayété, je pense que Ousmane Sy évoque bien le cas du Contrôle du Président. Également, je ne pense pas qu’il soit tout à fait exact que constitutionnellement, le Président de la République du Mali “ne rend compte à personne”. Comme exemple, je me souviens qu’il soit déjà arrivé au Mali qu’un texte présidentiel voté et approuvé par l’Assemblée soit bloqué dans sa première ‘mouture’.
La “pratique” ne justifie pas toujours la “lettre” sinon, il faudra expliciter et détailler les Contrôles dont il s’agit et qui font défaut.
Mais je vois le point général….

Sur les cas Américain, Allemand et Italien énoncés, je ne connais ni l’un ni l’autre, sinon des notions lointaines très vagues du premier dont j’ai trouvé une partie dans celui de Amazing Ghana (ainsi décrit dans leurs spot de marketing) que j’ai regardé, au nom et dans l’esprit du thé à la menthe.

Je dirai qu’il y a ‘forcement’ une inspiration Américaine via London. Mais au final, peu importe, Amazing Ghana n’est pas seulement proche mais apparemment un modèle assez cité, avec également ses faiblesses de diverses natures mais dont certains ont fait émerger ses atouts, notamment dans les disputes des dernières élections présidentielles. Il parait qu’il y a une véritable dynamique politique plus “saine” et surtout un meilleur système judiciaire tel que cité, en comparaison par exemple à son plus grand voisin et ‘rival’ de presque même forme/carte à l’Ouest.

Voici un résumé de son système, tel que compris, avec quelques comparaisons avec le Mali, sans la Guinée. J’ai essayé de reprendre un certain nombre de points revenant dans les débats mais qui ne soient pas nécessairement ceux qui soient plus cités chez Amazing Ghana .

Mais je ne sais pas dans quel type de système il se classe.

Exécutif :

Le pouvoir exécutif est incarné par le President, Chef d’État et Chef Suprême des Forces Armées.

Le Cabinet (gouvernement) est formé par le President à la tête, son Vice-président et les ministres d’État. Le cabinet assiste le President dans la définition de stratégies nationales.

Législatif:

Législature monocamérale comme au Mali, appelée The Parlement, mais élue pour 4 ans.

La principale différence qu’on voit ici ce sont les conditions pour être qualifié à se présenter . Il y un certain nombre de conditions mais celles qui attirent attention est que les candidat doit être à jour avec ses redevances de taxes et ne doit être un des chefs traditionnels qui sont exclus de compétition pour des postes politiques. Mais ceci est compensé par les prérogatives du National House of Chiefs créé par la constitution comme organe consultatif, pour gérer des problèmes au niveau local.

Justice:

Même configuration à peu prés comme au Mali, à la différence qu’il y a un(e) Chief Justice nommé(e) par le President en exercice au moment de la vacance du poste et qui est la 4ème personnalité du pays dans l’ordre, après le President, le Vice-président et le President de l’Assemblée.
Il y a un Procureur Général qui est ministre d’État, comme conseiller du gouvernement.
L’indépendance est très explicitement marquée vis à vis d’autres d’autres institutions ou personnalités.

Système Électoral:

Élections Présidentielles :
Le président est élu pour un mandat de 4 ans renouvelé une fois a la majorité absolue (+50%)
Un 2ème tour est organisé si aucun des candidats n’a obtenu plus de 50% au premier.

Élections Législatives :
Le pays est divisé en circonscriptions dont la population avoisine la moyenne nationale ( population/nombre de circonscriptions).
Pour chaque circonscription, un seul siège à l’Assemblée est à contester.
Le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de votes dans la circonscription remporte l’élection et le siège.
Les députés sont élus comme le président pour un mandat de 4 ans.

Formation du cabinet:
Le President est élu avec son Vice-président qu’il doit désigner sur sa déclaration de campagne.
Les Ministres d’État dont le nombre est fixé par la constitution (10 au min et 19 au max ) sont nommés par le President parmi les membres du parlement en majorité ou de personnes qualifiées à être membre du parlement avec approbation du parlement.
Les ministres d’État et les ministres délégués peuvent être demis par le President sans consultation préalable avec le Parlement. Le Parlement peut également voter de motions de censure contre les

Gestion des élections:

Contrairement au Mali ou il y a trois intervenants ( 2 temporaires et un a peu prés permanent ), au Ghana comme dans un certain nombre de pays, il y a une seule commission établie par la constitution pour arrêter les dates d’élections, organiser et superviser les élections.

Le ECG est également responsable non seulement de la délimitation des circonscriptions et régions, mais de la compilation des registres et de la formation des votants sur divers aspects.

Rapport Exécutif / Législatif :

Si dans le cas du Mali où si jamais le President a envie de communiquer avec le Parlement il le fait de par la constitution à travers de messages qu’il fait lire par le President de l’Assemblée, dans le cas ghanéen , il est tenu par la constitution à adresser le Parlement au début et à la fin de chaque session parlementaire à travers ce qui est appelé State of nation address

Le President est également tenu par la constitution à rendre compte au Parlement périodiquement ( au moins une fois par an ) sur l’état et les mesures prises dans l’atteinte des Stratégies d’État , en particulier : la réalisation des droits fondamentaux de l’homme, une économie saine, le droit a un service de santé de qualité, le droit au travail et le droit à l’éducation.

Dissolution du Parlement

Si dans le cas du Mali le President peut dissoudre l’Assemblée après consultation du Premier Ministre, au Ghana, le Président ne peut dissoudre le Parlement.
Le Parlement s’auto-dissout après son terme de 4 ans.

