L’Etat Malien : les Paradoxes d’un Effondrement

Chers Forumistes,

A toutes fins utiles, prière de trouver un texte fort interessant à lire. Mais etant donné que nous sommes, nous maliens, à tort ou à raison taxé de NE PAS AIMER LIRE, aussi je vous ai mis en rouge les parties qui ont suscite en moi un arret de lecture. Cela facilitera la lecture d’un ausi long texte de 15 page. Merci
OBamba

Source:https://jlsagotduvauroux.wordpress.com/2015/07/13/quelques-traits-du-mali-en-crise-retour-sur-la-crise-de-2012-2013/


L’auteur connait le malien au fin font de son âme.
Very accurate description.

Amadou O. Wane


Merci !

Je partage l’ avis de Amadou Wane. Il profite de sa connaissance du Mali pour arriver á une analyse trà différenciée, par là-même qui s’ approche bien de la réalité.

Bien cordialement
M. Diagayété


Tres vrai Wane,

Mr Duvauroux a parle du Mali sans detour. La verite blesse tres souvent mais elle doit etre dite sans complaisance aucune.

Du jour le jour, le Mali ne se distingue que negativement ou le desespoir conditionne et maintenu par l’extreme pauvrete et une pauperisation sans egale se propage comme un feu de savane.

Ce grand pays d’hier avec des Grands Hommes aux valeurs exceptionnelles, avec une dignite de fer, une fierte irreprochable, un esprit de combattants se transforme, sous la complicite de ses monstres politqiues et de ses intellos vantards mais moins productifs, en un petit groupement d’interets economiques et financiers ou ” Etre Honnete est un crime”, ” Etre fier n’est que de l’ullision “, ou ” L’integrite est la chose la plus difficile a retrouver”, ou ” Le vol est le sport favori “,…..

Les feux de signalisation de ce pays sont au rouge. Cependant, tout le monde vit normallement sans se preoccuper de comment ce pays pays continue dans sa chute apnee.

Ici et ailleurs, les maliens doivent se reveiller avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui plus que jamais, il est plus qu’urgent que les consciences eveillees mais anesthesiees se mettent au travail pour eviter a ce pays une crise aux consequences incalculables et inimaginables.

Qu’on le veuille ou pas ce pays est sinistre et agonissant

Qu’on l’accepte ou pas ce pays est vraiment degoutant aujourd’hui a cause de la SALETE DE TOUT GENRE

Qu’on souhaite l’entendre ou pas; ce pays tend vers un champ de tensions sociales, de rebellions, et de guerres civiles,

Le Probleme est Malien, cre par des maliens et ne sera resolu que par des maliens.

CM


Texte intéressant qui dit des vérités bien senties. Il faut d’abord s’en prendre à soi pour ses problèmes avant de s’en prendre à l’impérialisme des autres. Je retrouve quelques unes des formules chocs de Jean-Louis, notamment le nyangoya en particulier concernant Blonba, un théâtre indûment fermé par la corruption de maliens (est-il rouvert?). L’esprit d’arrangement, le yuruguyurugu compris, très nocif n’est pas qu’inutile. Il se fomente dans le secteur dit informel pour surprendre tous ceux qui lisent les maliens ou les africains seulement à travers leurs lectures occidentales. Il a aidé la première république à un élan. Il se fermente pour un autre élan… La sympathie subtile à Att et à Hollande montre, parlant de kotéba et nonobstant une posture de gauche, que la danse des masques n’est pas loin. Mes pensées pieuses pour le coeur serré des maliens voyant leur armée réduite en musée par peur de coup d’Etat et leur école détruite par un enseignant, ou écoutant Att depuis Niamey mendier l’aide internationale pour les nourrir, alors que le Fonds Mondial était dilapidé des subsides contre le palu ou la tuberculose, l’Initiative Riz dilapidée du rêve de l’autosuffisance alimentaire ou du sourafin offert à des combattants libyens non désarmés venus élire domicile. Le pays est pourtant riche de sa jeunesse qui est maintenue dans la confusion et l’ignorance par des dirigeants et une classe d’apatrides qui abat sur le pays la chape de plomb de la corruption et de la médiocrité dans l’impunité la plus totale, évaporant tout espoir de création de richesses. Mes invitations autour du thé à la menthe sont pour donner du courage à ceux qui l’ont perdu et arrêter la fuite des autres. Le problème des maliens est plus que les textes plus ou moins travaillés et urgemment dans l’amorce de l’action salvatrice. Voilà pourquoi tous doivent descendre dans l’arène, sentir l’odeur du thé à la menthe, et asséner quelques claques bien placées à qui le mérite…

