La paix entre le Mali et le Mali ?

Bonsoir chers tous,

Il y a plus de 4 mois que l’accord d’Alger/Bamako a été signé. C’était le 20 juin 2015.

Depuis cette date le Mali a logé ses “maliens” enturbanes à la longue chèche dans ses meilleurs hôtels de Bamako; femmes et hommes. Il s’agit surtout de ceux de la CMA. Ceux que je connais de la Plateforme vivent tous chez eux à domicile.

Depuis les premiers mois après la signature de l’accord, la paix devait se mettre en marche.

Je note donc que le Mali d’en haut se félicite de la paix, de cette paix qui est en marche. Je ne sais pas de quelle paix parle-t-on. Je me pose cette question puisqu’en période de paix chacun devrait être libre de ses mouvements dans une république unique malienne.

Je constate que des ONG (à l’occasion de la visite récente de IBK en France) réclament de se faire parachuter à Kidal par avion. Pourquoi ? Parce que c’est pas possible de se rendre dans ce lieu par d’autre moyens ?
Qui en empêche les gens ? La MINUSMA, la France ou le gouvernement “malien” de Kidal ?

Qui a empêché le gouvernement malien de se rendre dans la république “malienne” de Kidal pour symboliser la rentrée scolaire avec la présence du gouvernement “malien” de Kidal et du ministre Barthélémy TOGO du gouvernement malien ?

La gouvernement “malien” de Kidal décline avoir pris cette responsabilité. Elle accuse les citoyens “maliens” de Kidal de ne pas aimer cette initiative qu’elle a prise sans les avoir consulté au préalable.

Dans le même temps d’autres citoyens maliens de la localité ont démenti être opposés à cette démarche qu’ils disent souhaiter et soutenir. On nous dit que ceux sont des maliens sensibles à la Plateforme.

Entre temps les “tribus” ont déjà signé des accords de non agression mutuelle à Anefiss. Chacun s’en tient à Kidal aux déclarations des partisans. Kidal toujours divisée donc entre les “maliens” et les maliens. Mais surtout Kidal inaccessible à l’administration malienne à laquelle l’accord et la très partisane communauté internationale demande de mettre en œuvre l’accord; sa responsabilité.

Mais il y a une entente parfaite entre le premier des maliens lui-même et les représentants de la communauté internationale : il ne faut rien brusquer a-t-il dit en réponse à des curieux qui voulait trop savoir pourquoi ces impairs? La communauté internationale acquiesce. Le gouvernement “malien” de Kidal au fond n’est pas tellement contre. Elle s’est d’ailleurs fait une bonne petite comm en donnant l’impression au monde entier que les “maliens” de Kidal ne veulent pas de la présence de représentants du gouvernement malien là-bas, malgré la bonne volonté du gouvernement “malien” de Kidal.

Donc Kidal divisée et interdit aux représentants maliens par les “maliens”. Où est la paix ?

Le Minsitre de la réconciliation du gouvernement malien Zahabi a entrepris de faire organiser les rencontres de réconciliations. Il y a deux semaines que les préparatifs de cette initiative pour Gao avaient commencé. Ils devaient s’étendre sur une semaine. Des rencontres de réconciliations ai-je posé la question ? Ne sommes nous pas en train de mettre la charrue avant les bœufs ? Ou bien a t on juste besoin de la publicité pour faire croire que la réconciliation est en marche ? Quel but réel cherche t on ? Quels sont les termes de références de cette affaire ?

Il me semble qu’à ce stade les gens viendront prendre des perdiems, écouter des discours d’éminentes personnalités et repartir. Peut être que chacun aura son compte : le gouvernement et les organisateurs auront organisé leur réconciliation, les délégués auront fait un aller retour. Mais le Mali lui aura finalement gagné quoi ? Pas une réconciliation quand même ? J’en doute fort.

Il ne faut rien brusquer si on recherche la paix véritable. Chaque chose à son temps. Il y a à mon avis un gros travail de sensibilisation à faire d’abord au niveau des populations victimes. Il y a surtout qu’il faut poser des actes d’apaisement et de mise en confiance des victimes qui en ont besoin fortement.

Au lieu de cela Zahabi se précipite vers la réconciliation entre les criminels et leurs victimes de Gao. Je le trouve un peu trop pressé. Forcer le dialogue aussi sans en être sûre que le côté négatif ne prendra pas le dessus sur le positif peut être grave de conséquences.

J’ai déjà eu ma dose de conseils de la part de proches qui se sont efforcés de me convaincre qu’il ne faut pas s’opposer à cette initiative parce que des individus se sont placés dans la logique du ministre.

Je souhaite tout le bonheur pour le vaillant peuple malien de Gao. C’est pourquoi je ne peux me résoudre à rallier une telle initiative trop précipitée et incompréhensible pour moi à cette étape et au moment où on refuse la présence de mon pays et de son gouvernement dans une autre partie du Mali.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Merci pour ce compte-rendu détaillé, Chouaibou.

” Il me semble qu’à ce stade les gens viendront prendre des perdiems, écouter des discours d’éminentes personnalités et repartir. Peut être que chacun aura son compte : le gouvernement et les organisateurs auront organisé leur réconciliation, les délégués auront fait un aller retour. Mais le Mali lui aura finalement gagné quoi ? Pas une réconciliation quand même ? J’en doute fort.”

Pourtant à tous les stades, c’est ce qu’on a souvent constaté.

Bonne soirée.

PS : La prudence est toujours de meilleur conseil, dit-on.


Bonjour Wane

Je confirme ce que AKS vient de dire. Des informations que j’ai eu, disent que les chefs de la CMA devaient partir à paris mais seuls dans une délégation.

Je n’ai pas d’information s’ils sont partis de Bamako ou d’un autre Aeroport de l’Est algérien (Tamanrasset pourrait bien convenir si c’est le cas; pas Kidal comme le pense AKS qui est au sud et peut être vers l’ouest mais plus au sud).

Il est connu aussi que les relations entre la CMA et le gouvernement se gère beaucoup plus dans les arrières courts depuis la signature de l’accord par ces derniers.

Ce n’est que après coup que les autres regroupements (souvent par hasard ou des fuites à l’occasion de composition/recomposition) sont au courant de ce qui a été décidé entre les deux.

La Médiation quant à elle a officialisé cela et l’appelle les réunions informelles qui se tiennent à longueur de journée entre les acteurs.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga