Les Malades Mentaux au Mali

Bonjour à tous,

Je lis de temps à autre, je dois dire trop souvent dans la presse malienne qu’un malade mental a tué ses propres parents, à coups de hache, de machette ou de couteau. Je ne peux exprimer combien cela me fait de peine. C’est le signe le plus évident de l’échec d’une société quand un parent ne sait pas où se tourner avec un enfant malade, surtout dans le cas de la maladie mentale. Il est forcé de le garder chez lui et de s’assurer qu’il ne cause pas de tort aux voisins. Aucun parentne devrait être forcé de ligoter son propre fils comme une bête de somme, de lui lier mains et jambes et de l’attacher à un un arbre ou à un pilier de la chambre, pour la sécurité des voisins et aussi pour sa propre protection, de l’entendre râler jour et nuit ou proférer des injures à l’endroit de tous y compris ceux qui l’on allaité et soigné.

Et la fin est toujours tragique et inaceptable dans un monde civilisé. L’enfant tue sauvagement son père ou sa mère dans un moment où ce dernier ou cette denière n’en peut plus et le soulage. Et la presse s’en saisi. Loin d’un article compatissant, l’évènement est décrit avec un sarcasme inspiré de romans de San antonio à défaut de meilleur repère littéraire.
Dans d’autres cas le malade parvient à s’échapper ou s’éloigne simplement des siens. Il devient le fou d’une autre ville. Il trainent dans les imondices ou quelque part près de vendeuse de repas, derrière des restaurants pour récupérer les miettes. Il élit domicile dans un fossé et c’est là qu’on le retrouvera mort au bout de quelques années, soit de coups de blessures, soit de sous-alimentation ou d’empoisonnement. Et la “foule s’en va et la foule piétine” disait Enrico Mathias.

Où est la communauté malienne? Quand peut-on parler de société et quand doit-on constater l’absence d’une société. La pratique sociale malienne ne devrait se limiter à des mariages pompeux, à des bâptêmes à n’en pas finir et à des funérailles à 2 temps 3 saracatibos.

Il y avait un seul hôpital psychiatrique au Mali. Fonctionne-t-il toujours? Est-il reservé aux plus nantis? Le reste du Mali peut-il/doit-il bénéficier d’assistance pour un parent malade? Les voisins ont-ils le droit/le devoir d’envoyer les membres malades de leur communauté dans un centre de soin? Chacun doit-il attendre son tour avant d’y songer? Y compris IBK et nos politiciens et ministres?
Devons-nous faire comme les abeilles et tuer ceux qui parmi nous perdent la raison?

Peut-être que là aussi “certaines puissances ont tout fait pour empêcher” le soin aux malades maliens. En tout cas elles auront échoué pour Air Mégalo-one.

Sabu Nyuman
“Les pensées sont des fleurs qu’il faut arroser” – MC Solaar


helAs sabu
c est ainsi et la consommation de drougue a accentue cette situation… les malades mentaux jongent nos villes et campagnes…les gens en rient s ils ne s en moque t pas et du coup les rendent violent…c est un service de psychiatrie qui existe au chu du point g.. les gens abandonnent leur parents malades la bas entre les mains ee praticiens de la maladie mentale d une autre epoque.
merci

Amadou ABATHINA


Sabu,

Il n’existe malheureusement qu’un seul hôpital psychiatrique depuis le temps…”le cabanon » (http://41.73.116.156/index.php?option=com_content&view=article&id=1552:magsante-psychiatrie-du-point-g-le-souci-de-lhumanisation&catid=78&Itemid=120) qui a survécu, péniblement à son plus célèbre médecin chef de l’époque, Docteur Faran SAMAKE ? Oui Sabu, ce serait un paradoxe que cet hôpital soit réservé aux « seuls nantis », puisque « fous » ou « déments », ces derniers ne seront pas plus nantis puisqu’ils prendront comme les autres, la rue, sans compter le risque de se dévêtir un jour et de finir comme vous l’avez si bien décrit…

Dans votre description, c’est le système social qui est en cause. Le déficit de prise en charge de la déficience tenant à la maladie, y compris la démence, de la pauvreté tenant à l’absence ou l’insuffisance de ressources, notamment financières ne semblent être la faute de personnes dans notre pays. La collectivité ou la communauté familiale a tendance à suppléer la défaillance de l’Etat et de ses institutions, notamment en termes de prise en charge du mal par la mise en œuvre d’une solidarité.

Il y a des dizaines d’années que les centres d’état civil dans les communes urbaines étaient adjacentes des centres d’aide sociale, dépendants de la direction des affaires sociales. D’ailleurs, la direction des affaires sociales a changé de nom depuis et est devenue la direction de l’aide sociale. Cette direction est incapable de porter secours à des ressortissants maliens refoulés du Gabon, d’Angola ou de Libye.

Elle ne peut même pas donner les premiers secours aux sinistrés des inondations consécutives aux pluies d’hivernages.

On se targue d’être solidaire dans un pays où les gens ne sont présents aux côtés des victimes au moment du drame, que durant les premières heures. Juste pour assouvir leur curiosité et prendre le large ensuite pour abonder les chroniques dans les radios privées et les réseaux sociaux.

Le drame quelqu’il soit, n’est pas véritablement pris en charge.

Les fous errent le long des routes en même temps que les chiens errants et galeux, les ânes souffrant de blessures graves à la suite de coups portés sur le dos, devant des passagers médusés du car de transport en commun, en panne et le moteur posé à même le sol, le long de la route, parti depuis dix heures du village le plus éloigné de la route, pour rallier Ségou, distant de moins d’une centaine de kilos comme on le dit au village, sans que personne ne daigne porter secours à l’apprenti du car de transport devant faire l’aller et le retour du village à la ville, à la recherche de la pièce de rechange devant permettre à la cinquantaine de passagers, accompagnés d’enfants et de bébés, de poursuivre leur chemin pour rallier le marché hebdomadaire avec un sombre espoir d’écouler le stock de poissons frais, pêchés la veille….

Sabu, c’était quoi la question encore…

Mamadou I. Konaté