Diadié Alpha


JL Sagot-Duvauroux est un malien et un philosophe, ce n’est pas étonnant qu’il connaisse de façon si intime le Mali
L’échec de l’enseignement de la philosophie qu’il décrit et qui est encore plus abyssal que l’échec global de l’enseignement au Mali est à rapprocher de son approche de la question républicaine au Mali.
“Horon” est il traduisible en “noble”. J’en ai toujours douté. Horon est presque toujours accompagné de “Yérèwolo”.
Soundjata enfant, au dos de sa maman au marché, à tendu la main pour demander à partager la friandise que mangeait quelqu’un. Sa maman, pour lui apprendre à ne jamais quémander lui mis un tison ardent dans la main.
C’est un apprentissage à la dure du Horonya à quelqu’un qui est né noble mais, c’est un apprentissage comme en prodigue toute famille. Comme tout apprentissage l’échec peut être au bout, d’où le “yéréwolo” qui est accolé à “horon”.
L’enseignement de la philosophie est indispensable pour que nous puissions exprimer la part de l’universelle qui est en nous selon les codes universels engendrés par l’histoire des idées. La question culturelle est trop souvent vue sous l’angle du repli plutôt que de l’ouverture.
Duvauroux pose la problématique de la question républicaine d’une façon fort intéressante.

« La toute fin du spectacle évoque l’après-crise : ce qui a manqué à la démocratie, c’est la pratique de la horonya. Un personnage invite à transformer Tanyinibougou en Horonyabougou, la cité de la horonya. Applaudissements fournis. Gorges nouées. Quand on demande à un bamananphone comment dire « citoyenneté » dans sa langue, la première réaction est l’hésitation, car les langues, surtout quand elles disent des civilisations différentes, ne sont pas superposables. Dans le flot du récit théâtral, les auteurs de Tanyinibougou proposent audacieusement horonya. Le mot désigne le statut des hommes libres, de ceux qui disposent d’eux-mêmes, qui ont le droit de cité. La horonya s’accompagne de vertus chantées à chaque mariage, à chaque baptême : vaillance, respect de la parole donnée, libéralité…

Dans la société bamanan d’autrefois, ce statut s’oppose à la condition subordonnée des hommes de caste ou des descendants de captifs. Mais le principe républicain l’ouvre à tous. La horonya républicaine s’acquiert sans distinction d’âge, de genre, de naissance ni de condition sociale. Y inviter les trois mille spectateurs de Tanyinibougou, associer ses vertus à la construction par tous de la patrie commune, c’est donner une signification vivante, repérable, désirable, ancrée dans l’imaginaire malien à une « citoyenneté » qui sinon participe à une « langue officielle » – le français – souvent utilisée par les élites pour intimider plutôt que pour se faire comprendre. Les promoteurs de la horonya républicaine rappellent que le logiciel capable de donner toute sa puissance aux particularités du disque dur de l’Afrique ne s’obtient pas par téléchargement. Ce logiciel, c’est la culture africaine vivante telle que l’imaginent les Africains libres d’aujourd’hui. Dans une Afrique en voie d’indépendance, ce que l’Occident nomme question culturelle est une urgence et un préalable politiques de premier rang. »

Cordialement.