Destitution du President:

Tout comme au Mali, le Parlement peut engager une destitution du President, avec au moins 2/3 de vote.

La différence trouvée est dans le cas ghanéen, les nuances des causes sont beaucoup plus précisées.

Voyages Présidentiels

Au Ghana, la constitution impose au President a ne pas quitter le pays sans avoir notifiée par écrit signé par lui le President du Parlement. ( il n’est pas indiqué si le dernier a un droit de véto mais a l’apparence c’est pour s’assurer de l’utilité du voyage )

Abdoul Seydou


Il faut noter qu’aux États-Unis, toutes les trois branches du gouvernements (exécutive, législative, judiciaire) sont égales. Une branche ne peut-être supérieure à l’autre. Et chacune des branches garde son pouvoir jalousement.C’est ce qu’on appelle “checks and balances”.

Amadou O. Wane


Kalifa,

Je ne serais jamais en accord avec cette vision qui consiste à réagir contre un homme, en faisant fi de tous les instruments juridiques qui sont offerts pour arriver à vaincre la super puissance et l’autoritarisme. Et tu penses qu’en transférant le pouvoir des mains d’un homme à un groupe d’hommes que tu arriveras à régler le point que tu soulignes ? Non !

On ne peut rien contre l’inertie des gens lorsque, même dotés de pouvoirs, décident de ne pas l’exercer ou de ne l’exercer que de façon sectaire ou partisane. Là est la principale tare de notre système politique, partisan, où le suffrage est le principal gage de la légitimité populaire. Or, le vote, qu’il soit politique, professionnel ou syndical est faussé en raison d’une part, de la fraude et, d’autre part, du caractère hautement subjectif du vote.

Au finish Kalifa, un élu issu des circonstances que je décris de façon sommaire n’exercera jamais le pouvoir suivant l’intérêt général, mais défendrait l’intérêt de ses “mandants” qui lui ont permis d’être candidat et de mener une campagne tambour battant.

Si tu te fis à un contexte galvaudé comme celui-ci pour modifier de fond en comble un système qui est décrié, pour arriver à une fin incertaine, tu feras un monstre plus gros que celui dont tu te plains.

Ceci dit, on ne ne peut soutenir longtemps que tout va bien institutionnellement dans notre pays, comme Alice au pays des merveilles. Pour autant, ton opération “casse tout” que soutient Malobbo m’inquiète et me fait toujours bondir

Mamadou I. Konate


Maître Konaté,
Ma réaction n’est pas contre un homme, c’est contre un système qui 55 ans durant n’a pas prouvé son efficacité et pire semble nous mener vers le déclin décennie après décennie. 55 ans c’est assez pour revoir les choses de manière plus profonde. Tous les instruments juridiques dont tu parles n’ont pas réussi. D’ailleurs, ils peuvent être manipulés à souhait par le prince du jour. Ces instruments ont certainement besoin d’une nouvelle énergie pour les remettre dans leur rôle.

Me, je crois qu’il faudra prendre le temps d’analyser les différentes variantes de systèmes dans lesquels les parlements jouent un rôle central. Sans aller trop loin, l’exemple du Ghana présenté sommairement par Abdoul peut éclairer un peu. Ma proposition ne consiste pas à transférer les pouvoirs d’un homme à un groupe. Ce serait trop simpliste. Elle ne consiste pas non plus à tout casser comme tu le dis! Il n’y a rien à casser d’ailleurs. Tout est déjà là. Il faut rédéfinir adéquatement les rôles pour amener un équilibre réel dans la gestion du pouvoir. Nous avons au fait 2 choix:
1) Garder le système actuel tel qu’il est, c’est à dire le statuquo (cela semble te convenir Me). Dans ce cas, il nous faudra prier pour que le président actuel fasse de lui-même un virage à 180 degré et s’occupe du pays et que ses successeurs au cours des 20 prochaines années soient réellement dévoués. Les pleins pouvoirs absolus qu’ils auront permettront alors d’aller de l’avant. Cependant puisque nos prières n’ont pas empêché les narco-rebelles-djihadistes de nous tomber dessus, je préfère l’option 2 où on agit.
2) Apporter des changements qui feront en sorte que le destin du pays ne reposera pas uniquement sur la seule tête du président, qui n’aura plus le pouvoir de décider de tout. Attention – moi je ne suis pas pour un président symbolique. Il jouera son rôle dans la limite des balises établies et il se présentera à l’Assemblée pour s’expliquer. Il sera un homme, un humain avec de grandes capacités certes, mais pas un surhumain, un 1/2 dieu ou un messi… Me tu peux ne pas être d’accord avec un système où le député joue un rôel central, mais alors il faudra faire d’autres propositions que le statuquo.

Me tu écris “Au finish Kalifa, un élu issu des circonstances que je décris de façon sommaire n’exercera jamais le pouvoir suivant l’intérêt général, mais défendrait l’intérêt de ses “mandants” qui lui ont permis d’être candidat et de mener une campagne tambour battant.”. Pour moi un député est dans son rôle lorsqu’il défend les intérêts de sa circonscription. Il doit le faire. Tous les députés doivent le faire, mais en harmonie au sein de leurs partis respectifs. La somme de leurs problèmes constitue les précoccupations majeures du pays et ils doivent se battre pour que le gouvernement travaille à trouver des solutions.

Kalifa Goïta