Le Paludisme

Je suis tombé sur ce communiqué du gouvernement publié sur le site du ministère de la santé. Il dit en somme qu’il y a 29% de cas de paludisme (avérés positifs au labo) entre 2014 et 2015. Du moins c’est ce que je pense qu’il essaye de dire. Seulement les chiffres ne correspondent pas du tout à la conclusion du texte. 690m en 2015 contre 892m en 2014 n’est pas une augmentation mais plutôt une diminution. Donc on fait un communiqué, et personne ne prend le temps de lire. J’ai essayé de laisser un commentaire sur le site sante.gov.ml sans succès.

Mis à part cet éditorial, la situation est quand même alarmante — ce qui m’amène à poser cette question: quel serait le coût de prévention (prophylaxie) du palu si l’état malien s’engageait (véritablement) dans cette voie? Pas beaucoup. Il s’agit de 4 doses annuelles pour 15 millions de Maliens; si on suppose 300F la dose (le cout dans les pharmacies est 500F, je crois) ça revient à 18 Milliards CFA — moins que le prix du Boeing 737 d’IBK. Donc avec 1200 FCFA on éviterait le palu — le cout du palu est de 2-4 jours de travail perdus; si on admet que le PIB/habitant est de $1700, une seule journée de travail perdu coute 2700 FCFA à l’économie du pays. Même si ça doit couter plus pour mettre en oeuvre, au finish nous y gagnerons.

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http://www.sante.gov.ml/index.php/actualites/communiques/item/2543-communique-du-gouvernement-sur-la-situation-d-urgence-du-paludisme-au-mali

COMMUNIQUÉ DU GOUVERNEMENT SUR LA SITUATION D’URGENCE DU PALUDISME AU MALI
06 Oct 2015

Conformément à son engagement de tenir régulièrement informée l’opinion publique nationale et internationale sur l’évolution de la situation du paludisme, le gouvernement communique ce qui suit :Au cours de la période allant du 1er janvier au 30 septembre 2015, 1 497 915 cas présumés de paludisme ont été enregistrés dans le pays dont 690 590 positifs au test de laboratoire. Pour la même période en 2014, il a été notifié 1 458 896 cas de paludisme présumé dont 892 432 positifs. De 2014 à 2015, il a été constaté une augmentation de 201 842 cas positifs.

En ce qui concerne les régions de Tombouctou, Gao, Kidal et le district de Bamako, il a été notifié en 2015 pour la même période 396 287 cas contre 354 828 cas en 2014 soit une augmentation de 41 459 cas.
De façon spécifique, par région, la situation est la suivante :
– Gao : en 2015, on a notifié 88455 cas de paludisme présumé contre 59 186 cas en 2014 pour la même période soit une augmentation de 29 269 cas ;
– Tombouctou : Il a été notifié en 2015 ; 100 505 cas de paludisme présumé contre 122571 cas en 2014, soit une diminution de 22 066 cas ;
– Kidal : En 2015, 5272 cas ont été notifiés contre 2267 cas en 2014, soit une augmentation de 3005 cas ;
– District de Bamako : en 2015, il a été notifié 197055 cas contre 170 804 cas en 2014, soit une augmentation de 26 251 cas.
Les trois régions du nord sont considérées comme des zones à risque d’épidémie de paludisme.
La période hivernale étant considérée comme une période de haute transmission, on y constate habituellement une augmentation du nombre de cas de paludisme.
Une augmentation importante du nombre de cas de paludisme a été constatée dans les régions du nord comme du sud et le district de Bamako.
Des dispositions idoines avaient été déjà envisagées par le Gouvernement avant le début de l’hivernage à savoir :
– Le renforcement de la prise en charge systématique de tous les cas ;
– Le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte qui est passé de deux à trois doses ;
– La chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) chez les enfants dans 21 districts sanitaires sur 42 programmés en 2015;
– La distribution des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action dans le cadre de l’accès universel dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et dernièrement le district de Bamako a atteint environ 6 300 000 moustiquaires. Les autres régions seront couvertes selon une programmation du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique ;
– La pulvérisation intra-domiciliaire dans certaines localités.