Mamadou Traore


Un tres bon texte a lire vraiment. Merci a Ousmane Bamba pour le partage ! Bravo a JL Sagot-Duvauroux !
La reference a “Banyango/Banyengo”, en plus de son aspect particulierement informatif, doit etre percue comme une forte interpellation dans la formation de l’Homme malien, du citoyen malien, dans notre cheminement collectif vers le futur .
Oui, Excellence, je vous rejoins quand vous dites:

“L’enseignement de la philosophie est indispensable pour que nous puissions exprimer la part de l’universelle qui est en nous selon les codes universels engendrés par l’histoire des idées.” M. Traore.

De facon globale, il y’a eu beaucoup d’insufficances dans l’enseignement de la Philosophie et des grandes theories au Mali. Entre autres insuffisances, l’enseignement de programmes fondamentalement axes autour des perspectives eurocentriques comme celles citant la Grece comme lieu de naissance de la Philosophie (des programmes enseignes a notre promotion [et a beaucoup d’autres] en classes terminales) est non seulement errone, mais aussi nefaste dans la formation des jeunes esprits dont nous voulons eveiller le regard critique. A y voir de tres pres, ces programmes n’etaient pas tres loin de refleter la vision Hegelienne de la histoire de la Philosophie. Aussi, le fait que, malgre plus de 50 ans d’enseignement de la Philosophie, cette discipline continue a etre positionnee/stigmatisee a tord aux yeux de beaucoup de compatriotes comme une matiere “anti Dieu/anti religion” ou comme discipline formant uniquement des “marxistes-leninistes”, etc, doit etre problematise et examine. Dans le cadre de cette problematisation et de cette examination, il serait utile de savoir si la stigmatisation dont je parlais tantot, est le resultat d’une haute religiosite du pays (toutes religions confondues) ou de la cabale du regime GMT et allies contre cette discipline (a travers certaines “tetes brulees” de Profs et d’etudiants qui etaient supposes poser probleme au regime)???
Ceci dit, il faut reconnaitre que la jeune generation de Profs de Philo de l’Universite de Bamako est entrain de faire un tres bon travail de restructuration et d’amelioration des programmes. Chapeau a eux !

I end with a case for a better teaching of Philosophy and Theory in Mali:
Si les theories permettent de comprendre/d’expliquer le monde tel qu’il a ete defini, a travers certains concepts, par certains penseurs; la Philosophie, elle, fait place a cet eternel questionnement (et re-questionnement), necessaire dans la quete/recherche de la verite, de la connaissance. Ces questionnement et re-questionnement sont necessaires car ce qui est considere vrai aujourd’hui pourrait ne plus l’etre demain (ou pourrait s’averer insuffisant) au regard de certaines decouvertes ou de certains prismes.
Qui parle d “explication/comprehension” du monde, de “questionnement et requestionnement” parle automatiquement de choses dont le Mali a beaucoup besoin a cette etape de son existence.
Bonne nuit a tout le monde ! A votre sante, le 2eme verre de the a la menthe !

Talatou


Merci Talatou pour cette note sur l’enseignement de la philosophie au Mali. Avant l’enseignement de la philosophie, il faut d’abord développer l’esprit critique chez le jeune apprenant. On nous a enseignés la philosophie au Mali comme dans une école coranique. Il fallait être du meme courant idéologique que ton enseignant, sinon à toi les mauvaises notes. Il fallait mémoriser des citations pour les reprendre ensuite dans tes essays. Le drame etait qu’on n’apprenait pas la philosophie de notre temps, mais cette des anciennes generations qui ont ont vécu des centaines d’années avant nous et à des places qui nous étaient pas familières. La contextualisation de l’enseignement de l’abstrait permet de mieux le comprendre.
Notre apprentissage de la philosophie au Mali a été juste waste of time.
Barou Sam