Face à cette situation, d’autres mesures envisagées par le Gouvernement sont :
– Dotation supplémentaire en intrants anti paludiques (médicaments, tests de diagnostics rapides, moustiquaires imprégnées d’insecticides) pour les localités concernées ;
– Le recrutement de nouveaux personnels qualifiés pour les zones concernées dans les Centres de santé de références et au CHU Gabriel Touré ;
– La prise en charge des cas de paludisme par des équipes mobiles dans les 3 régions du nord du Mali ;
– Le renforcement de la capacité d’hospitalisation dans les unités pédiatriques ;
– La chimio prévention du paludisme saisonnier en perspective pour tous les âges dans la région de Kidal.
Le gouvernement rassure la population que toutes les mesures prises pour faire face à la situation, concerne l’ensemble du pays.
Le gouvernement invite la population au respect des mesures habituelles de prévention notamment dormir sous moustiquaires imprégnées à longue durée d’action, à la promotion de l’hygiène environnementale et au recours précoce aux services de Santé en cas de fièvre.
Bamako, le 05 octobre 2015
Le Gouvernement

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A. Karim Sylla


AKS,

Bonne observation. Je compte souligner un point. La chiomioprophylaxie du paludisme n’est pas recommandée parce qu’elle engendre, à la longue, la résistance thérapeutique. Cependant, on peut engager peu de moyens dans l’assainissement et l’amélioration de notre cadre de vie. On évitera le paludisme et plusieurs autres affections transmissibles.

Il n’y a jamais eu une volonté politique pour lutter contre le paludisme. Il faut tout simplement rompre la chaine de transmission (le moustique) entre le parasite et l’homme. En outre, il faut que nos scientifiques prennent l’exemple sur la chinoise, Youyou Tu, qui a obtenu le prix Nobel de Médecine de cette année. Certaines plantes médicinales de notre répertoire de médecine traditionnelle sont efficaces contre les plasmodiums. Nous avons les moyens aujourd’hui au Mali de faire des études précliniques et toutes les phases d’essai clinique pour tester ces plantes médicinales selon une méthodologie scientifique rigoureuse. Je sais que l’équipe de notre consœur Pr Sanogo fait de son mieux, mais on peut aller au delà cela en créant une véritable industrie pharmaceutique autour de ces plantes médicinales.

Barou Sam


Merci pour le feed-back Barou.
Les pays du Maghreb ont réussi en moins de 10 ans à éliminer le palu — un infirmier qui a participé à la campagne en Tunisie dans les années 50-60 m’a expliqué qu’en fait ils ont utilisé plusieurs méthodes (dont des produits qui sont aujourd’hui interdits). Mais si ils sont arrivés, nous pouvons le faire également.

Les moustiquaires imprégnés ne seront jamais efficaces à elles seules.

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A. Karim Sylla


Agree 100% with you. Tu n’es pas médecin ni épidemiologiste, mais si on adopte ton approche, on réduirait la prevalence du paludisme de 75%. Comme j’aime le dire, le bien être des Maliens est le denier souci de notre élite.

Barou Sam


Merci Barou,
Je suis très contente pour ce prix Nobel à la Médecine Traditionnelle à travers une chinoise.
Je dis toujours que j’espère que la prochaine plante antipaludique sera africaine et mon souhait une plante malienne. Nous avons actuellement une plante malienne qui est autant efficace que les CTA sur le paludisme simple.
Nous avons des propositions pour la pour la production industrielle de médicaments à base de plantes médicinales au Mali et en Afrique de l’Ouest.
Bon courage à nous tous.

Pr Rokia SANOGO.


Madame le Professeur,

Quelle est la part de l’hygiène, de l’insalubrité et des immondices dans la propagation et la contagion de cette maladie, sans compter ses effets récurrents et de plus en plus mortels ?

Mamadou I. Konaté


Bien merci, l’hygiène est indispensable pour la santé.
Selon les spécialistes meme les moustiques préfèrent des eaux propres.
Ce Nobel est une belle reconnaissance des médecines traditionnelles comme sources de molécules antipaludiques acteuelles : quinine et artemiisiinine.
Bien merci

Pr Rokia Sanogo


“Selon les spécialistes meme les moustiques préfèrent des eaux propres.” _Prof. R. Sanogo

Cette phrase m a mis dans un etat de confusion totale. Je pensais que c etait la salete qui les attirait, donc si les nuees de moustiques qui envahissent Bamako chaque nuit sont la consequence de la proprete des eaux, alors ce sera la fin du monde la nuit ou elle se decideront que l eau sale est tout a fait acceptable parce qu il n y a que ca a Bamako. Les specialistes sont tombes sur la tete ou ce sont les moustiques maliennes qui se sont foutu de leurs gueules, le temps d un scandale de Ladji Bourama…

Soukouna


Bonjour Mr Soukouna,
Je réclame la propreté, la salubrité et l’hygiène pour la prévention des maladies en général et pour la santé. Rendre notre environnement propre est un acte citoyen pour un bien être global.
Il faut éliminer les moustiques et autres insectes nuisibles et vecteurs d’autres maladies.
Il faut éviter de se faire piquer par l’anophele femelle qui transmet le paludisme.
Oui selon les spécialistes l’anophele femelle, vecteur du paludisme se reproduit dans une eau propre.
La vie est une éternelle école et acceptons d’y apprendre pour l’intérêt commun.
Bon courage à nous tous pour un Mali sans paludisme.

Pr Rokia Sanogo